Tales to Astonish #44 (couverture juin 1963, en kiosque le 5 mars 1963, 12 ¢) — « The Creature From Kosmos!! », texte de Stan Lee, planches de Jack Kirby, Marvel Comics. Deux précautions : ne pas confondre avec Tales to Astonish #27 (28 septembre 1961), qui introduit un autre personnage dans la même série, et vérifier qu'il ne s'agit pas de l'édition britannique à 9d.
Voici une première apparition qui illustre parfaitement un décalage courant du marché : celui entre l'importance d'un personnage dans les récits et le prestige du titre où il est né.
La Guêpe figure au nombre des fondateurs de l'équipe la plus célèbre de son éditeur. Ses débuts, eux, se produisent dans une série secondaire, au sommaire partagé, que peu de collectionneurs suivaient à l'époque.
Deux débuts dans la même série
Commençons par le piège le plus coûteux de ce dossier, parce qu'il concerne deux numéros du même titre.
Tales to Astonish a d'abord accueilli, en septembre 1961, le personnage masculin auquel la Guêpe sera ensuite associée. C'est le numéro 27, et c'est une clé importante à part entière.
La Guêpe, elle, arrive un an et demi plus tard, au numéro 44, mis en vente le 5 mars 1963.
Deux personnages, deux premières apparitions, une seule série. Une annonce qui vend « la première apparition dans Tales to Astonish » sans préciser le numéro est donc ambiguë — et l'ambiguïté ne joue jamais en faveur de l'acheteur.
Le prix imprimé ne vous aidera pas à trancher entre les deux : les deux numéros portent douze cents. Seule la numérotation en couverture les sépare.
La règle est simple : sur ce titre, le numéro fait foi, pas le nom du personnage ni celui de la série. Vérifiez-le sur la photo de couverture avant tout engagement.
L'édition britannique
Second point d'identification, moins connu mais tout aussi concret.
Ce numéro existe en deux tirages officiels : l'américain, portant 12 cents, et une édition destinée au Royaume-Uni, portant 9d — soit neuf pence dans l'ancienne monnaie britannique.
Pour le reste, aucune différence : couverture, récit et date de parution coïncident. Seule change la vignette tarifaire.
Le marché américain, qui fait référence sur ces titres, valorise historiquement les exemplaires en pence en dessous des exemplaires en cents. Un acheteur qui ne vérifie pas ce détail peut payer le prix de l'un pour obtenir l'autre.
Précisons pour être juste : ces exemplaires britanniques ne sont ni des contrefaçons ni des sous-produits. Beaucoup d'amateurs y voient la porte d'entrée la moins chère vers ce numéro, et ils disposent de leur propre public outre-Manche. Le problème n'est pas leur existence, mais le silence des annonces à leur sujet.
Une fondatrice née dans un titre secondaire
Pour saisir la position de ce numéro sur le marché, il faut comprendre ce qu'était Tales to Astonish en 1963.
Il ne s'agissait pas d'une série consacrée à un héros unique, mais d'un titre au sommaire composite, héritier des publications de science-fiction et de monstres de la décennie précédente. Un personnage y occupait une portion du numéro, le reste allant à des récits courts et indépendants.
Ce format a une conséquence directe sur ce qui nous intéresse. Les titres à sommaire partagé étaient moins suivis, moins collectionnés, et moins conservés que les séries consacrées à un héros. Le lecteur ne s'y abonnait pas de la même façon, et il n'avait guère de raison de garder ses exemplaires.
Ajoutons un élément propre à cette période : le personnage vedette du titre n'était alors pas une figure majeure du catalogue. Rien n'annonçait, en mars 1963, que la nouvelle venue de ce numéro deviendrait membre fondatrice de l'équipe la plus vendue de l'éditeur quelques mois plus tard.
Un dernier facteur, matériel celui-là, aggrave le phénomène. Ces titres étaient imprimés sur le même papier bon marché que le reste de la production, mais ils passaient plus souvent entre les mains d'acheteurs occasionnels — des lecteurs attirés par la couverture, pas par la série. Un exemplaire acheté sur un coup de tête finit rarement rangé avec soin.
Il en résulte une offre étroite en bel état, comparable à celle des autres clés nées dans des titres secondaires — et sans commune mesure avec les séries phares de la même année.
Lee et Kirby
Le texte est de Stan Lee, les planches de Jack Kirby. La présence du second sur un titre secondaire n'a rien d'anodin et mérite un détour.
Le dessinateur travaillait alors simultanément sur plusieurs séries, y compris les plus importantes du catalogue. Sa contribution à un titre à sommaire partagé témoigne d'une organisation de production où les meilleurs auteurs circulaient d'un titre à l'autre selon les besoins du calendrier.
Pour le collectionneur, ce point a une valeur pratique. Une clé secondaire dessinée par un auteur majeur bénéficie d'une seconde source de demande : celle des amateurs de l'artiste, qui collectionnent par signature et non par personnage. Cette demande-là est indifférente aux modes et aux adaptations.
Ce que contient le numéro
Le récit, « The Creature From Kosmos!! », introduit une jeune femme de la haute société dont le père est tué par une créature venue d'ailleurs. Elle obtient des capacités et un équipement, et choisit de combattre aux côtés du héros installé de la série.
Deux caractéristiques distinguent cette entrée en scène de la plupart des débuts féminins de l'époque. La première tient à l'initiative : le personnage n'est pas sauvé ni recruté, elle demande à agir, et son motif — venger un parent — relève du registre habituellement réservé aux héros masculins.
Un troisième point mérite attention, plus discret. Son équipement lui vient d'un tiers, mais elle en obtient l'usage en le réclamant, au terme d'une négociation. Dans un genre où les pouvoirs tombent du ciel ou surgissent d'un accident, une héroïne qui acquiert les siens par un accord constitue une exception notable pour l'époque.
La seconde tient à ses capacités. Elle vole et dispose d'attaques à distance, quand son partenaire est cantonné au sol. Sur le plan des pouvoirs, elle dispose dès le départ d'une palette plus large que lui, ce que les récits ultérieurs ont rarement souligné.
Reste à situer ce récit dans l'économie du fascicule : il n'en occupe qu'une partie, conformément au format du titre. Acheter ce fascicule, c'est acheter un sommaire dont une portion seulement concerne le personnage recherché.
Ce qui a suivi
La trajectoire ultérieure explique pourquoi ce numéro intéresse aujourd'hui bien au-delà des amateurs de titres secondaires.
Quelques mois après ces débuts, elle rejoint le noyau initial de l'équipe qui deviendra la plus vendue du catalogue. Ce rang de fondatrice n'appartient qu'à une poignée de figures, et le retirer supposerait de démolir une pièce maîtresse de l'univers publié.
La suite est longue et discontinue : périodes d'effacement, retours, prises de responsabilité au sein de l'équipe, changements de nom et de costume. Le personnage a connu des décennies de sous-emploi avant une réévaluation critique plus récente.
Pour le collectionneur, cette histoire produit une situation intéressante : un statut narratif de premier plan, associé à une cote longtemps restée modeste. Le décalage se réduit, mais il n'a pas disparu.
1963 chez l'éditeur
Situer ce numéro dans la production de son éditeur aide à comprendre pourquoi il est passé longtemps inaperçu.
Nous sommes au tout début de la période qui allait transformer une petite maison en acteur dominant. Les créations s'enchaînent à un rythme soutenu, mais rien n'est encore installé : les tirages restent modestes comparés à ceux de la concurrence, et la réputation du catalogue se construit à peine.
Dans ce contexte, les titres composites servaient de laboratoire. On y essayait des personnages à moindre risque, sans leur consacrer une série entière. Beaucoup n'ont laissé aucune trace ; quelques-uns sont devenus des piliers.
Cette fonction expérimentale explique une caractéristique du marché actuel : les clés issues de ces titres se sont révélées par vagues successives, à mesure que les personnages concernés gagnaient en importance. Certaines n'ont été identifiées que très récemment, et il n'est pas exclu que d'autres restent à découvrir dans les sommaires de cette période.
Pour un acheteur curieux, c'est une piste concrète : les numéros voisins de celui-ci, dans la même série et la même année, contiennent des récits courts que presque personne n'a lus depuis soixante ans.
Les points à examiner
Quatre examens s'imposent, à mener dans l'ordre suivant.
Le numéro. Quarante-quatre, pas vingt-sept. C'est le point qui distingue ce dossier de celui d'un autre personnage né dans la même série.
La vignette de prix. Douze cents pour l'édition américaine, neuf pence pour la britannique. Exigez une photo lisible du coin concerné.
L'état du bloc de pages. Les comics de 1963 s'acidifient ; demandez à voir la tranche du bloc prise de côté, seul moyen de juger le brunissement réel.
L'intégrité. Ces numéros comportaient des pages à coupons. Un manque, invisible en couverture, déclasse durablement l'exemplaire.
Par où commencer
Trois options, selon le budget et l'objectif.
Le numéro fondateur en édition américaine constitue la référence, et c'est la seule pièce qui ne se remplace pas si vous visez l'origine.
L'édition britannique offre une porte d'entrée nettement plus accessible pour posséder le même récit et la même couverture, en assumant une valeur de revente inférieure.
Les fascicules ultérieurs de la même série, où elle prend ses marques, offrent la voie la plus économique. Ils appartiennent au même contexte de rareté relative et coûtent une fraction du numéro fondateur.
Pour approfondir, consultez notre analyse de la cote et les numéros clés.
Les questions les plus posées
Tales to Astonish #44, daté de juin 1963 en couverture et proposé en kiosque dès le 5 mars 1963 pour 12 cents. Le récit porte le titre « The Creature From Kosmos!! » ; Stan Lee en écrit le texte, Jack Kirby en dessine les planches, chez Marvel Comics.
Parce que la même série a accueilli, en septembre 1961, les débuts du personnage masculin auquel la Guêpe sera associée. Deux personnages, deux premières apparitions, un seul titre. Une annonce qui parle de « la première apparition dans Tales to Astonish » sans donner le numéro est donc ambiguë : sur ce titre, seul le numéro fait foi.
Par la vignette de prix : 12 cents pour l'américaine, 9d — neuf pence — pour la britannique. Tout le reste est identique, couverture, récit et date. Le marché américain valorise historiquement les exemplaires en pence en dessous, sans que ce soient pour autant des contrefaçons : beaucoup d'amateurs y voient l'accès le moins cher à ce numéro.
Parce que Tales to Astonish était un titre au sommaire partagé, héritier des publications de monstres et de science-fiction. Ces séries composites étaient moins suivies, moins collectionnées et moins conservées que les titres consacrés à un héros unique. Rien n'annonçait, en mars 1963, que la nouvelle venue deviendrait fondatrice de l'équipe la plus vendue de l'éditeur.
Oui, et pour une raison qui surprend souvent. L'héroïne n'y est ni sauvée ni recrutée : elle réclame d'agir, son motif relève de la vengeance familiale, et elle obtient son équipement au terme d'une négociation. Elle vole et dispose d'attaques à distance quand son partenaire reste au sol. Sur le papier, elle démarre avec une palette plus large que lui — ce que les décennies suivantes ont rarement souligné.
Non. Conformément au format du titre, il n'en occupe qu'une partie, le reste allant à des récits courts et indépendants. Acheter ce fascicule revient donc à acheter un sommaire dont une portion seulement concerne le personnage recherché — un point à connaître si vous achetez d'abord pour lire.
Parce que les titres composites servaient de laboratoire : on y essayait des personnages à moindre risque, sans leur consacrer de série. Les clés issues de ces sommaires se sont donc révélées par vagues successives, à mesure que les personnages gagnaient en importance. Certaines n'ont été identifiées que très récemment.
Les numéros suivants du même titre, où le personnage s'installe : même contexte de rareté relative, fraction du prix. L'édition britannique du numéro fondateur constitue l'autre voie accessible, en assumant une valeur de revente inférieure à celle de l'édition américaine.
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