La revue Hulk d'Arédit-Artima compte vingt-neuf fascicules, du premier daté de décembre 1976 au dernier daté de septembre 1983. Sa numérotation est complète, sans rang manquant, mais sa parution s'interrompt trente mois en son milieu. Attention : une seconde revue intitulée Hulk, publiée par Semic à partir de 1992, couvre exactement la même plage de numéros. Devant une annonce, c'est la date de couverture qui tranche, jamais le rang seul.
Un vendeur vous propose un « Hulk numéro 12 » et vous ne savez pas si vous achetez un fascicule de 1978 ou un album du début des années quatre-vingt-dix. Ce n'est pas un détail : entre les deux revues françaises qui ont porté ce titre, le format, l'équipe créative et le contenu diffèrent entièrement. Ce guide traite de la première, lancée chez Arédit-Artima fin 1976, et vous donne la méthode pour ne jamais confondre les deux.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que publiait la revue, et ce que son premier sommaire laisse voir
Le fait le plus parlant de cette série tient à son ouverture. Le fascicule inaugural, daté de décembre 1976, porte au catalogue l'intitulé « Hercule ». Pas « Hulk ». Il n'y a pourtant pas d'erreur : cette ligne signale simplement que le titre de la revue annonçait sa vedette, pas la totalité de son contenu, et que la pièce retenue au sommaire pouvait relever d'une autre série que celle du héros de couverture.
La suite confirme. Les intitulés relevés sur l'ensemble de la série forment un catalogue hétéroclite : « Mogol », « Submariner », « Faucon Noir », « Miss Marvel », « Conan le Barbare », « L'origine de Blok ». On y croise même « Le Pape Jean Paul II » et « Télé Junior », deux intitulés qui n'évoquent aucun récit de super-héros et ressemblent plutôt à des rubriques insérées dans le fascicule. Autrement dit, vous achetez une anthologie, pas un recueil monographique.
Un seul numéro sur vingt-neuf porte exactement le nom de la revue : le seizième, intitulé « Hulk ! ». C'est précisément le fascicule de la reprise après l'interruption dont nous parlons plus bas, comme si l'éditeur avait voulu remettre sa vedette au premier plan au moment de relancer le titre. Gardez ce repère : si l'intitulé principal annonce Hulk, vous êtes sur la seconde période de la revue.
Trois régimes de parution, et une interruption de trente mois
Les dates de couverture dessinent une courbe qui n'a rien de régulier. L'écart entre le fascicule inaugural et le suivant n'est que d'un mois, puis le rythme s'étire à un numéro par trimestre sur l'année 1977 avant de se resserrer. Pour un collectionneur, cela signifie qu'un millésime inscrit sur une couverture ne permet pas de deviner le rang du fascicule, ni l'inverse.
Sur la seconde moitié de 1978, le rythme devient strictement mensuel : six fascicules se succèdent de juillet à décembre sans sauter un mois. C'est la période la plus dense de la série, et celle où l'on trouve le plus facilement des lots cohérents, puisque ces numéros rapprochés étaient achetés d'affilée par les mêmes lecteurs.
Puis vient la rupture. Le quinzième fascicule est daté de décembre 1978, le seizième de juin 1981. Trente mois les séparent, sans qu'un seul numéro vienne combler l'intervalle. C'est le fait structurant du titre : vous ne cherchez pas une collection continue mais deux ensembles distincts réunis par une numérotation unique. Quand la parution reprend, elle s'installe sur un fascicule tous les deux mois, tenu sans faute jusqu'au dernier, daté de septembre 1983.
Deux revues, une seule plage de numéros
Voici le piège central, et il est brutal : la revue Hulk lancée par Semic au printemps 1992 compte elle aussi vingt-neuf numéros. Le recouvrement de numérotation entre les deux séries n'est donc pas partiel, il est total. Chacun des rangs désigne deux objets différents, et pas un seul ne lève l'ambiguïté par lui-même.
La configuration est particulièrement traître, parce qu'elle neutralise le réflexe habituel du collectionneur. Face à deux séries homonymes, on cherche d'ordinaire la zone de chevauchement pour s'en méfier. Ici, il n'y a pas de zone sûre : un « Hulk 3 » est indécidable, un « Hulk 27 » l'est tout autant. Les annonces qui se contentent du titre et du rang sont structurellement incomplètes, et cela vaut aussi pour les listes de manques que vous échangez entre collectionneurs.
La bonne nouvelle, c'est que les deux séries ne se touchent jamais dans le temps. Le dernier fascicule d'Arédit porte une date d'automne 1983, le premier de Semic une date de printemps 1992 : près de neuf ans d'écart, sans le moindre recouvrement de millésimes. La date de couverture est donc un discriminant absolu, pour tous les rangs, sans exception.
Devant une annonce : comment savoir laquelle vous achetez
Demandez toujours la photo de la couverture, et celle de l'ours si le vendeur l'accepte, puis arrêtez-vous dès qu'un critère tranche. La date de couverture d'abord. Un millésime allant de la fin de 1976 à l'automne 1983 désigne la série traitée ici ; un millésime des années quatre-vingt-dix désigne l'autre. Le nom de l'éditeur ensuite, lisible sur la couverture ou dans l'ours : Arédit-Artima d'un côté, Semic de l'autre.
Le générique, enfin, utile quand la couverture est abîmée. La série des années quatre-vingt-dix est l'œuvre d'un scénariste unique, Peter David, crédité de bout en bout avec un dessinateur attitré par période. Celle d'Arédit cumule systématiquement plusieurs noms par fascicule et change d'équipe au fil des années. Si le sommaire tient sur une seule signature de scénario, vous n'êtes pas sur la série de 1976.
Les créateurs, et ce que leurs bornes racontent
Un nom domine la série de part en part : Herb Trimpe, crédité au dessin sur vingt-deux des vingt-neuf fascicules, du tout premier au tout dernier. Pour un petit format d'anthologie, ce fil conducteur est rare, et c'est un argument de cohérence si vous présentez la série. Détail notable, il apparaît même une fois au scénario, sur le vingt-deuxième numéro.
Sa présence n'est pourtant pas uniforme, et c'est là que la lecture devient instructive. Trimpe signe les quinze premiers fascicules sans en manquer un, puis disparaît complètement des six numéros qui suivent la reprise de 1981, avant de reparaître du vingt-deuxième au vingt-neuvième, le vingt-huitième excepté. Ce creux correspond exactement à la phase de redémarrage, ce qui laisse penser que l'éditeur a puisé dans un autre vivier de matériel au moment de relancer le titre.
Au scénario, la série se partage en deux ères nettes. Roy Thomas est crédité sur treize fascicules, du premier au seizième, et disparaît ensuite. Len Wein occupe neuf numéros strictement consécutifs, du seizième au vingt-quatrième : une continuité remarquable dans une revue qui change de sommaire à chaque livraison. Les deux noms ne se croisent que sur le fascicule de la reprise, ce qui en fait un objet de passage au sens propre. La dernière ligne droite revient à d'autres plumes, Marv Wolfman figurant sur les trois derniers numéros et Ed Hannigan sur deux d'entre eux.
Un détail mérite votre attention : le catalogue crédite aussi des noms français au scénario de certains fascicules, notamment le douzième et le quatorzième. Le contenu de la revue n'était donc pas intégralement d'origine américaine, ce qui renforce la mise en garde posée plus haut sur les correspondances.
Les numéros qui comptent dans cette série
Le fascicule inaugural concentre naturellement la demande, comme tout premier numéro. Il bénéficie en outre d'une singularité qui se raconte bien : son sommaire ne porte pas le nom du héros de la revue. Ce genre de particularité fait qu'un exemplaire se vend plus vite que ses voisins, à état comparable.
Le seizième est l'autre pièce stratégique, pour une raison que peu d'acheteurs mesurent. Il est à la fois le numéro de reprise après l'interruption, le seul dont le sommaire s'intitule du nom de la revue, le point de bascule entre les deux équipes de scénario et le début du régime bimestriel. Quatre ruptures sur un seul fascicule : c'est le numéro à sécuriser en priorité si vous construisez la série pièce par pièce.
Les six numéros de la période mensuelle de 1978 forment un bloc à part. Parus coup sur coup, ils circulent souvent groupés et se trouvent plus facilement en lot qu'à l'unité ; les prendre ensemble est généralement une meilleure opération, à condition que l'état soit homogène. Le dernier fascicule, lui, est un numéro de clôture : les fins de série étaient tirées plus bas, faute de lecteurs restants, et c'est souvent lui qui bloque une collection complète pendant des mois.
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Commencez toujours par l'ours, cette zone de mentions légales imprimée en petits caractères sur l'une des premières ou dernières pages. Vous y trouverez l'éditeur, le dépôt légal et la date, soit exactement les éléments qui lèvent l'ambiguïté entre les deux revues homonymes. Une annonce qui refuse de montrer cette page mérite votre méfiance.
Sur le papier, ces petits formats vieillissent de manière reconnaissable : brunissement des tranches, dos fragile, coins arrondis par la manipulation, plis de lecture au centre de la couverture. C'est la norme plus que l'exception. Un exemplaire parfaitement plat et blanc pour son âge doit au contraire vous faire regarder deux fois, soit qu'il s'agisse d'une pièce exceptionnelle restée à plat dans un carton, soit que la photo ait été prise sous un éclairage flatteur.
Les pièges à l'achat
Le piège principal est désormais clair, et il se double d'un second qui touche les lots. Un ensemble annoncé « Hulk, numéros 1 à 10 » peut très bien mélanger des fascicules des deux séries sans que le vendeur en ait conscience, surtout s'il a hérité d'une collection et recopie les rangs sans regarder les dates. Demandez une photo d'ensemble étalée, pas une pile vue de dessus.
Un autre piège vient de l'interruption de parution. Un acheteur qui l'ignore croira qu'il manque des numéros à une série pourtant complète, ou se laissera convaincre qu'une suite s'arrêtant au quinzième fascicule est « complète telle que parue ». Elle ne l'est pas : la revue a bien repris, et la collection intégrale compte vingt-neuf fascicules.
Compléter la série, fascicule par fascicule
La stratégie découle de la structure établie plus haut. Traitez votre chasse comme deux campagnes distinctes : l'ensemble antérieur à 1979 d'un côté, celui postérieur à 1981 de l'autre. Les deux ne circulent pas dans les mêmes lots, parce qu'ils n'ont pas été achetés par les mêmes lecteurs au même moment, et parce que deux ans et demi d'absence suffisent à perdre une partie du lectorat en route.
Soyez attentif à l'homogénéité d'état. Un ensemble dont tous les exemplaires présentent un vieillissement comparable se revend mieux que le même ensemble où deux fascicules impeccables côtoient un lot très fatigué. Pensez aussi aux marchés physiques : ces petits formats restent abondants en brocantes et chez les libraires d'occasion, où ils sont rangés par titre et non par éditeur. C'est précisément là que la confusion entre les deux revues joue en votre faveur, puisque vous saurez les trier à la date quand personne d'autre ne le fait. Nos dossiers d'édition prolongent cette méthode pour d'autres titres.
La cote aujourd'hui, et comment suivre la collection
Ne cherchez pas un prix dans cet article, et c'est volontaire : la valeur d'un petit format dépend de son état, de sa complétude et de la demande du moment, trois variables que seule l'observation du marché renseigne. Ce que l'on peut donner, en revanche, ce sont des rapports. Un exemplaire inaugural en bon état se situe nettement au-dessus de la moyenne des numéros courants, et l'écart se creuse à mesure que l'état monte.
Pour suivre cela sans vous tromper, la seule discipline qui fonctionne consiste à inscrire l'éditeur et la date de couverture à côté de chaque rang dans votre inventaire. Une ligne qui ne contient que « Hulk 12 » est inexploitable dès lors que deux revues portent ce titre, et le problème se révélera au pire moment, le jour où vous vendrez ou ferez assurer la collection.
Ce qu'il faut retenir
Anthologie de vingt-neuf fascicules étalée sur près de sept ans, interrompue en son milieu, tenue au dessin par une même main d'un bout à l'autre : chacun de ces traits est un outil de reconnaissance, pas une anecdote.
Et surtout, cette revue partage son titre et la totalité de sa plage de numéros avec une seconde revue parue dans les années quatre-vingt-dix. Prenez l'habitude de ne jamais citer un numéro de cette série sans sa date : c'est le réflexe qui vous met définitivement à l'abri, à l'achat comme à la revente. Le hub Hulk et celui de She-Hulk prolongent cette lecture côté personnages.
Questions fréquentes
La série compte vingt-neuf fascicules, du premier daté de décembre 1976 au dernier daté de septembre 1983. La numérotation est complète : aucun rang ne manque. En revanche la parution s'interrompt trente mois entre le quinzième et le seizième numéro. Une collection complète comporte donc bien vingt-neuf fascicules, répartis sur deux périodes nettement séparées.
Parce que la revue était une anthologie : le titre annonçait sa vedette, pas l'intégralité de son contenu. Le catalogue ne retient qu'une pièce par fascicule, et sur le numéro inaugural cette pièce n'est pas celle du personnage titre. Le sommaire réel se vérifie sur l'exemplaire, table et pages d'ours comprises, car un intitulé isolé ne dit pas tout d'un petit format.
Par la date de couverture, qui tranche toujours : la série d'Arédit court de la fin de 1976 à l'automne 1983, l'autre démarre au printemps 1992. Les deux plages de millésimes ne se chevauchent jamais. Le nom de l'éditeur dans l'ours confirme, et le générique aussi : la revue des années quatre-vingt-dix repose sur un scénariste unique, celle d'Arédit cumule plusieurs noms par fascicule.
Le seizième, daté de juin 1981. Il cumule quatre ruptures : reprise après l'interruption, seul sommaire portant le nom de la revue, passage d'une équipe de scénario à l'autre et début du rythme bimestriel. Le fascicule inaugural vient ensuite, puis le dernier, souvent le plus difficile à trouver parce que les fins de série se vendaient moins et ont moins été conservées.
Pas à partir des seules fiches de catalogue, qui ne retiennent qu'un intitulé par fascicule alors que la revue en contenait plusieurs. Des noms français figurent d'ailleurs au générique de certains numéros, signe que le contenu n'était pas intégralement importé. Toute correspondance doit être établie exemplaire en main, en comparant les récits page à page, et jamais déduite d'un titre traduit.