Le meilleur run de Swamp Thing est celui d'Alan Moore avec Stephen Bissette et John Totleben, du numéro 20 au numéro 64 de Saga of the Swamp Thing (1984-1987), devant la création de Len Wein et Bernie Wrightson (1972-1973) et la relance de Scott Snyder et Yanick Paquette (2011). Cinq ensembles sont classés, avec les numéros de départ, le lecteur visé et le support conseillé entre fascicules et recueils.

Peu de héros de comics ont eu une existence aussi coupée en deux. Avant 1984, Swamp Thing est une créature de marécage dont l'histoire tient dans une tragédie scientifique ; après, il devient le personnage par lequel DC apprend à publier des récits d'horreur adulte. Chercher les meilleurs runs revient donc à décider d'où l'on part, et surtout à ne pas se laisser aspirer par le seul pic de 1984.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Le classement des runs de Les meilleurs runs de Swamp Thing en comics présentés dans cet article, du premier au dernier

Notre grille de lecture avant le classement

Un titre qui a changé d'équipe créative une dizaine de fois se juge mal à la durée. Pour Swamp Thing, nous avons pesé trois choses : ce que le run ajoute à la nature même du personnage, la possibilité de le lire sans connaître le reste, et ce qu'il a laissé dans les relances suivantes. Un cycle brillant mais refermé sur lui-même passe après un cycle qui a ouvert des portes.

Une précision de chronologie évite des erreurs d'achat. Une première créature de marais surgit dans House of Secrets #92 en 1971 ; Swamp Thing #1 ne vient qu'à la fin de 1972. La série d'origine s'arrête en 1976 après vingt-quatre numéros. Une seconde série, titrée Saga of the Swamp Thing, démarre en 1982 à l'occasion du film de Wes Craven ; c'est dans cette numérotation que se loge le run de 1984. Plus tard, le titre redevient Swamp Thing sans changer de compteur, puis il est relancé à zéro en 2011 et en 2021. Un « numéro 20 » désigne donc des choses très différentes selon l'année : demandez toujours la date de couverture.

Top 1 : Alan Moore, Stephen Bissette et John Totleben, Saga of the Swamp Thing (1984-1987)

Alan Moore prend la série au numéro 20, daté de janvier 1984, et l'écrit jusqu'au numéro 64 de septembre 1987. Stephen Bissette et John Totleben dessinent et encrent l'essentiel de cette période, rejoints à la fin par Rick Veitch. Le point de départ ne ressemble à rien de ce qui précède : l'autopsie du corps de la créature fait voir qu'elle n'a jamais été Alec Holland, mais une plante ayant absorbé ses souvenirs. Le deuil de l'humanité perdue cesse d'être le moteur de l'histoire.

À partir de là, Moore fait entrer Abby Arcane, la nièce d'Anton Arcane, dans une histoire d'amour qui ne tourne pas en mélodrame, puis ouvre le cycle « American Gothic » à partir du numéro 37, où le héros affronte des figures d'épouvante revisitées. C'est dans cet arc que John Constantine fait sa première apparition. Le numéro 50 clôt l'ensemble avec un volume d'ampleur supérieure, et le numéro 64 referme la boucle.

Ce run domine parce qu'il redéfinit ce qu'un titre d'horreur de superhéros peut raconter : écologie, désir, incarnation, avec un dessin qui épouse la matière végétale. Il se lit sans préparation et sert de point d'entrée à toute la production adulte de DC dans les années suivantes. Tout adulte peut l'aborder, même sans goût pour les superhéros ; les numéros clés de ce run font l'objet d'un article séparé.

Pour collectionner, deux logiques coexistent. Les fascicules des numéros 20, 21, 34 et 37 se cherchent à l'unité et leur demande est concentrée. Pour lire l'ensemble, plusieurs volumes reliés, y compris une édition grand format, reprennent la période dans l'ordre. Relevez la plage de numéros annoncée au dos avant l'achat : un tome qui s'arrête au milieu d'un cycle est une source classique de frustration.

Top 2 : Len Wein et Bernie Wrightson, Swamp Thing (1972-1973)

Len Wein écrit et Bernie Wrightson dessine les dix premiers numéros de Swamp Thing, à partir de la fin de 1972. Le personnage central est Alec Holland, chercheur en Louisiane qui voit son laboratoire détruit par une explosion et renaît sous une forme végétale. Anton Arcane, savant maléfique, entre en scène dès le numéro 2 et devient l'adversaire récurrent de toute la série. Le ton oscille entre les films de monstres classiques et un fantastique gothique.

Pourquoi cette place : tout ce qui sera réinventé ensuite est posé ici, le marais, la tragédie, Arcane, la menace d'une science sans scrupules. Le trait de Wrightson, très encré et très texturé, est l'une des raisons pour lesquelles des lecteurs sans intérêt pour DC recherchent ces numéros. Le récit est plus linéaire que ce qui suivra : une mission, un ennemi, une chute. C'est lisible, c'est efficace, mais cela ne bouleverse pas le genre.

Ce run s'adresse au collectionneur de l'âge de bronze, au lecteur sensible à l'art de Wrightson et à celui qui veut comprendre ce que Moore transforme. Les fascicules d'origine sont des pièces de collection de bronze, avec des états très variables et une demande tirée par le numéro 1 ; pour lire, des recueils consacrés à la création et à l'œuvre de Wrightson existent en plusieurs langues. Vérifiez qu'ils reprennent bien les numéros 1 à 10 et pas seulement une sélection.

Top 3 : Scott Snyder et Yanick Paquette, Swamp Thing (2011-2012)

La relance de 2011, dans la nouvelle numérotation de DC, est confiée à Scott Snyder au scénario et à Yanick Paquette au dessin. Le premier numéro paraît en septembre 2011. Snyder remet Alec Holland au centre : après avoir accepté son statut de plante, il se retrouve rappelé par le Parlement des Arbres, qui voudrait qu'il reprenne une fonction de gardien du Vert. Face à lui, la Pourriture, force symétrique et destructrice, trouve en Anton Arcane un porte-voix.

Ce run compte parce qu'il réussit ce que les relances échouent souvent à faire : prolonger l'héritage de Moore sans le réciter. Snyder installe une mythologie du Vert, du Rouge et de la Pourriture qui deviendra le cadre des récits ultérieurs, et ce cadre se prolonge dans le cycle commun avec la série Animal Man de Jeff Lemire, intitulé « Rotworld ». Les planches de Paquette, très architecturales, traitent les forêts comme des cathédrales.

Ce cycle séduit quiconque préfère un récit contemporain, bouclé, sans repasser par les années 1980. Côté fascicules, ces numéros de 2011 sont trop proches de nous pour avoir une cote établie. Trois choses la feront évoluer : les rééditions du cycle, une adaptation seulement si elle est confirmée, et la rareté constatée des tout premiers numéros. Les recueils en volumes, en français comme en anglais, rendent la lecture simple. Le hub consacré à Scott Snyder rassemble les articles sur ses autres séries.

Top 4 : Ram V et Mike Perkins, The Swamp Thing (2021)

La série de 2021 est écrite par Ram V et dessinée par Mike Perkins. Elle suit une logique inverse de la relance de Snyder : la narration se déploie lentement, par couches, autour d'un héros qui n'est plus vraiment un homme et qui doit comprendre ce que veut dire protéger quelque chose qui ne lui ressemble pas. Le marais y devient un lieu d'enquête plus que de combat, et son dénouement mérite d'être découvert sans qu'on le raconte ici.

Pourquoi la quatrième place : ce cycle prouve que le titre sait encore parler à un public adulte contemporain, dans un format resserré, et que le thème de l'incarnation végétale n'est pas épuisé. Il recueille la reconnaissance critique d'une série courte et cohérente, plutôt que l'élan d'un tournant historique. Ram V y poursuit une manière d'écrire qui lui est propre ; vous retrouverez son nom dans notre hub consacré à Ram V.

Il convient au lecteur qui a déjà goûté au Swamp Thing de Moore et veut voir ce qu'un scénariste d'aujourd'hui en fait. Pour la collection, les fascicules sont trop récents pour fixer une cote ; nous n'avançons ni ratio ni tirage. La durée courte et la qualité de réception peuvent favoriser une demande régulière, mais seule l'observation de ventes terminées sur plusieurs mois le dira. Le recueil est le support naturel.

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Les sections de l'article sur Les meilleurs runs de Swamp Thing en comics, dans l'ordre de lecture

Top 5 : Rick Veitch et Alfredo Alcala, Swamp Thing (1987-1989)

Rick Veitch, qui dessinait déjà des numéros sous Moore, devient scénariste du titre dans la foulée, avec Alfredo Alcala à l'encrage. Les sources divergent sur le détail exact des numéros du début et de la fin de ce cycle ; il s'ouvre autour du numéro 65, daté de la fin de 1987, et se termine après un différend éditorial sur un épisode que DC refuse de publier. Ce point de rupture est plus connu que l'histoire elle-même.

Ce run vaut le détour parce qu'il montre ce qui arrive quand un héros reconstruit de fond en comble doit continuer d'exister : Veitch pousse le personnage vers des terrains plus oniriques, plus historiques et plus étranges, au prix d'une cohérence parfois inégale. Il se lit avec plaisir pour qui a fini Moore et en veut encore, moins pour un nouveau venu.

Il s'adresse donc à un lecteur déjà conquis, au collectionneur de la fin des années 1980 et au complétiste de la série. Les fascicules sont abordables à l'échelle de la période et rarement demandés à l'unité ; certains volumes reliés en anglais reprennent ce cycle, sans que sa présence dans les catalogues soit constante. Contrôlez les numéros inclus avant d'acheter.

Par lequel commencer selon votre profil

Si vous découvrez le personnage et lisez volontiers en recueil, commencez par le premier volume de la période Moore : vous saurez en quelques épisodes si la série vous parle. Si l'esthétique du gothique vous attire plus que la profondeur narrative, passez d'abord par les dix numéros de Wein et Wrightson, plus courts, puis revenez à 1984 pour mesurer l'écart.

Vous préférez un récit récent, avec un début et une fin ? Le cycle de Snyder et Paquette, ou la série de Ram V et Perkins, offre cela sans connaissance préalable. Le lecteur d'Hellblazer fera le chemin inverse : les numéros 37 à 50 de la série de 1984 montrent comment John Constantine est né.

Pour le collectionneur de fascicules, la hiérarchie est différente de celle de la lecture. Les jalons du run de Moore concentrent la demande, la création de Wein et Wrightson attire les amateurs d'âge de bronze, et le reste se choisit au plaisir. Notre fiche sur House of Secrets #92 évite une confusion fréquente entre deux personnages au nom presque identique.

Ce que valent ces runs en collection

On ne peut pas comparer ces runs sur une seule échelle. Le rapport entre les numéros clés du cycle de Moore et le reste de la série est très marqué : un petit nombre de fascicules porte la demande, le reste se négocie à une fraction. Cet écart se vérifie en prenant plusieurs ventes terminées d'un même état, pour le numéro 37 d'un côté et un numéro de milieu de cycle de l'autre.

La création de Wein et Wrightson suit une autre logique : la demande est plus étroite, mais elle est portée par le rôle fondateur de la série et par le nom de l'illustrateur. Les relances de 2011 et de 2021 ne sont pas installées sur le marché. Un tirage, une adaptation ou une rareté supposée ne justifient jamais un prix ; ils peuvent en revanche expliquer une tendance.

Comme méthode, notez pour chaque achat l'état réel, la présence ou non du code-barres de kiosque et la date de couverture. Constituez ensuite une fourchette à partir de ventes closes récentes, jamais d'annonces isolées. Si vous voulez situer un exemplaire de votre bibliothèque, l'estimation gratuite aide à partir d'une base de comparaison. Dans tous les cas, un recueil bien choisi vaut mieux qu'un fascicule mal compris. Notre comparaison avec la série de 2019 montre aussi ce qu'une adaptation ne change pas.

Comment constituer la collection dans l'ordre

Une collection cohérente autour de Swamp Thing se construit en trois temps. D'abord, un socle de lecture : les recueils du run de Moore. Ensuite, un noyau de fascicules choisis, par exemple les numéros 21 et 37, selon votre budget et votre goût pour l'objet d'époque. Enfin, des compléments : la création de 1972, la parution de 2011 et, si le cœur vous en dit, l'épisode de 1971 qui précède la série.

Quel que soit l'ordre, gardez un journal d'achat : références, état, source, date, éditeur du recueil. Une série qui change autant de mains génère des doublons et des confusions de numéro, et seul un inventaire tenu à jour les évite. Le pilier consacré à la naissance du label Vertigo aide à situer le rôle de DC dans l'édition adulte, utile pour cette série.

Les questions fréquentes sur Les meilleurs runs de Swamp Thing en comics auxquelles répond cet article

Questions fréquentes

Celui d'Alan Moore, de Saga of the Swamp Thing #20 (1984) au #64 (1987), avec Stephen Bissette et John Totleben. Il change la nature du personnage dès le #21 et ouvre « American Gothic » au #37. Il se lit sans connaissance préalable, ce qui en fait aussi la meilleure porte d'entrée.

Non. Chaque cycle fonctionne isolément. Le plus simple est de lire le run de Moore, puis d'ajouter la création de Wein et Wrightson, puis les relances de 2011 et de 2021. Seul le cycle de Snyder gagne à être lu en parallèle de l'Animal Man de Jeff Lemire pour « Rotworld ».

C'est le même titre sur une même numérotation. La série lancée en 1982 s'appelle Saga of the Swamp Thing, puis simplement Swamp Thing à partir du #39. Les relances de 2011 et de 2021 repartent de #1 : vérifiez toujours la date de couverture avant d'acheter un numéro isolé.

Pas au sens strict. Une créature de marais, Alex Olsen, apparaît dans House of Secrets #92 (1971). Alec Holland, le héros de la série, naît dans Swamp Thing #1 en 1972. Les deux sont de Len Wein et Bernie Wrightson ; notre fiche dédiée détaille la nuance.

Les recueils pour lire, les fascicules pour posséder. Quelques numéros clés (#21, #34, #37) justifient l'achat à l'unité si vous collectionnez l'objet d'époque. Pour tout le reste, les volumes reliés, y compris en grand format, offrent une lecture plus confortable et un prix mieux maîtrisé.

Un fascicule de Swamp Thing dans votre boîte ? Estimez-le à partir de son état réel plutôt que de sa seule légende.

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