Pour lire Deathstroke, commencez par The Judas Contract (1984), la saga de Marv Wolfman et George Pérez qui fait de Slade Wilson l'ennemi juré des Titans. Poursuivez avec Deathstroke the Terminator (1991), sa série à lui, écrite par Wolfman, puis avec le Deathstroke de Christopher Priest (2016), le run moderne le plus complet. Il surgit pour la première fois à la fin du deuxième fascicule de The New Teen Titans, en décembre 1980.
Deathstroke est un cas rare : un antagoniste devenu assez populaire pour porter ses propres séries, sans jamais cesser d'être défini par son rapport aux jeunes héros qu'il traque. Mercenaire d'élite, stratège redouté, père de famille désastreux, Slade Wilson se lit selon trois angles très différents, et ce guide les classe pour que vous sachiez quel volume ouvrir selon l'humeur du moment.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Sa première apparition
Slade Wilson fait son entrée au dernier tiers du deuxième épisode de The New Teen Titans, couverture de décembre 1980. Marv Wolfman écrit le récit, George Pérez le dessine : le duo venait de réunir une équipe renouvelée dans le numéro précédent, et il lui donne tout de suite un adversaire à sa taille. Le mercenaire n'occupe que la fin de l'épisode. Il y reprend un contrat lancé contre l'équipe, après l'échec de son fils Grant Wilson, le Ravager, qui apparaît dans le même fascicule.
Il faut donc retenir qu'il n'existe qu'un seul fascicule à chercher pour les deux Wilson, et que Deathstroke n'est pas dans le #1. Notre guide dédié à ce #2 détaille le lancement en deux temps et les pièges de description des annonces.
1 : The Judas Contract, Marv Wolfman et George Pérez (1984)
C'est l'entrée à ne pas manquer. Terra, jeune recrue de l'équipe, trahit ses amis sous l'influence de Slade : le récit occupe les numéros 42 à 44 de Tales of the Teen Titans et l'Annual #3, en 1984. Wolfman signe le scénario, Pérez les dessins et les couvertures, avec Dick Giordano et Mike DeCarlo à l'encrage.
Ce que cette lecture apporte à Slade Wilson : la démonstration de sa méthode. Il ne frappe pas de front, il prépare, il infiltre, il choisit sa cible parmi les failles humaines. Le récit installe aussi la rivalité qui définira le personnage depuis plus de quarante ans, et le #44 voit Dick Grayson quitter l'identité de Robin pour devenir Nightwing, un tournant que vous retrouverez dans notre guide de lecture de Nightwing.
Elle s'adresse à tout lecteur, y compris sans connaissance préalable du run : les enjeux se comprennent seuls, même si les personnages gagnent en relief quand on a lu les trois ans précédents. Le plus pratique est un recueil, plusieurs éditions réunissant l'ensemble dans l'ordre. Lisez l'Annual après le #44, dans l'ordre de l'histoire, et non au hasard du rangement.
2 : Deathstroke the Terminator, Marv Wolfman et Steve Erwin (1991)
Onze ans après sa création, Slade Wilson reçoit son propre titre. Le #1 est daté d'août 1991 : Wolfman, son créateur, l'écrit, Steve Erwin le dessine, Will Blyberg encre, et la couverture est de Mike Zeck. Erwin dessine les neuf premiers numéros, puis revient sur plusieurs autres au fil de la série.
L'enjeu de la série est précis : faire d'un méchant un protagoniste sans le transformer en héros. Le lecteur suit les contrats, la logistique, les conflits familiaux, et reste dans la peau d'un professionnel qui ne s'excuse de rien. C'est aussi la lecture qui prolonge le plus directement le Slade de Wolfman, avec ses codes d'honneur et sa vie privée compliquée.
À qui la conseiller ? Aux amateurs des séries des années 1990, qui acceptent un rythme de feuilleton et un graphisme d'époque. Les fascicules se trouvent facilement ; un omnibus a été publié pour ceux qui préfèrent éviter les bacs. Commencez par les premiers numéros, qui forment un bloc cohérent, et arrêtez-vous quand l'envie baisse : la série ne se lit pas d'un trait.
3 : Deathstroke, Christopher Priest et plusieurs dessinateurs (2016)
La série de Rebirth est la meilleure porte d'entrée contemporaine. Après un numéro Deathstroke: Rebirth d'octobre 2016, la série régulière court sur cinquante numéros, tous écrits par Christopher Priest. Les dessins changent selon les arcs : Carlo Pagulayan et Joe Bennett portent les premiers volumes, rejoints notamment par Cary Nord, Denys Cowan et Diogenes Neves.
Priest s'intéresse à la famille de Slade plus qu'à ses coups d'éclat. The Professional (#1 à 8) ouvre le run, Twilight (#12 à 16 et 18) creuse la relation avec ses enfants, et The Lazarus Contract (#19 et 20) est le chapitre central d'un crossover avec les deux séries Titans, avec Teen Titans #8 et un spécial dédié. Les numéros #30 à 35 l'opposent à Batman, dans un arc recueilli sous le titre Batman vs. Deathstroke.
Ce run s'adresse aux lecteurs qui aiment les récits à la narration éclatée, avec des retours en arrière nombreux. Lisez-le dans l'ordre, par volumes, plutôt que par fascicules épars ; les premiers recueils couvrent sans difficulté les huit numéros d'ouverture.
Un conseil de lecture pour The Lazarus Contract : le crossover se répartit entre quatre publications, et le recueil Titans: The Lazarus Contract regroupe Titans #11, Teen Titans #8, Deathstroke #19 et 20 ainsi que le spécial. Si vous suivez le run de Priest, lisez-le à l'endroit où il tombe, après Twilight, puis revenez à Defiance (#21 à 24) pour retrouver le fil des personnages secondaires.
4 : Deathstroke Inc., Joshua Williamson et Howard Porter (2021)
Après des années d'errance, la série Deathstroke Inc. remet Slade Wilson au centre avec un angle neuf. Le #1 est daté de novembre 2021 et il est écrit par Joshua Williamson, dessiné par Howard Porter. Slade y change de cap après de lourdes pertes, rejoint une organisation secrète nommée T.R.U.S.T., chargée de neutraliser les grands criminels de l'univers DC, et se retrouve associé à Black Canary.
La série apporte au personnage un renversement : le tueur travaille pour une cause, du moins officiellement. Elle s'adresse à ceux qui veulent un récit d'action contemporain, relié à l'ensemble de l'univers DC, avec des invités nombreux. Pour la lire, partez du #1 et suivez les numéros dans l'ordre ; les numéros de 2021 sont parmi les plus faciles à trouver en neuf.
Un mot sur l'ordre des entrées : nous avons placé l'ouvrage fondateur d'abord, parce que tout ce qui suit répond à lui. Les séries régulières de 1991, 2011 et 2016 se lisent comme trois lectures du même personnage par des auteurs différents, et il n'est pas nécessaire de les enchaîner. Choisissez celle dont l'époque vous parle, et gardez les autres pour plus tard.
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5 : Deathstroke, Kyle Higgins et Joe Bennett (2011)
La relance de 2011 est le portrait d'un Slade plus brutal. Kyle Higgins écrit les premiers numéros, Joe Bennett les dessine, avec Art Thibert à l'encrage. Rob Liefeld prend ensuite le relais et écrit comme dessine le #9, qui ouvre l'arc de chasse à Lobo.
Cette étape intéressera ceux qui veulent comparer les versions du personnage : l'origine y est réécrite, et la série n'a pas la réputation des deux premières entrées. Elle convient aux lecteurs curieux, moins à ceux qui cherchent la lecture de référence. Limitez-vous aux huit numéros du début, qui forment un tout homogène sous la plume de Higgins.
6 : Titans: Villains for Hire, Eric Wallace (2010)
Une curiosité qui mérite sa place : Slade Wilson y mène sa propre équipe de mercenaires, au sein de la série Titans de 2008. Le Titans: Villains for Hire Special #1, daté de mai 2010, est écrit par Eric Wallace et dessiné par Fabrizio Fiorentino ; il introduit une équipe engagée pour éliminer Atom, puis l'histoire se poursuit dans Titans #24. Le recueil de 2011 rassemble le spécial et les numéros #24 à 27.
Ce récit montre que Slade fonctionne en chef d'entreprise : il recrute, il distribue les missions, il choisit les cibles, dont le convoi de Lex Luthor pour la première mission. À qui s'adresse-t-il ? Il convient à ceux qui connaissent Slade et aiment voir un criminel diriger l'action. Lisez le spécial en premier, puis le recueil.
Par où commencer selon votre profil
Votre point d'entrée dépend de ce que vous cherchez, et pas d'un ordre chronologique.
- Vous aimez les grands classiques : The Judas Contract, en recueil, puis le #2 de The New Teen Titans si vous voulez voir le premier contact avec les Titans.
- Vous voulez une série solo moderne : le Deathstroke de Priest, dans l'ordre des arcs, en commençant par The Professional.
- Vous venez des adaptations animées : la saga de 1984 reste le meilleur point de comparaison, car elle présente le personnage face aux héros que ces adaptations mettent en scène.
- Vous aimez les récits de méchants menant le jeu : Deathstroke the Terminator, puis Villains for Hire.
- Vous voulez suivre l'actualité : Deathstroke Inc., dont le #1 sert de point d'entrée.
Si vous souhaitez ensuite élargir, le classement des meilleurs runs des Teen Titans replace la saga de 1984 dans son contexte, et le guide des meilleurs comics de Bane propose un autre adversaire de grande envergure du même éditeur, pour comparer les approches.
Dernier réflexe avant de vous lancer : rangez ces lectures par personnage et non par éditeur. Deathstroke croise les Titans, les héros de Gotham et l'ensemble de l'univers DC, et l'on perd vite le fil si l'on classe uniquement par titre de série. Une fiche par personnage, avec le numéro de sa première apparition et celui de son meilleur arc, suffit à retrouver chaque fascicule en quelques secondes dans une collection qui grandit.
Les numéros clés à connaître
Pour constituer un petit ensemble cohérent, retenez les repères suivants, classés par rôle plutôt que par rareté.
- The New Teen Titans #2 (décembre 1980) : première apparition de Deathstroke et de Grant Wilson, le Ravager. C'est le numéro fondateur de la collection.
- Tales of the Teen Titans #44 (1984) : dénouement de la trahison de Terra, et naissance de l'identité de Nightwing pour Dick Grayson.
- Tales of the Teen Titans Annual #3 (1984) : épilogue de la saga.
- Deathstroke the Terminator #1 (août 1991) : début de sa première série régulière.
- Deathstroke #1 de la série de 2016 : ouverture du run de Priest, accompagnée du numéro Rebirth.
- Deathstroke Inc. #1 (novembre 2021) : début de la série de Williamson.
Sur le plan de la méthode, comparez toujours les ventes réellement conclues pour un même état, vérifiez la mention d'édition au dos du fascicule et ne confondez pas la première apparition d'un personnage avec la première fois où il devient central : ici, l'écart est de quatre ans entre le #2 de 1980 et la saga de 1984. Un fascicule bien conservé de cette époque vaut surtout par la solidité de sa tranche et la netteté de ses coins.
Questions fréquentes
Ouvrez d'abord The Judas Contract, œuvre de Marv Wolfman et George Pérez dont les chapitres occupent trois fascicules de Tales of the Teen Titans et un Annual, en 1984. Cette saga se lit seule et montre Slade Wilson à son meilleur. Passez ensuite au Deathstroke de Christopher Priest pour une version moderne.
Dans le deuxième numéro de The New Teen Titans, couverture de décembre 1980, scénarisé par Marv Wolfman et illustré par George Pérez. Il n'est pas dans le #1. Son fils Grant Wilson, le Ravager, apparaît dans le même fascicule, ce qui évite d'avoir deux numéros à chercher.
Non, ce n'est pas obligatoire. Deathstroke the Terminator et la série de 2016 se lisent sans préparation, car chaque run reprend les bases du personnage. En revanche, connaître The Judas Contract donne plus de relief à son rapport avec les enfants et avec les Titans.
La série de Christopher Priest lancée en 2016 est la plus complète : cinquante numéros écrits par le même auteur, avec une intrigue suivie. Deathstroke Inc., de Joshua Williamson, offre une alternative plus orientée vers l'action et vers le reste de l'univers DC.
Le plus simple est un recueil, qui réunit les trois numéros de Tales of the Teen Titans et l'Annual dans le bon ordre. Pour les fascicules, vérifiez la numérotation, l'état de la tranche et la date au dos de l'Annual.
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