New Warriors #1, daté de juillet 1990, ouvre la série de l'équipe de jeunes héros écrite par Fabian Nicieza et dessinée par Mark Bagley. Night Thrasher, Nova, Namorita, Marvel Boy, Firestar et Speedball y partagent pour la première fois un même titre. On le cherche pour trois raisons : il lance une série de 75 numéros, il précède de seize ans le drame de Stamford qui déclenche Civil War, et il garde les débuts de Bagley sur un titre régulier.
Un collectionneur qui possède déjà les Nova de 1976, les Speedball de Steve Ditko et quelques Uncanny X-Men des années 1980 se retrouve devant un trou : ces personnages isolés ne se sont jamais retrouvés ensemble avant juillet 1990. New Warriors #1 est le fascicule qui comble ce trou, et c'est aussi un numéro dont la réputation dépend davantage d'une série entière que d'une scène précise.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
New Warriors #1 : date, auteurs et composition de l'équipe
Sur la couverture, le mois indiqué est juillet 1990. Fabian Nicieza en signe le scénario, Mark Bagley en assure le dessin. La série qui démarre alors couvre 75 numéros et quatre annuals, jusqu'en septembre 1996, ce qui la place parmi les titres d'équipe les plus durables de la décennie chez Marvel.
Le casting du premier numéro rassemble six personnages : Night Thrasher, Nova, Namorita, Marvel Boy, Firestar et Speedball. Aucun n'est un inconnu en 1990, et c'est précisément le pari du titre. Nova est un héros des années 1970, Firestar vient d'un dessin animé adapté ensuite en bande dessinée, Speedball a été imaginé par Steve Ditko pour sa propre série de 1988, Namorita est la cousine de Namor, et Marvel Boy deviendra plus tard Justice. Seul Night Thrasher, le chef de bande, est en pratique un personnage neuf, bâti pour porter l'équipe.
Nous ne détaillons pas l'intrigue du numéro. Sa fonction est de poser les rôles : un meneur sombre et riche, une équipe de volontaires qui n'ont pas le même âge ni la même expérience, et un ton plus proche du récit d'adolescents que du récit de grands vétérans en collants. C'est ce ton qui a fait l'identité du titre.
Thor #411 et la préhistoire de l'équipe
Les New Warriors ne tombent pas du ciel en juillet 1990. Le catalogue relie leur naissance à Thor #411, daté de décembre 1989, où Richard Rider reparaît après plusieurs années d'absence et où l'équipe est amorcée sous les yeux des lecteurs du dieu du tonnerre. C'est une pratique que Marvel employait volontiers à l'époque : tester un concept dans une série établie avant de lui donner son propre mensuel.
Cette amorce pose une question d'archivage que rencontre tout acheteur : où commence l'équipe ? Pour une première apparition collective, la réponse la plus défendable est Thor #411. Pour le premier numéro de la série, c'est New Warriors #1. Les sources divergent sur ce qui doit être qualifié de première apparition de chaque membre, car plusieurs personnages sont antérieurs, et nous ne tranchons que pour Night Thrasher dans la mesure où son lien avec Thor #411 est établi.
La série fait aussi partie d'un mouvement éditorial plus large. Marvel venait de constater qu'une jeune équipe dessinée par un artiste au trait neuf pouvait se vendre, et New Mutants #87, paru quatre mois plus tôt, fournissait déjà le modèle d'un titre en pleine mutation. Les deux lancements ne s'adressent pourtant pas au même public : l'un déplace une série de mutants vers l'action militaire, l'autre invente une bande urbaine sans lien avec les X-Men.
Pourquoi ce numéro est devenu une clé
La première raison est le statut de numéro un. Dans une collection, un premier numéro de série longue sert de point d'ancrage, et les 75 numéros qui suivent s'organisent autour de lui. C'est ce qui sépare ce fascicule d'un simple épisode de milieu de run : il a une identité autonome sur les listes d'achat.
La deuxième est l'effet Civil War. En 2006, Marvel ouvre sa saga Civil War par un accident survenu à Stamford, dans le Connecticut, lors d'une opération d'une équipe de New Warriors filmée pour la télévision. Cette équipe n'est pas celle de 1990, elle appartient à une relance de 2005 dont Zeb Wells est l'un des auteurs. Mais l'événement a ramené le nom de l'équipe devant un public qui l'ignorait, et il a mécaniquement relancé l'intérêt pour les origines.
La troisième tient à Mark Bagley. Il deviendra le dessinateur de longues périodes d'Amazing Spider-Man, puis, avec Brian Michael Bendis, de la série Ultimate Spider-Man au tournant des années 2000. New Warriors #1 est l'un des premiers numéros où son trait tient seul un lancement, et il intéresse à ce titre les lecteurs qui suivent un artiste plus qu'un personnage.
La quatrième est la signature de Nicieza. Le même scénariste a co-créé Deadpool avec Rob Liefeld dans New Mutants #98 et écrit de grands pans de X-Force. Les mêmes mois de 1990 et 1991 lui doivent donc plusieurs lancements, et ce fascicule en est la version la plus calme, la moins vendue à la spéculation et la plus agréable à lire.
La cote de New Warriors #1 : état, tirage, demande
La demande n'a rien de commun avec celle d'un numéro dont un personnage majeur fait sa première apparition. Ici, personne ne cherche un héros inédit : on cherche un point de départ de série et un dessinateur. La cote s'installe donc dans une zone intermédiaire, bien plus bas que les grandes clés de l'époque, mais au-dessus des numéros ordinaires de 1990.
Le facteur qui fait le plus bouger le prix est le grade. Les fascicules de 1990 souffrent de pliures de dos, de coins émoussés et d'un papier qui jaunit selon son stockage. Entre un exemplaire seulement lisible et un exemplaire proche du sommet de l'échelle, le prix peut plus que doubler ; deux crans au milieu de l'échelle, eux, se remarquent à peine. La question utile avant l'achat est donc de savoir si vous voulez un exemplaire de lecture, un maillon de série ou une pièce à conserver sous étui.
Le tirage joue un rôle limité : un premier numéro de série régulière de cette époque a été imprimé largement, et le stock disponible reste vaste. Les cotes ne s'envolent pas, sauf quand un événement extérieur, comme une annonce d'adaptation certaine, rappelle l'équipe à l'attention. En l'absence d'une telle annonce, vous achetez un titre au rythme du marché, pas au rythme d'une vague. Méfiez-vous d'un vendeur qui parle de rareté : cet argument est faux pour un fascicule de cette série.
Reconnaître une édition d'une autre
Les New Warriors de 1990 sortent en deux jeux de fascicules identiques par le contenu : un tirage pour les boutiques de comics, marqué d'un cadre illustré en haut à gauche, et un tirage pour les kiosques, où ce cadre cède la place à un code-barres. New Warriors #1 n'échappe pas à cette règle. Regardez d'abord ce coin, puis le dos du fascicule.
Des rééditions existent, mais elles ne se confondent pas avec l'original. Les recueils consacrés à l'équipe, de type « Classic », regroupent plusieurs épisodes dans un volume broché : ils servent à lire, pas à collectionner un premier numéro. Leur contenu exact varie selon le volume, et nous ne détaillons pas ici lesquels contiennent le #1, car la composition de chaque tome doit être vérifiée sur la quatrième de couverture avant achat.
Pour savoir si vous tenez un original de 1990, comparez la typographie du logo, le papier de l'intérieur et la présence de la mention de date de couverture. Le papier d'un fascicule ancien est mat et légèrement poreux, celui d'une réimpression plus récente est souvent plus blanc et plus lisse.
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Les pièges à l'achat
Le premier piège est la confusion de volume. Marvel a relancé l'équipe plusieurs fois, en 1999, en 2005 et plus tard, et chaque relance a eu son propre numéro un. Une annonce qui titre simplement « New Warriors #1 » sans année peut désigner n'importe laquelle. Exigez l'année dans le titre, et vérifiez la date de couverture sur la photo.
Le deuxième piège tient à la couverture. Si la couverture de l'annonce ne correspond pas à celle que vous attendez, vérifiez qu'il ne s'agit pas d'une autre série ou d'une couverture alternative d'une relance récente. Les ratios et les tirages des couvertures alternatives modernes ne concernent pas ce numéro.
Le troisième est l'exagération sur la rareté. Un vendeur qui présente le fascicule comme introuvable dit faux. Le stock est large, et c'est la qualité de l'état qui fait le prix. Comparez plusieurs ventes terminées du même grade plutôt qu'une seule annonce, puis retenez la médiane de ce que vous avez observé.
Le quatrième concerne les lots. Les ensembles de la série entière proposent parfois des numéros isolés abîmés mêlés à un #1 en bon état. Contrôlez chaque fascicule du lot, pas seulement celui qui motive l'achat.
Les numéros voisins qui comptent aussi
Autour du #1, plusieurs repères structurent une collection. Thor #411 fournit l'amorce de l'équipe. Les premiers numéros de Nova de 1976, scénarisés par Marv Wolfman, appartiennent au socle du personnage, et vous les trouverez décrits dans le guide dédié à Richard Rider. Speedball #1, dessiné par Steve Ditko en 1988, donne son origine au plus fantasque des membres.
Uncanny X-Men #193, de 1985, présente Firestar dans la bande dessinée après son passage à l'écran. Ces numéros précédents ont chacun leur public, et ils pèsent souvent plus que le #1 de l'équipe lorsque l'on raisonne en rapport de cote. Si votre objectif est la valeur à long terme, c'est d'abord là qu'il faut chercher.
Plus tard, Civil War #1 de 2006 ne contient pas l'équipe de 1990, mais il réactive le nom. Les numéros de la relance de 2005, avec Zeb Wells, sont des candidats naturels pour qui s'intéresse à la chaîne qui mène à l'événement. Quant aux numéros suivants de la série de 1990, ils se lisent mieux qu'ils ne se cotent : leur intérêt tient à la continuité, pas à une apparition inédite.
Ce que la notation change
Pour un fascicule de 1990 dont le stock reste large, la notation professionnelle a surtout un effet de tri. Elle garantit l'état et l'authenticité, elle ferme la discussion sur un défaut de dos que la photo masque, et elle fixe un référentiel de comparaison.
Elle ne crée pas de rareté pour autant. Avant de financer un étui, mesurez le rapport entre un exemplaire brut en bel état et le même numéro déjà noté près du sommet. Si le rapport est faible, la notation est un luxe ; s'il est élevé, elle devient une assurance sur l'état. Pour un titre à la cote modérée, faire noter votre exemplaire n'est souvent rentable que s'il atteint le haut du tableau.
Un étui n'empêche pas de se tromper d'édition. Vérifiez sur l'étiquette que le titre porte bien le volume de 1990 et pas une relance, puis comparez la mention de l'édition, directe ou de kiosque, avec les photos du vendeur.
Comment le suivre dans une collection
La manière la plus utile de ranger ce numéro est de l'attacher à deux ensembles. Le premier est l'ensemble de la série de 1990, de #1 à #75, avec les quatre annuals. Le second est le groupe des personnages : Nova pour les fans de Richard Rider, Speedball pour ceux qui aiment les séries de Ditko, Firestar pour les lecteurs de l'univers des X-Men.
Notez pour chaque exemplaire l'année du volume, l'édition (directe ou de kiosque), l'état estimé et le prix d'achat. Ce dernier élément est le plus utile quand vous évaluez plus tard l'écart entre ce que vous avez payé et ce que vaut le fascicule. Avec une fiche courte et à jour, vous ne rachetez plus par erreur le même numéro sous un autre volume.
Gardez aussi une ligne pour les recueils. Un tome broché qui contient le #1 peut remplacer le fascicule sur vos étagères de lecture, tandis que l'original reste dans votre boîte de conservation. Séparer les deux usages évite de manipuler l'exemplaire le plus fragile.
Conclusion
Ce fascicule n'ouvre aucune première apparition au sens strict, et c'est pourquoi l'achat se raisonne sans précipitation. Il vaut par son rôle de départ d'une série de 75 numéros, par les signatures de Nicieza et de Bagley, et par le chemin qui relie l'équipe de 1990 à Civil War. Si vous cherchez la rareté, passez à autre chose ; si vous voulez un maillon solide d'une collection Marvel du début des années 1990, c'est un bon candidat à acheter en état propre, volume et édition vérifiés.
Questions fréquentes
Non. Nova, Richard Rider, existe depuis la série de 1976 et revient dans Thor #411 en décembre 1989. New Warriors #1, de juillet 1990, est le premier numéro de la série d'équipe où il devient membre fondateur. Pour sa vraie première apparition, regardez du côté des Nova de 1976.
La série compte 75 numéros, de juillet 1990 à septembre 1996, plus quatre annuals. Cette durée la rend facile à compléter si vous visez l'ensemble, mais les derniers numéros, moins demandés, sont aussi ceux dont le prix à l'unité varie le moins d'un vendeur à l'autre.
Pas directement. L'accident de Stamford, qui ouvre Civil War en 2006, implique une équipe de New Warriors de la relance de 2005, filmée pour la télévision. Le nom est le même, la composition et l'époque diffèrent. Il a toutefois remis en lumière l'équipe d'origine auprès des lecteurs.
Les deux existent en 1990. L'édition directe, avec le cadre illustré en coin, est la plus courante en haut de l'échelle de notation ; l'édition de kiosque, avec code-barres, est souvent plus abîmée par la manipulation. Les sources divergent sur l'écart de cote, vérifiez-le par des ventes récentes du même grade.
Il dessine les débuts de la série, dont le #1, puis d'autres dessinateurs prennent le relais au fil des 75 numéros. Les sources ne s'accordent pas sur la date exacte de son départ, et nous ne la fixons pas. Vérifiez les crédits de chaque numéro avant d'acheter pour son dessin.
Vous avez un New Warriors #1 de 1990 ? Estimez-le selon son volume, son édition et son état avant de le faire noter.
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