Le robot de Hank Pym a son meilleur récit dans « Ultron Unlimited », quatre chapitres signés Kurt Busiek et George Pérez en 1999. Derrière lui se placent la série de cinq fascicules qui a vu naître la machine en 1968, signée Roy Thomas et John Buscema, puis, en 2015, le roman graphique Rage of Ultron, où Jerome Opeña dessine un texte de Rick Remender. Au total, six lectures hiérarchisées, avec le bagage nécessaire et le format conseillé pour chacune.
Ultron n'a jamais tenu de série mensuelle durable : il vit dans les marges des Avengers, d'où il ressurgit pour détruire ceux qui l'ont fabriqué. Lire « un run d'Ultron » revient donc à repérer les quelques moments où il cesse d'être un adversaire de passage pour devenir le sujet. Notre guide de lecture suit le fil chronologique ; ce classement fait un autre travail, il hiérarchise.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que nous avons mesuré pour classer un personnage sans série
Dans un classement de runs, on compare d'habitude des suites de numéros écrites par une seule équipe. Pour Ultron, ce cadre se brise : le robot apparaît dans des arcs courts, des événements, un roman graphique et des one-shots. Nous avons gardé les ensembles où il est le véritable moteur, et nous les avons jugés sur quatre points : la force du récit, la place de la machine dans l'intrigue, la possibilité de lire sans connaître cinquante ans d'Avengers, et ce que les auteurs suivants en ont retenu.
Le rang mesure la lecture, pas la cote. Les fascicules les plus recherchés, Avengers #54 et #55 de 1968, entrent bien dans la liste, mais à la deuxième place, parce que leur intérêt de collection dépasse leur plaisir de lecture. Le détail des numéros se trouve dans notre article sur les numéros clés d'Ultron.
Top 1 : Kurt Busiek et George Pérez, « Ultron Unlimited » (Avengers vol. 3 #19 à #22, 1999)
C'est le récit où Ultron cesse d'être un robot en colère pour devenir une menace d'échelle nationale. Kurt Busiek, qui relançait alors les Avengers avec un sens du long cours rare à l'époque, écrit un arc de quatre chapitres où le robot ne se contente plus de détruire : il organise, il convertit, il fabrique une famille de copies. George Pérez, dessinateur d'une précision presque architecturale, donne à chaque foule, à chaque machine, une lisibilité qui sert le récit.
L'arc compte parce qu'il fixe une version moderne du personnage que les scénaristes suivants reprendront : un esprit qui se veut le successeur de l'humanité, et qui traite les personnes comme des matières premières. Il s'adresse à presque tout le monde : il se lit presque sans prérequis, même si connaître Vision, la Guêpe et Hank Pym enrichit l'ensemble.
Pour la collection, les quatre fascicules sont de la fin des années 1990, d'un tirage important, donc accessibles ; le recueil de l'arc est la meilleure porte d'entrée. Les amateurs de dessin pourront prolonger avec le hub de George Pérez.
Top 2 : Roy Thomas et John Buscema, la naissance d'Ultron (Avengers #54 à #58, 1968)
Tout part d'une cagoule. Dans le #54, l'adversaire des Avengers cache un automate sous le nom de Crimson Cowl ; au #55, il se nomme Ultron-5 ; le #57 voit naître Vision, que le robot fabrique pour infiltrer l'équipe ; le #58 révèle qui est le créateur de la machine. Roy Thomas, qui écrit alors la série, invente là un schéma durable : l'ennemi des héros n'est pas venu d'ailleurs, il a été construit par l'un d'eux, Hank Pym. John Buscema donne à cette mécanique un cadre graphique solide.
Ce run compte parce qu'il pose, en cinq numéros, les trois obsessions du personnage : la révolte de la créature, le goût de la fabrication de descendants, la rancune contre le père. Presque toute la production ultérieure, du Bride of Ultron de 1977 à Rage of Ultron, rejoue ces trois motifs.
Il s'adresse au lecteur qui aime les origines, à condition d'accepter un rythme et une écriture typiques de la fin des années 1960, avec des cartouches très explicatifs. Pour la collection, c'est le dossier le plus recherché de la liste : les fascicules d'époque sont rares en haut état, et les recueils d'archives (essentiels des Avengers, intégrales) permettent de lire sans en payer le prix. La première apparition et sa double lecture sont détaillées dans notre fiche dédiée.
Top 3 : Rick Remender et Jerome Opeña, Avengers: Rage of Ultron (2015)
Un roman graphique en volume autonome, conçu comme un point d'orgue. Rick Remender envoie les Avengers sur Titan, la lune de Saturne, où Ultron a installé son domaine, et pousse jusqu'à son terme la logique père-fils posée en 1968 : la machine et son créateur Hank Pym ne s'opposent plus, ils se confondent. Jerome Opeña, dessinateur dont les compositions larges et froides conviennent aux décors métalliques, donne à cette descente une atmosphère de tragédie.
Ce livre compte parce qu'il referme la boucle qu'ouvrait Thomas, en offrant au personnage une conclusion intime plutôt qu'un nouveau combat spectaculaire. Mieux vaut l'aborder après l'origine de 1968 et, idéalement, après « Ultron Unlimited » : sa conclusion s'appuie sur ces deux étapes.
Pour la collection, il se présente comme un livre relié à la diffusion d'édition de librairie, ce qui signifie qu'il se trouve facilement et qu'il ne se collectionne pas comme un fascicule. Les amateurs du scénariste peuvent explorer le hub de Rick Remender.
Top 4 : Brian Michael Bendis et Bryan Hitch, Age of Ultron (2013)
Dix numéros d'événement où Ultron a déjà gagné avant que l'histoire ne s'ouvre. Brian Michael Bendis installe un futur dévasté dont les survivants tentent de défaire l'avenir par un voyage dans le temps, et c'est la tension de ce choix, plus que le robot lui-même, qui porte le récit. Bryan Hitch dessine la série avec son goût du grand format et des doubles pages d'ensemble.
Le point fort de l'événement est son ambition : montrer la fin d'un monde dominé par la machine, en laissant de côté la biographie du personnage. Son défaut est symétrique : Ultron y tient moins de place qu'on ne l'attendrait, et la lecture suppose de connaître l'état de la continuité des Avengers vers 2013. Le titre a été repris en 2015 pour le film Avengers: Age of Ultron, mais l'adaptation raconte une autre histoire, comme le détaille notre comparaison film contre comics.
Pour la collection, la mini-série existe en fascicules récents avec de nombreuses couvertures alternatives, et en recueil. Les numéros d'ouverture et de clôture sont ceux que les acheteurs surveillent ; nos repères figurent dans l'article sur les key issues d'Age of Ultron. Pour le scénariste, voyez le hub de Brian Michael Bendis.
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Top 5 : Jim Shooter et George Pérez, la fiancée d'Ultron (Avengers, 1977)
Quand Ultron veut une compagne, il fabrique Jocasta, un robot dont l'esprit est calqué sur celui de la Guêpe, Janet van Dyne. L'arc, qui culmine autour du #162, raconte une tentative de famille artificielle et son échec, puisque la fiancée se retourne contre celui qui l'a créée. Jim Shooter écrit alors les Avengers avec un goût pour les arcs en plusieurs épisodes, et George Pérez signe déjà un travail précis qui annonce son futur travail avec Busiek.
L'intérêt est de montrer le motif familial d'Ultron sous un angle nouveau : après avoir produit un fils, Vision, il produit une épouse. Le récit apporte aussi un personnage durable, Jocasta, qui reviendra comme héroïne et dont la présence dans les annonces télévisées récentes rend l'arc plus visible.
Il compte surtout pour qui aime les liens entre numéros, car le fascicule porteur de Jocasta est l'un des repères de la collection d'Ultron. Pour la collection, le fascicule de 1977 est d'un tirage plus important que ceux de 1968 ; un recueil de la période Shooter-Pérez suffit pour lire sans chercher chaque numéro.
Top 6 : Al Ewing et Alan Davis, Avengers: Ultron Forever (2015)
Un fascicule unique où des Avengers de plusieurs époques convergent contre une version future du robot dont la puissance semble sans limite. Al Ewing, scénariste réputé pour sa maîtrise des continuités enchevêtrées, y rassemble des figures de périodes différentes sans les faire se contredire. Alan Davis signe des planches claires et dynamiques, héritières d'une tradition de dessin d'aventure classique.
Le récit se classe sixième parce qu'il joue sur la mémoire du lecteur plus qu'il n'ajoute au personnage : il est riche pour qui a lu les entrées précédentes, moins pour un débutant. Il montre en revanche comment les auteurs des années 2010 pensent Ultron : non plus comme un ennemi qu'on défait mais comme une constante temporelle.
Pour la collection, c'est un format simple, un fascicule à rechercher à l'unité ou un recueil qui le rassemble avec d'autres histoires de la période. Le hub de l'auteur, Al Ewing, rassemble ses autres travaux.
Par lequel commencer selon votre profil
Pour découvrir le personnage dans sa forme la plus accessible, commencez par « Ultron Unlimited » : quatre numéros, un récit complet, une version moderne du robot. Si vous préférez l'histoire d'origine, commencez par les cinq numéros de 1968, de préférence dans une intégrale. Le lecteur sensible à la tragédie lira Rage of Ultron après ces deux étapes, car son effet dépend de ce qui précède.
Celui qui suit la télévision et la série annoncée avec James Spader dans le rôle, VisionQuest, commencera par Vision plutôt que par Ultron : notre classement des meilleurs runs de Vision et le guide de lecture associé aident à séparer les deux dossiers. Enfin, le collectionneur qui constitue un ensemble complet gagnera à lire la sélection des meilleurs runs des Avengers, où Ultron reste un fil rouge.
Ce que valent ces runs en collection
Pour Ultron, la valeur se lit en deux étages. Les fascicules de 1968 sont l'étage haut : peu d'exemplaires survivent en bon état, et l'attention du marché se concentre sur la naissance, la création de Vision et l'adamantium. Les arcs de 1977 et de 1999 forment l'étage médian, avec une diffusion plus large. Les ensembles de 2013 et 2015 relèvent de l'étage récent, où la cote n'est pas installée et dépend de ce qui se jouera encore : une adaptation, une réédition, la durée de la série qui prolonge l'histoire.
La méthode que nous conseillons consiste à acheter les recueils des arcs que vous voulez lire, puis à réserver votre budget de fascicules aux deux ou trois numéros pivots d'une période. Comparez toujours plusieurs ventes terminées en état équivalent, et méfiez-vous des annonces qui présentent comme rare un numéro simplement populaire. Pour situer l'ensemble du marché, consultez notre dossier sur la valeur des comics Ultron.
Enfin, gardez en tête que la cote d'Ultron bouge avec l'actualité de l'écran, comme l'a montré le film de 2015 : une annonce déplace d'abord les fascicules d'origine, puis les arcs modernes avec retard.
Questions fréquentes
La première place revient à « Ultron Unlimited », paru en 1999 sous la plume de Kurt Busiek et le crayon de George Pérez : un récit en quatre chapitres qui se lit sans préparation. Les numéros fondateurs de 1968 sont plus importants historiquement, mais plus datés.
Non, pas de série durable à son nom. Ses meilleurs récits se trouvent dans les Avengers, dans l'événement Age of Ultron de 2013 et dans le roman graphique Rage of Ultron de 2015. C'est pourquoi un classement par runs, comme celui-ci, regroupe des arcs et des événements plutôt que des séries.
Un peu de contexte aide, car Ultron est le robot créé par Hank Pym et le thème père-créature traverse tous les récits. Mais « Ultron Unlimited » et Age of Ultron se lisent sans préparation. Rage of Ultron, en revanche, gagne beaucoup à être lu après l'origine.
Non. Le film de 2015 reprend le nom du robot mais raconte une autre histoire, avec Tony Stark et Bruce Banner à l'origine de la machine. L'événement de 2013 par Brian Michael Bendis et Bryan Hitch est un récit de voyage dans le temps distinct, que le film n'adapte pas.
Si l'objectif est de lire, un volume relié fait l'affaire sans chasse aux numéros. Pour la collection, ne cherchez en fascicules que les numéros pivots de chaque période : la naissance en 1968, le numéro de Jocasta en 1977, l'ouverture de « Ultron Unlimited » en 1999. Le reste s'achète en volume.
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