Pour lire le Fléau, ouvrez X-Men #12 (juillet 1965), par Stan Lee et Jack Kirby, où Cain Marko, frère par alliance de Charles Xavier, apparaît pour la première fois. Enchaînez sur le diptyque The Amazing Spider-Man #229-230 (1982), signé Roger Stern et John Romita Jr., puis sur la mini-série Juggernaut (2020) de Fabian Nicieza et Ron Garney, qui le suit après sa sortie de Krakoa.
Le Fléau (Juggernaut en version originale) se résume mal à un bloc de muscles lancé contre un mur. Derrière le casque, il y a Cain Marko, un adolescent humilié par son beau-père, et l'ombre de Charles Xavier, avec qui il partage une famille recomposée. Selon les décennies, Cain a été l'ennemi des X-Men, un allié maladroit, un mercenaire des Thunderbolts, puis un homme qui cherche à rompre avec la divinité qui l'alimente. Ce guide classe sept lectures pour suivre cette trajectoire.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Sa première apparition
Le Fléau naît dans The X-Men #12, daté de juillet 1965, et son récit se conclut dans le numéro 13, de septembre 1965. Stan Lee écrit, Jack Kirby signe les mises en page, finies par Alex Toth sur le #12 et par Werner Roth sur le #13. Le fascicule est surtout connu comme celui qui raconte l'origine du professeur Xavier : on y découvre que la mère de Charles s'est remariée avec Kurt Marko, père de Cain, et que ce dernier a grandi dans la jalousie d'un frère par alliance que son père préférait.
La source du pouvoir est posée dès ce numéro. Cain trouve un temple en Corée, y touche un joyau lié au dieu Cyttorak, et en ressort doté d'une force qui ne cesse de croître tant qu'il avance. Ce détail commande tout le reste de sa bibliographie : un homme qui ne peut pas être arrêté une fois lancé, mais qui peut être contourné, piégé ou convaincu. Pour comprendre pourquoi ce duo de créateurs a posé tant de personnages durables, notre page sur Jack Kirby retrace son parcours chez Marvel.
Côté collection, ce fascicule des années Silver Age se juge sur l'état du dos, la fraîcheur des couleurs et l'authenticité de la couverture. Le numéro 13 complète la lecture, et les deux se prennent en paire.
1 : X-Men #12-13, Stan Lee et Jack Kirby, avec Alex Toth et Werner Roth (1965)
Lire ces deux numéros n'est pas un devoir de collectionneur, c'est la meilleure introduction au personnage. Le premier met en scène la découverte de la pierre et le face-à-face avec Xavier ; le second poursuit l'affrontement avec l'équipe et referme le récit. Cette paire pose la règle qui servira ensuite aux scénaristes : un adversaire que la force ne peut pas arrêter oblige les héros à chercher une autre réponse.
Ces numéros s'adressent à celui qui veut le personnage à l'état pur, sans les couches d'événements ultérieures. Le style est bavard et théâtral, comme dans la bande dessinée des années 1960, et le Fléau y reste un obstacle plus qu'un être complexe.
Pour replacer ces numéros dans la grande histoire de l'équipe, la page Histoire des X-Men donne le cadre des années 1960, et les numéros clés de la série situent le fascicule parmi les autres tournants.
2 : X-Men #101 à #103, Chris Claremont et Dave Cockrum (1976-1977)
Une fois l'équipe internationale installée, le Fléau reparaît dans un arc de trois numéros que Chris Claremont écrit et que Dave Cockrum dessine. Cet arc s'ouvre avec le numéro 101, daté d'octobre 1976, qui marque aussi la première apparition complète de Black Tom Cassidy, le complice qui va désormais accompagner Cain pendant des années. Le château de Cassidy Keep sert de théâtre à l'affrontement.
Ce qui change, c'est la fonction du Fléau. Jusqu'ici, il était un obstacle. Avec Claremont, il devient la moitié d'un duo : il a un camarade, un motif personnel, et on commence à comprendre qu'il tient à quelqu'un. Les X-Men, eux, ne gagnent pas en le battant frontalement, et la résolution repose sur l'ingéniosité plus que sur la force.
C'est le bon arc pour qui apprécie l'époque Claremont-Cockrum sans vouloir lire des dizaines de numéros d'affilée. Il se lit à la suite, en trois fascicules. Pour comprendre la nouvelle équipe, voyez Giant-Size X-Men #1, puis la page Chris Claremont : par où commencer pour situer l'auteur.
3 : The Amazing Spider-Man #229-230, Roger Stern et John Romita Jr. (1982)
Souvent citée comme l'affrontement le plus mémorable du Fléau hors des X-Men, cette histoire en deux parties est datée de juin et juillet 1982. Roger Stern écrit, John Romita Jr. dessine au crayon, avec Jim Mooney à l'encrage. Black Tom Cassidy envoie Cain enlever Madame Web, dont il espère que les pouvoirs psychiques l'aideront contre les X-Men ; Spider-Man comprend, trop tard, qu'aucune de ses attaques ne ralentit son adversaire.
L'intérêt tient à la mécanique : Spider-Man n'a ni la force ni la masse pour lutter, et le récit en tire un suspense réel. La victoire passe par un chantier de construction et par du béton frais, une solution de bon sens plutôt qu'une démonstration de puissance. Le lecteur y voit comment un héros sans pouvoir comparable bat un colosse en jouant sur le terrain.
Ce diptyque s'adresse à ceux qui entrent par Spider-Man, pas par les mutants. Le contexte est mince : deux numéros, et la page Madame Web, guide de lecture éclaire le rôle de la victime. Pour l'auteur, le guide Roger Stern : par où commencer donne le reste de son travail sur la série.
4 : Uncanny X-Men #410 à #412, Chuck Austen et Ron Garney (2002)
En 2002, le Fléau cesse un temps d'être un antagoniste. Dans le cycle lancé par Uncanny X-Men #410, Chuck Austen écrit et Ron Garney dessine au crayon les numéros 410 à 412, avant que Sean Phillips ne reprenne les numéros 413 à 415. Les X-Men répondent à un appel de détresse en Écosse, y trouvent Cain, et l'arc s'achève sur son entrée dans l'équipe, aux côtés d'un jeune mutant nommé Sammy.
Cette lecture divise. Elle plaît à ceux qui aiment voir un antagoniste tenter une autre voie, et elle déroute ceux qui retiennent le Fléau comme ennemi définitif. Elle compte surtout pour comprendre pourquoi, des années plus tard, tant de récits jouent sur le fil entre rédemption et rechute : le terrain est posé ici. Le ton est plus intimiste que dans les arcs de la période Claremont.
Elle vise le lecteur déjà installé chez les mutants, curieux de voir Cain dans le camp des héros. Le plus simple est de lire les trois numéros d'affilée avant de poursuivre avec la suite de la série, en s'aidant du guide de lecture X-Men pour le contexte de la période.
5 : X-Men: Legacy #219, Mike Carey et Phil Briones (2009)
Daté de février 2009, ce numéro place face à face Cain Marko et Charles Xavier. Mike Carey écrit, Phil Briones dessine, Cam Smith encre. Il ne s'agit pas d'une bagarre d'équipe mais d'une scène à deux : le Fléau confronte son frère par alliance, et la question de ce qu'on peut pardonner à l'autre devient le vrai sujet.
La force de ce fascicule est sa concentration. Il n'exige presque aucune connaissance préalable de la série Legacy : un lecteur qui a déjà lu X-Men #12 comprend la blessure d'origine, celle d'un garçon élevé à côté d'un autre que son père favorisait. La lecture du numéro fonctionne comme une réponse tardive à l'épisode de 1965, un demi-siècle plus tard, sur le même terrain familial.
Ce numéro est à recommander à celui qui aime les récits courts, centrés sur les relations. Il ne remplace pas une lecture suivie du personnage, mais il éclaire pourquoi la rancœur de Cain dépasse le prétexte à la violence. Les amateurs de Xavier trouveront d'autres pistes dans la page sur Magneto et Xavier.
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6 : Thunderbolts #144 et suivants, Jeff Parker et dessinateurs variés (2010-2011)
La relance de Thunderbolts à partir du numéro 144, daté de mai 2010, place le Fléau dans une équipe de repris de justice : Jeff Parker écrit, Kev Walker dessine ce premier numéro, et la composition d'ouverture compte aussi Crossbones, Ghost, Moonstone et Man-Thing, sous la garde de Luke Cage à la prison de la Raft. Pour Cain, c'est un rôle inédit de travailleur sous contrat, avec des supérieurs et des règles.
La suite, liée à l'événement Fear Itself, occupe les numéros 158 à 162 : un marteau tombe sur la Raft, Cain s'en empare et devient l'un des Dignes du Serpent, sous le nom de Kuurth. Kev Walker et Declan Shalvey se partagent les dessins de ces numéros. Le Fléau y est transformé dans son apparence et dans son rôle, avec un pouvoir qui n'est plus celui de Cyttorak.
Cette lecture s'adresse à ceux qui apprécient l'humour noir et les équipes bancales plus que l'héroïsme classique. Elle montre le personnage dans un format de série régulière, en équipe, ce qu'aucune des lectures précédentes ne faisait. Prévoyez de lire d'abord le numéro 144, puis de sauter directement aux numéros 158 à 162 si le temps vous manque.
7 : Juggernaut, Fabian Nicieza et Ron Garney (2020-2021)
La mini-série en cinq numéros, dont le premier est daté de septembre 2020, est écrite par Fabian Nicieza et dessinée par Ron Garney. Elle arrive dans le sillage de House of X et reprend Cain à un moment où ses pouvoirs ne sont plus ce qu'ils étaient : il cherche à se libérer de la tutelle de Cyttorak, en obtenant les Bandes cramoisies de Cyttorak dans la forge du dieu, en Corée du Nord.
C'est la meilleure porte d'entrée récente, parce qu'elle est autonome et courte. Elle rappelle ce qu'il faut savoir sur la source du pouvoir, sur le lien avec Xavier, sur ses rechutes, puis le fait avancer. On y voit un personnage qui doit décider de ce qu'il veut, une fois le dieu écarté. Cinq numéros suffisent.
La série s'adresse au lecteur qui ne veut pas s'engager dans soixante ans de continuité et qui cherche un récit complet. Elle se lit en fascicules comme en recueil, et le dessin de Ron Garney, rugueux et physique, convient au sujet. Pour la suite des mutants à cette période, voyez House of X et Powers of X.
Par où commencer selon votre profil
Si vous découvrez les X-Men et que vous voulez un récit complet, prenez Juggernaut (2020) : cinq numéros, un début, une fin, et un résumé implicite de ce qui compte. Si vous venez de Spider-Man, The Amazing Spider-Man #229-230 se lit seul et vous met en face de l'adversaire sans prérequis.
Le lecteur de classiques démarrera par X-Men #12-13, puis passera à l'arc de Claremont et Cockrum de 1976-1977 pour voir comment le personnage devient un duo. Celui qui aime les équipes de seconde zone ira vers Thunderbolts #144, puis vers les numéros 158 à 162. Quant au collectionneur, il choisira une pièce par époque : une première apparition, un arc des années 1970, un diptyque de 1982, une relance récente. Les pièces de 2002 et de 2009 sont des compléments de lecteur plus que des cibles de collection.
Les numéros clés à connaître
Le premier repère est X-Men #12 (juillet 1965), première apparition de Cain Marko. Le deuxième est le numéro 13 (septembre 1965), qui clôt l'histoire. Le troisième est X-Men #101 (octobre 1976), première apparition complète de Black Tom Cassidy et début de l'arc à trois numéros avec Cain.
Le quatrième est The Amazing Spider-Man #229 (juin 1982), ouverture du diptyque de Roger Stern. Viennent ensuite Juggernaut #1 (avril 1997), one-shot consacré au personnage, puis X-Men: Legacy #219 (février 2009), et Thunderbolts #144 (mai 2010). Le dernier jalon est Juggernaut #1 (septembre 2020), début de la mini-série de Nicieza et Garney.
Pour trancher entre ces repères, interrogez-vous sur ce que vous cherchez : l'histoire du personnage, ou un objet de collection. Une première apparition ancienne et recherchée n'obéit pas aux mêmes règles qu'un numéro récent facile à retrouver. Vérifiez la nature précise de votre exemplaire, comparez des états équivalents et gardez en tête que la valeur d'un fascicule suit l'attention portée au personnage, pas seulement son âge. Si un de ces numéros dort dans vos boîtes, l'estimation gratuite donne un premier cadre.
Lire dans l'ordre ou par rebonds
La bibliographie du Fléau ne demande aucun ordre strict. Chaque lecture ci-dessus se suffit à elle-même, et le plus pratique est de choisir deux ou trois points d'entrée, puis de revenir en arrière si le personnage vous accroche. Commencer par les années 1960 pour finir en 2020 offre un parcours chronologique, qui fait ressortir le contraste entre le colosse muet de 1965 et l'homme de 2020 qui cherche à se défaire de son dieu.
En recueil, les arcs de 1976-1977 et de 1982 se trouvent dans des volumes consacrés à leurs séries, à rechercher par le titre du numéro de départ. En fascicules, le diptyque de Spider-Man et la mini-série de 2020 restent les achats les plus faciles à compléter, car ils ne demandent que deux ou cinq numéros.
Questions fréquentes
La parution de Cain Marko remonte à The X-Men #12 (juillet 1965), fruit du tandem formé par Stan Lee et Jack Kirby. L'histoire se poursuit dans le numéro 13, de septembre 1965. Le même fascicule raconte l'origine du professeur Xavier, dont Cain Marko est le frère par alliance.
Cain Marko est le fils de Kurt Marko, qui épouse la mère de Charles Xavier : ils sont frères par alliance. Cette parenté est posée dans X-Men #12 (1965). Elle ressurgit dans X-Men: Legacy #219 (février 2009), par Mike Carey et Phil Briones, où les deux hommes se font face.
Pour un récit complet et récent, lisez la mini-série Juggernaut (2020) de Fabian Nicieza et Ron Garney, en cinq numéros. Pour le classique, ouvrez X-Men #12-13 (1965). Depuis l'univers de Spider-Man, le diptyque de 1982 (The Amazing Spider-Man #229-230) a Roger Stern au scénario et John Romita Jr. au crayon.
Oui, à une période précise : dans le cycle d'Uncanny X-Men #410 à #412 (2002), par Chuck Austen et Ron Garney, Cain Marko entre dans l'équipe. Il a aussi été membre des Thunderbolts à partir du numéro 144 (mai 2010). Son camp a varié selon les séries et les auteurs.
Black Tom Cassidy est le complice habituel du Fléau dans les années 1970 et 1980. Sa première apparition complète date de X-Men #101 (octobre 1976), par Chris Claremont et Dave Cockrum. Dans The Amazing Spider-Man #229-230 (1982), c'est lui qui envoie Cain enlever Madame Web.
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