Le premier fascicule de Spider-Man chez Semic porte la date d'avril 1991 et un intitulé relevé au catalogue qui dit « Tourment, 4ème partie ». Autrement dit, le numéro un n'ouvre pas le récit qu'il contient : il en présente un segment déjà avancé, signé Todd McFarlane au scénario comme au dessin. Les numéros suivants confirment le procédé, avec un pas de quatre parties d'un fascicule à l'autre.
Vous ouvrez un numéro un, vous vous attendez à une première page qui commence quelque chose. Sur ce titre de 1991, la ligne de sommaire conservée annonce une quatrième partie. Ce détail n'est pas une coquille du catalogue, c'est la clé de lecture de toute la série, et il explique pourquoi tant de collectionneurs qui achètent ce fascicule en premier referment le volume avec l'impression d'être arrivés en retard.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que porte le fascicule d'avril 1991
Trois éléments sont établis pour ce numéro un : sa date, avril 1991 ; l'intitulé de l'histoire relevée, « Tourment, 4ème partie » ; et un double crédit au nom de Todd McFarlane, à la fois comme scénariste et comme dessinateur. C'est tout ce que l'on peut affirmer sans se tromper, et c'est déjà beaucoup pour trancher une annonce douteuse.
Ce qui n'est pas établi mérite d'être dit aussi clairement. Le catalogue ne retient qu'un titre d'histoire par fascicule, alors qu'une revue française de ce format en accueillait plusieurs. Le sommaire complet du numéro un n'est donc pas documenté ici, et toute personne qui vous l'énumère de mémoire vous propose une reconstitution, pas une donnée. La vérification se fait sur l'exemplaire, page de sommaire sous les yeux.
Retenez la hiérarchie : la date et le nom de McFarlane sont des points fixes, le contenu détaillé est une question ouverte. Un vendeur qui connaît cette différence est un vendeur avec qui on peut discuter.
Un numéro un qui ne commence rien
La mention « 4ème partie » sur le tout premier fascicule produit un effet déroutant. Celui qui achète ce numéro parce qu'il porte le chiffre un croit acheter un début. Il achète en réalité un volume qui s'ouvre sur un segment avancé d'un récit dont les trois premières parties ne sont pas devant lui.
Deux lectures sont possibles et il faut les tenir ensemble. Soit le fascicule reprend effectivement le fil en cours de route, soit il contient plusieurs épisodes successifs et le catalogue n'a conservé que l'intitulé du dernier. La seconde hypothèse est la plus probable, et ce ne sont pas des suppositions de principe qui le disent : ce sont les numéros suivants, où le même phénomène se répète avec une régularité mesurable.
Dans les deux cas, la conséquence pratique est identique pour vous. Le numéro un ne se suffit pas à lui-même. Il faut le penson comme l'entrée dans un dispositif, pas comme la première page d'une histoire.
Le pas de quatre, mesuré sur les numéros suivants
La démonstration tient dans un enchaînement de quatre fascicules consécutifs. Les numéros 11 à 14 portent tous l'intitulé d'un même grand récit, et leurs mentions de partie se lisent dans l'ordre : deuxième, sixième, dixième, quatorzième. L'écart est de quatre parties à chaque passage d'un fascicule au suivant, sans exception sur la séquence.
Ce pas constant est un renseignement en soi. Il indique qu'un fascicule français de cette série absorbe quatre segments de récit, et que la ligne retenue au catalogue est celle d'un seul d'entre eux. Appliqué au numéro un, ce raisonnement donne une lecture cohérente de la fameuse quatrième partie : non pas un démarrage raté, mais la dernière marche d'un escalier que le fascicule contient en entier.
Un indice supplémentaire va dans le même sens. Plusieurs intitulés de la série portent un mot de clôture plutôt qu'un numéro, « épilogue », « conclusion », « suite et fin », « fin ». Le relevé privilégie donc le segment terminal du fascicule. Cette habitude de catalogage, une fois comprise, vous évite de prendre pour un trou dans la collection ce qui n'est qu'une convention d'indexation.
Ce que cela change quand vous achetez le numéro un
Première conséquence : ne jugez pas ce fascicule sur l'impression de décalage qu'il laisse à la lecture. Beaucoup d'exemplaires circulent à vil prix parce que leur propriétaire a conclu qu'il tenait un volume bancal. L'objet n'est pas bancal, c'est la grille de lecture qui manquait.
Deuxième conséquence : si votre objectif est de lire un récit du début à la fin, le numéro un de cette série n'est pas le point d'entrée évident, et aucun fascicule ultérieur ne l'est davantage. La série se collectionne en continu ou se lit par ailleurs. Autant le savoir avant de constituer une pile.
Troisième conséquence, la plus utile à l'achat : la mention de partie devient un outil de contrôle. Si une annonce vous présente un prétendu numéro un dont l'intitulé commence par une première partie, quelque chose ne correspond pas au relevé, et cela mérite une photographie de la page de sommaire avant tout engagement.
Ce qui distingue ce fascicule des suivants
La signature est le discriminant le plus net. Sur le numéro un, un seul nom occupe les deux fonctions, scénario et dessin. Dès le quatrième fascicule, les crédits relevés s'allongent et mêlent plusieurs scénaristes et plusieurs dessinateurs sur une même ligne, ce qui reflète un sommaire devenu composite. Le passage d'un nom unique à des crédits pluriels est l'un des rares seuils visibles de toute la série.
Le rythme de parution évolue lui aussi, et il raconte quelque chose de la santé commerciale du titre. Les premiers fascicules se succèdent à quatre mois d'intervalle, avril, août et décembre 1991. Plus tard, l'écart se resserre à trois mois, puis la fin de parcours passe à deux mois jusqu'au vingt-troisième et dernier fascicule, daté de décembre 1996. Une revue qui accélère sur la fin est une revue dont le stock à rattraper était considérable.
Pour vous, ce resserrement a un effet concret sur la rareté relative : les fascicules du début de série ont connu des conditions de diffusion différentes de ceux de la fin. Le numéro un bénéficie de la curiosité du lancement, les derniers souffrent d'un lectorat déjà érodé.
Vous collectionnez cette série ?
Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.
Commencer mon essai →Reconnaître un vrai numéro un dans une annonce
Commencez par la date. Avril 1991 est la mention attendue, et elle doit se retrouver dans l'ours ou sur la couverture. Une annonce qui ne donne aucune date est une annonce à interroger, pas à écarter : beaucoup de vendeurs ne pensent pas à la relever.
Demandez ensuite deux photographies précises, la couverture entière bords compris, et la page de sommaire. Sur cette page, vous cherchez la trace du mot « Tourment » et d'une mention de partie. Si le vendeur vous répond que le sommaire porte un titre sans aucun numéro de partie, vous tenez probablement autre chose, et le reste de la discussion peut s'arrêter là.
Troisième point de contrôle, le nom de Todd McFarlane aux deux postes. Sur le fascicule inaugural, il ne partage ni le scénario ni le dessin dans le relevé. Un numéro annoncé comme le premier mais créditant trois dessinateurs appartient à la suite de la série, où les crédits multiples sont la règle.
Les confusions possibles, et comment les lever
Le personnage avait déjà été publié en France sous d'autres titres de revue bien avant 1991, dans des formats et chez des éditeurs différents. Une annonce qui vous propose un « premier numéro » de ce héros peut donc viser l'un de ces titres antérieurs sans aucune intention de tromper. La question à poser est simple : quel titre figure exactement en couverture, et quelle année porte l'ours ?
Deuxième piège, le chiffre un se réutilise. Un titre portant le même nom de héros a pu être relancé plus tard avec une numérotation repartie de un, et un fascicule de relance ressemble beaucoup, sur une photographie de petite taille, à un fascicule de 1991. Ici encore, la date tranche sans discussion possible.
Troisième piège, les rééditions et les recueils. Les sources divergent sur ce qui a été repris, et dans quels formats, ce qui est une raison de plus de ne jamais se contenter de la mention du numéro. Un exemplaire dont les cahiers sont collés dans une couverture cartonnée n'est pas le fascicule d'avril 1991, quel que soit le contenu.
Ce qu'il faut regarder sur l'objet
Ce format de revue souffre principalement au dos. Vérifiez la tenue des agrafes, la présence de rouille autour d'elles, et l'état du pli central, qui blanchit au premier abus. Un dos blanchi sur toute sa hauteur signale un exemplaire lu et relu, ce qui est courant pour un numéro de lancement acheté par de jeunes lecteurs.
Regardez ensuite les quatre coins et la tranche supérieure. Les piles de revues françaises ont dormi des décennies à plat, et la tranche haute prend la poussière et l'humidité en premier. Une légère ondulation de papier n'est pas rédhibitoire, une auréole brune qui traverse plusieurs pages l'est davantage.
Dernier contrôle, la complétude interne. Comptez les pages si le vendeur l'accepte, et vérifiez qu'aucune page de publicité ou de courrier des lecteurs n'a été découpée. Sur les revues de cette époque, les découpes de concours sont fréquentes et font chuter la valeur d'un cran entier.
Compléter la série et suivre vos exemplaires
La série compte vingt-trois fascicules, ce qui en fait un ensemble atteignable pour un collectionneur patient, contrairement aux longues séries de kiosque à plusieurs centaines de numéros. L'obstacle n'est pas le volume, c'est la dispersion : des fascicules étalés d'avril 1991 à décembre 1996 n'apparaissent presque jamais ensemble dans un même lot.
La bonne méthode consiste à noter, pour chaque exemplaire acquis, la date portée sur l'ours et l'intitulé exact relevé sur la page de sommaire. Ce double relevé vous servira deux fois : pour repérer les doublons quand vous achèterez un lot, et pour reconstituer vous-même l'ordre de lecture, que les mentions de partie permettent de déduire une fois le pas de quatre compris.
Tenez cette liste quelque part de stable. Un suivi dans votre collection consacrée au personnage vaut mieux qu'une mémoire de chasseur, surtout sur une série où deux fascicules voisins peuvent porter des intitulés presque identiques.
Ce qu'il faut retenir
Un numéro un qui annonce une quatrième partie n'est pas une anomalie à corriger, c'est une information à exploiter. Elle vous dit comment la revue était construite, elle vous donne un critère d'authentification que peu d'acheteurs connaissent, et elle vous évite la déception de celui qui croyait ouvrir un récit.
Gardez les trois points fixes : avril 1991, l'intitulé « Tourment » avec sa mention de partie, et la double signature de Todd McFarlane. Le reste du sommaire se vérifie sur l'exemplaire, et vous aurez raison de le demander.
Questions fréquentes
Parce que le relevé conserve l'intitulé d'un segment avancé du récit contenu dans le fascicule. Les numéros suivants montrent un écart régulier de quatre parties d'un fascicule à l'autre, ce qui indique qu'un volume français absorbait plusieurs segments et que l'indexation retient souvent le dernier. Le fascicule n'est donc pas incomplet pour autant.
Avril 1991. C'est la donnée la plus facile à faire confirmer par un vendeur, et la plus discriminante, puisqu'elle écarte d'un seul coup les titres antérieurs consacrés au même personnage et les relances ultérieures qui repartent elles aussi d'un numéro un.
Todd McFarlane est crédité au scénario et au dessin sur l'histoire relevée. Ce nom unique aux deux postes ne se retrouve plus à partir du quatrième fascicule, où les crédits deviennent pluriels. Trois dessinateurs annoncés sur un prétendu numéro un signalent donc un fascicule plus tardif de la série.
Pas en partant du numéro un avec l'idée d'un début franc. Les mentions de partie permettent en revanche de reconstituer l'enchaînement interne une fois le pas de quatre identifié. Pour une lecture suivie du début d'un récit, mieux vaut chercher ailleurs que dans le fascicule inaugural.
Vingt-trois, publiés d'avril 1991 à décembre 1996. Le rythme se resserre en fin de parcours, passant de quatre mois entre deux fascicules à deux mois, si bien que les derniers numéros ont circulé devant un lectorat plus réduit et se croisent plus rarement en brocante.