Hawkman #4 (couverture octobre-novembre 1964, 12 cents), mis en vente le 20 août 1964, dans un récit intitulé « La fille coupée en deux ». Mais l'histoire ne s'arrête pas là : son introduction se poursuit sur quatre autres titres, jusqu'en décembre 1966. Cinq magazines, vingt-huit mois, un seul scénariste — Gardner Fox. Aucun de ces fascicules ne porte son nom en couverture, et une seule édition existe de chacun.
Voici probablement le cas le plus déroutant de notre corpus : une première apparition qui ne tient pas dans un fascicule, mais dans cinq — publiés sur plus de deux ans, dans cinq séries différentes.
Le collectionneur qui veut « la » posséder doit donc décider ce qu'il achète, et le marché lui-même hésite.
Cinq fascicules, vingt-huit mois
Le catalogue permet de reconstituer la séquence avec une précision remarquable, date de kiosque à l'appui.
Tout commence le 20 août 1964, dans le quatrième numéro d'une série consacrée à un justicier ailé. Le personnage y apparaît, engagé dans une quête, et repart sans que rien ne soit résolu.
La suite arrive le 31 décembre 1964, dans un magazine consacré à un tout autre héros. Puis le 8 avril 1965, dans une troisième série. Puis le 25 novembre 1965, dans une quatrième. La conclusion enfin, le 13 décembre 1966, dans le magazine de la formation vedette de l'éditeur.
Ce dispositif est extraordinaire pour l'époque. Il précède de plusieurs années la formalisation des grands récits transversaux, et il repose sur un pari que rien ne garantissait : que le lecteur suive une intrigue à travers cinq publications distinctes, pendant plus de deux ans.
Il faut mesurer ce que cela suppose en 1964. Pas de calendrier de parution accessible, pas de mention en couverture, pas de moyen de savoir dans quel titre la suite paraîtrait. Le lecteur devait acheter au hasard, ou avoir la chance de tomber dessus.
Le dernier épisode est le seul dont le titre nomme explicitement le personnage — une reconnaissance tardive, après vingt-huit mois d'anonymat éditorial.
Chaque fascicule est classé sous un autre nom
Voici la conséquence pratique, et elle gouverne toute recherche sur ce dossier.
Aucun de ces cinq magazines ne porte le nom de l'héroïne. Chacun appartient à une série consacrée à quelqu'un d'autre, et c'est sous ce nom-là qu'il est rangé, référencé, annoncé et vendu.
Trois conséquences.
Une recherche par nom ne remonte rien. Il faut connaître les cinq références — titre de série et numéro — avant de commencer à chercher. C'est l'inverse de la démarche ordinaire.
Le prix de chacun est fixé par un autre marché. Ces fascicules sont recherchés par les collectionneurs du héros vedette, pour des raisons qui ne concernent pas notre personnage. Vous entrez donc en concurrence avec une demande qui vous ignore.
Les occasions existent. Un vendeur spécialisé dans l'un de ces héros ne signalera pas la présence de l'héroïne. Sur les trois fascicules du milieu de la séquence, les moins connus, cela crée régulièrement des écarts exploitables.
Nous détaillons les niveaux respectifs de ces cinq numéros dans notre analyse de la cote.
Un seul homme derrière les cinq
Le fil qui tient l'ensemble se lit dans les génériques : le nom de Gardner Fox figure au sommaire des cinq fascicules concernés.
Cette permanence explique la cohérence de la séquence. Fox écrivait alors simultanément plusieurs des séries de l'éditeur, ce qui lui donnait une latitude rare : il pouvait déplacer une intrigue d'un titre à l'autre sans coordination éditoriale lourde.
La réserve habituelle s'applique néanmoins. Sur ces fascicules à sommaire multiple — chacun contient plusieurs rubriques —, les intervenants sont relevés globalement. La présence d'un nom atteste sa participation au numéro, pas nécessairement à l'épisode qui nous intéresse.
Pour le premier fascicule, la conception graphique est attribuée à Murphy Anderson, dont le nom figure également au générique. Son dessin — précis, élégant, sans effet — a fixé une silhouette qui n'a pratiquement pas varié depuis soixante ans.
Un mot sur ce costume, parce qu'il fait débat. Il reprend l'habit de scène d'un prestidigitateur : haut-de-forme, veste à queue, nœud papillon. Ce n'est pas un costume de justicière mais un uniforme professionnel, et cette distinction est le point de départ de tout ce que le personnage a de particulier.
Une filiation qui ne sert à rien
Le personnage est présenté dès l'origine comme la fille d'un magicien plus ancien, créé au tout début du médium.
Ce détail produit une situation cocasse pour le collectionneur. Le père fait ses débuts dans un fascicule de 1938, mis en vente le 18 avril de cette année-là au prix de 10 cents — c'est-à-dire dans le comic le plus cher jamais échangé, celui qui contient aussi les débuts du personnage le plus célèbre du médium.
Autrement dit : la filiation relie ce dossier à l'objet le plus coûteux du domaine, sans lui apporter la moindre valeur. Personne n'achètera jamais ce fascicule pour le magicien qui y figure au milieu de neuf autres rubriques, et son prix ne doit rien à cette présence.
Notons d'ailleurs que le sommaire de ce numéro de 1938 ne nomme aucun des personnages qu'il introduit : les récits y portent des titres d'intrigue, comme partout à cette époque.
Cette généalogie a en revanche une utilité narrative considérable, développée dans nos meilleurs runs : la quête du père est le moteur des cinq épisodes fondateurs.
Ce que le procédé a coûté au personnage
Une observation s'impose, car elle explique une bonne part de la position du personnage sur le marché.
Étaler une arrivée sur cinq titres a produit un effet dont les auteurs de 1964 n'avaient probablement pas conscience : cela dilue l'événement.
Une première apparition ordinaire est un point. Elle se date, se cite, s'affiche dans une annonce, se raconte en une phrase. Elle devient un repère collectif que tout le monde peut nommer.
Une arrivée étalée sur vingt-huit mois n'est pas un point mais une période. Et une période ne se collectionne pas : elle n'a ni image de couverture, ni numéro unique, ni prix de référence. Le marché, qui fonctionne par objets, n'a aucune prise dessus.
Le résultat se mesure. À importance narrative comparable, ce personnage occupe une place bien moins visible dans les listes de numéros clés que des créations contemporaines dont l'arrivée tenait dans un seul fascicule. Ce n'est pas une question de popularité : c'est une question de format d'événement.
Trois personnages du même éditeur, apparus la même décennie dans un seul numéro chacun, ont vu leur clé devenir célèbre. Celle-ci n'a jamais acquis ce statut, faute d'un objet unique à désigner.
Pour un acheteur, cette dilution est une bonne nouvelle. Elle maintient les cinq fascicules à des niveaux inférieurs à ce que justifierait l'importance du personnage, et rien n'indique que le marché corrigera : il faudrait pour cela qu'il invente une catégorie qu'il n'a pas.
Ce que contient le premier fascicule
L'épisode inaugural occupe une rubrique parmi trois, dans un magazine de 36 pages vendu 12 cents.
Le récit repose sur un procédé simple et efficace : l'héroïne se présente d'abord comme une menace, ou du moins comme une inconnue aux intentions troubles, avant que ses motivations ne soient révélées. Le titre — une fille coupée en deux — joue sur l'ambiguïté d'un numéro de music-hall et d'un phénomène réel.
Sa magie est déjà installée dans sa forme définitive : elle prononce ses formules à l'envers. C'est une trouvaille rare, dont les conséquences graphiques occuperont les auteurs pendant soixante ans.
Un lecteur d'aujourd'hui trouvera le tout très bref — quelques planches — et conduit tambour battant. C'est la norme du format à rubriques multiples : chaque épisode devait se suffire tout en laissant une porte ouverte.
Signalons enfin ce que le récit ne fait pas, car cela surprend souvent. Il ne raconte aucune origine : ni acquisition de pouvoir, ni révélation, ni événement déclencheur. L'héroïne arrive en possession de ses moyens, avec un objectif déjà formé, et le lecteur n'apprend d'où elle vient qu'au fil des épisodes suivants.
Ce choix est cohérent avec le dispositif d'ensemble. Puisque l'arrivée s'étale sur cinq fascicules, l'exposition pouvait être répartie plutôt que concentrée — et c'est exactement ce que fait la séquence, chaque épisode livrant une pièce du portrait.
Vérifier un exemplaire
La rubrique concernée. Demandez la première page de l'épisode, puisque la couverture ne mentionne rien. Sur ces fascicules, c'est la seule preuve directe.
Le prix imprimé — 12 cents, ce qui borne l'époque et écarte toute republication ultérieure.
Le pli de dos et les coins, défauts dominants sur le milieu des années 1960, à examiner sous une lumière rasante.
L'intégrité des pages de réclame, qui comportaient encore des bons à découper. C'est la mutilation la plus courante sur cette période, et elle ne se voit pas de l'extérieur.
Bonne nouvelle sur ce dossier : aucune variante n'existe sur ces cinq fascicules. Ni essai tarifaire, ni tirage étranger, ni distinction de circuit. Toute la question se ramène à l'état.
Par où commencer
Le fascicule d'août 1964, si vous voulez la première apparition au sens strict. C'est le plus recherché des cinq et le seul dont le statut soit incontestable.
Les trois épisodes du milieu, nettement plus abordables et souvent ignorés. Ils forment le cœur du récit et constituent le meilleur rapport du dossier.
Le fascicule de décembre 1966, qui conclut la quête et dont le titre la nomme enfin. C'est aussi celui qui l'installe dans l'univers partagé de l'éditeur.
Une dernière suggestion, à contre-courant : rien n'oblige à respecter l'ordre de parution pour acheter. Les trois fascicules du milieu se trouvent bien plus facilement que les deux autres, et rien n'empêche de commencer par eux en attendant l'occasion sur le premier.
Pour bâtir un ensemble cohérent, voyez notre guide de collection.
Les demandes les plus fréquentes
Hawkman #4, couverture octobre-novembre 1964, mis en vente le 20 août 1964 au prix de 12 cents, dans un récit intitulé « La fille coupée en deux ». Mais son introduction se poursuit sur quatre autres titres jusqu'en décembre 1966 : cinq magazines et vingt-huit mois pour une seule arrivée.
Parce que le scénariste écrivait simultanément plusieurs séries de l'éditeur et a déplacé son intrigue de titre en titre. Le dispositif précède de plusieurs années la formalisation des grands récits transversaux. En 1964, cela supposait qu'un lecteur suive une histoire à travers cinq publications sans aucun calendrier ni mention en couverture.
En cherchant par titre de série et par numéro, jamais par nom de personnage. Aucun des cinq magazines ne porte son nom : chacun appartient à une série consacrée à quelqu'un d'autre, et c'est sous ce nom qu'il est rangé, référencé et vendu. Il faut donc connaître les cinq références avant de commencer.
Oui, sur les trois fascicules du milieu de la séquence, les moins connus. Un vendeur spécialisé dans le héros vedette de ces séries ne signalera pas la présence de l'héroïne, faute de la connaître. Cela crée régulièrement des écarts exploitables, contrairement au premier et au dernier de la série.
Historiquement oui, puisqu'il figure dans un fascicule de 1938 mis en vente le 18 avril — le comic le plus cher jamais échangé, qui contient aussi les débuts du personnage le plus célèbre du médium. Mais cette filiation n'apporte aucune valeur exploitable : personne n'achète ce numéro pour un magicien relégué au milieu de neuf autres rubriques.
Aucune sur les cinq fascicules concernés : ni essai tarifaire régional, ni tirage destiné à l'étranger, ni distinction entre circuits de distribution. C'est une simplification appréciable, qui ramène toute la question à l'état de l'exemplaire — et rend les repères de prix observés directement comparables entre eux.
Oui, dès le premier épisode : elle prononce ses formules à l'envers, et cette caractéristique n'a jamais été modifiée. C'est une trouvaille rare, dont les conséquences graphiques occuperont les auteurs pendant soixante ans — un pouvoir qui s'exerce par la parole se lit, il ne se regarde pas.
Le pli de dos et les coins, défauts dominants au milieu des années 1960, à examiner sous une lumière rasante. Vérifiez ensuite l'intégrité des pages de réclame, qui comportaient encore des bons à découper : c'est la mutilation la plus courante sur cette période, et elle ne se voit pas de l'extérieur.
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