Hulk #1 (1976) : reconnaître le vrai premier numéro de la revue, illustration article

Le premier numéro de la revue Hulk publiée par Arédit-Artima porte la date de décembre 1976. Particularité qui déroute les acheteurs : l'intitulé relevé au catalogue pour son contenu n'est pas « Hulk » mais « Hercule ». Autre difficulté, une seconde revue Hulk, lancée en avril 1992 chez Semic, repart elle aussi du numéro 1 et s'arrête au même rang. Aucun numéro ne sépare donc les deux séries, seule la date de parution tranche.

Vous tombez sur une annonce intitulée « Hulk n° 1 ». La photo est floue, le vendeur parle d'un premier numéro, et vous hésitez. Le réflexe serait de vérifier le sommaire pour confirmer qu'il s'agit bien du bon fascicule. Sur ce titre précis, ce réflexe se retourne contre vous : le contenu annoncé parle d'un autre personnage, et le numéro imprimé sur la couverture ne permet pas de dire de quelle revue Hulk il s'agit. Cette fiche détaille les deux pièges, puis donne le critère qui les résout.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité du numéro Hulk #1 : éditeur, année, contenu de l'article

Le numéro : une date de décembre 1976 et un intitulé trompeur

La fiche de ce fascicule est courte et sans ambiguïté sur un point : la date portée est décembre 1976. C'est le repère à retenir avant tout autre, parce que c'est le seul élément qui identifie ce numéro de façon certaine. Le titre de la revue, lui, ne suffit pas, et le rang sur la couverture encore moins.

Vient ensuite la surprise. L'intitulé relevé pour le contenu de ce premier numéro est « Hercule ». Pas une variation autour du personnage vedette, pas un sous-titre : un autre nom, qui renvoie à une autre figure. Un acheteur qui juge sur ce seul intitulé croit tenir un fascicule hors sujet, voire se demande si le vendeur ne s'est pas trompé de lot.

Il faut savoir lire cette donnée pour ce qu'elle est. Les revues de ce format assemblaient plusieurs épisodes par cahier, et le catalogue ne retient qu'un seul titre par numéro, celui qui a été relevé en premier. Cet intitulé décrit donc une partie du cahier, pas sa totalité. Il indique qu'une histoire d'Hercule s'y trouve, il ne dit rien du reste du sommaire, qui reste à vérifier sur l'exemplaire lui-même, feuille par feuille.

Deux revues Hulk, deux numéros 1, et un recouvrement complet

Le second piège est plus sérieux, parce qu'il ne se résout pas en ouvrant le fascicule. Une autre revue française porte exactement le même titre, lancée seize ans plus tard chez un éditeur différent, avec un premier numéro daté d'avril 1992. Elle est numérotée à partir de 1, comme celle de 1976.

Le recouvrement n'est pas partiel, il est total. Les deux séries s'arrêtent au même rang, vingt-neuf numéros chacune. Il n'existe donc aucun numéro, pas un seul, qui appartienne à une série et pas à l'autre. Un « Hulk n° 14 » est ambigu, un « Hulk n° 29 » l'est tout autant, et le dernier numéro de chaque collection porte le même chiffre. Les grilles de prix classées par rang ne veulent rien dire sur ce titre si la série n'est pas précisée.

Le critère qui tranche est la date de parution, et elle seule. Tout fascicule daté entre la fin 1976 et le début des années 1980 relève de la première revue ; tout fascicule daté de 1992 ou après relève de la seconde. Si le vendeur ne donne pas la date, demandez-la, ou demandez une photo nette du bas de couverture et de l'ours. À défaut de date, deux indices secondaires aident : la mention de l'éditeur, et le style graphique de la couverture, celui des années soixante-dix n'ayant rien à voir avec celui du début des années quatre-vingt-dix.

Les créateurs relevés sur ce fascicule

Côté scénario, trois noms sont relevés pour ce numéro : Roy Thomas, Stan Lee et A. Garcia. Côté dessin, Herb Trimpe, Sal Buscema et Jack Kirby. Cette liste multiple n'est pas une incertitude du catalogue, elle reflète la nature du fascicule : plusieurs histoires d'origines différentes reliées dans un même cahier, donc plusieurs équipes créatives sous une seule couverture.

Le nom à retenir pour la suite est celui de Herb Trimpe, parce qu'il revient numéro après numéro sur presque toute la première série. Un acheteur qui cherche la cohérence graphique de cette revue cherche en réalité ses pages. Sal Buscema prend le relais sur plusieurs fascicules du milieu de la série, ce qui donne au lecteur un second repère utile quand la couverture est abîmée et que seule une page intérieure est photographiée.

Ce qui distingue ce fascicule des suivants

Le rythme de parution est le marqueur le plus parlant. Le numéro suivant est daté de janvier 1977, soit un mois plus tard, mais le troisième saute à avril 1977. Autrement dit, le départ se fait sur deux fascicules rapprochés, puis la cadence se détend franchement. Pour un collectionneur, cela signifie que les deux premiers numéros ont circulé presque ensemble, et qu'on les retrouve souvent appariés dans les lots d'origine.

L'autre différence tient à ce qui arrive plus tard dans la série. Le quinzième numéro est daté de décembre 1978, le seizième de juin 1981 : deux ans et demi d'interruption au milieu de la collection. Ce décrochage coupe la série en deux blocs qui n'ont pas vécu la même vie commerciale, et le premier numéro appartient au bloc le plus ancien, celui qui a le moins été conservé.

Détail qui amuse et qui en dit long : c'est le fascicule de la reprise, pas celui du lancement, qui porte enfin l'intitulé « Hulk ! ». Le premier numéro annonçait Hercule, le seizième annonce le personnage vedette. Le titre du contenu ne suit donc pas du tout l'ordre de la numérotation, et s'en servir pour dater un fascicule conduit à l'erreur.

Reconnaître un vrai premier numéro dans une annonce

Procédez par élimination, dans cet ordre, parce que chaque étape écarte une catégorie d'erreur différente.

D'abord la date, qui règle la question de la série. Décembre 1976 identifie le fascicule que vous cherchez, avril 1992 identifie l'autre premier numéro. Sans date lisible, rien ne continue, et aucun autre élément de l'annonce ne remplace cette vérification. Ensuite le rang imprimé, qui doit être visible sur la couverture et non reconstitué par le vendeur à partir du contenu : le catalogue montre précisément que l'intitulé « Hercule » revient sur deux autres numéros de la série, l'un de la fin 1977, l'autre de la fin 1981. Un vendeur qui déduit « numéro 1 » d'un sommaire parlant d'Hercule a une chance sur trois d'avoir raison.

Enfin l'objet. Demandez une photo du dos et une du bas de la dernière page. C'est là que se lisent les mentions d'impression, et c'est là que se repèrent les fascicules recollés ou remontés, pratique courante sur les revues de ce format quand la piqûre a lâché.

Ce qu'il faut regarder sur l'exemplaire avant d'acheter

Ces cahiers ont un point faible structurel : le dos. La reliure par agrafes sur un papier qui a jauni finit par céder au pli, et un exemplaire qui s'ouvre à plat sans forcer est souvent un exemplaire dont la piqûre travaille déjà. Prenez le fascicule par le dos, laissez-le pendre quelques secondes, et regardez si le bloc intérieur glisse.

Vérifiez ensuite la complétude page à page, pas seulement la pagination annoncée. Sur une revue qui assemble plusieurs histoires, une planche manquante au milieu d'un épisode passe inaperçue à la feuilletée, puisque le lecteur enchaîne sur un autre récit sans sentir la coupure. Comptez les histoires et vérifiez que chacune va jusqu'à sa dernière case.

Surveillez enfin les traces de lecture propres à l'époque : coins écornés par le rangement debout, auréoles d'humidité en bas de couverture, nom d'enfant écrit au stylo-bille sur le bandeau du haut. Aucune de ces marques n'est disqualifiante en soi, mais leur cumul sur un fascicule des années soixante-dix explique l'essentiel de l'écart de valeur entre deux exemplaires présentés comme équivalents.

Frise de parution de Hulk : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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À quoi tient sa rareté relative

Un premier numéro est rarement rare parce qu'il a été peu imprimé. Il le devient parce qu'il a été peu gardé. Au lancement, personne ne sait si la revue durera, et le fascicule est acheté par curiosité, lu, prêté, puis jeté avec les journaux. Ce sont les numéros du milieu de série, achetés par des lecteurs déjà fidèles, qui traversent le temps en meilleur état.

S'ajoute ici l'effet de l'interruption de la série. Les quinze premiers fascicules forment un ensemble ancien, détaché du reste par deux ans et demi de silence, et dont les acheteurs d'origine n'étaient pas forcément là pour la reprise. Les collections complètes de cette première tranche se dispersent donc moins souvent d'un seul bloc, ce qui se ressent à l'achat au détail.

Dernier facteur, moins intuitif : la confusion avec l'homonyme de 1992 nourrit un bruit de fond permanent sur le marché. Beaucoup d'annonces de « premier numéro » portent en réalité sur la seconde revue, bien plus récente et bien plus courante. Le collectionneur qui sait lire la date voit ce bruit se dissiper, et constate que l'offre réelle sur le fascicule de 1976 est plus étroite que le volume d'annonces le laisse croire.

Les pièges fréquents sur ce numéro précis

Le piège de la série, déjà traité, est le plus coûteux. Le deuxième est l'annonce qui décrit un sommaire et en déduit un rang, alors que l'intitulé de ce fascicule revient plus tard dans la collection. Le troisième est le lot présenté comme « du début de la série » dont la photo ne montre que le premier de la pile : réclamez une vue étalée où chaque couverture laisse voir son numéro.

Méfiez-vous aussi des correspondances avec des publications américaines annoncées comme des certitudes. Le contenu de ces cahiers est un assemblage, et le relevé dont nous disposons ne donne qu'un titre par numéro. Il ne permet ni d'affirmer à quel fascicule américain ce numéro correspondrait, ni de dire qu'une histoire y paraît pour la première fois en français. Un vendeur qui l'affirme sans montrer l'intérieur avance plus que ce qui est vérifiable, et c'est à vous de lui demander les pages.

Les numéros voisins, et pourquoi les prendre ensemble

Le deuxième numéro, daté de janvier 1977, est l'achat qui va le plus naturellement avec celui-ci : un mois d'écart, souvent la même provenance, et une conservation comparable. Son intitulé relevé, « Mogol », confirme au passage que la revue nommait ses cahiers d'après l'histoire mise en avant plutôt que d'après son personnage titre.

Le troisième, d'avril 1977, marque le passage à une cadence plus espacée et ouvre la première vraie année de la revue. Le prendre avec les deux premiers donne un ensemble de départ cohérent, et surtout un point de comparaison : trois fascicules issus du même atelier d'impression se ressemblent, et une différence de teinte de papier entre eux signale souvent qu'un des trois vient d'ailleurs.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

L'état et le suivi de votre collection

Notez sur votre inventaire la date du fascicule, pas seulement son rang. C'est la seule façon de ne pas mélanger les deux revues Hulk dans un même tableau, et c'est aussi ce qui vous permettra plus tard de retrouver un doublon sans ouvrir le carton. Ajoutez une ligne sur l'état du dos, puisque c'est le point qui bouge le plus avec le temps sur ce format.

Pour la conservation, le rangement vertical serré est l'ennemi de ces cahiers souples : il marque les coins et finit par cintrer le bloc. Préférez une pile basse à plat, ou des pochettes avec support rigide. Si vous tenez votre suivi dans une collection organisée par personnage, séparez explicitement les deux séries homonymes dès la saisie, faute de quoi le classement par numéro produira des doublons fantômes.

Ce qu'il faut retenir

Ce premier numéro se reconnaît à sa date de décembre 1976, et à rien d'autre. Son intitulé annonce Hercule, ce qui désoriente l'acheteur pressé tout en ne disant qu'une partie du cahier. Son rang ne l'identifie pas, puisqu'une revue homonyme de 1992 couvre exactement la même plage de numéros.

Le reste est du travail d'observation classique : vérifier la piqûre, compter les histoires jusqu'à leur dernière case, comparer le papier avec celui des fascicules voisins. Nos autres guides de collection détaillent les séries elles-mêmes ; cette fiche voulait surtout vous donner le réflexe qui évite l'erreur la plus fréquente sur ce titre.

Questions fréquentes

Parce que la revue assemblait plusieurs histoires par cahier et que le relevé dont nous disposons ne retient qu'un titre par numéro, celui mis en avant. Pour ce fascicule de décembre 1976, c'est « Hercule ». Cela indique qu'une histoire d'Hercule s'y trouve, sans rien dire du reste du sommaire, qui se vérifie sur l'exemplaire.

Par la date de parution, et uniquement par elle. Celui-ci porte décembre 1976, l'autre avril 1992. Les deux séries étant numérotées de 1 à 29, aucun rang n'est discriminant. En l'absence de date lisible, l'éditeur mentionné et le style de la couverture donnent une indication, jamais une certitude.

Non, et c'est une cause d'erreur fréquente sur ce titre. L'intitulé « Hercule » revient sur deux autres fascicules de la série, un de la fin 1977 et un de la fin 1981. Déduire le rang du contenu laisse donc une chance sur trois de tomber juste. Exigez une photo du numéro imprimé en couverture.

Au scénario, Roy Thomas, Stan Lee et A. Garcia. Au dessin, Herb Trimpe, Sal Buscema et Jack Kirby. Cette pluralité de noms traduit l'assemblage de plusieurs histoires sous une même couverture. Herb Trimpe est le repère le plus utile, ses pages revenant tout au long de la première série.

Plus que son volume d'annonces ne le suggère. Beaucoup d'offres de « Hulk numéro 1 » portent en fait sur la revue de 1992, nettement plus courante. S'ajoute le fait qu'un fascicule de lancement est peu conservé, et que l'interruption de la série entre la fin 1978 et l'été 1981 a détaché ce premier bloc du reste.