Green Lantern (Arédit, 1972) : le guide de collection complet, illustration article

Green Lantern paraît chez Arédit-Artima de décembre 1972 à mai 1981, sur trente-cinq fascicules numérotés sans aucun saut. Le titre désigne la vedette, pas le sommaire : les intitulés relevés au catalogue mêlent récits de guerre, westerns, conte de Noël et, sur la fin, des personnages venus d'une autre maison d'édition. Compléter la série suppose donc de contrôler chaque fascicule par son contenu réel, et pas par la promesse de sa couverture.

Vous avez une pile de ces fascicules verts, vous cherchez à savoir ce qu'il vous manque, et vous butez sur un obstacle que la numérotation ne laisse pas deviner : deux exemplaires de la même série peuvent n'avoir presque rien en commun. L'un raconte une aventure spatiale, l'autre une bataille sur le Nil. Cette hétérogénéité n'est pas un accident de quelques numéros isolés, elle est la règle de la série, et c'est elle qui rend le classement difficile.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Green Lantern : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Un titre de couverture qui ne dit pas le contenu

Commençons par le constat qui doit guider tout votre tri. Sur les trente-cinq intitulés que le catalogue associe à cette série, cinq seulement nomment le héros ou son identité civile : « Hal Jordan en prison », « Deux Green Lantern dans la famille », « Green Lantern un jour, Green Lantern toujours », « La fin de Green Lantern » et « Le premier Green Lantern ». Autrement dit, moins d'un fascicule sur six annonce explicitement une histoire du porteur d'anneau.

Les trente autres intitulés racontent autre chose. « Churchill à Omdurman » relève du récit historique militaire. « Victoire sur les Sioux » et « Le dernier cheval sur Terre » sont des titres de western. « Médaille de bravoure » et « Fumée noire » appartiennent au registre du récit de guerre. « Rudolph spécial géant » est un conte de Noël. Ces intitulés ne sont pas des périphrases poétiques pour une aventure cosmique : ils désignent des genres entièrement distincts, logés sous une couverture de super-héros.

Pour un collectionneur, la conséquence est pratique et immédiate. Un classement par numéro vous donne l'ordre de parution, mais ne vous dit rien de ce que vous tenez. Si vous cherchez les épisodes du porteur d'anneau, la numérotation ne vous sert à rien ; si vous cherchez des récits de guerre dessinés dans ces années-là, vous en trouverez ici sans que le titre de la revue vous y ait jamais invité.

Lire les créateurs pour deviner le sommaire

Le catalogue ne donne qu'un intitulé d'histoire par fascicule, alors qu'une revue de ce format en contenait plusieurs. Le sommaire complet reste donc à relever sur l'exemplaire. Mais les noms de créateurs, eux, sont plus bavards que l'intitulé, et c'est le meilleur indice dont vous disposez à distance.

Regardez qui signe les dessins quand l'intitulé sort du registre super-héroïque. Sam Glanzman, Ric Estrada, Bill Ely, Norman Maurer, Joe Certa : ce sont des noms que l'on associe au récit de guerre, au western et au récit d'aventure, pas à la science-fiction en collants. Au scénario, le relevé fait apparaître Robert Kanigher aux côtés des habituels. Cette cohérence entre l'intitulé et les signatures est votre contrôle croisé : quand les deux penchent du même côté, vous savez à quoi vous attendre avant même d'ouvrir le fascicule.

Trois numéros méritent une mention à part sur ce plan : Sam Glanzman y figure à la fois comme scénariste et comme dessinateur. Un auteur complet dans une revue d'anthologie traduite signale presque toujours un récit court repris tel quel, et c'est le genre de détail qui vous aide à identifier un segment quand la pagination a été remaniée.

Un rythme trimestriel, et deux resserrements

La série met du temps à trouver sa cadence. Entre le premier fascicule, daté de décembre 1972, et le quatrième, les écarts sont de quatre puis cinq mois : un démarrage prudent, plus proche du test que du lancement. C'est aussi pour cette raison que les tout premiers numéros sont les plus difficiles à retrouver groupés.

Puis vient une période d'une régularité remarquable. À partir d'avril 1974, dix fascicules consécutifs se succèdent exactement de trois mois en trois mois, et toujours sur les mêmes mois de parution. Pour qui reconstitue la série, cette phase est la plus confortable : les lots qui circulent la couvrent souvent d'un bloc, parce que les acheteurs de l'époque étaient installés dans l'abonnement et conservaient par séquences entières.

Le rythme s'accélère ensuite. Sur la fin des années 1970, plusieurs fascicules se suivent à deux mois d'intervalle, avant un retour au trimestre jusqu'à la clôture de mai 1981. Ce resserrement temporaire est utile à connaître : il signifie qu'une même année civile peut porter cinq numéros au lieu de quatre, et qu'un lot vendu « année complète » n'est pas forcément complet.

Le passage de relais entre dessinateurs

Si vous devez retenir une seule charnière, c'est celle des dessinateurs. Gil Kane est présent sur la quasi-totalité des vingt-cinq premiers fascicules, à une exception près. Sa signature est donc le marqueur par défaut de la première moitié de la série, et son absence sur un numéro de cette plage est un signal : le sommaire de celui-là a été composé autrement.

Puis Neal Adams apparaît, sur quatre fascicules seulement, à partir de février 1979. C'est une fenêtre étroite, et la plus recherchée de toute la série par les lecteurs attachés à cette période du personnage. Quatre numéros sur trente-cinq, cela veut dire qu'une collection constituée au hasard des brocantes a statistiquement peu de chances de les contenir tous : si vous visez cette séquence, visez-la nommément plutôt que d'espérer la rencontrer.

Mike Grell prend ensuite le relais et accompagne les sept derniers fascicules jusqu'à la fin. Son arrivée chevauche le départ d'Adams sur un numéro, ce qui en fait un repère de transition commode quand vous datez un exemplaire dont la couverture est illisible.

Les intitulés qui parlent du héros, et ce qu'ils promettent

Parmi les cinq intitulés qui nomment la vedette, deux posent une question d'identité : « Deux Green Lantern dans la famille » et « Le premier Green Lantern » suggèrent tous deux la présence d'un autre porteur que celui qui tient l'affiche. Un troisième, « Le péril jaune », renvoie à la faiblesse légendaire de l'anneau. Ces titres sont les plus demandés quand un acheteur cherche de la matière sur la mythologie du personnage plutôt qu'une aventure isolée.

Deux autres jouent sur la fin et le recommencement : « La fin de Green Lantern » paraît au beau milieu de la série, et « Green Lantern un jour, Green Lantern toujours » quelques numéros plus tôt. Un intitulé de clôture au centre d'un parcours qui continuera pendant des années est un rappel utile : un titre français ne reflète pas l'ordre narratif d'origine, il reflète le choix d'un rédacteur pour une couverture.

Le reste du lexique penche franchement vers l'espace : anneaux de Saturne, martiens, statues vénusiennes, constructeurs de mondes, opéra cosmique. Ces intitulés sont probablement les plus proches du registre attendu, mais ils ne nomment pas le héros, et rien dans la donnée ne permet d'affirmer qui tient le rôle principal dans chacun d'eux.

Frise de parution de Green Lantern : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

Vous collectionnez cette série ?

Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.

Commencer mon essai →

Les deux derniers fascicules, et ce qu'ils signalent

La fin de parution réserve la surprise la plus parlante. Les intitulés des deux ultimes numéros, en février puis mai 1981, sont « Miss Hulk » et « Thor le fils d'Odin ». Ce sont des personnages d'une maison d'édition concurrente de celle qui a créé le porteur d'anneau. Au dessin, le relevé fait apparaître sur cette plage des noms d'illustrateurs plutôt associés aux publications de cette autre maison.

Ne surinterprétez pas : la donnée indique un intitulé et des signatures, pas un contrat de licence ni une politique éditoriale. Mais pour le collectionneur, le fait brut suffit. Il signifie que les derniers fascicules de cette série peuvent constituer, pour une collection organisée par personnage, des pièces intéressantes bien en dehors du rayon où vous les auriez rangés.

Il signifie aussi, plus prosaïquement, que ces deux numéros sont fréquemment mal catalogués par les vendeurs, qui s'arrêtent au titre de la revue. C'est l'un des rares cas où une annonce imprécise joue en votre faveur.

Reconnaître l'édition et contrôler le sommaire

Avant d'acheter, demandez systématiquement une photo du sommaire ou de la page intérieure qui annonce les segments, pas seulement de la couverture. Sur cette série précisément, la couverture est l'information la moins fiable du fascicule : nous venons de voir qu'elle promet un porteur d'anneau là où le catalogue enregistre un western ou un récit de guerre.

Vérifiez ensuite la cohérence entre le numéro annoncé et la date de parution. La série ne comporte aucun saut de numérotation du premier au trente-cinquième, et chaque numéro correspond à un seul mois de parution. Si le vendeur annonce un numéro et une date qui ne s'accordent pas avec la séquence, vous avez soit un remontage, soit une erreur de saisie : dans les deux cas, demandez une photo supplémentaire.

Un dernier point de méthode, souvent négligé. Les noms de créateurs circulent sous plusieurs orthographes dans les relevés, y compris à l'intérieur d'une même série : un scénariste apparaît ici avec un prénom abrégé, là en version longue. Quand vous cherchez un fascicule par son auteur, cherchez les deux formes, sinon vous conclurez à tort qu'il n'existe pas.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

L'état du fascicule et les pièges à l'achat

Sur ce format, deux défauts décident presque à eux seuls du classement, et il faut les faire photographier séparément : la tenue du pli central, qui commande l'alignement des pages, et la netteté des aplats de vert de couverture, qui pardonnent très mal l'exposition à la lumière. Un exemplaire au dos encore ferme et au vert soutenu se situe dans le haut de la fourchette, même s'il porte ailleurs des traces de lecture.

Le piège propre à cette série est ailleurs. Les lots groupés y sont souvent constitués par tranches de numéros consécutifs, ce qui paraît rassurant ; mais comme les sommaires sont hétérogènes, une tranche consécutive ne garantit pas une continuité de lecture. Vous pouvez acheter cinq numéros qui se suivent et n'obtenir aucune histoire complète du héros. Demandez les intitulés avant de valider, pas les bornes du lot.

Méfiez-vous aussi des annonces qui présentent la série comme un ensemble homogène consacré au personnage. Ce n'est pas une tromperie délibérée la plupart du temps, c'est une déduction faite depuis le titre. Elle conduit toutefois à surévaluer les numéros dont le contenu ne relève pas du registre attendu, et à sous-évaluer ceux dont l'intitulé semble hors sujet alors qu'ils comptent parmi les plus cherchés.

Compléter la série, suivre sa cote et quoi retenir

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas de numéro fantôme à traquer : la séquence est continue, et une collection complète est un objectif atteignable sans chasse aux raretés introuvables. La difficulté est répartie différemment, sur deux zones. Le tout début, à cause de sa parution espacée et de tirages de lancement. Et la courte fenêtre des quatre fascicules dessinés par Neal Adams, qui concentre la demande.

Pour la cote, raisonnez en rapports plutôt qu'en valeurs. Un fascicule du début en bel état se négocie ordinairement à plusieurs fois le prix d'un numéro de milieu de série dans le même état, et l'écart se creuse encore sur la séquence Adams. À l'inverse, les numéros à sommaire non super-héroïque forment le socle le moins tendu du marché : ce sont eux qu'il faut acheter d'abord si vous voulez construire la série sans vous mettre en difficulté, et les garder pour la fin serait une erreur de méthode.

Ce qu'il faut retenir tient en une phrase : sur cette série, le numéro identifie l'exemplaire mais pas l'histoire. Tenez votre inventaire avec une colonne pour l'intitulé relevé sur le fascicule, une pour les dessinateurs, et vous saurez enfin ce que vous possédez.

Questions fréquentes

Le catalogue enregistre trente-cinq fascicules, du premier daté de décembre 1972 au dernier daté de mai 1981, sans aucun saut de numérotation. Une collection complète est donc un objectif défini, sans numéro introuvable à traquer. La difficulté porte sur l'état des premiers fascicules plutôt que sur leur existence.

Parce que le titre de la revue nomme sa vedette de couverture, pas son contenu. Les intitulés relevés incluent « Victoire sur les Sioux » et « Le dernier cheval sur Terre », et les dessinateurs crédités sur ces numéros viennent effectivement du western et du récit de guerre. Le sommaire complet reste à vérifier sur l'exemplaire.

La courte séquence dessinée par Neal Adams, qui ne couvre que quatre fascicules à partir de février 1979, concentre l'essentiel de la demande. Viennent ensuite les tout premiers numéros, pénalisés par une parution de lancement espacée. Le reste de la série se trouve sans difficulté particulière.

Oui. Le catalogue associe cet intitulé à l'avant-dernier fascicule, daté de février 1981, et le dernier porte « Thor le fils d'Odin ». Ces personnages viennent d'une autre maison d'édition. La donnée indique l'intitulé et les signatures, rien de plus : ne lui faites pas dire quel accord éditorial l'a permis.

Demandez une photo de la page de sommaire ou des titres intérieurs, jamais la seule couverture. Croisez ensuite l'intitulé annoncé avec les dessinateurs crédités : quand les deux relèvent du même genre, l'information se confirme. Et vérifiez que le numéro annoncé s'accorde avec la date de parution attendue dans la séquence.