Big Boss n°46 : un numéro, deux fascicules, vingt ans d'écart, illustration article

Dans le catalogue, « Big Boss n°46 » désigne deux fascicules d'Arédit-Artima : celui de la série de 1960, intitulé « La ville martienne des U.S.A. » et daté de 1960, et celui de la série repartie de 1 en 1970, intitulé « Le secret de l'homme de bronze » et daté de 1980. Vingt ans les séparent. La date de couverture et le titre de l'histoire suffisent à les distinguer.

Un collectionneur qui note « Big Boss 46 » sur sa liste de manques croit désigner un objet. Il en désigne deux, et le catalogue les range dans deux séries portant le même nom. Cette page sert à ne pas acheter le mauvais, ou à savoir lequel on possède déjà.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de Big Boss n°46 : le numéro porté par deux fiches du relevé, séries, éditeurs et années

Un rang, deux fascicules

Le premier objet appartient au relevé « Big Boss » de 1960. Son histoire s'intitule « La ville martienne des U.S.A. », et le catalogue y crédite trois scénaristes (Otto Binder, Jack Miller, John Broome) et trois dessinateurs (Amilcar Ruben Moreira, Jim Mooney, Joe Certa). Sa date de couverture tient en une année, 1960, sans mois.

Le second objet appartient au relevé « Big Boss » de 1970, qui repart du numéro 1. Son histoire s'intitule « Le secret de l'homme de bronze », avec Jack Miller et Gardner Fox au scénario, George Roussos, Bill Ely et Mike Sekowsky au dessin. Sa date est 1980, là encore sans mois.

Les deux fascicules ont donc le même éditeur, le même titre de revue et le même rang, mais ni le même contenu ni la même décennie. C'est une collision de compteurs, et non un doublon : le catalogue ne signale aucun lien entre les deux fascicules.

Le relevé de 1960 commence-t-il vraiment à 46 ?

La question se pose parce qu'un relevé qui démarre à 46 ressemble à un relevé amputé. Le catalogue répond autrement : le titre voisin « Big Boy », du même éditeur, compte quarante-cinq numéros, de 1 à 45, d'octobre 1956 à juin 1960, sans trou dans le relevé.

Le « Big Boss » de 1960 prend ensuite le rang 46 et court jusqu'à 70, soit vingt-cinq numéros contigus, le dernier daté de juillet 1962.

Ce que la donnée permet d'affirmer : les rangs 1 à 70 existent une seule fois chacun sur l'ensemble de ces deux relevés, et les dates s'enchaînent. Ce qu'elle ne permet pas : dire que le fascicule 46 porte sur sa couverture le nom « Big Boss » plutôt que « Big Boy », ni qu'un changement de titre a eu lieu à cet endroit. Le catalogue range simplement les numéros en deux séries ; la raison du découpage n'y figure pas.

Conclusion pratique : le relevé de 1960 n'est pas tronqué au sens où des numéros manqueraient, puisque les rangs inférieurs sont rangés sous l'autre titre. En revanche, quiconque cherche « le numéro 1 de Big Boss » trouvera celui de 1970, et pas un rang situé avant le 46 de 1960.

Un écart de vingt ans entre les deux fascicules

La seconde série démarre en 1970, dix ans après la première, mais son compteur repart de 1 : les deux fascicules sont datés de 1960 et de 1980. Il lui faut quarante-cinq numéros pour atteindre le rang 46. Le relevé date ces quarante-cinq numéros de 1970 à 1980.

Cela dit quelque chose du rythme. La série de 1970 étale ses cinquante-neuf numéros sur quatorze années calendaires, à peine plus de quatre par année en moyenne. La série de 1960 en aligne vingt-cinq en trois années.

Un même rang n'a donc pas la même profondeur de temps dans les deux séries, et c'est ce qui rend l'erreur d'identification si facile : un numéro 46 « de la fin » pour l'une est un numéro 46 « du début » pour l'autre.

Reconnaître lequel on a devant soi

Trois indices, du plus fiable au moins fiable. D'abord la date imprimée : 1960 ou 1980, l'écart est assez grand pour ne laisser aucune hésitation, à condition que le fascicule porte une date lisible. Le catalogue ne donne que l'année pour ces deux numéros ; si votre exemplaire n'en affiche pas, passez aux indices suivants.

Ensuite le titre d'histoire du catalogue : « La ville martienne des U.S.A. » pour 1960, « Le secret de l'homme de bronze » pour 1980. Le catalogue ne donne qu'un titre par fascicule et ne dit pas quelle place il occupe dans le fascicule. Une absence de correspondance n'infirme donc rien, une correspondance confirme.

Enfin les crédits. Moreira, Mooney et Certa signent le 46 de 1960 ; Roussos, Ely et Sekowsky celui de 1980. Mais les crédits sont relevés au niveau du fascicule, pas de l'épisode, et Jack Miller figure aux deux : un nom en commun ne tranche pas, trois noms oui. Préférez toujours la combinaison date et titre.

Comment les numéros de Big Boss (Arédit, 1960) et de Big Boss (Arédit, 1970) sont datés, numéro par numéro, avec le ou les numéros de l'article repérés : date au jour, au mois, au trimestre, année seule, ou aucune date

Vous collectionnez cette série ?

Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.

Commencer mon essai →

Les voisins immédiats

Du côté de 1960, les trois numéros qui précèdent sont rangés sous « Big Boy » : « Etrange prisonnier de la Terre » (avril 1960), « Captif du super-robot » (mai) et « L'homme-volcan » (juin). Le 46 est donc le premier fascicule rangé sous l'autre titre.

Les trois suivants sont « L'énigme de l'île hasard », « Mystère de la mer magique ! » et « Nous fûmes captifs de la déesse d'or », tous datés de 1960. Le 46 ouvre ainsi une suite de six numéros datés de la même année ; le 52 passe à 1961.

Du côté de 1970, les trois numéros précédents sont datés de 1979, puis de 1980.

Après le 46 viennent « Le cerveau pirate » et « Allô... futur appelle présent », puis le 49, seul de ces voisins à porter un mois, décembre 1980. Dans cette série, le 46 appartient donc à une année 1980 qui regroupe les rangs 45 à 49.

Le point commun de ces deux voisinages : aucun titre voisin ne ressemble à l'un des deux 46. Si vous tenez un fascicule dont le titre d'histoire figure ci-dessus à un autre rang, vous avez un autre numéro, pas une variante du 46.

Ce que la page ne peut pas dire

Elle ne dit pas ce que contient le fascicule en dehors du titre relevé, ni si l'histoire relevée est une première parution française. Elle ne rapproche aucun des deux numéros d'un fascicule américain : les crédits nomment des créateurs, ils n'établissent pas de correspondance.

Elle ne dit pas non plus que les titres d'histoire sont un critère sûr à l'échelle de la collection. Ainsi le titre « J'ai traqué l'animal de la forêt de Montrouge » apparaît en 2 dans Big Boy, en 1 et en 50 dans la série de 1970 ; « Banque interplanétaire » est le titre du 61 de 1960 et du 32 de 1970. Les titres se répètent d'une série à l'autre.

Pour le 46, les deux titres sont différents, mais ne généralisez pas : sur un autre rang, deux fascicules d'époques différentes peuvent porter le même titre.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

L'inscrire sans se tromper dans une liste de manques

Une ligne « Big Boss 46 » est ambiguë ; deux lignes distinctes ne le sont plus. Écrivez « Big Boss 1960, n°46 » et « Big Boss 1970, n°46 », avec l'année de la série, pas seulement celle du fascicule, puisque la série de 1970 reçoit des numéros datés jusqu'en 1983. Ajoutez le titre d'histoire en note pour pouvoir contrôler à la réception.

La même précaution vaut pour tous les rangs de 46 à 59 : ce sont quatorze numéros qui existent dans les deux séries, chacun avec ses deux fascicules. Si votre liste de manques est établie par rang seul, ces quatorze lignes sont à dédoubler avant toute recherche. Un numéro 60 à 70 n'a pas ce problème dans le relevé, puisque la série de 1970 s'arrête à 59.

Ce couple série et année est ce qui évite d'enregistrer deux fois le même objet, ou de croire posséder un exemplaire qu'on n'a pas.

Conclusion

Le numéro 46 de Big Boss est d'abord un piège de nomenclature. Le relevé de 1960 ne commence pas à 46 par accident : il prolonge les quarante-cinq numéros rangés sous « Big Boy ». Le relevé de 1970 recommence à 1, et son 46 tombe vingt ans plus tard. La date, le titre d'histoire et la série suffisent à les séparer ; le rang seul ne suffit pas.

Questions fréquentes

Pas dans le relevé : la série de 1960 y commence au rang 46. Les rangs 1 à 45 sont rangés sous le titre voisin « Big Boy », de 1956 à 1960. Le numéro 1 de « Big Boss » du catalogue est celui de la série de 1970.

Cherchez la date imprimée, puis le titre d'histoire : « La ville martienne des U.S.A. » pour 1960, « Le secret de l'homme de bronze » pour 1980. Un nom de créateur commun aux deux ne suffit pas à conclure.

Le catalogue ne l'indique pas, et les deux fascicules portent des titres et des crédits différents. Rien ne permet de les tenir pour un même contenu. Vérifiez sur l'exemplaire plutôt que de supposer.

Tous les rangs de 46 à 59, soit quatorze numéros, existent dans les deux séries d'après le relevé. Au-delà de 59, la série de 1970 s'arrête, et le rang 60 à 70 n'existe que dans celle de 1960.

Non. Il décrit des objets, pas une demande. La rareté d'un exemplaire dépend de son état et du marché du moment, et se mesure en comparant des ventes réelles, pas en lisant un relevé de numéros.