Hulk (Semic, 1992) : le guide de collection de la revue en 29 numéros, illustration article

La revue Hulk lancée en 1992 compte 29 numéros, étalés d'avril 1992 à la fin 1996 au rythme d'un fascicule tous les deux mois, sans un seul mois manquant. Le catalogue crédite Peter David au scénario de bout en bout, avec une succession de dessinateurs qui découpe la série en quatre tronçons visibles. Pour un collectionneur, cela change tout : il s'agit d'un feuilleton continu, pas d'une anthologie dans laquelle un trou se rattrape.

Vous avez une pile de fascicules au logo Hulk, datés du début des années 1990, et vous vous demandez combien il en manque et lesquels chercher en priorité. La réponse est plus nette qu'avec la plupart des revues françaises de la même décennie : cette série se compte, se date et se vérifie presque sans ambiguïté. Encore faut-il savoir ce qu'on tient entre les mains, car un même nom de revue a servi plus d'une fois en France.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Hulk : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Une revue consacrée à un seul personnage

Le premier point à saisir n'est pas une date, c'est un format. Cette revue ne fonctionne pas comme un recueil où plusieurs héros se partagent la pagination : elle porte le nom d'un personnage et le suit numéro après numéro. Le catalogue ne retient qu'un titre d'histoire par fascicule, et sur les 29 relevés, ce titre renvoie toujours au même feuilleton. Il n'y a pas de rotation de vedettes, pas de série d'appoint identifiable dans cette colonne.

Cette monogamie éditoriale a une conséquence pratique immédiate. Dans un recueil, un numéro absent vous prive d'un épisode parmi trois ou quatre, et le reste du sommaire garde du sens : vous pouvez lire autour du trou. Ici, le trou est dans l'histoire elle-même. Un lecteur qui saute un fascicule perd un maillon, et un collectionneur qui revend une série incomplète vend un objet dont l'incomplétude se voit à la lecture, pas seulement sur une liste.

Cela modifie aussi l'ordre dans lequel on achète. Sur un feuilleton, acheter par blocs contigus vaut mieux qu'acheter par opportunités dispersées : deux séries de cinq numéros qui se suivent se lisent, dix numéros épars ne se lisent pas.

Une cadence bimestrielle tenue d'un bout à l'autre

Les dates de couverture relevées dans le catalogue tombent toutes sur un mois pair : avril, juin, août, octobre, décembre, puis février de l'année suivante, et ainsi de suite. Le premier numéro est daté d'avril 1992, le dernier de décembre 1996. Entre les deux, aucun mois pair ne manque à l'appel.

Une telle régularité est une information de collection, pas une anecdote. Elle vous donne un test de cohérence immédiat : si on vous propose un fascicule de cette revue daté d'un mois impair, ou daté d'une année postérieure à 1996, vous n'avez pas affaire au même titre. Elle vous permet aussi de reconstituer de tête la date attendue d'un manquant, et donc de repérer une annonce dont le numéro et la date ne concordent pas.

Enfin, la cadence explique la durée. Un peu moins de cinq ans séparent le premier fascicule du dernier, pour une série courte en nombre. Une série bimestrielle brève est beaucoup plus facile à achever qu'un titre fleuve, et c'est un objectif réaliste pour qui veut une série complète chez lui.

Un scénariste unique, et ce que cela garantit

Peter David signe le scénario de la totalité des numéros relevés. Un seul fascicule porte un nom de plus à côté du sien, le dix-neuvième, daté d'avril 1995, où le catalogue ajoute Barry Dutter. C'est l'unique exception sur l'ensemble du parcours.

Cette continuité d'écriture a une valeur marchande indirecte. Les séries à scénariste unique se revendent mieux en bloc, parce que l'acheteur sait qu'il achète une voix et pas un assemblage de styles. Elle a surtout une valeur de repérage : si vous trouvez un fascicule au même logo dont le scénario est attribué à quelqu'un d'autre, interrogez l'édition avant d'interroger le catalogue. Vous tenez probablement un autre titre, ou une publication voisine qui a réutilisé la maquette.

Quatre mains successives au dessin, quatre tronçons à reconnaître

Le dessin, lui, change, et c'est là que la série se segmente. Dale Keown est crédité sur les premiers fascicules jusqu'au neuvième, daté d'août 1993. Après une livraison de transition sans dessinateur titulaire identifiable, Gary Frank prend le relais à partir du onzième, daté de décembre 1993, et reste crédité jusqu'au vingt-troisième, en décembre 1995. C'est le passage le plus long sous une même signature graphique.

Vient ensuite Liam Sharp, dont le nom apparaît d'abord en second sur ce même vingt-troisième numéro, puis seul ou en tête jusqu'au vingt-septième. Les deux derniers fascicules portent Angel Medina. Entre ces blocs, le catalogue mentionne des renforts ponctuels : Paul Pelletier accompagne Gary Frank sur quatre livraisons consécutives au cours de 1994, et des noms isolés apparaissent sur un seul fascicule, comme Travis Charest ou Darick Robertson.

Pour la collection, ces bornes valent mieux qu'une liste. Elles vous donnent quatre lots naturels à chercher sur le marché de l'occasion, et quatre arguments de vente si vous revendez par paquets. Elles désignent aussi les numéros charnières, ceux où deux signatures cohabitent : les amateurs d'un dessinateur donné les cherchent en plus de leur bloc, et ils circulent donc un peu moins facilement.

Un nom mérite une mention à part, celui de Ciro Tota, crédité sur trois fascicules répartis sur les deux premières années. Le champ du catalogue ne distingue pas les rôles : il ne dit pas si une signature correspond à l'intérieur, à une couverture ou à un travail d'encrage. Si cette précision compte pour vous, elle se vérifie sur l'exemplaire en main, pas sur une fiche.

Ce que les titres d'histoires révèlent, et ce qu'ils taisent

Les titres français relevés sont parlants. « Exposition » ouvre la série, et « Nouvelle personnalité » la referme, ce qui en dit long sur la façon dont la revue s'arrête : non pas sur une conclusion, mais sur une bascule. Entre les deux, des intitulés comme « Entracte » ou « Six mois plus tard... » signalent des respirations et un saut temporel assumé dans le feuilleton.

Mais ces titres montrent aussi la limite de l'information disponible, et il faut la dire franchement. Le neuvième numéro s'intitule « Fantôme du passé, 2ème partie : Trahisons ! », alors que le fascicule précédent porte un titre sans rapport. Inversement, le vingt-deuxième annonce « La chute du Panthéon, 1ère partie : Le procès » sans qu'une suite numérotée apparaisse ensuite.

L'explication est simple : le catalogue ne retient qu'un titre par fascicule, et une revue française en contient souvent plusieurs. Les premières et deuxièmes parties manquantes sont donc très probablement présentes dans les fascicules voisins, mais à une autre place du sommaire. C'est pourquoi aucune correspondance avec une édition américaine ne peut être affirmée depuis ces données, et pourquoi le sommaire complet d'un numéro se vérifie toujours sur l'objet. Cette prudence vous protège d'un achat fait sur une liste trop belle.

Les numéros qui comptent vraiment

Sur une série continue, la hiérarchie des numéros ne suit pas les mêmes règles que sur un recueil. Le premier fascicule est recherché pour ce qu'il est, un numéro un, et parce qu'il inaugure un format inhabituel pour l'époque. Le dernier l'est pour une raison symétrique : les tirages de fin de série sont souvent plus modestes, et un collectionneur qui a réuni 28 numéros accepte volontiers de payer le vingt-neuvième plus cher que son rang ne le justifie.

Entre ces deux extrémités, les numéros à surveiller sont les charnières graphiques repérées plus haut, en particulier le dixième et le vingt-troisième, où les attributions se chevauchent. Leur intérêt n'est pas narratif, il est documentaire : ce sont les fascicules qui permettent de dater un changement d'équipe sans se fier à une fiche.

Frise de parution de Hulk : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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Reconnaître la bonne revue, et éviter l'homonyme

Un autre titre français du même nom a existé en 1976, ce qui suffit à brouiller les recherches par mot-clé. Nous ne développons pas ici la comparaison entre les deux, mais retenez le réflexe : sur une annonce, c'est la date de couverture qui tranche, pas le logo.

Appliquez donc la règle du mois pair. Tout exemplaire de la série qui nous occupe porte une date comprise entre avril 1992 et décembre 1996, sur un mois pair. Une annonce qui montre un numéro bas sans date lisible, ou qui donne une décennie au lieu d'un mois, demande une photo supplémentaire avant tout engagement. Demandez la date de couverture et le numéro sur la même image : les deux ensemble lèvent l'ambiguïté en une seconde.

L'état d'un fascicule bimestriel des années 1990

Les fascicules de cette époque et de ce format ont des points de faiblesse récurrents, et les connaître vous évite de surpayer un exemplaire photographié de face. Le dos collé travaille mal quand la revue a été lue à plat : cherchez les plis de lecture verticaux près de la reliure, qui ne se voient que sur une photo prise en biais. Les angles de couverture s'émoussent dans les piles, et les quatre coins ne vieillissent pas au même rythme selon la position du fascicule dans la pile.

Le papier de couverture, souvent brillant, marque les traces de doigt et les micro-rayures sous lumière directe. Un vendeur qui photographie au flash masque ces défauts sans le vouloir : demandez une vue en lumière rasante. Et réservez l'exigence d'état aux fascicules que vous visez comme pièces, car viser l'irréprochable sur 29 numéros coûte un multiple d'une série homogène en bon état.

Vérifiez enfin que le fascicule est complet de ses pages de rédactionnel et de courrier. Elles disparaissent les premières, et leur absence ne se voit pas sur une photo de couverture.

Les pièges à l'achat

Le premier piège est l'orthographe. Le catalogue lui-même porte, sur le vingt-quatrième fascicule, deux graphies voisines du même nom de dessinateur dans le même champ. Si une base soignée hésite, les annonces de particuliers hésitent davantage. Cherchez donc une série comme celle-ci par titre et numéro, jamais uniquement par nom de créateur, sous peine de rater les lots dont le vendeur a mal écrit la signature.

Le deuxième piège est le lot « complet » annoncé sans liste. Sur un feuilleton bimestriel, un vendeur de bonne foi peut croire sa série complète parce qu'elle est dense et continue à l'œil, alors qu'il manque un numéro au milieu. Demandez la liste des numéros, pas la quantité : une pile de 28 fascicules présentée comme complète coûte cher à compléter si le manquant est une charnière.

Le troisième piège tient au format. Consacrée à un personnage et non à un catalogue de héros, la revue a été moins souvent rangée en collection suivie que les recueils généralistes : les séries intactes circulent par à-coups, et quand l'une passe, elle part vite.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Compléter la série et suivre son avancement

La méthode la plus efficace découle de la cadence. Construisez votre liste de manque non pas par numéro, mais par couple numéro et date attendue, puisque la correspondance est mécanique sur toute la série. Vous contrôlez alors une annonce sans ouvrir votre inventaire.

Travaillez ensuite par blocs graphiques plutôt que par ordre croissant. Chercher les livraisons de la période Gary Frank d'un côté et celles de la période Liam Sharp de l'autre vous met en face de vendeurs différents, souvent des collectionneurs qui ont suivi un dessinateur et pas une revue. C'est une porte d'entrée que la recherche strictement numérique ne vous ouvre pas.

Pour le reste, tenez une fiche par exemplaire avec l'état, la provenance et la date d'acquisition. Sur une série courte, cette discipline se tient sans effort et fait la différence le jour où vous assurez l'ensemble.

La cote aujourd'hui, et ce qu'il faut en retenir

Aucun montant n'a de sens ici, et pour une raison structurelle : la valeur d'un fascicule de cette série dépend davantage de son rang dans le feuilleton et de son état que de son contenu propre. Raisonnez en rapports. Un numéro un en bel état se négocie à un multiple d'un numéro intermédiaire équivalent ; une série complète se négocie au-dessus de la somme de ses parties, parce que l'acheteur paie de ne pas avoir à chercher. À l'inverse, un fascicule isolé du milieu de série, en état de lecture, reste un achat très abordable.

Suivez donc deux indicateurs plutôt qu'un prix : le temps qu'une série complète met à se vendre, et l'écart entre un exemplaire de lecture et un exemplaire soigné du même numéro. Quand cet écart se creuse, l'état devient le vrai sujet. Pour situer ce titre parmi les publications liées au personnage, le hub Hulk donne les repères voisins, et le hub Thor éclaire les croisements que certains titres d'histoires laissent deviner.

Deux réflexes résument le tout. Datez avant d'acheter, parce que le mois pair et la fenêtre de parution éliminent toute confusion de titre. Et achetez par blocs contigus, parce qu'un feuilleton troué ne se lit pas.

Questions fréquentes

Le catalogue en relève 29, du premier daté d'avril 1992 au dernier daté de décembre 1996. C'est une série courte à l'échelle des revues françaises, ce qui la rend réellement achevable. Aucun numéro intermédiaire ne manque dans la numérotation relevée, et la série ne reprend pas sous une numérotation nouvelle après son dernier fascicule.

Tous les deux mois, sur les mois pairs exclusivement : avril, juin, août, octobre, décembre, puis février. Cette régularité ne connaît pas d'exception sur l'ensemble des dates de couverture relevées. Elle vous donne un test simple : un fascicule de cette série daté d'un mois impair n'existe pas, et l'annonce qui en montre un se trompe de titre.

Peter David est crédité au scénario sur la totalité des numéros, avec un seul co-crédit ponctuel, celui de Barry Dutter sur une livraison de 1995. Au dessin, quatre signatures se succèdent : Dale Keown au début, Gary Frank sur la plus longue période, Liam Sharp ensuite, Angel Medina pour la fin de série.

Parce que le catalogue ne retient qu'un titre d'histoire par fascicule, alors qu'une revue française en publie souvent plusieurs. La première partie figure très probablement dans le fascicule voisin, mais ailleurs dans le sommaire. Aucune reconstitution du sommaire complet n'est possible depuis ces données : elle se fait sur l'exemplaire en main.

Par la date de couverture, jamais par le logo ni par le numéro seul. Un titre français homonyme a existé en 1976. Si la date lue sur l'exemplaire tombe entre avril 1992 et décembre 1996 sur un mois pair, vous êtes sur la bonne série ; sinon, demandez une photo où le numéro et la date apparaissent ensemble.