Jimmy Olsen #134 (1970) : le caméo de Darkseid par Jack Kirby, à lire, illustration article

Le numéro 134 de Superman's Pal Jimmy Olsen (décembre 1970), entièrement de Jack Kirby, montre Darkseid pour la toute première fois, mais en caméo seulement. Le tyran n'entre vraiment en scène que dans The Forever People #1, février 1971. Le #134 se cherche donc pour son antériorité, pas pour l'importance du rôle : c'est le deuxième numéro de la reprise de la série par Kirby, et la nuance caméo contre apparition complète pèse sur son prix.

Voici un numéro dont l'étiquette commerciale promet plus que la page ne livre. « Première apparition de Darkseid » : la formule est exacte, et pourtant l'acheteur qui ouvre le fascicule en espérant y trouver le tyran d'Apokolips en majesté sera déçu. Tout l'enjeu du #134 est là, entre une antériorité réelle et une présence minuscule, et c'est cet écart que le marché apprend, lentement, à chiffrer.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de Superman's Pal Jimmy Olsen #134 : numéro, année et ce qui en fait un numéro clé

Superman's Pal Jimmy Olsen #134 : un caméo daté de décembre 1970

Le fascicule appartient à Superman's Pal Jimmy Olsen, une série lancée en 1954 autour du jeune photographe du Daily Planet. Le #134 est daté de décembre 1970 et se place immédiatement après le #133 d'octobre 1970, par lequel Jack Kirby avait pris la série en main après son départ de Marvel. Kirby y est à la fois scénariste, dessinateur et, de fait, directeur artistique du projet : il importe dans le titre ses propres idées, ses propres personnages, et la mythologie qu'il prépare ailleurs.

Darkseid s'y montre brièvement, sans que l'intrigue tourne autour de lui. Il ne s'agit pas d'une scène d'exposition mais d'un élément de décor narratif, que l'on comprend rétrospectivement. Pour un lecteur de 1970, rien ne le désignait comme l'ennemi principal de la saga à venir ; ce sont les numéros suivants, dans d'autres titres, qui lui donnent chair et nom. D'où le qualificatif de caméo, que les catalogues retiennent sans controverse sur le statut, tandis que le débat porte sur la hiérarchie de valeur.

Retenez la distinction de vocabulaire : un caméo est une présence brève, partielle ou à peine identifiable, alors qu'une apparition complète installe le personnage dans l'action, avec son rôle. Dans le cas présent, les deux étiquettes s'appliquent à deux fascicules différents, publiés à deux mois d'écart, ce qui est inhabituel.

Le contexte : Kirby arrive chez DC et choisit un titre qui n'est pas le sien

À l'automne 1970, Kirby quitte Marvel après avoir cocréé, avec Stan Lee, une part considérable de l'univers de la maison. Il rejoint DC avec un projet de grande ampleur, une saga de dieux répartie sur plusieurs séries. Mais ces séries n'existent pas encore au moment où il commence à travailler, et DC lui propose de s'installer dans un titre déjà en place : Jimmy Olsen, dont les ventes étaient jugées fragiles.

Ce choix a une conséquence éditoriale majeure : le premier signe de Darkseid paraît dans un titre d'amusement, au ton léger, consacré à un personnage secondaire de l'univers de Superman. Le fascicule porte les marques de cette double identité. D'un côté, Superman et Jimmy, des figures du catalogue maison ; de l'autre, la Newsboy Legion, le Guardian et le projet Cadmus, que Kirby recycle de ses propres travaux d'avant-guerre et d'après-guerre. Pour reprendre le terme que l'on emploie entre collectionneurs, c'est un numéro charnière, entre deux univers éditoriaux.

Notre article sur l'histoire de Jack Kirby retrace ce départ et ses suites. Retenez ici le point pratique : le #134 ne ressemble pas aux séries que Kirby lancera quelques semaines plus tard, et son contenu reste, pour l'essentiel, une aventure de Jimmy Olsen.

Un rôle minuscule, une clé quand même : les raisons

La première raison est chronologique. Dans la logique des collectionneurs, la première apparition d'un personnage est la pièce de référence, et ici elle revient au #134 sans ambiguïté. Quiconque dresse une liste de « premières » de Darkseid doit commencer par ce fascicule, qu'il le juge essentiel ou secondaire.

La deuxième raison tient à l'importance du personnage. Darkseid est devenu l'un des antagonistes les plus durables de DC, du feuilleton de Kirby aux crossovers des années 1980 et 2000, puis à l'écran. Tout fascicule qui porte son nom dans une liste hérite de cette réputation, y compris quand le personnage n'occupe que quelques cases.

La troisième raison est la rareté relative. Les exemplaires de Jimmy Olsen de 1970 n'ont pas été ménagés comme ceux d'un grand titre de héros : lus, pliés, glissés dans des cartons. Le papier du début des années 1970 est cassant. Résultat, les exemplaires en très bel état sont peu nombreux, et la demande de collectionneurs de Darkseid s'adresse à un stock étroit. Sur le plan des statuts, vous trouverez le raisonnement général dans notre analyse de la valeur d'une première apparition face à un caméo.

Ce qui fait varier la cote : état, statut et lecture du marché

La cote du #134 résulte de trois forces qui ne tirent pas dans le même sens. L'état d'abord : sur un fascicule de cette période, le gain d'un grade à l'autre est sensible, et un exemplaire sans pliure de dos, aux couleurs vives, peut valoir un multiple d'un exemplaire courant. Le statut ensuite : le marché a tendance à payer davantage la première apparition complète que le caméo, parce qu'elle se justifie plus facilement à la revente. Enfin la notoriété du personnage : la cote de ce numéro bouge avec l'actualité de Darkseid, au cinéma, en série et en librairie.

La nuance est importante : ce numéro n'est pas le plus cher du Quatrième Monde, et il ne l'est pas non plus pour Darkseid. Les sources du marché placent souvent New Gods #1 plus haut, parce qu'il cumule plusieurs débuts de personnages. Une cote ne se déduit donc pas d'un seul critère, et le plus sûr est de la reconstruire à partir de ventes terminées de même niveau de certification, en acceptant qu'il y en ait peu.

Le contexte éditorial récent compte aussi. Un numéro d'envergure annoncé chez DC pour fin octobre 2026, DC All In Saga: Darkseid vs. The World #1, a réveillé l'intérêt pour tout le catalogue du personnage. Ce type de réveil dure rarement ; attendez qu'il retombe avant de juger une cote.

Reconnaître l'édition d'origine d'une réimpression

L'original américain de décembre 1970 est un fascicule agrafé au papier journal jauni, dont la couverture porte la date de décembre et le numéro 134 dans le bandeau. Plusieurs reprises existent : le contenu de la période Kirby a été rassemblé dans des volumes reliés, dont l'intégrale en quatre tomes consacrée au Quatrième Monde, qui suit l'ordre de parution, comme l'indique notre guide de lecture de la saga. Ces recueils sont d'excellents moyens de lire, mais aucun ne remplace le fascicule pour un collectionneur de pièces d'époque.

Pour un numéro de cette année-là, la vérification porte sur la date de couverture, sur la qualité du papier et sur l'impression des couleurs. Les mentions de série (« Superman's Pal Jimmy Olsen ») et d'éditeur doivent correspondre au format de 1970. Les éditions étrangères existent, parfois avec des couvertures retravaillées, et se vendent à part : elles ne sont pas comparables à l'original. Aucune version alternative d'époque n'apparaît dans nos sources, et un doute se tranche par une photo de la couverture et de la première page.

Vous collectionnez cette série ?

Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.

Commencer mon essai →
Les sections de l'article sur Jimmy Olsen #134 (1970), dans l'ordre de lecture

Les pièges à l'achat

Le piège principal est la confusion des numéros. Le #133, daté d'octobre 1970, ne contient pas Darkseid ; il est le début de la période Kirby, et il se vend parfois dans la même conversation. Le #135 et les suivants ne sont pas des premières apparitions. Lisez le numéro et la date, jamais seulement le nom du personnage dans le titre de l'annonce.

Deuxième piège : le caméo vendu comme apparition complète. Un vendeur peut écrire « première apparition de Darkseid » sans mentir, mais sans préciser que l'apparition est un caméo. Le libellé est exact. Demandez simplement que le statut soit écrit, afin de ne pas payer le prix d'une apparition complète. Le cas du caméo contre l'apparition complète de Doomsday montre comment ce débat se joue sur un autre personnage.

Troisième piège : les visages. Selon les sources, les visages de Superman et de Jimmy Olsen ont été redessinés par d'autres artistes dans les premiers numéros de la période, pour les rapprocher de l'apparence habituelle des personnages. Cette particularité n'est pas un défaut de l'exemplaire, mais elle surprend l'acheteur qui compare avec des planches de Kirby. Quatrième piège : la restauration, fréquente sur les papiers de cette époque, et qui doit être déclarée.

Les numéros voisins qui comptent aussi

À gauche dans la chronologie, le #133 d'octobre 1970 : l'arrivée de Kirby, le projet Cadmus, un point de départ à ranger près du #134. Viennent ensuite, dans l'ordre de parution, The Forever People #1 de février 1971, qui porte la première apparition complète de Darkseid, The New Gods #1 de février-mars 1971, qui fonde le titre central, et Mister Miracle #1 d'avril 1971.

Deux numéros d'intérêt thématique complètent la liste : New Gods #7, qui raconte le pacte à l'origine de la guerre, et Mister Miracle #4, qui introduit Big Barda. Leur demande vient du corpus plus que de la spéculation. Pour situer chacune de ces entrées l'une par rapport à l'autre, reportez-vous à la fiche d'ensemble consacrée aux numéros clés de Darkseid.

Pour l'ordre de lecture, le plus simple reste la parution : Jimmy Olsen #133, #134, puis les premiers numéros des trois autres titres, en les entrelaçant. Un numéro à part dans la série, le #140, est une réimpression sans histoire nouvelle de Kirby et ne fait pas partie de la saga.

Ce que la notation change

Sur un fascicule de 1970, une note fige l'état et authentifie l'exemplaire. Pour un numéro dont la valeur repose sur un statut contesté, la certification apporte aussi une lecture indirecte du marché : le nombre d'exemplaires notés dans chaque tranche indique à quel point les très hauts grades sont rares. Apprenez à lire ces données avant de payer, comme l'explique notre guide du recensement des exemplaires.

Un exemplaire noté coûte plus cher que son équivalent non noté, parfois dans des proportions importantes, mais il se revend plus facilement. Si vous achetez pour la lecture, un exemplaire non noté en état honnête suffit, et le recueil de la période Kirby vous donne déjà le récit. Si vous achetez pour le rangement patrimonial, préférez un exemplaire noté, en vérifiant que l'étiquette mentionne bien le numéro 134 et la date de décembre 1970. L'échelle de notation elle-même est expliquée dans notre guide de l'échelle de notation.

Comment le suivre dans une collection

Rangez le #134 à sa place chronologique, entre le #133 et le premier numéro de The Forever People, plutôt qu'en tête d'un classeur « Darkseid ». Ce choix évite de le confondre avec une apparition complète, et il respecte l'ordre dans lequel Kirby a déployé sa saga. Consignez dans votre inventaire le statut (caméo), la date de couverture, l'état, la présence ou non d'une restauration et le prix payé.

Si vous visez le personnage plutôt que la période, constituez la trilogie des débuts : le caméo du #134, l'apparition complète de The Forever People #1, le numéro fondateur de New Gods #1. Chaque pièce raconte une étape différente, et leurs valeurs ne se confondent pas. Le hub Superman rassemble les titres de l'univers dans lequel cette série s'inscrit.

Conclusion : un caméo qui reste la première trace

Le #134 est le plus ancien témoin de Darkseid, et il le restera quelles que soient les évolutions du marché. Mais il le montre à peine. Le collectionneur averti l'achète pour son rang chronologique et pour sa rareté d'état, et non pour le récit ; il le range à côté du #133 et de The Forever People #1, et il garde en tête que la première apparition complète est ailleurs. C'est cette lucidité, plus que la chance, qui évite de surpayer.

Les questions fréquentes sur Jimmy Olsen #134 (1970) auxquelles répond cet article

Questions fréquentes

Oui, mais sous forme de caméo, daté de décembre 1970. L'entrée en scène complète du personnage se trouve dans The Forever People #1 (février 1971), soit deux mois plus tard. Les deux numéros sont donc présentés comme « première apparition », avec une nuance de statut qu'il faut faire écrire dans l'annonce.

Le #133, daté d'octobre 1970, est le premier numéro de Jack Kirby sur la série : il pose le projet Cadmus et le changement de ton, mais Darkseid n'y figure pas. Le #134, daté de décembre 1970, apporte le caméo. Le premier est un numéro de départ, le second le numéro d'antériorité.

Pas de règle fixe : le marché a tendance à privilégier l'apparition complète, plus facile à justifier à la revente, mais l'état et la rareté de chaque exemplaire pèsent autant que le statut. Comparez des ventes terminées de même niveau de certification pour chacun des deux numéros, plutôt que de supposer une hiérarchie.

Oui, les récits de la période Kirby ont été repris dans des volumes reliés, notamment l'intégrale en quatre tomes du Quatrième Monde, qui suit l'ordre de parution. Le fascicule d'époque reste une pièce de collection, mais la lecture ne l'exige pas, et un recueil coûte une fraction du prix d'un exemplaire noté.

Contrôlez la date de couverture, le titre complet Superman's Pal Jimmy Olsen, le numéro 134 et le type de papier. Demandez une photo de la première page intérieure. Méfiez-vous des annonces qui citent seulement le nom de Darkseid : elles peuvent viser le #133, le #135 ou un autre titre de Kirby.

Vous possédez Superman's Pal Jimmy Olsen #134 ou un autre numéro de la période Kirby ? Obtenez une fourchette fondée sur les annonces en cours.

Estimer mon comic