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Captain America #117 (couverture septembre 1969, en kiosque le 10 juin 1969, 15 ¢) — « The Coming of the Falcon! », Stan Lee au scénario, Gene Colan au dessin, Marvel Comics. Le numéro introduit Sam Wilson, tenu pour le premier super-héros afro-américain publié par une grande maison d'édition.

Certaines premières apparitions valent pour ce qu'elles racontent. Celle-ci vaut aussi pour ce qu'elle représente : l'arrivée dans les pages d'un grand éditeur d'un héros noir américain, sans qualificatif dans son nom de code, présenté d'emblée comme un partenaire et non comme un comparse.

Pour le collectionneur, cette dimension historique n'est pas un supplément d'âme. Elle constitue une part réelle de la demande, et elle explique que ce numéro se comporte différemment des autres clés de sa période.

Une première qu'il faut situer avec précision

La formule « premier super-héros noir » circule beaucoup et mérite d'être nuancée, parce que la précision fait ici toute la différence.

Un héros noir majeur existait déjà chez le même éditeur depuis 1966 : un souverain africain, régnant sur une nation fictive. Sam Wilson, lui, est américain — new-yorkais, issu d'un quartier réel, avec un métier et une famille. C'est cette nuance qui fonde la formule consacrée : le premier justicier costumé afro-américain du comic book grand public.

Une seconde nuance compte tout autant. Son nom de code ne porte aucune mention de couleur. À une époque où plusieurs personnages noirs arrivaient dans les sommaires avec un qualificatif accolé à leur identité, ce choix a une portée qui n'a pas échappé aux lecteurs.

Ces précisions ne relèvent pas de la coquetterie d'historien : elles délimitent exactement ce qui fait la valeur du numéro, et un vendeur qui les confond décrit mal ce qu'il propose.

Le collectionneur retiendra que ce numéro est recherché pour trois raisons cumulables : l'entrée en scène d'un personnage devenu majeur, sa portée historique, et son appartenance à une série centrale de l'éditeur.

Le contexte de 1969

Le numéro paraît le 10 juin 1969, au prix de 15 cents. Ce tarif situe précisément l'objet : la hausse par rapport aux 12 cents pratiqués pendant la majeure partie de la décennie est récente, et elle constitue un repère de datation utile face à une annonce imprécise.

La série elle-même traversait une phase de recherche. Le personnage principal, héros d'une autre époque, peinait à trouver sa place dans un présent qui ne lui ressemblait plus. Lui adjoindre un partenaire ancré dans l'Amérique contemporaine répondait à un problème éditorial autant qu'à une intention.

Il faut aussi rappeler ce qu'était le lectorat visé. Les comics se vendaient encore massivement en kiosque, à un public d'enfants et d'adolescents de toutes origines, dans des villes où les questions posées par ce personnage étaient quotidiennes. Le geste éditorial se lisait immédiatement.

Lee et Colan

Stan Lee signe le scénario, Gene Colan le dessin. L'association mérite qu'on s'y arrête, car le dessinateur apporte ici quelque chose de très identifiable.

Colan travaille en volumes et en ombres plutôt qu'en contours nets. Son trait, souvent qualifié de cinématographique, privilégie les angles inhabituels, les figures en mouvement et les visages expressifs. Cette approche sert particulièrement un personnage dont l'attribut principal est le vol : les scènes aériennes y gagnent une fluidité que peu de ses contemporains obtenaient.

Elle a aussi une conséquence sur l'objet lui-même. Les planches de Colan reposent sur des aplats sombres et des dégradés, qui supportent mal une impression bâclée. Sur les exemplaires les moins bien imprimés de l'époque, certaines cases perdent en lisibilité — un point que les amateurs de ce dessinateur connaissent bien.

Le récit

L'intrigue se déroule sur une île où le héros principal, prisonnier d'une machination, croise un habitant venu de New York, entraîneur d'oiseaux de proie. De cette rencontre naît une alliance, puis un costume, puis un nom.

Deux éléments méritent d'être signalés à qui découvre le personnage. D'abord, il n'a aucun pouvoir à ce stade : ni accident, ni mutation, ni sérum. Sa compétence est un savoir-faire, acquis, humain. Ensuite, son lien avec un faucon relève d'une complicité de dressage plutôt que d'une capacité surnaturelle.

Ce choix d'écriture, à contre-courant des origines spectaculaires de l'époque, ancre le personnage dans un registre réaliste que ses auteurs successifs ont largement conservé. Les ailes véritables et le vol autonome viendront plus tard ; le numéro fondateur, lui, propose un héros dont la légitimité repose sur ce qu'il sait faire.

Ce parti pris a une conséquence que les lecteurs venus des adaptations remarquent immédiatement : le personnage des premières années ressemble peu à celui qu'ils connaissent. Qui achète ce numéro en espérant y trouver l'homme aux ailes mécaniques risque une déception. Mieux vaut l'aborder pour ce qu'il est — un document sur la manière dont un éditeur, en 1969, a choisi de présenter son premier héros afro-américain, en misant sur la compétence plutôt que sur le spectacle.

Ce que le personnage est devenu

La trajectoire ultérieure explique une bonne part de la demande actuelle, et elle est peu commune.

Le partenaire est d'abord monté en grade au point de voir son nom rejoindre celui du héros principal dans le titre même de la série — une promotion éditoriale rare, qui a duré des années.

Bien plus tard, il a repris l'identité principale, bouclier compris. Un personnage introduit comme second rôle en 1969 s'est ainsi retrouvé à porter le titre le plus emblématique de son éditeur, ce qui a mécaniquement ramené l'attention sur son numéro d'origine.

S'y ajoute l'exposition audiovisuelle des dernières années, qui a porté le personnage devant un public très large, étranger au lectorat traditionnel. Sur ce corpus, chaque vague d'adaptation se lit dans l'activité du marché.

La couverture et ses points faibles

L'image de couverture annonce l'arrivée du nouveau venu de façon explicite, en le plaçant au même niveau que le héros du titre plutôt qu'en retrait. C'est une décision de mise en page qui vaut déclaration d'intention.

Sur le plan matériel, deux zones concentrent les problèmes. Le bandeau supérieur d'abord, où figurent le logo et le prix : c'est la partie qui frottait contre les autres exemplaires dans les présentoirs, et elle est fréquemment usée avant même la première lecture.

Le bord droit ensuite, opposé au dos. Sur les comics agrafés de cette époque, c'est le côté que l'on saisit pour ouvrir, et il accumule les petits plis en éventail. Un exemplaire dont ce bord est net a été peu manipulé, ce qui en dit long sur le reste.

Un troisième repère sert utilement de test rapide : la netteté du logo du titre, imprimé en aplats vifs. Sur un exemplaire fatigué, ses contours se brouillent et les couleurs s'affadissent bien avant que le reste de la couverture ne trahisse son âge. C'est un indicateur commode parce qu'il figure sur toutes les photos d'annonce, même les plus sommaires.

Un conseil pratique pour juger sur photo : demandez une image prise légèrement de biais plutôt que de face. L'éclairage rasant révèle les plis et les frottements qu'une photo frontale, souvent flatteuse, dissimule complètement.

Ce que ce numéro dit de son époque

Replacé dans la production de son éditeur, ce numéro illustre un tournant que les collectionneurs de la période connaissent bien.

La décennie précédente avait vu naître une génération de personnages construits sur un accident fondateur : une piqûre, un rayon, une exposition. Le procédé s'essoufflait. Les auteurs se sont alors tournés vers des héros définis par leur milieu, leur métier ou leur situation sociale — des gens que le lecteur pouvait croiser.

Ce déplacement a produit une série de créations où le costume compte moins que l'ancrage. Il explique aussi pourquoi ces personnages ont mieux vieilli que beaucoup de leurs prédécesseurs : un héros défini par un accident dépend d'une trouvaille scénaristique, un héros défini par son milieu peut être réécrit indéfiniment.

Pour le collectionneur, cette lecture a une utilité concrète. Elle aide à repérer, parmi les nombreuses créations nées à la charnière des années 1960 et 1970, celles qui avaient une chance de durer — et ce sont précisément celles dont les premières apparitions se sont valorisées.

Ce qu'il faut examiner avant d'acheter

Les comics de 1969 occupent une position intermédiaire : plus robustes que ceux des années 1950, plus fragiles que ceux des décennies suivantes. Quatre contrôles s'imposent.

La tenue des agrafes. Après plus d'un demi-siècle, la rouille et l'élargissement des trous sont fréquents. Une couverture qui bâille au niveau du dos annonce une note limitée.

Le brunissement. Le papier de cette période fonce par les tranches. Réclamez une vue du bloc de pages fermé, de profil : c'est le moyen le plus rapide d'évaluer l'acidification.

Les inscriptions. Les exemplaires de kiosque portent souvent un nom d'enfant ou un tampon de revendeur. Cela n'interdit rien, mais doit se refléter dans le prix.

L'intégrité du numéro. Les pages de publicité comportaient des coupons. Une seule page amputée déclasse l'exemplaire, et rien ne le signale sur une photo de couverture.

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Par où entrer dans le personnage

Trois portes d'entrée existent, et elles n'exigent pas le même engagement.

La première apparition reste la pièce de référence, et c'est la seule qui ne se remplace pas. Si votre objectif est de posséder l'origine, il n'y a pas d'alternative.

Les épisodes parus lorsque son nom rejoint celui du héros principal en couverture constituent une deuxième voie, nettement plus accessible. Ils offrent l'essentiel du matériau narratif et se trouvent facilement en bel état.

La reprise de l'identité principale, beaucoup plus récente, forme une troisième piste. Ces numéros sont contemporains, donc abondants et peu coûteux, mais ils correspondent à ce que connaît le public venu des adaptations — un décalage utile à connaître si vous achetez pour offrir.

Pour replacer ce numéro dans la carrière du personnage, consultez nos numéros clés de Falcon et l'histoire du personnage.

Les questions que se posent les acheteurs

Captain America #117, portant la date de septembre 1969 en couverture et vendu à partir du 10 juin de la même année, pour 15 cents. Le récit porte le titre « The Coming of the Falcon! » : Stan Lee en signe le scénario, Gene Colan le dessin, chez Marvel Comics.

La formule qui convient est « premier justicier afro-américain ». Un héros noir majeur existait déjà chez le même éditeur depuis 1966, mais il s'agit d'un souverain africain. Sam Wilson est américain, new-yorkais, avec un métier et une famille — et son nom de code ne comporte aucune mention de couleur, ce qui n'était pas la norme à l'époque.

Non, et c'est un choix d'écriture délibéré. Ni accident, ni mutation, ni sérum : sa compétence est un savoir-faire humain, celui d'un entraîneur d'oiseaux de proie, et son lien avec le faucon relève du dressage. Les ailes véritables et le vol autonome arriveront plus tard dans la publication.

Trois motifs se cumulent : une première apparition de personnage devenu majeur, une portée historique reconnue, et l'appartenance à une série centrale de l'éditeur. S'y ajoute l'effet des adaptations récentes, qui ont amené vers lui un public sans lien avec le lectorat traditionnel.

Quatre en priorité : la rouille et l'élargissement des trous d'agrafes, le brunissement du papier visible sur la tranche du bloc de pages, les inscriptions au stylo ou tampons de revendeur fréquents sur les exemplaires de kiosque, et l'intégrité du numéro — une page à coupon découpé déclasse l'exemplaire sans que rien ne le montre en couverture.

Stan Lee au scénario et Gene Colan au dessin, dans Captain America #117. Le style de Colan, bâti sur les volumes et les ombres plutôt que sur des contours nets, sert particulièrement un héros dont l'attribut central est le vol : ses scènes aériennes possèdent une fluidité rare chez ses contemporains.

Par les épisodes où son nom figure en couverture aux côtés de celui du héros principal : ils contiennent l'essentiel du matériau narratif, se trouvent facilement en bel état et coûtent une fraction du numéro d'origine. Les épisodes bien plus récents, où il reprend l'identité principale, sont encore plus accessibles.

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