Le meilleur point d'entrée pour découvrir la Guêpe est le run d'Avengers de Roger Stern et John Buscema du milieu des années 1980, où Janet Van Dyne dirige l'équipe : c'est là qu'elle cesse d'être une figure de fond pour devenir l'une des présidentes les plus respectées des Vengeurs. On y trouve une héroïne mûre, tacticienne et pleinement maîtresse de ses pouvoirs, dans des récits accessibles qui ne demandent presque aucune lecture préalable.

La Guêpe — Janet Van Dyne de son vrai nom — occupe une place singulière dans l'histoire de Marvel. Membre fondatrice des Vengeurs, c'est elle qui, dès leur premier numéro, propose le nom même de l'équipe. Pourtant, pendant des décennies, son importance a été sous-estimée par les lecteurs, éclipsée par les crises personnelles de son partenaire Hank Pym. Ce guide propose de remettre les choses à l'endroit et de suivre un parcours de lecture qui montre pourquoi Janet est, à juste titre, considérée aujourd'hui comme une pierre angulaire de l'univers Marvel.

La difficulté, pour un nouveau lecteur, tient au fait que la Guêpe n'a longtemps pas eu de série solo régulière. Son histoire se lit donc principalement à travers les grandes séries d'équipe — au premier chef les Avengers — ainsi que quelques anthologies fondatrices et, plus récemment, des mini-séries centrées sur elle et sur sa fille adoptive Nadia. Le but de ce guide est de tracer un fil clair à travers ces publications, en distinguant ce qui est indispensable de ce qui relève de la découverte plus approfondie.

Nous procéderons par ordre d'accessibilité autant que par chronologie éditoriale : commencer là où le personnage brille le plus, puis remonter aux origines et redescendre vers l'ère contemporaine. À chaque étape, l'accent est mis sur des runs, des créateurs et des sagas réels et notoires, pour que vous sachiez exactement quoi chercher en recueil, en intégrale ou en omnibus.

1. Le meilleur point d'entrée : la Guêpe présidente des Vengeurs

Si vous ne deviez lire qu'une seule chose pour comprendre l'importance de Janet Van Dyne, ce serait le passage où elle prend la présidence des Vengeurs sous la plume de Roger Stern, avec le dessinateur John Buscema. Cette période du milieu des années 1980 transforme durablement le personnage : Janet n'est plus seulement une équipière, elle devient une meneuse charismatique, capable de tenir tête à Captain America comme à des menaces cosmiques.

Le sommet de ce run est la saga « Under Siege » (Le siège), dans laquelle le Baron Zemo réunit une nouvelle Confrérie des Maîtres du Mal et prend d'assaut le manoir des Vengeurs. Janet y dirige la contre-offensive dans l'un des récits les plus tendus et les plus célébrés de l'histoire de l'équipe. C'est un point d'entrée idéal : l'intrigue est autonome, l'enjeu est clair, et la Guêpe y démontre à la fois son courage et son sens du commandement. Pour beaucoup de lecteurs, c'est ici que Janet devient enfin le personnage complet qu'elle méritait d'être.

2. Les origines : Tales to Astonish et la naissance d'une fondatrice

Pour comprendre d'où vient Janet, il faut remonter aux tout premiers récits, signés par les architectes de l'univers Marvel. La Guêpe fait ses débuts dans les pages de Tales to Astonish, l'anthologie qui accueillait alors les aventures d'Ant-Man, sous la houlette de Stan Lee et Jack Kirby (avec la contribution des scénaristes de l'époque). Jeune héritière frappée par un drame familial, Janet accepte de devenir la partenaire réductrice de Hank Pym, gagnant ailes et dards bioélectriques.

L'étape suivante, absolument centrale, est Avengers #1 (1963), de Stan Lee et Jack Kirby. Non seulement Janet compte parmi les membres fondateurs de l'équipe aux côtés de Thor, Iron Man, Ant-Man et Hulk, mais c'est elle qui propose le nom d'« Avengers ». Ce détail, longtemps sous-exploité, est devenu un pilier de l'identité du personnage. Les premières années de la série, réunies aujourd'hui en intégrales et en omnibus, se lisent comme la matrice de tout ce qui suivra.

À ce stade, il faut être honnête : dans ces récits d'origine, Janet est écrite avec les conventions de son époque, souvent cantonnée à un rôle plus léger. C'est précisément ce contraste qui rend son évolution ultérieure si remarquable. Lisez ces débuts comme une fondation, pas comme un sommet.

3. Les runs incontournables, dans l'ordre

Voici un parcours de lecture raisonné, qui suit la maturation du personnage à travers les grandes ères des Vengeurs :

  1. Les fondations Lee/Kirby (Avengers, première série). Pour l'origine, la formation de l'équipe et la première dynamique avec Hank Pym.
  2. Le run de Roger Stern et John Buscema. Le cœur du parcours : Janet présidente, « Under Siege », et une caractérisation enfin à la hauteur. C'est ici que le personnage prend toute sa dimension.
  3. Le run de Kurt Busiek et George Pérez (Avengers, troisième série, « Heroes Return », 1998). Un âge d'or moderne des Vengeurs, avec une Guêpe glamour, spirituelle et déterminante. La saga « Ultron Unlimited » y est un sommet, et Janet y voit ses pouvoirs et son apparence évoluer vers une forme plus nettement insectoïde.
  4. L'ère Brian Michael Bendis (New Avengers / Mighty Avengers, années 2000). Janet retrouve un rôle de premier plan dans les équipes reconfigurées après « Avengers Disassembled », avant le tournant majeur que constitue Secret Invasion.

Ce quatuor forme l'ossature de toute lecture sérieuse de la Guêpe. On peut le compléter, mais on ne peut guère le contourner.

4. Les grandes sagas et crossovers à connaître

Certaines sagas dépassent le cadre d'un seul run et sont indispensables pour saisir la trajectoire de Janet :

5. L'ère moderne : disparition, retour et renaissance

La Guêpe traverse, à partir de la fin des années 2000, l'un des arcs les plus marquants de sa carrière. À l'issue de Secret Invasion, Janet est présumée morte, victime d'un piège lié à Hank Pym et aux Skrulls. Son absence pèse longtemps sur les équipes des Vengeurs et sur Hank, qui reprend un temps l'identité de la Guêpe en hommage.

Son retour, dans les séries Avengers de la décennie 2010, est l'un des grands soulagements de l'époque : révélée survivante et retrouvée après un long exil, Janet réintègre l'univers vivant et retrouve peu à peu sa place. Elle apparaît notamment dans les pages d'Uncanny Avengers et, plus tard, dans le run d'Avengers de Jason Aaron, qui lui redonne visibilité et poids narratif.

Surtout, l'ère moderne introduit une seconde Guêpe : Nadia Van Dyne, fille biologique de Hank Pym élevée dans la Chambre Rouge, présentée par Mark Waid dans All-New, All-Different Avengers. Nadia devient le cœur de deux séries centrées, The Unstoppable Wasp, écrites par Jeremy Whitley et illustrées notamment par Elsa Charretier puis le studio Gurihiru. Résolument lumineuses, tournées vers les sciences et le collectif de jeunes génies « G.I.R.L. », ces séries constituent un excellent point d'entrée alternatif, particulièrement pour un lectorat récent ou plus jeune. Enfin, la mini-série The Wasp (2023), écrite par Al Ewing et dessinée par Kasia Nie, réunit Janet et Nadia et confirme le regain d'intérêt éditorial pour le manteau de la Guêpe.

6. Les pépites à garder pour plus tard

Une fois les grands runs digérés, plusieurs lectures viennent enrichir le portrait :

Ces titres ne sont pas des points de départ, mais des approfondissements qui récompensent le lecteur déjà familier du personnage.

7. Où et comment lire : éditions, recueils et conseils de parcours

La bonne nouvelle, c'est que l'essentiel des runs cités a été réédité au fil des ans sous forme de recueils par sagas, d'intégrales chronologiques et d'omnibus regroupant de larges portions des séries Avengers. Comme la Guêpe se lit surtout à travers ces séries d'équipe, la meilleure stratégie consiste à cibler les recueils correspondant aux runs, plutôt que de chercher une hypothétique collection « solo » exhaustive.

Un parcours simple et efficace pourrait être le suivant :

  1. Commencer par le recueil consacré à « Under Siege » (run Stern/Buscema) pour rencontrer la meilleure version de Janet.
  2. Remonter aux intégrales des débuts (Lee/Kirby) pour l'origine et la fondation des Vengeurs.
  3. Lire le recueil d'Avengers #213 pour le tournant du divorce, puis enchaîner sur les crossovers « Operation: Galactic Storm ».
  4. Passer à la troisième série Busiek/Pérez et à « Ultron Unlimited ».
  5. Terminer par Secret Invasion, puis l'ère moderne (retour de Janet, The Unstoppable Wasp pour Nadia, et la mini The Wasp d'Al Ewing).

Pour un collectionneur, les omnibus des Vengeurs offrent le meilleur rapport contenu/lecture, car ils contextualisent Janet au sein des grands arcs collectifs. Pour un nouveau lecteur, les recueils par saga restent plus accessibles et moins intimidants. Dans les deux cas, gardez à l'esprit que la Guêpe est un personnage dont la richesse se révèle dans la durée : sa trajectoire, de figure décorative à présidente respectée puis à mentore d'une nouvelle génération, est l'une des plus belles arches d'émancipation de tout l'univers Marvel.

En suivant ce parcours, vous ne lirez pas seulement « les histoires où apparaît la Guêpe » : vous suivrez la construction patiente d'une héroïne qui, du premier numéro des Vengeurs jusqu'aux séries les plus récentes, n'a cessé de gagner en profondeur et en autorité. C'est ce qui fait de Janet Van Dyne un personnage aussi gratifiant à (re)découvrir.

Questions fréquentes

Le meilleur point d'entrée est le run d'Avengers de Roger Stern et John Buscema du milieu des années 1980, en particulier la saga « Under Siege ». Janet Van Dyne y dirige les Vengeurs et s'y révèle comme une meneuse charismatique. L'intrigue est autonome et ne demande presque aucune lecture préalable.

Historiquement, Janet n'a pas eu de série solo régulière : on la lit surtout à travers les séries d'équipe des Vengeurs. En revanche, sa fille adoptive Nadia Van Dyne porte deux séries centrées, The Unstoppable Wasp de Jeremy Whitley, et une mini-série The Wasp (2023) d'Al Ewing réunit les deux Guêpes.

Janet Van Dyne est membre fondatrice des Vengeurs dans Avengers #1 (1963) de Stan Lee et Jack Kirby. C'est elle qui propose le nom même de l'équipe, un détail devenu central dans l'identité du personnage. Elle en deviendra plus tard l'une des présidentes les plus respectées.

Oui, Avengers #213 (1981), de Jim Shooter et Bob Hall, est un jalon important. Ce moment douloureux sert de point de départ à l'émancipation de Janet, qui divorce de Hank Pym et se reconstruit. Il éclaire toute la trajectoire d'autonomie du personnage.

Dans Secret Invasion (2008) de Brian Michael Bendis et Leinil Francis Yu, Janet est présumée morte à l'issue de l'invasion skrull. Elle est révélée survivante plus tard et réintègre l'univers Marvel dans les séries des années 2010, notamment Uncanny Avengers puis le run d'Avengers de Jason Aaron.