Captain America #1 (1979) : le premier numéro, deux objets possibles, illustration article

Le premier numéro de la série Captain America lancée par Arédit-Artima est daté du premier trimestre 1979. Le catalogue lui attribue Stan Lee au scénario et trois dessinateurs, Jack Kirby, Jim Steranko et Gene Colan, pour un seul intitulé relevé. Attention : une seconde entrée porte le même trimestre avec une mention de cartonnage, si bien qu'une annonce de « numéro 1 » peut désigner deux objets distincts.

Vous tombez sur une annonce qui dit « Captain America n° 1, Arédit, 1979 », état correct, photo de dos pliée. Avant de répondre au vendeur, il faut savoir une chose : dans le relevé de cette série, le premier trimestre 1979 porte deux entrées, pas une. L'une est numérotée sans ambiguïté, l'autre vient avec une mention de cartonnage et un numéro reconstitué. Tant que vous n'avez pas tranché laquelle vous êtes en train d'acheter, vous ne négociez rien, vous pariez.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité du numéro Captain America #1 : éditeur, année, contenu de l'article

Ce que le relevé dit de ce premier numéro

L'entrée numérotée « 1 » sans crochets est datée du premier trimestre 1979. Le scénario est porté au nom de Stan Lee. Côté dessin, trois noms figurent côte à côte : Jack Kirby, Jim Steranko et Gene Colan. Et un seul intitulé est enregistré, « Les Dents de la Mer - 2e Partie ».

Ce déséquilibre entre un titre et trois dessinateurs est déjà une information en soi. Les fascicules français de cette époque montaient plusieurs épisodes par livraison, parfois issus de séries américaines différentes. Le relevé ne garde qu'un intitulé par entrée : il ne décrit donc pas le sommaire, il en donne un fragment. Les trois noms de dessinateurs, eux, couvrent l'ensemble du fascicule. Autrement dit, vous savez qui a travaillé dans ce numéro, mais vous ne savez pas qui a dessiné quoi, ni combien d'histoires il contient.

C'est pour cette raison que rien ne permet, à partir de ces seules lignes, de dire à quel fascicule américain ce premier numéro correspond, ni s'il contient la première parution française de tel personnage. Sur ce point, les sources divergent, et la seule réponse honnête consiste à ouvrir l'exemplaire.

Vingt-huit entrées pour vingt-sept numéros

Le relevé de cette série compte vingt-huit entrées. Son plus haut numéro imprimé est le 27, daté de juin 1984. Il y a donc une entrée de plus que de numéros, et ce n'est pas une erreur de saisie : le premier trimestre 1979 est représenté deux fois, une fois par le fascicule numéroté 1 et une fois par une entrée portant la mention de cartonnage.

Pour un collectionneur, cet écart d'une unité a une conséquence très concrète. Si vous comptez les lignes d'un relevé pour savoir combien il vous manque de pièces, vous comptez vingt-huit cases alors que la numérotation imprimée n'en propose que vingt-sept. Vous vous croirez en retard d'un numéro fantôme. À l'inverse, si vous considérez que le cartonnage est une simple variante et que vous la retirez de votre décompte, vous risquez de passer à côté d'un objet physiquement différent, qui ne se range pas comme un fascicule et ne se trouve pas dans les mêmes lots.

Les numéros entre crochets ne se lisent pas sur l'objet

Quatre entrées de ce relevé portent un numéro entre crochets. Trois d'entre elles correspondent aux rangs 2, 3 et 4, qui n'apparaissent jamais sous forme nue, et la quatrième est précisément l'entrée cartonnée du premier trimestre 1979. Les crochets sont une convention de catalogage : ils signalent un numéro reconstitué par déduction, à partir de la position dans la suite ou de la date, et non un chiffre lu sur la couverture ou l'ours de l'exemplaire.

La leçon pratique est simple. Pour les rangs 2 à 4, ne cherchez pas un gros chiffre imprimé, vous ne le trouverez peut-être pas. Datez l'exemplaire par ce qui s'y trouve vraiment : le trimestre porté en couverture ou en ourlet, le prix imprimé, la liste des titres annoncés en dernière page. Ces trois entrées se répartissent sur le deuxième trimestre 1979 pour deux d'entre elles et le troisième trimestre 1979 pour la dernière, ce qui donne un cadre de datation étroit et exploitable.

Méfiez-vous donc d'un vendeur très affirmatif sur un « n° 3 » de cette série : s'il ne montre pas d'où vient le chiffre, il l'a probablement recopié d'un relevé où il figurait déjà entre crochets. Demandez une photo du bas de couverture.

Derrière « numéro 1 », deux objets possibles

Voici le point qui fait tout l'intérêt de cette fiche. Deux entrées partagent exactement la même date, le premier trimestre 1979. La première est le fascicule numéroté 1, avec Stan Lee au scénario et trois dessinateurs. La seconde est reconstituée entre crochets, porte la mention de cartonnage, n'a aucun intitulé enregistré, aucun nom de scénariste, et un seul nom de dessinateur, Jack Kirby.

Ce vide dans la seconde ligne n'est pas anodin : un objet cartonné reprenant plusieurs livraisons ne se décrit pas comme un fascicule, et le catalogue le laisse donc en grande partie non renseigné. Pour vous, cela signifie qu'une annonce de « numéro 1 » peut couvrir deux réalités : le fascicule souple d'origine, ou un objet relié, plus épais, plus lourd, qui ne se mesure ni ne se note de la même façon.

Le réflexe à prendre tient en deux questions avant tout paiement. Quelle est l'épaisseur au dos, en demandant une photo de la tranche posée à plat ? Et le dos est-il agrafé ou collé sous une couverture rigide ? La réponse vous dit tout de suite dans quelle famille vous êtes, et elle change la grille d'état à appliquer : un pli d'agrafe n'a aucun équivalent sur un cartonnage, dont les faiblesses sont les coins émoussés et les mors fendus.

L'intitulé relevé, et le piège des pages d'annonces

L'intitulé enregistré pour le numéro 1 est « Les Dents de la Mer - 2e Partie ». La forme ressemble à celle d'un récit découpé en épisodes, et on serait tenté d'en conclure que le fascicule ouvre sur la suite d'une histoire. Prudence : dans cette série, plusieurs intitulés relevés ne sont pas des récits du tout.

Le relevé en donne des exemples qui ne laissent aucun doute. On y trouve « Arédit présente 4 albums Super Star », « Voici la collection Super Star », « Albums déjà parus », ou encore « Ces albums sont en vente chez votre fournisseur habituel ». Ce sont des pages de publicité maison, par lesquelles l'éditeur poussait son propre catalogue à l'intérieur de ses fascicules. D'autres intitulés relèvent de l'actualité et non de la fiction, comme ceux qui annoncent un super-héros au cinéma, ou celui, au printemps 1983, consacré à la vie du pape Jean-Paul II.

Deux autres lignes achèvent la démonstration. Le numéro 11 est enregistré sous « Captain America et Spider-Man », et le numéro 13 sous « Captain Comète et Superman ». Un titre citant Superman dans une série Marvel en français ne peut pas être le récit principal : c'est l'annonce d'une autre publication de la même maison. Conclusion pour votre numéro 1 : l'intitulé relevé vous dit qu'une page porte ce titre, pas que le fascicule raconte cette histoire. Sur sa nature exacte, les sources divergent, et seule la table des matières de l'exemplaire tranchera.

Comment les numéros de Captain America sont datés, numéro par numéro : date au jour, au mois, au trimestre, année seule, ou aucune date

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Ce qui distingue ce fascicule des suivants

La série démarre sur un rythme trimestriel annoncé, et le relevé montre que chaque trimestre de 1979 et 1980 accueille en réalité deux livraisons : les rangs 2 et 3 partagent le deuxième trimestre 1979, les rangs 6 et 7 le quatrième. Le numéro 1 appartient donc à une phase dense, où les parutions se succèdent vite et où les lecteurs n'avaient aucune raison de conserver le premier plutôt que le deuxième.

Deuxième singularité, la datation elle-même. Jusqu'au rang 15, en 1981, le relevé n'enregistre que des trimestres, avec une ligne qui écrit même le quatrième trimestre 1980 en lettres au lieu du chiffre habituel. À partir du rang 16, en février 1982, les dates deviennent mensuelles. Le numéro 1 se situe du côté ancien de cette bascule : vous ne trouverez pas sur lui de mois imprimé, et toute annonce qui prétend vous vendre un « janvier 1979 » de cette série a inventé une précision que l'objet ne porte pas.

Enfin, il y a un creux à la charnière : entre le rang 15, troisième trimestre 1981, et le rang 16, février 1982, le relevé ne consigne rien. Ce silence invite à la vigilance plutôt qu'il ne prouve une absence.

Ce qu'il faut regarder sur l'objet avant d'acheter

Commencez par le dos, puisque c'est lui qui sépare les deux objets possibles du premier trimestre 1979. Agrafes visibles et couverture souple d'un côté, couverture rigide et dos collé de l'autre. Sur un souple, examinez les deux agrafes : la rouille tache le papier en auréole et traverse les premiers feuillets, ce qui est irréversible et pèse plus lourd qu'un coin corné.

Vérifiez ensuite que le bloc est complet. Les pages d'annonces internes, celles qui portent les titres de collection relevés dans cette série, sont les premières arrachées par les anciens lecteurs qui voulaient garder un bon de commande. Comptez les feuillets au centre du cahier, c'est là que les manques se voient le mieux. Notez au passage la table des matières complète : c'est le seul document qui dise ce que contient vraiment votre exemplaire.

Regardez enfin l'ourlet et la dernière page. Le trimestre, la mention d'imprimeur et la liste des titres annoncés forment un faisceau de datation beaucoup plus fiable que le numéro affiché par un vendeur. Si ces trois éléments se contredisent, abstenez-vous ou demandez des photos supplémentaires avant d'engager quoi que ce soit.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

À quoi tient sa rareté relative

Ce premier numéro n'est pas rare parce qu'il aurait été peu tiré, et personne ne peut l'affirmer à partir d'un relevé de sommaires. Sa rareté est une rareté d'état et de reconnaissance, et elle tient à trois mécanismes bien identifiables.

Le premier est le format et le support. Un fascicule populaire des années 1979 à 1984, vendu en kiosque et en maison de la presse, lu puis empilé, arrive rarement en belle condition sans avoir été protégé très tôt. Le second est la confusion de numérotation décrite plus haut : quand quatre entrées sur vingt-huit portent un numéro reconstitué, une partie du marché décrit mal ce qu'il vend, et les exemplaires du début de série circulent sous des étiquettes approximatives. Le troisième est le dédoublement du premier trimestre 1979, qui disperse la demande entre deux objets et brouille les repères de comparaison.

La conséquence pratique est qu'il vaut mieux raisonner en rapports qu'en niveaux. Comparez ce que vaut un numéro 1 souple complet et plat face à un exemplaire du même rang au dos rouillé, puis face à l'objet cartonné du même trimestre. Ces trois rapports, mesurés sur des ventes réellement conclues et non sur des prix demandés, vous donneront une échelle utilisable, qui restera valable même quand le marché bougera.

Tenir une liste de manques qui ne mente pas

Une liste de manques recopiée telle quelle sur ce relevé vous trompera dans les deux sens, et c'est le reproche le plus courant que l'on puisse faire aux tableaux de suivi improvisés.

Dans un sens, elle comptera des cases qui n'existent pas sous la forme attendue : vingt-huit lignes pour vingt-sept numéros imprimés, avec un rang 1 présent deux fois. Vous chercherez indéfiniment un fascicule souple qui n'est en réalité que l'entrée cartonnée du même trimestre. Dans l'autre sens, elle en oubliera : si vous décidez de fusionner les deux lignes du premier trimestre 1979 pour retomber sur un décompte rond, vous effacez de votre suivi un objet que vous ne possédez pas et que vous ne chercherez donc jamais.

La méthode qui tient consiste à séparer trois colonnes dans votre inventaire : le rang tel qu'il est imprimé sur l'objet, le rang reconstitué lorsque l'objet ne porte rien, et la nature physique du support. Avec ces trois colonnes, les quatre entrées entre crochets de cette série cessent d'être un problème et redeviennent ce qu'elles sont, une incertitude documentée. Si vous tenez un hub de personnage en parallèle, par exemple autour de Captain America, notez-y les tables des matières relevées : c'est le seul moyen de reconstituer petit à petit ce que le catalogue ne conserve pas.

Questions fréquentes

Le relevé le situe au premier trimestre 1979, sans mois. C'est la précision maximale que porte l'objet à cette période, puisque la série n'adopte des dates mensuelles qu'à partir de son seizième rang, en février 1982. Une annonce qui vous donne un mois précis pour 1979 ajoute une information que la couverture ne contient pas.

Parce que l'une est le fascicule numéroté 1 et l'autre une entrée reconstituée avec mention de cartonnage. La seconde n'a ni intitulé ni scénariste enregistré, et un seul nom de dessinateur, Jack Kirby. Ce sont deux objets distincts, et une annonce de « numéro 1 » peut désigner l'un ou l'autre sans que le vendeur en ait conscience.

Ils indiquent un rang déduit de la position et de la date, non lu sur l'exemplaire. Quatre entrées de cette série sont dans ce cas, dont les rangs 2, 3 et 4, qui n'apparaissent jamais sous forme nue. Pour ces fascicules, datez par le trimestre imprimé et les titres annoncés en dernière page plutôt que par un chiffre de couverture.

Rien ne permet de l'affirmer. Dans cette série, plusieurs intitulés relevés sont des pages de publicité maison, qui vantent la collection d'albums de l'éditeur, ou des pages d'actualité. Les sources divergent sur la nature de cette ligne, et seule la table des matières de votre exemplaire permettra de trancher.

Le plus haut rang imprimé est le 27, daté de juin 1984, mais le relevé aligne vingt-huit entrées en raison du dédoublement du premier trimestre 1979. Fixez-vous donc vingt-sept rangs numérotés, et traitez l'objet cartonné comme une pièce à part dans votre inventaire plutôt que comme un numéro manquant.