Etrigan : son numéro le plus demandé ne parle même pas de lui, illustration article
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Etrigan paraît pour la première fois dans The Demon #1, daté de septembre 1972, série créée par Jack Kirby pour DC après l'arrêt de ses titres du Quatrième Monde. C'est le numéro fondateur et le plus cher du personnage. Mais le numéro le plus demandé de toute son histoire éditoriale ne lui doit rien : The Demon Annual #2, été 1993, contient la première apparition de Tommy Monaghan, par Garth Ennis et John McCrea. Entre les deux : seize numéros en 1972-1974, une minisérie de Matt Wagner en 1987, une série de 58 numéros lancée en juillet 1990 par Alan Grant et Val Semeiks, Blood of the Demon (17 numéros, 2005-2006) et Demon Knights (19 numéros, 2011-2013). Le 7 octobre 2026, DC relance The Demon avec James Harren seul au scénario et au dessin, autour de Jason Blood.

Etrigan est un cas rare dans le catalogue DC : un personnage dont la cote ne suit pas sa popularité. Il n'a jamais porté une série au-delà de cinq ans, il n'a jamais été le héros d'un film, et pourtant son nom revient constamment dans les discussions de collectionneurs. La raison est simple et elle est structurelle : ses numéros clés sont clés pour quatre motifs différents, qui n'ont presque rien à voir entre eux.

Il y a le numéro de créateur, parce que Kirby l'a dessiné. Il y a les numéros d'invité, parce que deux des plus grandes séries adultes de DC l'ont emprunté. Il y a le numéro de relance, parce que chaque décennie lui redonne un premier numéro. Et il y a le numéro accidentel, celui dont la valeur repose entièrement sur un personnage secondaire créé dans ses pages et parti faire carrière ailleurs. Collectionner Etrigan sans distinguer ces quatre logiques, c'est acheter au hasard.

Cet article fait l'inventaire au 2 octobre 2026, cinq jours avant le lancement de la nouvelle série. Il donne la hiérarchie des numéros, explique d'où vient la demande sur chacun, et signale ce qui n'est pas vérifiable aujourd'hui. Aucun montant n'y figure : sur un personnage dont les ventes publiques sont rares et dispersées, un chiffre isolé induirait plus en erreur qu'il n'informerait.

Les numéros clés de Etrigan par ordre d'importance

1972 : pourquoi Kirby s'est retrouvé à dessiner un démon

Le contexte éditorial explique le personnage mieux que n'importe quel résumé de son origine. Jack Kirby arrive chez DC au début des années 1970 et y construit le Quatrième Monde, un ensemble de titres ambitieux dont la carrière commerciale s'arrête nettement plus tôt que prévu. DC lui demande alors un personnage d'horreur. The Demon naît de cette commande, et porte la date de couverture de septembre 1972.

L'origine tient en une page. Merlin, présenté comme le demi-frère du démon, invoque Etrigan et le lie à Jason Blood, chevalier arrogant de la cour d'Arthur. Le lien rend Jason immortel et met le démon hors de portée de Morgaine le Fey, qui convoite les secrets du magicien. Le reste suit : un homme du présent qui porte un démon médiéval, et une bascule entre les deux dès que la formule est prononcée.

Deux choses méritent d'être notées pour un collectionneur. D'abord, Etrigan ne parle pas en vers chez Kirby. La diction rimée, aujourd'hui la signature du personnage, apparaît plus tard, et l'explication interne au récit est une promotion obtenue en Enfer. Un lecteur qui ouvre The Demon #1 en s'attendant à des couplets sera déçu : il y trouvera du Kirby pur, graphique et brutal, pas du théâtre en rimes.

Ensuite, la série est courte : seize numéros, de 1972 à 1974. C'est une donnée de rareté en soi. Une série de seize numéros a été imprimée et distribuée sur deux ans à peine, dans une période où le papier et le tirage de kiosque ne pardonnaient rien. Les exemplaires survivants en bon état sont peu nombreux, et ce n'est pas une question de demande mais de population disponible.

Dernier repère de calendrier, qui situe The Demon dans un mouvement plus large : Swamp Thing #1, de Len Wein et Bernie Wrightson, porte la date de couverture de novembre 1972, deux mois après. DC ouvrait alors un front horreur sur plusieurs titres à la fois. Les deux séries ont la même origine stratégique, et c'est pour cela qu'elles finiront par se croiser.

Chronologie des numéros et séries de Etrigan

La hiérarchie des numéros clés d'Etrigan

Voici les numéros qui comptent, classés par solidité de la demande plutôt que par ordre chronologique. Pour chacun, la question posée est la même : pourquoi quelqu'un le cherche.

01

The Demon #1

Septembre 1972 · Jack Kirby · 16 numéros au total
Première apparition

Le seul numéro dont le statut ne se discutera jamais. Première apparition d'Etrigan et de Jason Blood, par Kirby, dans une série courte du début des années 1970. Il cumule les trois critères qui tiennent dans le temps : une première apparition indiscutable, un auteur dont le nom porte à lui seul une demande, et une population d'exemplaires limitée par la brièveté de la série.

À savoir : c'est un numéro de kiosque de 1972, pas un numéro de boutique spécialisée. La distribution de l'époque signifie des coins frottés, des dos tassés et des couvertures décolorées. L'état moyen disponible est franchement plus bas que sur un comic de 1990, ce qui rend l'écart de prix entre un exemplaire correct et un exemplaire propre beaucoup plus large qu'on ne l'imagine.
02

The Demon Annual #2

Été 1993 · Garth Ennis et John McCrea · crossover Bloodlines
Le plus demandé

Le numéro le plus recherché de toute l'histoire du personnage, et il ne parle presque pas de lui. C'est là que naît Tommy Monaghan, tueur à gages de Gotham, qui obtiendra sa propre série en 1996. Un collectionneur d'Etrigan qui l'achète paie pour un personnage qu'il ne collectionne pas. Nous ne traitons pas Hitman ici : tout est dans le guide des numéros clés de Tommy Monaghan.

À savoir : c'est un annuel, donc un format distinct de la série régulière, qui échappe presque toujours aux listes établies à partir des seuls numéros courants. C'est la cause la plus fréquente d'une collection Etrigan incomplète sans que son propriétaire le sache.
03

The Sandman #4, « A Hope in Hell »

1989 · Neil Gaiman · crayonné de Sam Kieth, encrage de Mike Dringenberg
Apparition invitée majeure

Etrigan guide Dream à travers l'Enfer. C'est, de très loin, l'apparition du personnage que le plus grand nombre de lecteurs a effectivement lue, parce qu'elle appartient aux huit premiers numéros d'une série devenue un classique de librairie. Un collectionneur d'Etrigan et un collectionneur de Sandman cherchent le même numéro pour deux raisons sans rapport, ce qui soutient durablement la demande.

À savoir : la demande sur ce numéro est portée par Sandman, pas par Etrigan. Cela change la méthode d'achat : la population d'exemplaires est bien plus importante que sur un numéro de 1972, et le marché est beaucoup plus liquide. Il n'y a aucune urgence à l'acheter au premier prix vu.
04

The Demon #1 (volume 3)

Juillet 1990 · Alan Grant et Val Semeiks · 58 numéros, deux annuels, un numéro zéro
La série de référence

La plus longue série du personnage, et la seule qui l'ait installé comme figure régulière de l'univers DC plutôt que comme curiosité. Alan Grant et Val Semeiks la lancent en juillet 1990 ; le duo se retrouvera ensuite sur Lobo, ce qui dit assez le registre. Elle court jusqu'en 1995 et c'est elle, pas la série de Kirby, qui définit l'Etrigan que connaissent les lecteurs d'aujourd'hui.

À savoir : en volume, c'est la pièce maîtresse d'une collection, et en valeur unitaire la moins chère. Le premier numéro est abondant. Le vrai travail n'est pas de le trouver, c'est de boucler les 58 numéros sans sauter l'annuel ni le numéro zéro.
05

The Demon #40 (volume 3)

1993 · début du passage de Garth Ennis sur la série
Changement d'auteur

Ennis reprend la série au numéro 40. C'est le point d'entrée d'un lectorat qui ne venait pas pour Etrigan mais pour l'auteur, et c'est aussi le moment où la série accueille le personnage qui lui survivra. Un numéro de changement d'auteur n'est pas une première apparition et ne se traite pas comme telle, mais il est le premier numéro que cherchent les lecteurs d'une bibliographie.

À savoir : la demande sur ce type de numéro est systématiquement sous-estimée par les listes de numéros clés, qui ne recensent que les premières apparitions. Elle est plus faible qu'une première apparition, mais elle est stable, parce qu'elle vient de lecteurs qui remontent une bibliographie dans l'ordre.
06

The Demon #1 (volume 2)

1987 · Matt Wagner, scénario et dessin · minisérie en 4 numéros
Numéro d'auteur

Treize ans après Kirby, DC confie le personnage à Matt Wagner, qui écrit et dessine seul les quatre numéros. C'est la première tentative moderne de reprise, et le modèle que DC répétera ensuite : un auteur complet, une durée courte, une relecture plutôt qu'une suite. La parenté avec ce que fait James Harren en 2026 est frappante.

À savoir : une minisérie de quatre numéros a un tirage décroissant du premier au dernier. Le numéro 4 est régulièrement plus difficile à trouver que le numéro 1, alors qu'il coûte moins cher. C'est le piège classique de ce format.
07

Blood of the Demon #1

Mai 2005 · John Byrne, intrigue et dessin · scénario de Will Pfeifer · 17 numéros jusqu'en juillet 2006
Relance 2005

Byrne reprend le personnage en écartant une grande partie de ce qui a été ajouté après la série de Kirby. C'est un parti pris de lecture assumé, et il explique la place de cette série dans la hiérarchie : elle intéresse ceux qui veulent l'Etrigan d'origine, pas ceux qui ont suivi les cinquante-huit numéros précédents.

À savoir : série de 2005, donc distribuée en boutique spécialisée auprès d'un public qui conservait déjà ses comics sous pochette. L'état moyen disponible est élevé, et une gradation n'apporte presque rien sur ce genre de numéro.
08

Demon Knights #1

Septembre 2011 · Paul Cornell · dessin de Diógenes Neves · 19 numéros jusqu'en août 2013
Numéro 1 des New 52

La relance la plus inattendue. Paul Cornell demande à transformer le titre Etrigan en série d'équipe médiévale, en citant Les Sept Mercenaires comme modèle. L'équipe réunit Etrigan et Jason Blood, Madame Xanadu, Vandal Savage, Shining Knight, la Cavalière, Al Jabr et Exoristos. Robert Venditti prend la suite de Cornell avant l'arrêt au numéro 19.

À savoir : ce numéro intéresse deux publics distincts, les collectionneurs d'Etrigan et ceux qui rassemblent les premiers numéros des New 52. Cette double demande ne garantit rien : les New 52 ont été lancés avec des tirages élevés, et l'abondance pèse plus lourd que la curiosité.

Le détour par l'étiquette adulte, 1984-1993

C'est la partie de l'histoire d'Etrigan la plus utile à comprendre, parce qu'elle explique pourquoi certains de ses numéros clés ne portent pas son nom sur la couverture.

Alan Moore l'utilise deux fois dans The Saga of the Swamp Thing : aux numéros 26 et 27, datés de juillet et août 1984, puis aux numéros 49 et 50, datés de juin et juillet 1986. Or cette série est précisément celle qui a abandonné complètement l'approbation du Comics Code, une première pour un titre de l'édition grand public. Etrigan se retrouve donc, sans changer de nature, dans un récit affranchi du cadre qui régissait les comics depuis trente ans. C'est aussi dans cette même série, au numéro 37, qu'apparaît formellement John Constantine, dont la carrière ouvrira le versant occulte adulte du catalogue.

Trois ans plus tard, en 1989, Gaiman l'emprunte pour Sandman #4. Puis vient janvier 1993 : DC lance Vertigo et y transfère six séries en cours, avec des dates de couverture de mars 1993, dont Sandman au numéro 47 et Swamp Thing au numéro 129. Toutes portent la mention conseillant la lecture à un public adulte.

Le point qui compte pour un collectionneur est celui-ci : Etrigan, lui, ne part pas. Les deux séries qui l'avaient emprunté passent sous étiquette adulte, mais le personnage reste dans la ligne principale de DC. Sa propre série de 1990 continue son cours dans la continuité ordinaire, et c'est à l'intérieur de cette continuité ordinaire qu'Ennis arrive au numéro 40, en 1993, avec un registre que l'on associe plutôt à Vertigo. L'annuel de l'été 1993 naît exactement de cette situation : un ton d'adulte dans un titre de la ligne générale, rattaché à un crossover maison.

Concrètement, cela veut dire que la collection Etrigan se répartit sur deux rayons que la plupart des gens traitent séparément, les séries de super-héros d'un côté et les séries adultes de l'autre. Un collectionneur qui ne regarde qu'un seul des deux rayons passera à côté de l'apparition du personnage la plus lue de toutes.

Pourquoi l'annuel de 1993 domine, et ce que cela enseigne

Revenons sur le cas le plus instructif du personnage, sans empiéter sur le sujet de Tommy Monaghan.

Bloodlines, en 1993, est un crossover qui traverse les annuels de DC en quatre chapitres : « Outbreak » sur neuf annuels, « Earthplague » sur huit, « Deathstorm » sur six, puis une minisérie de conclusion en deux numéros. Vingt-trois titres y participent, et l'opération introduit une trentaine de nouveaux personnages, les New Bloods, dont les pouvoirs s'éveillent après l'attaque de parasites extraterrestres.

Le résultat est connu : presque aucun n'a trouvé de lectorat durable, et beaucoup ont été liquidés lors des événements de la décennie suivante. Un seul en est sorti avec une carrière autonome, et il est né dans l'annuel d'Etrigan.

Trois enseignements, qui dépassent largement ce personnage.

La valeur d'un numéro ne dit rien de la qualité de la série qui le contient. The Demon Annual #2 est demandé pour huit pages qui ne concernent pas le héros du titre. Inversement, les meilleurs numéros de la série de 1990 n'ont aucune demande particulière. Confondre les deux mène à acheter des numéros qui ne montent pas et à ignorer ceux qui montent.

Un numéro clé peut apparaître vingt ans après sa parution. En 1993, rien ne distinguait cet annuel des vingt-deux autres. Son statut vient de ce qui s'est passé ensuite, en 1996, puis dans les années 2010 quand le personnage est redécouvert en recueils. Aucune liste de numéros clés établie en 1993 ne pouvait le prévoir, et aucune liste établie aujourd'hui ne peut prévoir l'équivalent pour 2046.

Les annuels sont le trou noir des collections. Ils ne portent pas de numérotation continue, ils ne figurent pas dans les listes de numéros courants, et ils sortent une fois par an. Sur Etrigan, le numéro le plus demandé de la bibliographie est précisément un annuel. C'est la raison pour laquelle un suivi numéro par numéro qui recense les formats annexes vaut mieux qu'une liste manuscrite.

Le 7 octobre 2026 : The Demon par James Harren

DC relance The Demon le 7 octobre 2026, avec James Harren seul au scénario et au dessin, et Jason Blood au centre du récit. C'est la cinquième fois depuis 1972 que le personnage reçoit un premier numéro.

Ce qui est établi s'arrête là, et il faut le dire franchement. Au 2 octobre 2026, aucun exemplaire n'est en circulation. Personne ne connaît le tirage réel, personne ne sait si la série durera six numéros ou soixante, et quiconque annonce aujourd'hui la valeur future de ce numéro invente. La convention de New York se tient du 8 au 11 octobre 2026 : des annonces y sont attendues, mais rien n'y a encore été dit au moment où ces lignes sont écrites.

Ce que l'on peut faire en revanche, c'est lire le précédent. Les quatre relances antérieures dessinent un schéma net. Le format qui a le mieux réussi au personnage est celui de l'auteur complet sur une durée courte, celui de Wagner en 1987. Le format qui l'a le mieux installé est celui de la série longue avec un duo stable, celui de Grant et Semeiks en 1990. Le format qui a le moins porté est celui de la relance insérée dans un grand mouvement éditorial, parce que le personnage y est noyé dans une offre simultanée massive. Harren arrive dans la première configuration, la plus favorable sur le papier.

Le mois d'octobre 2026 est par ailleurs chargé chez DC, avec Jonah Hex and the Shadow of Death #1 le même 7 octobre, également confié à un auteur complet, puis une fin de mois dense le 28 octobre. Un premier numéro de personnage secondaire lancé dans un mois chargé ne bénéficie pas de l'attention qu'il aurait eue un mercredi calme. Cela ne dit rien de sa qualité, cela dit quelque chose du nombre d'exemplaires que les magasins commanderont.

Constituer la collection sans se tromper

1

Décidez d'abord ce que vous collectionnez

Le personnage, un auteur, ou une série. Les trois réponses donnent trois listes différentes qui ne se recoupent qu'en partie. Si vous collectionnez le personnage, l'annuel de 1993 est obligatoire ; si vous collectionnez Kirby, il n'a aucun intérêt. Cette décision prise en premier évite les trois quarts des achats regrettés.

2

Commencez par la série de 1990, pas par 1972

Elle est abondante, peu chère, et c'est elle qui définit le personnage moderne. Cinquante-huit numéros procurent une vraie lecture pour un budget modeste, et vous saurez ensuite si vous voulez vraiment remonter à Kirby. L'inverse, commencer par la pièce la plus chère, revient à payer le numéro fondateur avant de savoir si le personnage vous intéresse.

3

Listez les formats annexes avant d'acheter

Numéro zéro, deux annuels, histoires en complément de programme dans Action Comics Weekly aux numéros 636 à 641. Ce sont ces lignes qui manquent dans les collections, et ce sont elles qui coûtent le plus cher à retrouver une fois la série bouclée, parce que personne ne les propose spontanément.

4

Traitez les apparitions invitées comme un rayon à part

Sandman #4, The Saga of the Swamp Thing #26, #27, #49 et #50 : ces numéros ne sont pas vendus comme des comics Etrigan et n'apparaissent dans aucune liste consacrée au personnage. Ils se cherchent sous le nom de l'autre série, et c'est pour cela qu'ils échappent si souvent aux collections pourtant complètes par ailleurs.

5

Jugez l'état avant de juger le prix sur les numéros de 1972

Sur un comic distribué en kiosque il y a plus de cinquante ans, l'écart entre deux exemplaires du même numéro est bien plus large que l'écart entre deux numéros différents. Regardez le dos, les coins et la planéité de la couverture avant de comparer quoi que ce soit. Une gradation se justifie sur ce numéro-là, beaucoup moins sur les relances de 2005 et 2011.

6

Pour octobre 2026, attendez le troisième numéro

Prenez le premier numéro en couverture classique si la série vous intéresse comme lecteur, c'est le seul usage dont le rendement est certain. La question de l'exemplaire à conserver, elle, se pose utilement vers le numéro 3, quand on sait si la série tient. Les ruptures de 2026 ont montré qu'un titre très demandé est de toute façon réimprimé.

Où Etrigan apparaît ailleurs, et ce que cela change

Deux prolongements méritent une mention, parce qu'ils alimentent une demande venue de l'extérieur du papier.

Le personnage a rejoint Justice League Dark, l'équipe occulte de DC : son adhésion passe par un complément de programme publié dans Justice League #60 en 2021, la série Justice League Dark de 2018 à 2021 ayant été écrite par James Tynion IV et dessinée notamment par Alvaro Martinez. Et le film d'animation Justice League Dark de 2017, classé pour un public adulte, lui donne un rôle, avec Ray Chase dans le double rôle de Jason Blood et d'Etrigan.

L'effet sur la collection est modeste mais réel. Une adaptation ne crée pas de demande sur une première apparition de 1972 auprès du grand public, parce que ce public n'achète pas de comics de 1972. Elle en crée en revanche sur les points d'entrée faciles : les recueils, les numéros 1 récents, et les séries d'équipe où le personnage figure. C'est une demande de lecteurs, pas de collectionneurs, et elle se mesure en disponibilité des recueils plutôt qu'en cote des fascicules.

Mentionnons enfin, pour être complet sur la bibliographie, la minisérie Demon: Driven Out, qui prend la suite de la série de 1990. Nous n'en donnons ni les dates précises ni l'équipe créative : les sources consultées pour cet article ne les établissent pas avec certitude, et il est préférable de signaler son existence que d'avancer un détail faux. Si vous constituez une bibliographie exhaustive, c'est une ligne à vérifier sur un catalogue d'éditeur avant d'acheter.

Ce qu'il faut retenir sur la valeur

Aucun montant ne figure dans cet article, et c'est un choix. Sur Etrigan, les ventes publiques d'exemplaires certifiés sont rares et espacées, ce qui rend toute moyenne trompeuse : deux transactions à quelques mois d'écart peuvent diverger fortement sans qu'aucune tendance ne soit en cause. Ce qui est solide, en revanche, c'est la hiérarchie relative, et elle ne bouge pas depuis des années.

The Demon #1 de 1972 est au sommet et le restera, parce qu'une première apparition de Kirby dans une série de seize numéros ne peut pas être remplacée. The Demon Annual #2 le suit de près et le dépasse en intensité de recherche, pour un motif extérieur au personnage. Sandman #4 occupe une position intermédiaire stable, soutenue par une autre série. Tout le reste, les quatre premiers numéros de relance et les cinquante-huit numéros de 1990, appartient à la catégorie des comics qu'on achète pour lire.

Si vous détenez déjà une partie de ces numéros et voulez savoir où vous en êtes avant le 7 octobre, une estimation et un inventaire propre valent mieux qu'une addition de prix affichés. Et si vous partez de zéro, la bonne nouvelle est que ce personnage se collectionne encore sérieusement sans budget déraisonnable, à l'exception d'exactement deux numéros.

Questions fréquentes

Etrigan apparaît pour la première fois dans The Demon #1, daté de septembre 1972, série créée par Jack Kirby pour DC. Le même numéro contient aussi la première apparition de Jason Blood, l'homme auquel le démon est lié. La série a duré seize numéros, de 1972 à 1974. DC avait demandé à Kirby un personnage d'horreur après l'arrêt commercial de ses titres du Quatrième Monde, ce qui situe le personnage dans le mouvement horreur que l'éditeur ouvrait alors sur plusieurs titres à la fois.
Parce qu'il contient la première apparition d'un autre personnage. Cet annuel de l'été 1993, écrit par Garth Ennis et dessiné par John McCrea, est rattaché au crossover Bloodlines et introduit Tommy Monaghan, qui obtiendra sa propre série chez DC en 1996. La demande sur ce numéro vient donc entièrement de l'extérieur de la série d'Etrigan. C'est un cas d'école : la valeur d'un numéro dépend de ce qu'il contient en premier, pas du titre imprimé sur sa couverture.
Cinq titres principaux à ce jour. La série de Jack Kirby en 1972-1974, seize numéros. La minisérie de Matt Wagner en 1987, quatre numéros, écrite et dessinée par lui seul. La série lancée en juillet 1990 par Alan Grant et Val Semeiks, cinquante-huit numéros plus deux annuels et un numéro zéro, jusqu'en 1995. Blood of the Demon de mai 2005 à juillet 2006, dix-sept numéros, par John Byrne et Will Pfeifer. Et Demon Knights de septembre 2011 à août 2013, dix-neuf numéros. La sixième commence le 7 octobre 2026.
Non. Dans la série de Jack Kirby, le personnage ne s'exprime pas en rimes. La diction versifiée apparaît plus tard dans son histoire éditoriale, et l'explication donnée à l'intérieur des récits est une promotion obtenue en Enfer. Le personnage n'y est d'ailleurs pas astreint en permanence et lui arrive de parler normalement. C'est une information utile avant d'acheter The Demon #1 de 1972 : ce numéro ne contient pas l'élément que beaucoup de lecteurs identifient aujourd'hui comme la signature du personnage.
Les plus notables sont The Saga of the Swamp Thing #26 et #27, datés de juillet et août 1984, puis #49 et #50, datés de juin et juillet 1986, tous écrits par Alan Moore. Et The Sandman #4, « A Hope in Hell », paru en 1989, où Etrigan guide Dream à travers l'Enfer : c'est l'apparition du personnage la plus lue, parce qu'elle fait partie des huit premiers numéros d'une série devenue un classique. Il y a aussi des histoires en complément de programme dans Action Comics Weekly #636 à #641, signées Alan Grant.
Pour le lire, oui si la proposition vous intéresse : un auteur complet sur un personnage court est la configuration qui a historiquement le mieux réussi à Etrigan. Pour le conserver comme investissement, il n'existe aucune base de décision au 2 octobre 2026. Le tirage n'est pas connu, la durée de la série n'est pas annoncée, et personne ne peut savoir si le récit introduira un personnage appelé à durer. L'approche raisonnable est d'acheter la couverture classique, de lire, et de reconsidérer la question au troisième numéro.
Sur The Demon #1 de 1972, souvent oui : c'est un comic de kiosque vieux de plus de cinquante ans, dont l'état varie énormément d'un exemplaire à l'autre, et où l'avis d'un tiers a une vraie utilité. Sur The Demon Annual #2, cela dépend de l'état réel, car les exemplaires vraiment propres sont moins fréquents que la réputation du papier des années 1990 ne le suggère. Sur les relances de 2005 et 2011, distribuées en boutique spécialisée à un public qui conservait déjà soigneusement, l'apport est faible.
Par la série de 1990 d'Alan Grant et Val Semeiks, qui est la plus accessible, la moins chère et celle qui définit l'Etrigan moderne. La série de Kirby se lit ensuite, comme un document, parce que son intérêt est autant graphique que narratif. The Sandman #4 et les numéros de Swamp Thing d'Alan Moore donnent une troisième vision du personnage, vu de l'extérieur par d'autres auteurs. Demon Knights, enfin, s'aborde indépendamment du reste : c'est une série d'équipe médiévale, pas une suite.
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