Pour lire Black Manta, commencez par la mini-série Black Manta (2021 et 2022) de Chuck Brown, qui le place au centre du récit, puis remontez à Aquaman #35 (1967), sa première apparition par Bob Haney et Nick Cardy. Poursuivez avec Adventure Comics #452 (1977), l'épisode le plus noir de ses débuts, puis avec l'arc The Others de Geoff Johns et Ivan Reis (2012) et Black Manta Rising de Dan Abnett (2016 et 2017).
Black Manta est l'un de ces ennemis dont la force tient moins au costume qu'à l'obstination. Un casque intégral, une combinaison sombre, et surtout une rancune qui traverse soixante ans de bandes dessinées : il hait Aquaman, et chaque génération d'auteurs a cherché ce qui nourrit cette haine. Les récits qui lui font le plus de place ne sont donc pas toujours ceux où il frappe le plus fort, mais ceux qui lui donnent un passé, un fils, une raison. Ce guide en classe huit, avec ce qu'ils apportent et la manière de les lire.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Sa première apparition
Black Manta naît dans Aquaman #35, daté de 1967, sous le titre « Between Two Dooms! ». Le scénario est de Bob Haney et le dessin de Nick Cardy. Le numéro introduit un adversaire encore sans mythologie : à ce stade, Manta est un ennemi neuf, dont le lecteur ignore tout du passé.
Pour la collection, retenez deux choses. D'une part, ce fascicule est le point d'ancrage de tout ce qui suit, et c'est le seul numéro de la période qu'on cherche pour lui-même. D'autre part, il faut le lire pour ce qu'il est, une aventure de l'âge d'argent, plutôt que comme un récit psychologique. Les nuances viendront dix ans plus tard, puis bien plus tard encore.
1 : Black Manta, Chuck Brown avec Valentine De Landro et Matthew Dow Smith (2021 et 2022)
Cette mini-série ouvre le mieux la porte à un nouveau lecteur : six numéros suffisent à boucler l'intrigue, sans devoir rien connaître d'Atlantis. Chuck Brown écrit une série où Manta n'est plus le méchant d'un autre, mais le protagoniste. Valentine De Landro dessine les premiers numéros, et Matthew Dow Smith prend le relais pour la suite, ce qui donne à l'ensemble deux visages graphiques successifs. Le sixième et dernier numéro, « Assassin of the Sea », conclut l'intrigue et prépare le lancement de Aquamen #1.
L'enjeu d'ouverture est concret : Manta cherche un métal rare et précieux, et il se heurte à Torrid, une rivale qui convoite la même cible. Plus loin, la série l'oppose à Devil Ray, dont les ambitions menacent Atlantis, ce qui l'oblige à agir pour protéger ce qu'il a toujours attaqué. Le récit lui demande d'assumer son passé, son pouvoir et ses défauts, et c'est ce qui en fait une bonne lecture pour comprendre le personnage sans connaître vingt volumes d'Aquaman.
À qui s'adresse-t-il ? À celui qui veut un récit autonome et un protagoniste ambigu. Comment le lire ? En continu, sur un week-end, puis revenez aux histoires qui l'ont construit.
2 : Aquaman #35, Bob Haney et Nick Cardy (1967)
Le numéro fondateur se lit en moins d'une demi-heure et donne la mesure de ce que Manta était à l'origine. Haney y pose un adversaire qui reviendra, et le numéro suivant où Manta paraît est le #42, ce qui montre qu'il s'installe vite dans la série. Nick Cardy en est le dessinateur.
Ce numéro s'adresse à ceux qui aiment remonter à la source, ainsi qu'à ceux qui collectionnent par première apparition. Il se lit seul. Le plus utile est de le rapprocher de l'analyse de la première série d'Aquaman, qui replace le titre dans sa chronologie, et du portrait des artistes majeurs de la série pour le rôle de Cardy.
3 : Adventure Comics #452 et Aquaman #57, David Michelinie et Jim Aparo (1977)
La seconde moitié des années 1970 est la période où la haine de Manta cesse d'être un simple ressort. Dans Adventure Comics #452, « Dark Destiny, Deadly Dreams », David Michelinie écrit et Jim Aparo dessine un épisode qui compte parmi les plus durs de la période : le fils d'Aquaman, le nourrisson surnommé Aquababy, y trouve la mort après que la bande de Manta s'est emparée d'une cité et a capturé Aqualad, puis Aquaman lui-même. L'histoire se poursuit dans Aquaman #57, « A Life for a Life », écrit lui aussi par Michelinie et dessiné par Aparo.
Ce qu'apporte ce diptyque est décisif : il donne à la haine de Manta une réciprocité. À partir de cet épisode, l'affrontement n'est plus celui d'un héros et d'un mercenaire, mais celui de deux hommes dont l'un a perdu un enfant. Jim Aparo signe le dessin des deux épisodes. Notre page sur les comics de Jim Aparo détaille son parcours.
Ce récit s'adresse au lecteur prêt à une lecture sombre. Il se lit en deux numéros successifs, #452 puis #57, et se comprend sans autre préparation. Pour la place de ces années dans la série, consultez les numéros clés de l'âge de bronze d'Aquaman.
4 : The Others (Aquaman #7 à #9), Geoff Johns et Ivan Reis (2012)
Après le relancement de 2011, Geoff Johns et Ivan Reis refondent Aquaman en profondeur. Dans l'arc The Others, Manta revient dans la continuité du moment dès le numéro #7, apparaît en retour en arrière dans le #8 et occupe le rôle d'adversaire dans le #9. Ivan Reis dessine les trois numéros, avec un encrage assuré d'abord par Joe Prado, puis dans le #9 par Reis lui-même avec Oclair Albert et Andy Lanning.
La force de l'arc tient à la manière dont Johns replace Manta dans la mythologie moderne du héros : il n'est plus un ennemi de passage mais un adversaire qui compte dans le récit, et le numéro #9 le désigne comme le méchant de l'épisode. Le lecteur y gagne une version actualisée de l'antagoniste, pensée pour le nouveau départ de la série.
Cette lecture convient à celui qui veut le Aquaman moderne, y compris sans connaître les décennies antérieures. Elle se lit après le premier arc de Johns, et le parcours de Geoff Johns aide à situer son travail sur le personnage.
5 : Black Manta Rising (Aquaman #7 à #15), Dan Abnett et plusieurs dessinateurs (2016 et 2017)
L'ère Rebirth relance la série en 2016 avec Dan Abnett au scénario. Le recueil Aquaman Vol. 2: Black Manta Rising rassemble les numéros #7 à #15 de la série, et il fait de Manta l'un des moteurs de l'intrigue. Le dessin est partagé : Scot Eaton et Philippe Briones y figurent parmi les dessinateurs, aux côtés d'autres artistes.
Le lecteur y trouve un Manta mêlé aux manœuvres de N.E.M.O. et à la guerre qui menace Atlantis. Dans le numéro #15, « The Deluge, Finale », il s'oppose à Aquaman et à son armée atlante lors de l'ultime affrontement, aux côtés des forces de N.E.M.O. Le volume se lit comme un long arc de série régulière : on n'y voit pas Manta seul, mais une coalition de menaces dont il est le visage.
Il s'adresse à celui qui veut suivre l'Aquaman de la période Rebirth et comprendre où Manta se situe parmi ses ennemis. Lisez d'abord le premier volume de la série pour installer le contexte, puis ce tome.
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6 : Brightest Day (Aquawar, #19 et #20), Geoff Johns et Peter J. Tomasi (2011)
Dans la série Brightest Day, écrite par Geoff Johns et Peter J. Tomasi avec plusieurs dessinateurs, Manta trouve un nouvel angle : il est le père de Jackson Hyde, le nouvel Aqualad, apparu dans le numéro #4. Les numéros #19 et #20, qui forment le diptyque Aquawar, mettent en scène cet affrontement familial entre Manta et le jeune héros, avec Aquaman et Mera dans le camp opposé.
Ce qu'apporte ce récit, c'est un Manta vu comme père. La rancune contre Aquaman se double d'un rapport à un fils qui a choisi l'autre camp, et ce déplacement donne au personnage une épaisseur nouvelle. La série entière est une saga chorale : Manta n'en est pas le sujet, mais ces deux numéros lui appartiennent.
Ce diptyque parlera surtout à qui suit déjà Manta et veut savoir ce que devient son fils Jackson. Pour le contexte général, le guide des crossovers d'Aquaman rappelle comment la série dialogue avec les événements de DC.
7 : Aquaman #23.1 « Black Manta », Tony Bedard avec Geoff Johns (2013)
Ce numéro unique appartient à l'opération Villains Month de l'automne 2013, liée à Forever Evil. Tony Bedard écrit, d'après un plot de Bedard et de Geoff Johns, et le dessin intérieur est de Jean-Claude St. Aubin. Le récit isole Manta, nourri de souvenirs en retour en arrière, au moment où il apprend qu'Aquaman est peut-être mort et se demande comment poursuivre sa vengeance.
C'est un petit récit, mais il a l'intérêt de poser une question rarement posée : que devient un homme dont l'ennemi disparaît ? Il se lit en quelques minutes et convient à ceux qui veulent compléter le portrait après The Others. Ce n'est pas une entrée recommandée pour débuter.
8 : Aquaman vol. 6 #8, « Paint It Black! », Rick Veitch et Yvel Guichet (2003)
Au début des années 2000, Rick Veitch écrit une série Aquaman, et le numéro #8, « Paint It Black! », est dessiné par Yvel Guichet et encré par Mark Propst. Manta y arrive gravement blessé et Aquaman le soigne, ce qui renverse la relation habituelle. Le numéro revient aussi sur l'enfance du personnage, avec des scènes qui précèdent son apparition de 1967.
Il apporte une vision plus intérieure du personnage. Sa lecture s'adresse à ceux qui apprécient les récits atypiques et qui connaissent déjà Manta ; en revanche, il ne convient pas à un premier contact, car son effet repose sur le contraste avec l'image classique du méchant.
Par où commencer selon votre profil
Pour entrer dans l'univers de Manta d'un seul geste, prenez la mini-série Black Manta de Chuck Brown : six numéros, rien à connaître avant. Si vous préférez les origines, lisez Aquaman #35, puis le diptyque de 1977, Adventure Comics #452 et Aquaman #57.
Si vous suivez Aquaman dans l'ordre, passez par The Others de Johns et Reis, puis par Black Manta Rising pour voir le personnage au sein de la période Rebirth. Le guide de lecture d'Aquaman remet ces étapes dans leur ordre de parution.
Si vous collectionnez, concentrez-vous sur les numéros qui sont des tournants : la première apparition de 1967, l'épisode de 1977 qui fixe la rancune, et les numéros de 2010 à 2011 qui lient Manta à Jackson Hyde. Le reste des récits se trouve aisément en recueil.
Les numéros clés à connaître
Ces dix repères balisent la carrière de Black Manta, de Bob Haney à Chuck Brown. Aucune valeur n'est avancée : un exemplaire se juge en confrontant des ventes terminées de fascicules au même état.
- Aquaman #35 (1967) : débuts de Black Manta, sous la plume de Bob Haney et le crayon de Nick Cardy.
- Adventure Comics #452 (1977) : « Dark Destiny, Deadly Dreams », par David Michelinie et Jim Aparo, la mort du fils d'Aquaman.
- Aquaman #57 (1977) : « A Life for a Life », la suite de l'épisode précédent.
- Aquaman vol. 6 #8 (2003) : « Paint It Black! », par Rick Veitch et Yvel Guichet.
- Brightest Day #4 (2010) : première apparition de Jackson Hyde, le fils de Manta devenu Aqualad.
- Brightest Day #19 et #20 (2011) : Aquawar.
- Aquaman #7 à #9 (2012) : The Others, par Geoff Johns et Ivan Reis.
- Aquaman #23.1 (2013) : le numéro de Villains Month consacré à Manta.
- Aquaman #7 à #15 (2016 et 2017) : Black Manta Rising, par Dan Abnett.
- Black Manta #1 à #6 (2021 et 2022) : la mini-série de Chuck Brown.
Pour chaque fascicule, regardez la netteté des coins, l'état de la tranche et la blancheur du papier, car les numéros des années 1960 et 1970 vieillissent mal. Les récits récents, eux, sont abondants et se jugent surtout sur l'état. Pour mettre ces numéros en perspective, parcourez aussi le panorama historique d'Aquaman.
Questions fréquentes
Black Manta débute dans Aquaman #35, daté de 1967, sous le titre « Between Two Dooms! ». Le scénario est de Bob Haney et le dessin de Nick Cardy. Tout le parcours de Manta découle de ce fascicule, qui se lit en une demi-heure.
La mini-série Black Manta (2021 et 2022) de Chuck Brown est le choix le plus simple : six numéros, un récit complet, aucun prérequis. Si vous préférez les origines, lisez d'abord Aquaman #35 (1967), puis le diptyque Adventure Comics #452 et Aquaman #57 (1977).
La rancune se construit par couches. Les années 1970 la rendent réciproque avec la mort du fils d'Aquaman dans Adventure Comics #452 (1977). Les années 2000 et 2010 l'enrichissent par l'enfance du personnage chez Rick Veitch et par son rôle de père chez Geoff Johns et Peter J. Tomasi dans Brightest Day.
Dans Brightest Day, écrit par Geoff Johns et Peter J. Tomasi, Black Manta est le père de Jackson Hyde, le nouvel Aqualad, qui apparaît dans le numéro #4 (2010). Le diptyque Aquawar (#19 et #20, 2011) met en scène leur affrontement, avec Aquaman et Mera dans le camp du jeune héros.
Le recueil Aquaman Vol. 2: Black Manta Rising rassemble les numéros #7 à #15 écrits par Dan Abnett, avec Scot Eaton, Philippe Briones et d'autres dessinateurs. Lisez d'abord le premier volume de la série pour installer le contexte, puis ce tome qui fait de Manta l'une des grandes menaces d'Atlantis.
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