Green Lantern #1 (1972) : le premier numéro, date et sommaire réel, illustration article

Le premier numéro de Green Lantern chez Arédit-Artima porte la date de décembre 1972 et l'intitulé relevé au catalogue est « La menace géante », qui ne nomme pas le héros. Sur l'ensemble des trente-cinq numéros, cinq intitulés seulement citent Green Lantern ou Hal Jordan, et aucun avant le quatorzième. Acheter ce fascicule revient donc à acheter un sommaire qu'il faut vérifier feuille par feuille, pas un titre.

Vous cherchez le premier numéro d'une série trimestrielle vieille d'un demi-siècle, et la première chose qui vous arrivera dans une annonce sera une photographie de couverture avec un titre dessus. Sur cette série précisément, ce titre est l'information la moins fiable de toute l'annonce. C'est le point de départ de cette fiche : comprendre pourquoi, le mesurer, et en tirer une méthode d'achat qui ne repose pas sur ce qui est imprimé en gros.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité du numéro Green Lantern #1 : éditeur, année, contenu de l'article

Ce que le catalogue dit du numéro 1, et rien de plus

Trois données tiennent debout sans discussion. La date portée est décembre 1972. L'intitulé enregistré est « La menace géante ». Et les créateurs relevés pour ce fascicule sont, au scénario, Gardner Fox, John Broome et Otto Binder ; au dessin, Gil Kane, Murphy Anderson et Carmine Infantino.

Cette liste de six noms pour un seul titre est en elle-même un renseignement, et c'est le plus utile de la fiche. Un épisode unique ne mobilise pas trois scénaristes et trois dessinateurs. Le fascicule contenait donc plusieurs histoires, et le catalogue n'en a retenu qu'une seule au titre. Autrement dit, vous disposez de la liste des mains qui ont travaillé dans ce numéro, mais pas de la répartition : impossible de dire ici quel dessinateur a illustré quel épisode, ni combien d'épisodes au total. Sur ce point, les sources divergent.

Retenez la combinaison Fox et Broome au scénario, Kane au dessin : c'est la signature qui revient le plus souvent sur les premiers numéros de la série, et elle disparaît complètement à partir du vingt-sixième, où Denny O'Neil et Neal Adams prennent la place. Un vendeur qui vous annonce du Neal Adams dans un numéro 1 se trompe de fascicule.

Le fait central : un titre sur sept nomme le héros

Voici la mesure, faite sur les trente-cinq numéros de la série. Cinq intitulés seulement nomment Green Lantern ou son identité civile : « Hal Jordan en prison », « Deux Green Lantern dans la famille », « Green Lantern un jour, Green Lantern toujours », « La fin de Green Lantern » et « Le premier Green Lantern ». Cinq sur trente-cinq, soit un peu plus d'un sur sept.

Le détail de leur position compte autant que leur nombre. Ces cinq intitulés se concentrent tous dans la tranche médiane de la série, entre le quatorzième et le vingt-cinquième numéro. Les treize premiers n'en comportent aucun, les dix derniers non plus. Le numéro 1 appartient donc à la partie de la série où le nom du héros ne figure jamais dans l'intitulé mis en avant.

Ce que disent les trente autres intitulés

Ils ne parlent pas de super-héros, et pas même d'un seul genre. « Churchill à Omdurman » et « Médaille de bravoure » sont des titres de récit de guerre. « Victoire sur les Sioux » et « Le dernier cheval sur Terre » renvoient au western. « Rudolph spécial géant » est un titre de Noël. « Les martiens existent », « Prisonniers de l'atome » et « Des constructeurs de mondes » relèvent de la science-fiction d'anticipation classique.

Le cas le plus parlant est celui des derniers numéros : « Faucon Noir », « Miss Hulk » et « Thor le fils d'Odin » nomment des personnages entièrement étrangers à l'univers du porteur d'anneau. En clair, l'intitulé retenu pour un numéro de cette série pouvait désigner n'importe quel épisode du sommaire, y compris celui qui n'avait aucun rapport avec le héros du titre de la revue. L'éditeur mettait en avant ce qui lui semblait vendeur sur l'étal, pas ce qui définissait le fascicule.

La conséquence pratique pour qui achète le numéro 1

Elle est brutale et il vaut mieux l'accepter tout de suite : ce que vous achetez n'est pas ce que le titre promet. « La menace géante » ne vous dit ni combien d'épisodes contient le fascicule, ni lesquels mettent en scène le porteur d'anneau, ni quelle part du cahier est occupée par un récit d'un autre genre. Le titre vous dit seulement quelle histoire a été jugée la plus accrocheuse en décembre 1972.

La méthode qui en découle est simple. Le sommaire se vérifie sur l'exemplaire, jamais sur l'annonce. Demandez au vendeur une photographie de la page intérieure où figure la liste des récits, ou à défaut une photographie de la première planche de chaque histoire, reconnaissable à son titre en tête. Si aucune des deux ne peut être fournie, vous achetez un objet dont le contenu reste inconnu, et c'est un paramètre à intégrer avant de vous engager, pas après réception.

Cette prudence a un corollaire agréable : quand une annonce affirme que ce numéro contient telle première parution française, elle affirme plus qu'elle ne peut savoir. Nous n'écrirons pas qu'elle a tort, nous écrivons qu'elle n'a aucun moyen de le prouver à partir du titre, et qu'il vous appartient de demander les pages.

Reconnaître un vrai premier numéro dans une annonce

Quatre vérifications, dans cet ordre, et chacune porte sur un élément visible en photo.

Le numéro d'abord, qui doit se lire clairement en couverture. Puis la date de décembre 1972, seul millésime possible pour ce fascicule : si le vendeur annonce un numéro 1 avec une autre date, c'est soit une erreur de saisie, soit un autre titre de la même maison. Ensuite l'intitulé « La menace géante », qui doit correspondre. Enfin, la cohérence avec la suite : le deuxième numéro porte avril 1973, ce qui laisse quatre mois entre les deux parutions. Un lot vendu comme « les premiers numéros » dont les dates se suivent de mois en mois ne vient pas de cette série.

Méfiez-vous particulièrement d'une photographie unique, prise de loin et de face. Sur un fascicule de cinquante ans, la seule photographie qui renseigne vraiment est celle du dos et des coins, et une annonce qui ne la propose pas vous demande de faire confiance au scan d'une couverture que l'on trouve partout ailleurs.

Frise de parution de Green Lantern : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

Vous collectionnez cette série ?

Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.

Commencer mon essai →

Les confusions possibles, et comment les lever

La première est interne à la série. Un numéro 25 porte l'intitulé « Le premier Green Lantern », et le mot « premier » dans un titre fait remonter ce fascicule dans les résultats de recherche de n'importe quel acheteur qui tape « premier numéro ». Vous pouvez tomber sur une annonce parfaitement honnête, correctement numérotée 25, et croire un instant avoir trouvé le départ de la série. Sa date, décembre 1978, suffit à lever le doute.

La deuxième vient des rééditions et des recueils. Les maisons de cette époque reliaient volontiers plusieurs fascicules sous une couverture cartonnée ou souple, et le contenu du numéro 1 peut très bien se retrouver dans un volume qui ne porte aucun numéro visible. Ce volume n'est pas le premier numéro, même s'il en contient les pages.

La troisième porte sur le nom. Le héros apparaît aussi dans d'autres publications françaises de la même période, en vedette ou en second rôle, et une annonce qui dit « Green Lantern numéro 1 » sans préciser la maison d'édition ni la date vous laisse deviner de quelle collection il s'agit. Exigez les deux.

Ce qu'il faut regarder sur l'objet, avant tout le reste

C'est un fascicule de décembre 1972, vendu en kiosque, imprimé sur un papier qui n'était pas destiné à durer. L'état et la complétude du cahier primeront sur toute autre considération, y compris sur l'intérêt du sommaire.

Ouvrez à plat et comptez. Sur ces reliures agrafées, les pages centrales sont les premières à se libérer, et un cahier amputé de son double feuillet du milieu perd deux planches sans que rien ne se voie de l'extérieur. Vérifiez ensuite les agrafes elles-mêmes : la rouille qui tache le papier autour d'elles ne se nettoie pas, et elle signe un stockage humide qui aura aussi fragilisé le dos. Regardez le pli du dos en lumière rasante, les blanchiments y sont visibles immédiatement. Contrôlez enfin les quatre coins et la tranche, qui disent l'histoire de manipulation du fascicule mieux que la couverture.

Deux défauts spécifiques à cette époque méritent une attention à part. Les pages de publicité et les pages de jeux, souvent présentes dans ces revues, étaient les premières à être découpées par le jeune lecteur de 1972 ; une page manquante en fin de cahier passe souvent inaperçue. Et les mentions manuscrites, nom du propriétaire ou date d'achat portés au stylo-bille en couverture, sont très fréquentes sur les premiers numéros de collection, puisque ce sont précisément ceux que les enfants marquaient pour les reconnaître.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

À quoi tient sa rareté relative

Elle ne tient pas à un tirage confidentiel, dont nous ne savons rien, mais à un mécanisme de lectorat. La série a paru sur un rythme d'environ quatre numéros par an, de décembre 1972 à mai 1981. Une publication trimestrielle construit son public lentement : les acheteurs du premier numéro sont, par définition, ceux qui l'ont trouvé en kiosque avant que la série n'ait la moindre notoriété, et ils étaient nécessairement moins nombreux que ceux des numéros parus six ou sept ans plus tard.

À cela s'ajoute l'effet classique de l'invendu. Un premier numéro qui ne trouve pas son lecteur repart et disparaît, alors qu'un numéro de milieu de série est acheté par des collectionneurs qui le rangent. Le résultat, sur le marché de l'occasion français, est que les beaux exemplaires du départ d'une série trimestrielle de cette période se présentent moins souvent que ceux de la fin, et presque jamais dans un état proche du neuf.

Enfin, la rareté d'un objet et son prix ne varient pas selon la même règle. Ce qui fait l'écart entre deux exemplaires du même numéro 1, c'est l'état du cahier, la présence de toutes les pages et l'absence d'inscription, dans cet ordre. Un exemplaire complet et propre vaut un multiple d'un exemplaire fatigué, alors que les deux portent la même date et le même titre. C'est pourquoi l'évaluation se fait sur photographies détaillées et pas sur une référence.

Suivre ce numéro dans une collection

Un conseil de méthode qui découle directement de tout ce qui précède : dans votre inventaire, ne vous contentez pas d'enregistrer « numéro 1, La menace géante ». Ajoutez un champ libre où vous noterez, exemplaire en main, la liste réelle des récits que contient votre fascicule. Sur cette série, ce champ est la seule information qui ne figure nulle part ailleurs, et il vaudra de l'or le jour où vous voudrez repérer les doublons entre vos fascicules et vos recueils.

Notez aussi la date de décembre 1972 plutôt que la seule année, parce que le rythme trimestriel de la série rend les millésimes ambigus : trois ou quatre numéros différents partagent chaque année. Une fiche de collection qui ne porte que « 1972 » vous obligera à ressortir le fascicule pour trancher.

Questions fréquentes

Décembre 1972. C'est le seul millésime possible pour ce fascicule, et la vérification la plus rapide face à une annonce. Le numéro suivant porte avril 1973, soit quatre mois plus tard : si deux numéros présentés comme consécutifs sont datés à un mois d'intervalle, ils n'appartiennent pas à cette collection.

Parce que sur cette série l'intitulé mis en avant désignait l'histoire jugée la plus vendeuse, pas le contenu d'ensemble. La mesure est nette : cinq intitulés sur trente-cinq nomment Green Lantern ou Hal Jordan, et aucun avant le quatorzième numéro. Le reste renvoie à la guerre, au western, à Noël ou à la science-fiction.

Pas à partir de l'annonce seule. Les six créateurs relevés pour ce numéro, trois scénaristes et trois dessinateurs, indiquent plusieurs épisodes, mais pas lesquels ni combien. Demandez une photographie de la page de sommaire, ou à défaut de la première planche de chaque récit, où le titre figure en tête.

Non. Cet intitulé est celui du vingt-cinquième numéro, daté de décembre 1978. C'est la confusion la plus courante sur cette série, parce que le mot « premier » dans un titre fait remonter ce fascicule dans les recherches. La date suffit à trancher, et le numéro imprimé en couverture aussi.

Le cahier incomplet, avant tout le reste. Sur ces reliures agrafées, le double feuillet central se libère le premier et son absence ne se voit pas couverture fermée. Viennent ensuite la rouille des agrafes, qui tache le papier de façon irréversible, et le blanchiment du pli de dos, visible en lumière rasante.