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Cheetah apparaît pour la première fois dans Wonder Woman #6 (octobre 1943), créée par William Moulton Marston et H.G. Peter sous les traits de la mondaine Priscilla Rich. Trois femmes différentes porteront ensuite le costume : Deborah Domaine en 1980, puis surtout Barbara Ann Minerva, apparue dans Wonder Woman vol. 2 #7 (août 1987) sous la plume de Len Wein et le crayon de George Pérez, qui reste aujourd'hui la version de référence — celle incarnée par Kristen Wiig dans Wonder Woman 1984. Le comic fondateur de 1943 est une pièce golden age rare, avec un census CGC d'à peine 75 à 80 exemplaires recensés toutes gradations confondues.

Il existe peu de vilains DC qui incarnent aussi bien la notion de miroir inversé du héros que Cheetah. Là où Wonder Woman est diplomate, généreuse et habitée par la compassion, Cheetah est jalousie, appétit et instinct de prédation. Ce n'est pas un hasard si plusieurs historiens du comic book la qualifient de « Joker de Diana Prince » : elle n'est pas seulement une menace physique, elle est la version toxique de tout ce que Wonder Woman refuse de devenir.

Cette dualité explique pourquoi le personnage a survécu à quatre-vingts ans de continuité chaotique, à des dizaines de redémarrages éditoriaux, et à un nombre incalculable de changements d'identité secrète — sans jamais perdre sa place de némésis numéro un de l'Amazone. Pour un collectionneur, Cheetah pose un cas d'école intéressant : contrairement à beaucoup de vilains golden age tombés dans l'oubli, chacune de ses réapparitions majeures (1980, 1987, 2011, 2016, 2020) a généré son propre pic d'intérêt sur le marché de l'occasion.

Dans ce dossier, on retrace l'histoire éditoriale complète du personnage — ses trois incarnations principales, les arcs qui ont compté, et ce que cela signifie concrètement quand on cherche à comprendre la valeur d'un numéro portant son nom.

Priscilla Rich, la première Cheetah de l'ère Golden Age (1943)

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Cheetah naît dans Wonder Woman #6, publié en octobre 1943 par William Moulton Marston (créateur de Wonder Woman) et l'illustrateur H.G. Peter. À cette date, la série n'a même pas un an d'existence et Marston cherche déjà une antagoniste capable de rivaliser physiquement avec son héroïne — chose rare à l'époque, où la plupart des vilains de comics super-héroïques sont masculins.

La première Cheetah s'appelle Priscilla Rich, une riche mondaine new-yorkaise rongée par un complexe d'infériorité et ce que le scénario de l'époque décrit comme une personnalité scindée en deux. L'élément déclencheur est presque du théâtre freudien golden age : lors d'une soirée de charité, Priscilla se retrouve totalement éclipsée par Wonder Woman, puis échoue à l'assassiner discrètement pendant un numéro d'évasion qu'elle organise elle-même. Rongée par l'humiliation, elle se réfugie dans sa chambre, s'effondre devant son miroir de maquillage et y voit apparaître le reflet d'une femme vêtue en guépard, qui lui ordonne de se confectionner un costume à partir d'un tapis en peau de guépard qui traîne dans son manoir. La deuxième personnalité de Priscilla — cruelle, athlétique, dotée de griffes tranchantes capables de trancher l'acier — prend alors le dessus.

Sur le plan des pouvoirs, cette première Cheetah reste ancrée dans le registre golden age : pas de superpuissance surnaturelle, mais une condition physique olympique, une maîtrise du combat rapproché et de l'acrobatie, et des griffes en guise d'arme signature — un gimmick visuel qui deviendra la marque de fabrique du personnage pour les huitante années suivantes, quelle que soit l'identité derrière le masque.

Priscilla Rich enchaîne ensuite plusieurs affrontements marquants avec Wonder Woman durant les années 1940 : elle la piège en la faisant accuser d'un vol qu'elle n'a pas commis, kidnappe une jeune fille dotée de pouvoirs psychiques nommée Gail pour lui extorquer des secrets militaires en pleine Seconde Guerre mondiale, puis dérobe la ceinture magique d'Hippolyte lors d'une compétition sur l'île Paradise — un objet crucial puisqu'il conditionne la force de Wonder Woman elle-même. Elle rejoint enfin le groupe de vilains Villainy Inc., apparu dans Wonder Woman #28 (1948), aux côtés d'autres antagonistes récurrentes de la série. Cette Priscilla Rich originelle finira par se retirer de la vie de super-vilaine et par s'installer dans un manoir du nord du Maryland ; sa trajectoire s'achèvera tragiquement après Crisis on Infinite Earths, lorsqu'elle sera tuée par la version ultérieure du personnage, Barbara Minerva.

Deborah Domaine : la Cheetah de transition (1980)

Entre la Priscilla Rich originelle et la version qui allait définitivement s'imposer, DC introduit une deuxième Cheetah dans Wonder Woman #274, publié en décembre 1980. Il s'agit de Deborah Domaine, présentée comme la nièce de Priscilla Rich. Le twist scénaristique est notable pour l'époque : Deborah n'a rien d'une antagoniste au départ. C'est une militante écologiste, alliée sincère de Wonder Woman, avant que les agents de l'organisation terroriste Kobra ne la capturent, la torturent et la conditionnent mentalement pour qu'elle endosse à son tour l'identité de Cheetah.

Cette itération reste courte dans la continuité. Deborah apparaît aux côtés de la Secret Society of Super-Villains, mais son parcours est interrompu par le grand nettoyage éditorial de Crisis on Infinite Earths en 1985-1986, puis définitivement abandonné après le relaunch New 52 de 2011. Pour un collectionneur, Wonder Woman #274 reste une pièce de niche : elle a une valeur historique réelle en tant que première apparition de Deborah Domaine, mais elle n'a jamais atteint la notoriété ni la demande des deux autres jalons de la lignée Cheetah.

Barbara Ann Minerva : la Cheetah moderne et son origine archéologique (1987)

Le tournant définitif du personnage survient avec le relaunch de Wonder Woman par George Pérez en 1987, dans la foulée de Crisis on Infinite Earths. Dans Wonder Woman vol. 2 #7 (août 1987), scénarisé par Len Wein avec Pérez au dessin (encrage de Bruce Patterson, couleurs de Tatjana Wood), DC introduit Dr Barbara Ann Minerva, une archéologue et héritière britannique originaire du Nottinghamshire.

Cette version rompt radicalement avec la psychologie freudienne des années 1940 : Minerva n'est pas une rivale mondaine jalouse, mais une intellectuelle obsédée par la preuve scientifique de l'existence des divinités antiques. Lors d'une expédition en Afrique à la recherche d'une tribu gardienne mythique liée au guépard, elle se soumet à un rituel de transformation impliquant une potion à base de sang humain et de baies et feuilles issues du dieu-plante Urzkartaga. Le prix à payer est un pacte quasi matrimonial avec cette divinité végétale : Minerva devient littéralement l'épouse d'Urzkartaga, condamnée à une transformation douloureuse en forme humaine mais à une euphorie sanguinaire sous sa forme de guépard.

Sur le plan des capacités, cette Cheetah change radicalement d'échelle par rapport à ses prédécesseures : force, agilité et vitesse surhumaines décrites par certains scénaristes comme quasiment sans limite, des griffes capables d'entailler une peau kryptonienne — donc de blesser Superman lui-même —, et une morsure capable de transmettre la malédiction de Cheetah à d'autres personnages. Le personnage garde par ailleurs l'intelligence de son alter ego : deux doctorats, quinze langues parlées, une érudition qui la distingue nettement des brutes épaisses du bestiaire super-vilain classique. La contrepartie reste sombre : Minerva lutte en permanence contre une pulsion de cannibalisme et une soif de sang qui la rapprochent presque d'une figure d'horreur gothique plus que d'une simple rivale costumée.

Le personnage traverse ensuite plusieurs relectures éditoriales majeures. Durant l'arc One Year Later (2006), la magicienne Circe lui offre la possibilité de contrôler volontairement ses transformations tout en conservant sa physiologie de Cheetah, et elle acquiert même la capacité de commander trois guépards réels. Avec le relaunch New 52 en 2011 (Wonder Woman #7, sous la plume de Brian Azzarello et le dessin de Cliff Chiang), son origine est entièrement réécrite : Minerva devient possédée par la « Déesse de la Chasse » après s'être entaillée avec un poignard amazone, rattachant ses pouvoirs à une tradition ancestrale de la tribu du Soleil qui se transmettait d'hôte en hôte depuis des siècles. Puis, à l'ère DC Rebirth (à partir de 2016), la continuité revient à une version plus proche de l'origine 1987 : Minerva découvre une preuve archéologique de l'existence des Amazones lors d'une fouille en Ukraine, finance une expédition africaine grâce à l'industrielle Veronica Cale — en réalité au service des fils d'Arès — et se retrouve incapable d'échapper à son « mariage » avec Urzkartaga malgré les tentatives de Wonder Woman pour l'en empêcher.

Sebastian Ballesteros, l'unique Cheetah masculin

Détail méconnu de la mythologie du personnage : durant la période post-One Year Later, un homme a brièvement porté le titre de Cheetah. Sebastian Ballesteros, magnat argentin et agent (ainsi qu'amant) de Circe, convainc Urzkartaga que les précédentes Cheetahs ont échoué dans leur mission et obtient temporairement les pouvoirs du dieu-plante, privant Minerva de sa transformation. L'épisode reste anecdotique dans la continuité globale mais illustre la flexibilité mythologique que les scénaristes ont construite autour d'Urzkartaga au fil des décennies — Barbara finira par reprendre le dessus et récupérer ses pouvoirs après avoir brièvement hébergé la force d'une Furie, Tisiphone.

L'impact des adaptations sur la cote

Cheetah a longtemps été absente du grand écran — un comble pour l'ennemie jurée d'une des trois icônes fondatrices de DC aux côtés de Superman et Batman. Cette absence a changé en 2020 avec Wonder Woman 1984, réalisé par Patty Jenkins, dans lequel Kristen Wiig incarne Barbara Minerva. Le film adapte librement la genèse du personnage : Minerva y est d'abord une collègue effacée et malmenée de Diana Prince, avant qu'un artefact magique, la Dreamstone, ne lui accorde son vœu d'être « comme Diana », déclenchant une transformation progressive vers l'arrogance, la superpuissance et, in fine, la soif de sang caractéristique du personnage des comics.

Ce type d'exposition cinématographique a un effet mesurable et récurrent sur le marché du comic book golden age et bronze age : chaque sortie d'un film consacré à un vilain jusque-là confidentiel au grand public génère un regain de recherche et d'attention pour ses premières apparitions en comics. On l'a vu avec d'autres antagonistes DC et Marvel portés à l'écran pour la première fois. Pour Cheetah, les deux jalons naturellement concernés sont Wonder Woman #6 (1943, Priscilla Rich) et Wonder Woman vol. 2 #7 (1987, Barbara Minerva) — cette dernière étant explicitement la version adaptée par Kristen Wiig. Le marché des gradings haut de gamme en a d'ailleurs profité : des exemplaires récemment certifiés PSA 9.8 de Wonder Woman #7 (1987) continuent de circuler auprès des collectionneurs spécialisés en vilains de Wonder Woman, signe que la demande pour des copies quasi neuves de cette « première apparition Minerva » reste active plusieurs années après la sortie du film.

Au-delà du cinéma, Cheetah bénéficie d'une présence quasi ininterrompue dans l'animation et le jeu vidéo depuis les années 1970, ce qui explique en partie sa notoriété disproportionnée par rapport à d'autres vilains golden age tombés dans l'oubli : elle apparaît dans Super Friends (sous les traits de Priscilla Rich), dans l'univers animé DC des années 1990-2000 (Barbara Minerva, doublée par Sheryl Lee Ralph, intégrée à l'Injustice Gang de Lex Luthor puis à la Secret Society de Grodd), dans Batman: The Brave and the Bold (Priscilla Rich, doublée par Morena Baccarin), dans les deux versions de DC Super Hero Girls (2015 puis 2019), dans Harley Quinn et Kite Man: Hell Yeah!, ainsi que dans plusieurs longs-métrages animés DC où elle figure au sein de la Légion du Mal ou de Villainy Inc. — jusqu'à sa mort dans Justice League Dark: Apokolips War. Côté jeu vidéo, elle est un personnage jouable notable dans Injustice 2 et dans plusieurs titres Lego DC, ce qui entretient une reconnaissance constante auprès d'un public plus jeune, souvent porte d'entrée vers la collection de comics papier.

Guide d'achat : ce qu'il faut vérifier avant d'acheter un comic Cheetah

Acheter un comic mettant en scène Cheetah, qu'il s'agisse du golden age des années 1940 ou d'un numéro plus récent, demande une méthode différente selon l'ère concernée. Voici les points de vigilance essentiels :

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Foire aux questions

Cheetah apparaît pour la première fois dans Wonder Woman #6, publié en octobre 1943 par William Moulton Marston et H.G. Peter. Il s'agit à l'époque de Priscilla Rich, une mondaine new-yorkaise à la personnalité scindée en deux.
Barbara Ann Minerva est une archéologue britannique introduite dans Wonder Woman vol. 2 #7 (août 1987) par Len Wein et George Pérez. C'est la version la plus populaire du personnage, celle incarnée par Kristen Wiig au cinéma, et elle obtient ses pouvoirs via un pacte avec le dieu-plante Urzkartaga.
Quatre personnages ont endossé l'identité au fil de la continuité DC : Priscilla Rich (1943), sa nièce Deborah Domaine (1980), Barbara Ann Minerva (1987, version principale et récurrente) et brièvement Sebastian Ballesteros, seul Cheetah masculin de la mythologie.
Oui. Le census CGC pour ce numéro ne recense qu'environ 75 à 80 exemplaires gradés toutes notes confondues, ce qui en fait une pièce golden age nettement plus rare que la moyenne des comics Wonder Woman de la même décennie.
Non, Wonder Woman 1984 (2020), avec Kristen Wiig dans le rôle de Barbara Minerva, marque la toute première apparition de Cheetah sur grand écran. Le personnage était en revanche déjà présent depuis les années 1970 dans plusieurs séries animées et jeux vidéo DC.