La première série Aquaman (1962-1971, 56 numéros) est le socle de toute collection sérieuse. Run complet en mid-grade (GD-VG) : 8 000-15 000$. Numéros clés : #1 (15 000$+ en 8.0), #11 (1re Mera), #35 (1re Black Manta). Les non-key (#2-10, 12-28, 30-34, 36-56) restent accessibles à 20-80$ pièce en FN.
Aquaman vol. 1 (1962-1971) représente 56 numéros de continuité Silver Age DC dessinés principalement par Nick Cardy, l'artiste qui a défini visuellement le personnage pour les décennies à venir. Cette série a introduit l'essentiel de la mythologie aquamanienne : Mera, Black Manta, Ocean Master, Aqualad en récurrent, et les fondations politiques d'Atlantis qui sous-tendent encore les comics et films aujourd'hui.
Cette analyse complète de la première série Aquaman détaille chaque section du run, son importance historique, la qualité narrative, les conditions de marché numéro par numéro, et les stratégies pour constituer un run complet ou partiel adapté à votre budget.
Contexte éditorial : DC Silver Age et la naissance du titre
En 1962, DC Comics surfait sur le succès de la relance Silver Age initiée par Showcase #4 (Flash, 1956). Aquaman, qui apparaissait en back-up dans Adventure Comics depuis les années 40, avait bénéficié de trois try-outs dans Showcase (#30-32, 1961) suffisamment populaires pour justifier un titre solo. Le lancement en janvier 1962 positionnait Aquaman comme le quatrième héros DC à recevoir sa propre série après Superman, Batman et Flash (Green Lantern avait déjà le sien depuis 1960).
La série était bi-mensuelle (tous les deux mois), avec des histoires de 25 pages auto-conclusives ou en deux parties. Le format n'a pratiquement pas changé pendant les 56 numéros, offrant une cohérence remarquable pour l'époque.
Phase 1 : Établissement (Aquaman #1-10, 1962-1963)
Les dix premiers numéros établissent le statu quo : Arthur Curry roi d'Atlantis, Aqualad comme sidekick, et une galerie de menaces variées (aliens, sorciers, monstres marins). Le ton est aventureux et optimiste, typique du Silver Age DC.
Qualité narrative : solide mais formulaïque. Chaque numéro suit un schéma prévisible (menace → combat → résolution astucieuse). L'intérêt principal est artistique (Cardy est déjà brillant) et historique.
Marché : le #1 domine évidemment (CGC 6.0 : 5 000-8 000$), mais les #2-10 sont relativement abordables : CGC 6.0 entre 100 et 350$ selon le numéro. Le #9 (1re Quisp) commande un léger premium.
Phase 2 : Expansion mythologique (Aquaman #11-28, 1963-1966)
Cette section introduit les personnages qui deviendront les piliers de la franchise. L'écriture gagne en sophistication avec des enjeux politiques et relationnels :
- #11 (1963) — première Mera. Le key issue le plus important de cette phase. CGC 6.0 : 1 500-2 500$.
- #18 (1964) — mariage Arthur/Mera. Événement DC majeur. CGC 6.0 : 250-400$.
- #23 (1965) — premier numéro avec le titre "Aquaman" en logo modernisé. CGC 6.0 : 60-100$.
- #26 (1966) — introduction de Huntress (pas la Huntress DC plus connue). CGC 6.0 : 50-80$.
Non-keys de cette section : CGC 6.0 entre 40 et 80$. Excellentes pièces pour combler un run sans se ruiner.
Phase 3 : Les villains majeurs (Aquaman #29-40, 1966-1968)
La période la plus valorisée de la série, avec l'introduction des deux nemesis principaux d'Aquaman :
- #29 (1966) — premier Ocean Master (Orm). CGC 6.0 : 800-1 200$.
- #33 (1967) — naissance d'Aquababy. CGC 6.0 : 200-350$.
- #35 (1967) — premier Black Manta. CGC 6.0 : 4 000-6 000$. Le numéro le plus demandé après le #1.
- #36 (1967) — 2e apparition Black Manta. CGC 6.0 : 100-200$. Souvent oubliée mais significative.
L'écriture de cette période atteint son apogée Silver Age avec des histoires plus ambitieuses et des enjeux personnels plus élevés. Le mariage d'Arthur et la naissance de son fils ajoutent une dimension familiale unique pour un héros DC de l'époque.
Phase 4 : Déclin et fin (Aquaman #41-56, 1968-1971)
Les ventes déclinent à partir du #40. DC tente des expérimentations narratives (quête solo d'Aquaman, ton plus sombre) mais la série est annulée avec le #56. Paradoxalement, ces derniers numéros sont souvent plus intéressants narrativement que les premiers, avec un Aquaman plus complexe et des histoires plus matures.
Marché : les numéros #41-56 sont les moins chers de la série en termes absolus (CGC 6.0 : 30-60$), mais aussi les plus rares en haute condition car les tirages avaient significativement baissé. Un CGC 9.0+ sur un numéro tardif est très difficile à trouver.
Art de Nick Cardy : analyse visuelle
Nick Cardy a dessiné l'intérieur et les couvertures d'Aquaman #1-51 (Jim Aparo prend la relève sur les derniers numéros de couverture). Son style se caractérise par :
- Mouvement aquatique — les personnages semblent véritablement flotter et nager, avec des cheveux et capes qui répondent aux courants.
- Compositions dynamiques — utilisation inventive de l'espace sous-marin pour créer de la profondeur et du drame.
- Élégance du trait — un encrage propre et expressif qui vieillit remarquablement bien.
- Couvertures narratives — chaque couverture raconte une micro-histoire qui donne envie de lire le numéro.
Constituer un run complet : guide pratique
Budget run complet #1-56 :
- En GD (2.0) moyen : 10 000-18 000$ (dominé par #1, #11, #35)
- En FN (6.0) moyen : 25 000-40 000$
- En VF (8.0) moyen : théoriquement 80 000$+ mais quasi impossible à assembler
Stratégie réaliste : achetez les key issues (#1, #11, #29, #35) dans le meilleur grade que votre budget permet, et complétez les non-keys en FN (6.0) pour un rendu visuel satisfaisant en étagère. Les non-keys en lot (quand disponibles) offrent les meilleurs prix.
Sources optimales : Heritage Auctions pour les key issues certifiés, MyComicShop pour les mid-range, et eBay pour les non-keys en lot. La patience est clé — un run complet prend typiquement 2-5 ans à assembler correctement.
Rééditions et alternatives
DC a réédité partiellement la série en format Showcase Presents (noir et blanc, bon marché) et en DC Archives (couleur, relié, épuisé). Pour le lecteur pur, le Showcase Presents vol. 1-2 couvre les 30 premiers numéros pour moins de 30$ d'occasion. Mais pour le collectionneur, rien ne remplace les single issues originaux avec leurs couleurs d'époque et leur papier newsprint caractéristique.
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