Le Baron Zemo se découvre en deux temps : Heinrich dans The Avengers #6 (juillet 1964), signé Stan Lee et Jack Kirby, puis son fils Helmut, baron à partir de Captain America #275 (novembre 1982). Le meilleur départ : Thunderbolts #1 (1997), par Kurt Busiek et Mark Bagley, suivi de « Under Siege », arc de Roger Stern, John Buscema et Tom Palmer qui occupe The Avengers #273 à #277.
Il existe deux Baron Zemo, et la moitié des confusions de lecture vient de là. Heinrich est le savant nazi des années soixante, masque violet sur le visage ; Helmut est le fils qui reprend le titre et le transforme en stratège patient. Ce guide classe sept lectures et dit, pour chacune, de quel Zemo il s'agit.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Sa première apparition
Heinrich, le père, devient une menace active en juillet 1964 : Stan Lee conçoit l'intrigue de The Avengers #6 et Jack Kirby en trace les planches. Il n'était pourtant pas inconnu du lecteur : un retour en arrière de The Avengers #4 (mars 1964), le numéro qui ramène Captain America dans le présent, le montre déjà. C'est dans le #6 qu'il agit pour de bon, et qu'il réunit la version originale des Maîtres du Mal (Masters of Evil), une équipe de criminels dressée contre les Avengers. Il revient dans les #7, #9 et #10, puis meurt dans le #15 (avril 1965). Il figure aussi dans Tales of Suspense #60 (décembre 1964) et dans Sgt. Fury and His Howling Commandos #8 (juillet 1964).
Son fils Helmut a deux entrées, qu'il faut séparer. Il paraît d'abord sous le nom de Phoenix dans Captain America #168 (décembre 1973). Il n'endosse le costume et le nom de son père que bien plus tard : une apparition dans Captain America #275 (novembre 1982), au moment où J.M. DeMatteis et Mike Zeck font de lui un adversaire à part entière. Pour les fascicules de 1964 et 1965, regardez la tranche, les angles et le papier, réclamez des clichés nets de l'intérieur, et écartez les exemplaires retouchés ; le dossier sur le numéro 1 de la série de 1963 donne le contexte de cette période.
1 : Thunderbolts #1, Kurt Busiek et Mark Bagley (1997)
Le #1 est daté d'avril 1997, écrit par Kurt Busiek et dessiné par Mark Bagley. L'univers Marvel vient de perdre ses grands héros dans les événements de 1996, et un groupe de nouveaux venus se présente au monde comme des sauveurs. La dernière page retourne le sens de tout ce qui précède : ces héros sont les anciens Maîtres du Mal sous couvert d'une identité d'emprunt, et leur chef, Helmut Zemo, se fait appeler Citizen V. L'équipe avait été montrée dès The Incredible Hulk #449 (janvier 1997), mais c'est la série qui donne à Zemo son plan.
Ce que cette lecture apporte au personnage : un baron qui n'attaque plus de front, mais conquiert la confiance du public avant de s'en servir. Elle s'adresse à tout lecteur qui n'a encore rien lu de Captain America, car le récit se suffit à lui-même. L'effondrement du plan est raconté dans les #10 à #14 (janvier à mai 1998), où les Thunderbolts se retournent contre Zemo ; si vous voulez la chute complète, poursuivez jusque-là. Le #39 (juin 2000) mène à sa mort. Les recueils des premiers numéros évitent d'acheter chaque fascicule : le classement des runs des Thunderbolts, cité plus haut, aide à choisir le volume.
2 : « Under Siege », The Avengers #273 à #277, Roger Stern, John Buscema et Tom Palmer (1986 et 1987)
C'est le sommet du Baron Zemo en tant que chef de guerre, et la raison pour laquelle on parle des Maîtres du Mal comme d'une menace réelle. Helmut, qui forme une nouvelle version de l'équipe à partir du #270, s'empare du manoir des Avengers. Le récit est scénarisé par Roger Stern, avec John Buscema au crayon et Tom Palmer à l'encrage. Il a ceci de remarquable que les héros encaissent : Hercule est plongé dans le coma, le manoir est ravagé, et la riposte demande du temps.
L'arc s'adresse au lecteur qui veut un affrontement structuré, avec une montée en tension nette. Il dit aussi ce qu'est Helmut face à son père : moins un fanatique qu'un organisateur, qui veut vaincre Captain America et le faire souffrir. La lecture est facile en recueil, et vous pouvez ouvrir le #270 si vous voulez voir le départ de l'équipe. Pour replacer la série dans son époque, relisez le parcours historique des Avengers avant de commencer.
3 : The Avengers #6, Stan Lee et Jack Kirby (1964)
Voici l'entrée de Heinrich en action. Scénario de Stan Lee, dessin de Jack Kirby, daté de juillet 1964 : la formation de la version originale des Maîtres du Mal, une équipe de criminels réunie spécifiquement pour battre les Avengers. Le fond de l'histoire est simple : le numéro installe le schéma que Heinrich ne cessera plus d'appliquer.
Ce que cette histoire apporte : le modèle de tout ce qui suivra, c'est-à-dire un méchant qui prépare une équipe contre une équipe. Cette lecture attire les amateurs d'âge d'argent et ceux qui cherchent l'origine du titre de baron. Pour l'achat, il vaut mieux commencer par une réimpression dans un recueil de la période, puis décider si vous voulez le fascicule d'origine. Heinrich meurt dans le #15 (avril 1965) ; le dossier sur le retour de Captain America remet ces numéros dans l'ordre.
4 : Captain America #275 à #278, J.M. DeMatteis et Mike Zeck (1982 et 1983)
Ici naît le Baron Zemo moderne. Helmut apparaît sous le titre de baron dans le #275 (novembre 1982), et l'arc, qui court jusqu'au #278, l'oppose à Captain America dans une alliance bancale avec d'autres ennemis. Le scénario est de J.M. DeMatteis, le crayonné de Mike Zeck. Si vous voulez comprendre pourquoi un fils reprend le masque de son père, c'est ce numéro-là qu'il faut ouvrir.
Elle s'adresse à celui qui souhaite lire la série Captain America dans la continuité des années quatre-vingt, avant de se tourner vers le run de Mark Gruenwald. La lecture est plus modeste que « Under Siege », mais elle fixe l'identité du personnage : un héritier plus patient que son père. Pour situer ces années-là dans la série, appuyez-vous sur le guide de lecture mentionné en tête d'article.
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5 : Captain America #357 à #362, « Bloodstone Hunt », Mark Gruenwald et Kieron Dwyer (1989)
Dans ce récit en six parties, daté de septembre à novembre 1989, Captain America et Diamondback se lancent dans une course à cinq fragments de la pierre mystique appelée Bloodstone, contre Helmut Zemo, Batroc, Zaran et Machete. Mark Gruenwald écrit, Kieron Dwyer dessine. La poursuite traverse plusieurs pays, et le fil le plus étrange est celui de Heinrich : son cadavre, que Helmut conserve, finit possédé par la conscience vivante de la pierre. Zemo y est un antagoniste majeur, mais Captain America reste le centre de l'histoire.
Ce que cette lecture apporte : un Helmut qui se débat dans l'ombre de son père, et l'idée que le titre pèse sur lui. Elle s'adresse aux lecteurs d'aventure à l'ancienne, qui aiment les voyages et les rebondissements. Le recueil de cet arc existe et suffit : inutile de chasser les six fascicules pour la seule lecture.
6 : Thunderbolts Presents: Zemo - Born Better, Fabian Nicieza et Tom Grummett (2007)
Mini-série en quatre numéros, publiée en 2007 et consacrée à la lignée des Zemo, avec Fabian Nicieza au scénario et Tom Grummett au dessin, Gary Erskine à l'encrage. Elle suit Helmut et revient sur l'histoire familiale du titre de baron. C'est un récit pour qui veut en savoir plus sur le personnage une fois qu'il connaît Heinrich et les Thunderbolts.
Ce qu'elle apporte au personnage : une généalogie, c'est-à-dire la réponse à la question de savoir ce que signifie porter un nom comme celui-là. Mieux vaut avoir lu Thunderbolts #1 avant, et chercher ici de la profondeur plutôt que de l'action. Le recueil de 2007 la regroupe ; elle est aussi reprise dans l'intégrale des Thunderbolts publiée en 2023.
7 : Captain America #606 à #610, « No Escape », Ed Brubaker et Butch Guice (2010)
L'arc oppose Bucky Barnes, devenu Captain America, à Helmut Zemo. Ed Brubaker écrit, Butch Guice dessine. Zemo y expose le passé de Bucky en Winter Soldier au grand jour, et c'est sur ce fond que s'ouvre la suite, « The Trial of Captain America », à partir du #611. Le Captain America en question n'est donc pas Steve Rogers, mais Bucky Barnes.
Ce que cette histoire apporte à Zemo : un rôle d'adversaire moral, qui frappe sur la réputation plutôt que sur le corps. Le contexte vient du run de Brubaker sur Bucky Barnes : lisez-le d'abord, sinon l'enjeu vous échappera. Les recueils de la période sont faciles à trouver ; pour les autres travaux de l'auteur, consultez la page consacrée à Ed Brubaker.
Par où commencer selon votre profil
Le lecteur pressé qui veut un seul récit complet prendra Thunderbolts #1 et la suite des premiers numéros : le personnage y est entier, sans connaissance préalable. Celui qui aime les affrontements de longue haleine ira vers « Under Siege », où l'on voit la différence entre un criminel de rue et un chef de guerre. Le lecteur de l'âge d'argent ouvrira The Avengers #6, puis le #15 pour la fin de Heinrich.
Si vous venez du cinéma, notez que le Zemo des films, vu dans Captain America: Civil War (2016), est Helmut, pas Heinrich, ce qui oriente la lecture vers les récits de Helmut. Si vous collectionnez, commencez par les recueils, vérifiez l'identité du Zemo de chaque épisode, et réservez les fascicules à ceux qui comptent vraiment : vérifiez toujours l'identité du Zemo de chaque épisode avant de payer.
Les numéros clés à connaître
Les numéros utiles se répartissent en trois familles. Les apparitions de Heinrich : The Avengers #4 (mars 1964, retour en arrière), #6 (juillet 1964) et #15 (avril 1965, sa mort). Les apparitions de Helmut : Captain America #168 (décembre 1973, sous le nom de Phoenix) et #275 (novembre 1982, avec le titre de baron). Les tournants : The Incredible Hulk #449 (janvier 1997) pour l'entrée de Citizen V, Thunderbolts #1 (avril 1997), et Thunderbolts #39 (juin 2000) pour sa mort.
Pour situer ces numéros sur le marché, comparez des ventes terminées d'un même exemplaire à état égal, laissez de côté les écarts extrêmes et suivez l'évolution plutôt qu'un résultat isolé. Un cameo de Zemo ne se range pas avec une entrée en scène franche.
Questions fréquentes
Cela dépend du Zemo. Heinrich surgit dans The Avengers #6 (juillet 1964), des mains de Stan Lee et Jack Kirby. Helmut apparaît sous le nom de Phoenix dans Captain America #168 (décembre 1973), puis comme baron dans le #275 (novembre 1982). Pour une entrée sans ambiguïté, comptez le #6 pour le père et le #275 pour le fils.
Heinrich est le savant nazi des années soixante, mort dans The Avengers #15 (avril 1965). Helmut est son fils : il apparaît en 1973 sous un autre nom, reprend le titre de baron en 1982, fonde les Thunderbolts en 1997 et mène ses attaques par la ruse plutôt que par la seule force brute.
Commencez par Thunderbolts #1 (avril 1997), de Kurt Busiek et Mark Bagley : le récit se suffit à lui-même et montre Helmut Zemo en pleine action. Poursuivez avec « Under Siege » dans The Avengers #273 à #277, puis remontez vers The Avengers #6 si vous voulez connaître l'origine du titre.
Le personnage vu dans Captain America: Civil War (2016) est Helmut Zemo. Ce sont donc les histoires de Helmut qu'il faut lire en priorité : Thunderbolts pour son plan d'ensemble, « No Escape » dans Captain America #606 à #610 pour son face-à-face avec Bucky Barnes.
Pas pour Thunderbolts #1, qui est accessible sans préparation. En revanche, Captain America #275 à #278 et « Bloodstone Hunt » (#357 à #362) demandent quelques repères sur le héros ; reportez-vous à la liste de départ de cet article pour les trouver.
Vous possédez un Avengers ou un Captain America où Zemo apparaît ? Faites-le estimer en vérifiant d'abord lequel des deux barons y figure.
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