Le meilleur run de Shazam est celui d'Otto Binder et C.C. Beck dans Captain Marvel Adventures (1941-1953), devant The Power of Shazam! de Jerry Ordway (1995) et les récits de Geoff Johns et Gary Frank (2011). Six ensembles sont classés ici, avec les numéros de départ quand ils sont sûrs, le lecteur visé et le support à choisir entre fascicules d'origine et recueils.

Shazam est un cas à part dans la bibliothèque DC : un héros né chez un autre éditeur, rebaptisé, réinterprété par chaque génération d'auteurs, et dont le nom d'usage a longtemps différé selon qu'on parle de Fawcett ou de DC. Le classer demande de séparer ce qui relève de l'âge d'or de la presse enfantine de ce qui relève du travail de relecture moderne.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Le classement des runs de Les meilleurs runs de Shazam en comics présentés dans cet article, du premier au dernier

Comment départager un héros aux deux identités éditoriales

Un simple décompte de numéros écraserait le sujet : une série de cent cinquante fascicules des années 1940 n'a pas le même statut qu'une mini-série de quatre. Nous avons donc pesé ce que chaque run apporte au mythe, sa capacité à être lu seul, et son influence sur les versions suivantes. Un cycle qui n'a servi que de décor à un événement a été écarté, quelle que soit sa qualité.

Il faut aussi connaître l'histoire du nom. Le héros naît dans Whiz Comics #2, en 1940, chez Fawcett, sous le nom de Captain Marvel, des mains de Bill Parker et C.C. Beck. Un procès intenté par National, l'éditeur de Superman, aboutit à un règlement en 1953 et à l'arrêt de la production de Fawcett. DC obtient ensuite le droit d'exploiter le personnage et le relance en 1972 avec un titre qui reprend le mot magique : Shazam!, dont le numéro 1 est daté de février 1973. Le nom de Captain Marvel appartenait entre-temps à une autre série, chez Marvel.

Top 1 : Otto Binder et C.C. Beck, Captain Marvel Adventures (1941-1953)

Captain Marvel Adventures paraît à partir de 1941, avec C.C. Beck comme dessinateur de référence et Otto Binder, scénariste prolifique, comme principal architecte de l'univers. Le héros y affronte le Dr Sivana, apparu dès Whiz Comics #2, et un adversaire inattendu, le ver de laboratoire Mr. Mind, qui devient le centre d'un long feuilleton à partir de 1943 : « La Société des monstres du mal », pensée pour courir sur de nombreux numéros.

Ce run prend la première place parce que presque tout ce que l'on associe au personnage y est inventé ou précisé. Binder étoffe la famille Marvel, dont Captain Marvel Jr. dès 1941, ainsi que Mary Marvel, et il invente avec Beck un ton d'humour tendre qui devient la marque de la maison Fawcett. Black Adam, de son côté, naît dans The Marvel Family #1, en 1945, avec Binder et Beck.

Il s'adresse au lecteur curieux d'histoire du genre et à celui qui veut voir ce que fut un comic pour enfants à son apogée. Pour la collection, les fascicules d'origine sont des pièces d'âge d'or, avec les contraintes de ce segment : états très inégaux, exemplaires restaurés, réimpressions. Pour lire, des volumes d'archives reliés reprennent des sélections d'histoires. Notre guide de la collection d'âge d'or détaille ces pièges.

Top 2 : Jerry Ordway, The Power of Shazam! (1994-1999)

Jerry Ordway signe en 1994 un roman graphique intitulé The Power of Shazam!, qui sert de refonte moderne du personnage, puis lance la série régulière en 1995. Il écrit et dessine d'abord, avec l'aide d'autres artistes en cours de route. Billy Batson y est orphelin à la suite d'un drame qui touche ses parents archéologues, et la famille Marvel retrouve une cohérence après une longue période de pure comédie.

Pourquoi la deuxième place : la série prend le matériau fondateur au sérieux, sans le moquer ni le trahir, et en tire un héros que les adaptations suivantes reconnaissent encore. Ordway réintroduit Black Adam dans le présent et lui donne une profondeur nouvelle, ce qui explique pourquoi on le retrouve dans la plupart des versions ultérieures. La série compte, selon les fiches, un peu moins d'une cinquantaine de numéros.

Elle s'adresse au lecteur adulte qui veut une version fidèle sans être naïve, et au collectionneur des années 1990, période où la demande de fascicules reste mesurée. Pour lire, des recueils ont repris le roman graphique et une partie de la série, sans que la couverture soit complète ; vérifiez la plage de numéros. La mention d'Ordway est souvent absente des catalogues grand public, d'où un intérêt à chercher aussi par titre.

Top 3 : Geoff Johns et Gary Frank, Shazam! dans Justice League (2011-2012)

Dans le cadre de la relance de DC en 2011, Geoff Johns écrit des récits complémentaires publiés à la suite de la série Justice League, dessinés par Gary Frank. Ils sont ensuite regroupés dans un recueil intitulé Shazam!. Billy Batson y est un adolescent méfiant, placé en famille d'accueil, loin du petit garçon de 1940. Le magicien lui confie ses pouvoirs, et l'histoire explore comment le jeune garçon peut les partager avec d'autres enfants.

Ce run compte parce qu'il fixe la version la plus répandue du héros pour le cinéma : le film de 2019 reprend la famille d'accueil, les frères et sœurs et une partie de la mythologie. Gary Frank donne aux personnages une présence très expressive, et Johns conduit un récit en quelques chapitres, accessible et sans prérequis. Notre parcours de lecture de Geoff Johns replace ce volume parmi ses autres travaux.

Ce volume convient au spectateur du film, au novice des comics DC, et à qui veut une histoire bouclée dans un seul livre. Pour la collection, les fascicules relèvent de l'ère moderne : la cote n'est pas installée, et nous ne citons ni ratio ni tirage. Elle peut dépendre de l'attention que les adaptations ravivent, de la présence des récits dans les rééditions et de la rareté éventuelle de certains numéros de Justice League qui les contiennent. Le recueil reste le choix le plus économe.

Top 4 : Jeff Smith, Shazam! The Monster Society of Evil (2007)

Jeff Smith, auteur de Bone, écrit et dessine seul une mini-série de quatre numéros chez DC, en 2007. Il reprend l'idée du feuilleton de Mr. Mind des années 1940, mais en remanie le contenu pour un jeune lecteur : Billy Batson est un garçon des rues, Captain Marvel un protecteur gentil et un peu gauche, et la menace vient d'un adversaire qui réunit plusieurs ennemis du héros. Le résultat est un récit court, solaire et immédiatement lisible.

Il compte parce qu'il démontre ce que le personnage donne de mieux quand on lui laisse sa simplicité d'origine : humour, émerveillement, gentillesse sans bêtise. Pour un lecteur qui aime l'humour enfantin sans condescendance, c'est sans doute l'entrée la plus chaleureuse du classement. Le parcours de lecture de Jeff Smith en dit plus sur ses autres travaux.

Il convient aux familles, aux lecteurs de Bone et à qui veut offrir un comic DC à un enfant. Les fascicules sont courts à rassembler, mais la lecture se fait volontiers en volume relié ou en recueil. Précisez-vous si l'édition contient bien les quatre numéros et pas une sélection.

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Les sections de l'article sur Les meilleurs runs de Shazam en comics, dans l'ordre de lecture

Top 5 : Geoff Johns et Dale Eaglesham, Shazam! (2019)

Pour accompagner le film de 2019, DC lance une nouvelle série Shazam!, de nouveau écrite par Geoff Johns, avec Dale Eaglesham au dessin. L'intrigue poursuit la version de 2011 : Billy et la fratrie qui l'a accueilli apprennent à cohabiter avec leurs pouvoirs, pendant que la magie ouvre sur un panthéon plus vaste que prévu. Le ton reste familial, avec des moments plus sombres qu'on ne l'attend.

La cinquième place tient à son rôle de suite : elle repose sur le matériau précédent et bénéficie moins d'un souffle inaugural. Elle reste agréable à lire, plus encore pour le lecteur du film, et illustre la manière dont DC adapte ses personnages à un public élargi par le cinéma.

Pour la collection, ce sont des parutions récentes. Aucune cote n'est installée ; la prudence consiste à acheter ce qu'on lit et à ne pas spéculer sur les premiers numéros. Les couvertures alternatives ne sont citées ici que si vous les avez en main : nous n'indiquons aucun ratio, faute de certitude sur chaque numéro.

Top 6 : Judd Winick et Howard Porter, The Trials of Shazam! (2006-2008)

Après les événements liés à Infinite Crisis, DC confie à Judd Winick, avec Howard Porter au dessin, une série en douze numéros qui renouvelle le statut des personnages de la famille Marvel. Le personnage de Freddy Freeman, longtemps appelé Captain Marvel Jr., passe au premier plan et traverse des épreuves tirées des dieux antiques que le mot magique rassemble.

Ce cycle ferme la liste parce qu'il demande une certaine familiarité avec la continuité de l'époque, et qu'il a laissé moins de traces que les cinq autres. Il intéresse pourtant le complétiste et le lecteur curieux de voir un autre membre de la famille devenir le héros principal.

Il s'adresse au lecteur déjà acquis aux personnages et au collectionneur de la période 2006-2008. Les fascicules sont généralement peu recherchés ; la série a été reprise en recueil, dont la couverture est à vérifier. Les sources divergent sur certains détails de calendrier : fiez-vous à la date imprimée sur l'exemplaire.

Par lequel commencer selon votre profil

Si vous avez vu le film et voulez le point de départ le plus direct, prenez le recueil de Johns et Frank : en un volume, vous avez la famille d'accueil et le Dr Sivana revisités. Si vous préférez une version chaleureuse et sans prérequis, la mini-série de Jeff Smith est à lire en une soirée.

Le lecteur adulte qui cherche une version qui respecte l'héritage lira Ordway, d'abord le roman graphique de 1994, puis la série. Le curieux d'histoire du genre ira directement à Binder et Beck, par un volume d'archives plutôt que par des fascicules fragiles. Et si vous aimez l'antagoniste, notre article sur Black Adam donne le contexte de ses origines.

Ce que valent ces runs en collection

La structure de la demande est inhabituelle. Les fascicules de Fawcett relèvent d'un marché d'âge d'or, où l'état et la restauration pèsent plus que la numérotation. Les parutions de DC d'après 1972 sont des pièces de bronze et de modernes, souvent accessibles. Les versions de 2011 et de 2019 appartiennent à l'ère récente : ce qui fera bouger leur cote reste ouvert, et dépend davantage des adaptations que des fascicules eux-mêmes.

Comme méthode, ne comparez jamais un Fawcett à un exemplaire de bronze, et toujours à des ventes terminées de même état. Un recueil bien choisi, souvent relié, suffit à lire l'essentiel de la période. Pour situer un exemplaire que vous possédez, l'estimation gratuite sert de point de départ avant toute vente ou tout achat complémentaire.

Un dernier conseil de vigilance : le nom Captain Marvel recouvre plusieurs personnages publiés par des éditeurs différents. Une annonce qui n'indique ni l'éditeur ni l'année peut désigner la série de Fawcett, un fascicule de Marvel ou une réédition récente. Vérifiez la couverture, l'éditeur imprimé et la date avant de payer.

Constituer une collection de Shazam sans se tromper de personnage

Une collection cohérente se bâtit en trois étages. Le socle de lecture comprend un volume d'archives de l'âge d'or, le roman graphique d'Ordway et le recueil de Johns et Frank. Le noyau de fascicules tient à votre budget : un exemplaire de la série de 1973, quelques numéros de The Power of Shazam! et, pour les plus aguerris, un Fawcett en état modeste.

Enfin, les compléments : Smith pour le plaisir, Winick pour la complétude, 2019 pour le lien avec le film. Tenez un inventaire avec l'éditeur, la date et l'état de chaque pièce. Ce réflexe évite d'acheter deux fois la même histoire sous deux couvertures, et d'attribuer à une série les caractéristiques d'une autre. La page sur la suite cinématographique de 2023 rappelle d'ailleurs ce que le grand écran ne reprend pas.

Les questions fréquentes sur Les meilleurs runs de Shazam en comics auxquelles répond cet article

Questions fréquentes

Celui d'Otto Binder et C.C. Beck dans Captain Marvel Adventures, entre 1941 et 1953, pour l'importance historique. Pour une lecture moderne, le recueil de Geoff Johns et Gary Frank ou The Power of Shazam! de Jerry Ordway sont plus accessibles. Le meilleur choix dépend de l'époque qui vous attire.

Oui, à l'origine. Billy Batson naît sous le nom de Captain Marvel chez Fawcett en 1940. Après la reprise par DC, le titre de 1973 adopte Shazam!, et le héros porte progressivement ce nom. Attention : Captain Marvel désigne aussi plusieurs personnages de Marvel Comics, sans aucun lien.

The Power of Shazam! de Jerry Ordway, en commençant par le roman graphique de 1994, propose une version sérieuse et fidèle. Si vous voulez le héros tel que le cinéma l'a repris, le recueil de Geoff Johns et Gary Frank est plus direct et se lit d'une traite.

Dans The Marvel Family #1, publié par Fawcett en 1945, sous la plume d'Otto Binder avec C.C. Beck. Il est réintroduit dans le présent par Jerry Ordway dans les années 1990. Le film de 2022 s'inspire de cette lignée ; notre article dédié compare les deux versions.

Pour lire, les volumes d'archives, bien plus faciles à trouver et à stocker. Pour posséder l'objet, les fascicules Fawcett se jugent à l'état, à la restauration éventuelle et à l'éditeur imprimé. Comparez plusieurs ventes terminées avant d'acheter, car les écarts d'un exemplaire à l'autre sont forts.

Un fascicule de Captain Marvel ou de Shazam au fond d'un carton ? Vérifiez l'éditeur et l'année avant d'en estimer la valeur.

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