Dans le relevé de Batman Poche, le n°25 est daté « février-mars-avril 1980 » et le n°26 « février-mars 1980 » : la fenêtre du 26 tient entièrement dans celle du 25. Rien n'y indique une erreur : c'est une mention à fenêtre, répétée une seconde fois sur les n°27 et n°28. En revanche, trier par date plutôt que par numéro peut intervertir ces deux fascicules : retenez le numéro imprimé comme clé de rangement.
Vous avez deux petits fascicules de la collection Sagédition, un 25 et un 26, et leurs dates ne disent pas la même chose que leurs numéros : sur le papier, le plus récent semble le plus court. Avant de soupçonner un exemplaire mal imprimé ou une fiche mal saisie, il faut regarder comment ces dates sont formées, et ce que chaque manière de ranger en fait.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Les cinq dates, telles que le relevé les donne
Le relevé de Batman Poche (collection de la maison Sage, Sagédition) compte 52 numéros, sans trou ni doublon de numéro. Autour de notre paire, le n°24 porte « décembre 1979 » et le n°25 « février-mars-avril 1980 ».
Le n°26 se lit « février-mars 1980 », puis viennent « avril-mai-juin 1980 » pour le n°27 et « mai-juin 1980 » pour le n°28. Le n°29 revient à une date au mois, « juillet 1980 ».
Avant le 25, la revue suit un pas simple : les n°22, 23 et 24 sont datés d'octobre, novembre puis décembre 1979, soit un numéro par mois. Aucun numéro du relevé ne porte « janvier 1980 » : la première fenêtre commence directement en février. C'est ce décrochage, plus que la paire elle-même, qui signale que le mode de datation change à cet endroit.
Deux fenêtres qui s'emboîtent
Une date à fenêtre ne désigne pas un jour mais une plage de mois. Celle du n°25 couvre trois mois (février, mars, avril), celle du n°26 en couvre deux (février, mars). La seconde est donc incluse dans la première : les deux fascicules partagent février et mars, et seul avril appartient au 25 sans appartenir au 26.
Le chevauchement n'est pas un cas isolé dans le relevé. La même figure se répète une fois, sur le couple 27 et 28 : une fenêtre de trois mois (avril à juin) contient celle de deux mois (mai-juin). On obtient une alternance de largeurs, trois mois puis deux, deux fois de suite, sur les quatre numéros 25 à 28. À cheval entre les deux couples, le n°25 et le n°27 se touchent par le seul mois d'avril, alors que 26 et 27 ne partagent aucun mois.
Ce que donnent le tri par numéro et le tri par date
Rangez ces dix numéros (22 à 31) par numéro : l'ordre est évidemment croissant. Rangez-les par mois de début de fenêtre : l'ordre reste le même, avec deux égalités, 25 et 26 d'un côté (février tous deux), 29 et 30 de l'autre (juillet tous deux). Aucune inversion, seulement des ex æquo à départager.
Changez de critère et le résultat bouge. Si l'on classe par mois de fin de fenêtre, le n°26 (mars) passe devant le n°25 (avril), alors que 27 et 28 finissent tous deux en juin et deviennent ex æquo. Si l'on classe par milieu de fenêtre, le 26 (entre février et mars) précède encore le 25 (mars), et le 27 (mai) précède le 28 (entre mai et juin). Sur les 52 numéros du relevé, la paire 25 et 26 est la seule que le tri par fin de fenêtre inverse. C'est donc elle, précisément, qui pose problème à un tableur trié sur la colonne date.
Une erreur ? Ce que la donnée ne permet pas de dire
Le premier réflexe est de conclure à une faute de saisie. Rien ne l'autorise : une fenêtre contenue dans une autre est cohérente avec la numérotation, puisque le 26 suit bien le 25 et que sa plage ne sort pas de la leur. Le relevé enregistre la mention telle qu'elle est lue ; il ne dit pas pourquoi elle a été choisie.
Le relevé ne donne aucune raison à cette forme de date, et nous n'en inventons pas. Le fait établi est plus modeste et plus utile : à cet endroit de la collection, la date imprimée donne un encadrement, pas une position précise dans l'année.
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Le n°25 est repéré par le titre d'histoire « La phrygane ». Ses crédits, établis au niveau du fascicule, nomment Len Wein, Cary Bates et Otto Binder à l'écriture, Marshall Rogers, Joe Staton et Carmine Infantino au dessin. Le n°26, lui, est repéré par « L'histoire de Jor-El alias Superman », avec Bob Haney, Bob Rozakis et Geoff Browne pour l'écriture, Jim Aparo, Romeo Tanghal et Don Newton pour le dessin.
Un détail de crédits distingue le 26 de ses voisins : sur les numéros 22 à 31, Len Wein figure dans neuf d'entre eux, et c'est sur le 26 que son nom manque. Pour un lecteur qui suit un scénariste, c'est le fascicule qui rompt la suite. Ces crédits sont ceux du fascicule, pas de l'épisode : le relevé ne dit pas qui a écrit quelle histoire, et il ne donne qu'un titre d'histoire par fascicule.
Reconnaître l'exemplaire que vous tenez
Le numéro imprimé est la seule information qui ne prête à aucune discussion : un fascicule marqué 26 est le 26, quelle que soit la manière dont on date ou classe la collection. Relevez ensuite la mention de date telle qu'elle apparaît, avec ses traits d'union : « février-mars-avril » est le 25, « février-mars » est le 26. Si votre exemplaire porte l'une de ces formules sous un autre numéro, c'est qu'il faut le vérifier, pas le corriger de mémoire.
Regardez aussi le titre de l'histoire principale, qui doit correspondre à la liste ci-dessus, et notez-le dans votre inventaire plutôt que de vous fier à la seule couverture. Ce que le fichier ne donne pas, il faut le lire sur l'objet : le sommaire complet, les autres épisodes, la présence éventuelle d'un rédactionnel. Quant à l'état, il se juge sur l'exemplaire, au dos et aux coins : mieux vaut décrire ce que vous voyez que d'affirmer une équivalence avec un fascicule américain, que le relevé n'établit pas.
Les inscrire dans une liste de manques
Dans votre liste, la colonne de référence doit être le numéro, jamais la date. Inscrivez « 25 » et « 26 » comme deux lignes distinctes, avec la date en simple annotation, en recopiant la fenêtre entière. Si vous la remplaciez par un mois unique, vous perdriez justement l'information qui identifie l'exemplaire.
Gardez la même discipline pour les voisins : le 24 (« décembre 1979 », titre « La coupe du vainqueur »), le 27 (« L'escroc imprenable ! ») et le 28 (« Les trois vœux »). Sur un salon ou une annonce, un vendeur qui indique « mars 1980 » pour un 25 ou un 26 n'a pas tort, il a choisi un mois dans la fenêtre : demandez le numéro, puis comparez au titre de l'histoire.
Questions fréquentes
Rien ne le prouve. La fenêtre du 26 est incluse dans celle du 25, et le numéro imprimé reste le repère d'ordre de la collection. Une plage plus étroite indique seulement un encadrement plus serré, pas une parution antérieure.
Non. Recopiez la mention telle qu'elle est imprimée, avec ses traits d'union. Une fenêtre est une donnée en soi, et la réduire à un mois efface ce qui distingue le 25 du 26 quand on n'a que la date sous les yeux.
Oui : le relevé porte quatre dates à fenêtre avec traits d'union, toutes sur les numéros 25 à 28. Les numéros 32 et 36 portent aussi deux mois, mais séparés par une espace. Plusieurs autres sont datés d'un trimestre.
Non. Il ne donne qu'un titre d'histoire par numéro et des crédits au niveau du fascicule. Le sommaire complet et les autres épisodes se vérifient sur l'exemplaire lui-même, jamais sur le seul titre connu.
Par numéro croissant, 24, 25, 26, 27, 28. C'est le seul classement qui ne produit aucune inversion ni ex æquo sur cette portion de la collection, et le seul qui reste stable si une fiche change de forme de date.