More Fun Comics #73 (couverture novembre 1941, 10 cents, 68 pages), mis en vente le 19 septembre 1941, chez l'éditeur devenu DC Comics. Création attribuée à Mort Weisinger et George Papp. Particularité déconcertante : le nom du personnage n'apparaît nulle part au sommaire — le récit qui l'introduit porte un titre d'intrigue, comme les neuf autres. Une seule édition existe, sans variante.
Voici un cas rare : une première apparition que le fascicule lui-même ne signale pas.
Ni la couverture, ni le sommaire, ni le titre du récit ne mentionnent le personnage. L'information qui fait la valeur de cet objet lui est entièrement extérieure — et cela change la façon de le chercher, de l'authentifier et de le payer.
Un sommaire qui ne le mentionne pas
Commençons par le trait le plus étrange de ce fascicule.
Le catalogue en donne le sommaire complet : une dizaine de récits, plus les pages de réclame et de courrier habituelles. Aucune de ces entrées ne porte le nom du personnage. Le récit qui l'introduit s'intitule d'après son intrigue — une affaire de meurtres liés à des homonymes — et rien dans cet intitulé ne laisse deviner qui en est le héros.
Ce n'est pas une anomalie de catalogage : c'était l'usage. En 1941, un titre d'anthologie annonçait une marque, pas un casting. Le lecteur achetait « le numéro du mois », découvrait ce qu'il contenait, et les personnages récurrents se signalaient par leur logo dans la première case plutôt que par une table des matières.
Trois conséquences très concrètes pour l'acheteur d'aujourd'hui.
Aucune recherche par nom ne fonctionne à l'intérieur de l'objet. Il faut connaître la référence — titre de la série et numéro — avant de chercher. C'est le contraire de la démarche habituelle, où l'on part du personnage.
Un vendeur peut ignorer sincèrement ce qu'il détient. Un lot d'anthologies des années 1940, hérité ou racheté en bloc, ne porte aucune indication. Le fascicule qui nous occupe s'y trouve parfois sans que personne l'ait identifié — c'est là que se font les meilleures affaires du domaine, et elles se raréfient chaque année.
L'authentification passe par le contenu, pas par la couverture. Pour vérifier qu'un exemplaire est bien ce qu'il prétend, on ouvre le fascicule. Nous y revenons plus bas.
Comment on connaît la date de mise en vente
Voici un point de méthode qui dépasse largement ce personnage, et que peu d'acheteurs connaissent.
Un comic de 1941 ne porte aucune date de mise en vente. Il porte un millésime de couverture — ici novembre 1941 — qui était systématiquement postérieur de deux à quatre mois à l'arrivée réelle en rayon. Ce décalage servait à retarder le retrait des invendus.
Alors d'où vient la date du 19 septembre 1941 ?
D'un document administratif. Le catalogue précise que cette date provient du dépôt effectué auprès du bureau américain du droit d'auteur, et que ce dépôt désigne nommément l'éditeur. Une publication devait être enregistrée pour être protégée, et l'enregistrement mentionnait sa date de publication effective.
Autrement dit, la date la plus fiable dont nous disposons sur ce fascicule ne figure pas dans le fascicule : elle a été retrouvée dans les archives d'une administration.
Ce détail a une utilité pratique. Quand une annonce décrit l'objet comme « un comic de 1941 » et une autre comme « novembre 1941 », les deux ont raison, et aucune ne dit la même chose. Sur les fascicules d'avant-guerre, exigez toujours le millésime de couverture : c'est le seul repère imprimé, donc le seul vérifiable sur photo.
Soixante-huit pages pour dix cents
Le format mérite qu'on s'y arrête, car il conditionne l'état dans lequel ces exemplaires nous parviennent.
Le fascicule compte 68 pages et se vendait 10 cents. Rapporté à ce qu'un comic contient aujourd'hui, c'est deux à trois fois plus de matière pour un prix qui était déjà bas.
Cette générosité s'explique. Le format anthologique répondait à une logique de kiosque : il fallait un objet assez épais pour se voir dans un présentoir, assez varié pour ne décevoir personne, et assez bon marché pour être acheté sans réfléchir. Dix récits différents garantissaient qu'au moins un plairait.
La conséquence matérielle est moins heureuse. Un bloc de 68 pages tenu par deux agrafes subit des contraintes qu'un fascicule mince ignore. Le poids du papier tire sur les agrafes, le dos s'ouvre en éventail, et les cahiers centraux se détachent avant tout le reste.
C'est le défaut caractéristique de ces objets, et il faut le vérifier en priorité : demandez une photo du fascicule tenu par la couverture, dos vers l'objectif. Un bloc qui bâille, des agrafes qui ont déchiré leur logement, un cahier central mobile — ces défauts sont fréquents, difficiles à corriger honnêtement, et lourds de conséquence sur la note.
Weisinger et Papp
La création est attribuée à Mort Weisinger pour le concept et le scénario, et à George Papp pour le dessin. Le catalogue confirme la présence des deux hommes au générique de ce numéro.
Une précision de méthode s'impose ici, et elle vaut pour toutes les anthologies de cette époque. Les crédits enregistrés couvrent l'ensemble du fascicule, pas récit par récit : une dizaine de scénaristes et de dessinateurs y figurent pêle-mêle. Sur ce type de publication, il est donc impossible de démontrer l'attribution d'un récit précis à partir du seul catalogue. C'est l'histoire éditoriale, largement documentée par ailleurs, qui établit qui a fait quoi.
Nous signalons ce point parce qu'il produit régulièrement des erreurs. Une annonce peut afficher, en toute bonne foi, des noms de créateurs qui n'ont travaillé sur aucune des pages du personnage cherché. Vérifiez toujours à quel récit se rapporte un nom.
Weisinger était avant tout un éditeur, doté d'un sens redoutable de ce qui allait fonctionner. Papp, lui, a durablement fixé la silhouette : un costume vert, un capuchon, un arc — une lisibilité immédiate qui a survécu à quatre-vingts ans de réinventions.
Un personnage bâti sur un patron
Il faut dire les choses franchement, car le marché en tire les conséquences.
Le personnage reprend une structure qui fonctionnait déjà chez le même éditeur : un homme fortuné sans pouvoir, un jeune partenaire, un véhicule et un repaire thématiques, une panoplie d'accessoires déclinés à l'infini. La parenté est assumée dès l'origine.
Cette filiation a une traduction marchande précise. Une création dérivée ne bénéficie pas de la prime d'invention. Le marché paie très cher les fascicules qui introduisent une idée neuve, et nettement moins ceux qui appliquent une recette éprouvée — même quand le résultat s'avère plus durable que bien des originaux.
D'où une situation qui surprend les acheteurs : à millésime et à rareté comparables, ce fascicule se négocie sous des clés d'âge d'or moins importantes narrativement. L'écart ne s'explique ni par l'état, ni par la disponibilité, mais par cette hiérarchie tacite entre l'inventé et le décliné.
Pour un acheteur patient, c'est évidemment une opportunité plutôt qu'un défaut. Nous développons ce raisonnement dans notre analyse de la cote.
Ce que contient le récit
L'épisode inaugural tient en quelques pages, comme tous ceux de cette période.
Il installe l'essentiel en une poignée de cases : la panoplie, le partenaire, le registre — une enquête criminelle urbaine, sans surnaturel ni science-fiction. C'est un récit policier illustré, mené tambour battant, avec la densité de dialogue typique de 1941.
Ce qui frappe, à la relecture, c'est l'absence totale de récit d'origine. Le personnage arrive constitué, sans explication : ni accident, ni serment, ni deuil. Ces éléments viendront plus tard, ajoutés rétroactivement par d'autres auteurs.
Un lecteur venu des versions modernes, où la genèse occupe des volumes entiers, trouvera donc ici quelque chose de très dépouillé. C'est aussi ce qui rend ces pages instructives : elles montrent qu'un personnage durable peut naître sans mythologie, et la construire ensuite pendant quatre-vingts ans.
Un indice mérite d'être relevé, car il renseigne sur l'accueil réservé à cette création. Le catalogue montre que la rubrique reparaît immédiatement dans les numéros suivants — mis en vente le 20 octobre, le 18 novembre et le 16 décembre 1941, puis sans interruption. Il n'y a eu ni période d'essai, ni pause, ni hésitation éditoriale.
C'est plus significatif qu'il n'y paraît. Beaucoup de personnages lancés en 1941 disparaissent après deux ou trois épisodes, faute d'avoir convaincu. Une reconduction immédiate et continue signale que la formule fonctionnait dès le départ — ce qui, rétrospectivement, explique une longévité de plus de quatre-vingts ans sans interruption véritable.
Vérifier un exemplaire
Quatre points, dans cet ordre.
Le contenu. Puisque la couverture ne mentionne rien, demandez une photo de la première page du récit concerné. C'est la seule preuve directe que l'exemplaire contient bien ce qu'on vous vend.
La complétude du bloc. Sur 68 pages, il manque souvent quelque chose. Faites confirmer explicitement que toutes les pages sont présentes, y compris les cahiers centraux, particulièrement exposés sur ce format.
Le dos et les agrafes. Le point faible du format, comme expliqué plus haut. Photo du dos, obligatoirement.
Le millésime imprimé. Il figure dans les mentions légales, en petits caractères, généralement sur la première page intérieure. C'est ce qui distingue un exemplaire d'époque d'une reproduction ultérieure.
Par où commencer
Trois entrées possibles, très écartées en budget.
Le fascicule d'origine. Rare, cher, et à réserver aux collections déjà installées. La quasi-totalité des exemplaires en circulation se situe dans les états bas, ce qui est normal pour un objet de 1941 vendu comme un consommable.
Les numéros suivants du même titre, mis en vente le 20 octobre puis le 18 novembre 1941, où le personnage devient une rubrique régulière. Beaucoup plus accessibles, et intéressants pour voir la formule se stabiliser.
Les rééditions modernes. Ces récits ont été republiés en volumes, ce qui reste de très loin la façon la plus raisonnable de les lire.
Pour les récits qui ont réellement fait la réputation du personnage — tous très postérieurs — voyez nos meilleurs runs.
Ce que demandent les collectionneurs
More Fun Comics #73, couverture datée novembre 1941, vendu 10 cents pour 68 pages. Sa mise en vente est établie au 19 septembre 1941. La création est attribuée à Mort Weisinger et George Papp. Une seule édition existe, sans variante de prix ni tirage étranger.
Parce qu'en 1941 un titre d'anthologie annonçait une marque, pas un casting. Les dix récits du numéro portent des titres d'intrigue, et celui qui introduit le personnage n'échappe pas à la règle. L'information qui fait la valeur de l'objet lui est donc entièrement extérieure : il faut connaître la référence avant de chercher.
Par le dépôt effectué auprès du bureau américain du droit d'auteur, qui mentionnait la date de publication effective et nommait l'éditeur. Le comic lui-même ne porte qu'un millésime de couverture, systématiquement postérieur de deux à quatre mois à l'arrivée en rayon. La date la plus fiable vient donc d'archives administratives, pas du fascicule.
Le dos et les agrafes. Un bloc de 68 pages tenu par deux agrafes subit des contraintes qu'un fascicule mince ignore : le papier tire, le dos s'ouvre en éventail, et les cahiers centraux se détachent en premier. Demandez systématiquement une photo du fascicule tenu par la couverture, dos vers l'objectif.
Avec prudence. Sur une anthologie, les crédits enregistrés couvrent l'ensemble du fascicule et non chaque récit : une dizaine de noms y figurent pêle-mêle. Une annonce peut donc afficher en toute bonne foi des créateurs qui n'ont travaillé sur aucune page du personnage cherché. Vérifiez toujours à quel récit se rapporte un nom.
Parce que le personnage reprend une structure qui existait déjà chez le même éditeur : homme fortuné sans pouvoir, jeune partenaire, véhicule et repaire thématiques. Le marché paie très cher l'invention et nettement moins la déclinaison, même réussie. L'écart ne s'explique ni par l'état ni par la disponibilité, mais par cette hiérarchie tacite.
Non, et c'est frappant. Le personnage arrive constitué, sans accident fondateur ni serment : la panoplie, le partenaire et le registre sont installés en quelques cases, puis l'enquête commence. Toute sa mythologie a été ajoutée rétroactivement par des auteurs ultérieurs, parfois des décennies plus tard.
En l'ouvrant, puisque la couverture ne prouve rien. Demandez une photo de la première page du récit concerné, la confirmation explicite que les 68 pages sont présentes — cahiers centraux compris — et une vue des mentions légales, où figure le millésime imprimé qui distingue l'époque d'une reproduction ultérieure.
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