Strange n°279 et n°280 : même date en mars 1993, avril absent, illustration article

Dans le relevé de Strange, les numéros 279 et 280 portent tous deux « 5 mars 1993 », et aucune entrée n'est datée d'avril 1993. Aucun numéro ne manque pourtant : la numérotation passe de 279 à 280 puis 281 sans trou. Le mois absent des dates vient d'un seul numéro, le 280, dont la date n'a pas suivi la cadence mensuelle. Pour situer un exemplaire, fiez-vous au numéro, puis lisez la date imprimée.

Vous cherchez un Strange « d'avril 1993 » et vous n'en trouvez pas ? Vous trouvez en revanche deux fascicules de mars ? Le réflexe est de conclure qu'un numéro manque quelque part. Les données racontent autre chose, et la différence compte dès que vous tenez une liste de manques.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de Strange n°279 et n°280 : les numéros dont la date de couverture est examinée, série, éditeur et année

Ce que le relevé donne pour les numéros 279, 280 et 281

Le numéro 279 est daté du « 5 mars 1993 » et s'ouvre sur l'histoire « Et la fête continue ! ». Le numéro 280, « Premier contact », porte exactement la même date. Le numéro 281, « Mission de reconnaissance », saute au « 5 mai 1993 ». Voilà le trio concerné : deux fascicules consécutifs sur une date identique, puis un saut de deux mois.

Les crédits sont donnés au niveau du fascicule, par trois noms de scénaristes et trois noms de dessinateurs. Pour le 279 : Al Milgrom, John Byrne et Chris Cooper au scénario, Mark Bagley, Paul Ryan et John Romita Jr. au dessin. Pour le 280 : Al Milgrom, John Byrne et Bob Harras, avec Andy Kubert, Mark Bagley et Paul Ryan. Le relevé ne dit pas quel nom correspond à quel épisode, et il ne donne pas le sommaire complet : un seul titre d'histoire par fascicule.

Un mois absent des dates, aucun absent de la numérotation

Deux questions se mêlent ici, et il faut les séparer. La première porte sur le calendrier : y a-t-il un mois sans numéro ? Oui, au sens des dates : avril 1993 ne figure dans aucune des 107 entrées du relevé. La seconde porte sur la suite des numéros : en manque-t-il un ? Non : les numéros vont de 229 à 335, et les 107 entrées occupent les 107 rangs.

Autrement dit, l'absence d'avril est une absence de date, pas une absence de fascicule. Le numéro qui devrait occuper avril existe : c'est le 280, et il porte la date du mois précédent. Un lecteur qui chercherait « avril 1993 » dans un classement par date conclurait à tort qu'un fascicule n'a pas paru.

Une anomalie locale, pas un décalage qui se propage

Reste à savoir si cette date en double a contaminé la suite. Elle ne l'a pas fait. Entre le numéro 268 (5 avril 1992) et le numéro 279 (5 mars 1993), chaque numéro tombe un mois après le précédent. Après le 280, le 281 est daté de mai 1993, et le numéro 281 se trouve bien treize mois après le 268, comme son rang le laisse attendre. Le calendrier a retrouvé son pas dès le numéro suivant.

Sur les 106 passages d'un numéro au suivant dans le relevé, trois seulement ne font pas exactement un mois : 279 à 280 (zéro mois), 280 à 281 (deux mois) et 324 à 325 (cinq mois, traité plus bas). Les deux premiers sont les deux faces d'une même anomalie : une date répétée, puis un saut de deux mois qui la compense. Sans le 280, les numéros 268 à 296 se suivraient à raison d'un mois chacun.

Ce que les données ne disent pas, c'est la cause. La date du 280 peut avoir été imprimée à l'identique sur l'objet, ou recopiée de la voisine lors de la saisie du catalogue : le relevé ne permet pas de trancher. La lecture la plus simple est que le 280 devait porter avril, mais c'est une déduction, pas une donnée.

Ce que cela change pour dater un exemplaire

Deux principes en découlent. D'abord, le rang prime sur la date quand les deux se contredisent : le 280 est le fascicule qui vient après le 279 et avant le 281, quelle que soit la date qu'on lui prête. Ensuite, une date n'est une preuve que si elle est lue sur l'objet. Vérifiez la mention imprimée sur votre exemplaire plutôt que de vous en remettre à une fiche de vente ou à un classement.

En pratique, trois cas se présentent. Si votre exemplaire est un 280, sa date de parution se situe, selon toute vraisemblance, entre le 279 de mars et le 281 de mai : une fourchette serrée, mais pas une date établie. Si une annonce vend un « Strange d'avril 1993 », demandez le numéro : il s'agit très probablement du 280. Et si un vendeur affirme avoir deux numéros de mars 1993, ce sont le 279 et le 280, pas un doublon.

Comment les numéros de Strange (Semic, 1989) sont datés, numéro par numéro, avec le ou les numéros de l'article repérés : date au jour, au mois, au trimestre, année seule, ou aucune date

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Les deux numéros côte à côte : titres, crédits et un homonyme

Le 279 et le 280 se distinguent par leur titre et par leur équipe. Le 279 compte John Romita Jr. parmi ses dessinateurs et Chris Cooper parmi ses scénaristes ; le 280 les remplace par Andy Kubert et Bob Harras. Ces deux noms de remplacement suffisent à les séparer à la lecture des crédits, même si la couverture ne vous aide pas.

Un piège supplémentaire attend le lecteur du relevé : le titre « Premier contact » apparaît aussi au numéro 288, daté du 5 décembre 1993. C'est le seul titre d'histoire répété dans les 107 numéros du relevé. Les crédits diffèrent (le 288 donne David Michelinie, Len Kaminski et Bob Harras au scénario), donc il ne s'agit pas d'une ligne dupliquée par erreur. Le relevé ne dit pas pourquoi deux fascicules portent ce titre. Retenez simplement que le titre ne suffit pas à identifier un numéro : le rang le fait.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Ne pas confondre avec le vrai trou de 1997

Un autre endroit du relevé ressemble à un mois manquant, et celui-là est d'une autre nature. Le numéro 324 est daté de décembre 1996, le 325 de mai 1997 : quatre mois de calendrier (de janvier à avril 1997) n'ont aucune entrée, alors que les numéros se suivent. Là, aucun fascicule voisin ne partage une date, et l'écart est net.

La nuance est utile pour qui range sa collection par date. À partir du numéro 297, le relevé ne porte plus que le mois, sans jour, ce qui rend ces écarts plus difficiles à repérer à l'œil. Le principe reste le même : un écart de dates n'est pas une preuve qu'un fascicule manque, et seul le rang peut le prouver. Tant que les numéros se suivent, la série est complète à cet endroit.

Inscrire le 280 dans une liste de manques

Notez-le par son numéro, pas par sa date : « Strange n°280 », avec en marge « mars 1993 sur la fiche, avril attendu ». Cette ligne protège de deux erreurs, celle de chercher un numéro 280 bis qui n'existe pas dans le relevé et celle de croire à un trou entre 279 et 281.

Côté état, rien dans ces données ne distingue ces deux fascicules d'un autre : le relevé ne parle ni de papier, ni de brochage, ni de variantes. Examinez donc l'exemplaire pour lui-même, et notez la date que vous lisez dessus, quelle qu'elle soit, dans votre suivi. Dans votre suivi, saisissez le numéro comme clé et gardez la date imprimée en commentaire : une date tapée de mémoire se propage mal d'une liste à l'autre.

Questions fréquentes

Pas dans le relevé : aucune des 107 entrées n'est datée d'avril 1993. Le numéro 280, qui devrait occuper ce mois, est daté du 5 mars 1993 comme le 279. La numérotation, elle, ne présente aucun trou entre 279 et 281.

Non. Ce sont deux fascicules distincts, avec des titres d'histoire différents (« Et la fête continue ! » et « Premier contact ») et des crédits différents. Seule la date indiquée dans le relevé est identique.

Les données ne l'établissent pas. C'est la lecture la plus simple, puisque le 281 est daté de mai, mais la date réelle de parution du 280 reste à confirmer sur l'exemplaire lui-même.

Non. Le 281 est daté de mai 1993, soit treize mois après le 268 d'avril 1992, comme son rang l'implique. Le relevé ne montre aucun décalage durable après le 280.

Les deux portent le titre « Premier contact ». Le 280 est daté de mars 1993 et crédité d'Andy Kubert ; le 288 est daté de décembre 1993 et crédité de Kevin Hopgood en premier dessinateur. Comparez le numéro imprimé, pas le titre.