Le meilleur point d'entrée pour découvrir Falcon (Sam Wilson) est la série des années 1970 rebaptisée « Captain America and the Falcon », en particulier le run de Steve Englehart. C'est là que Sam Wilson cesse d'être un simple équipier pour devenir un co-héros de plein droit, avec sa propre voix politique et sociale, avant de voler de ses propres ailes vers le bouclier.
Falcon, de son vrai nom Sam Wilson, occupe une place singulière dans l'univers Marvel. Créé par Stan Lee et Gene Colan, il apparaît pour la première fois dans les pages de Captain America en 1969, et devient rapidement le premier super-héros afro-américain récurrent de l'éditeur (Black Panther étant africain). Cette dimension historique irrigue tout son parcours : là où beaucoup de personnages secondaires restent des faire-valoir, Sam Wilson a été construit, dès l'origine, comme un partenaire à part entière, avec ses convictions, son quartier de Harlem et ses tensions propres.
Le lecteur qui découvre Falcon se heurte à une difficulté : le personnage n'a longtemps existé qu'à l'intérieur des séries Captain America, et ses rares séries solo sont dispersées dans le temps. La bonne nouvelle, c'est que ce parcours dessine une trajectoire très lisible, presque romanesque : de l'ailier de Steve Rogers dans les seventies, il devient un Captain America à part entière dans les années 2010, avant de reprendre son identité de Falcon puis de porter durablement le bouclier. Suivre Falcon, c'est donc suivre une ascension éditoriale rare.
Ce guide propose un ordre de lecture raisonné, appuyé uniquement sur des runs, des créateurs et des sagas qui existent réellement. Quand un numéro précis n'est pas indispensable, je désigne l'arc ou le run par son nom et son équipe créative, pour vous éviter toute confusion en librairie ou en recueil.
Le meilleur point d'entrée : le duo « Captain America and the Falcon »
Si vous ne deviez lire qu'une chose pour comprendre Falcon, ce serait la période où la série phare de Steve Rogers a littéralement changé de titre pour devenir « Captain America and the Falcon ». Ce changement de bandeau n'est pas un détail marketing : il acte que Sam Wilson est co-vedette, et non invité. Le cœur de cette période, c'est le run du scénariste Steve Englehart (souvent associé au dessinateur Sal Buscema), qui donne au personnage une épaisseur politique et intime inédite pour l'époque.
Pourquoi commencer là plutôt que par la toute première apparition ? Parce que les premières pages de 1969 posent le personnage, mais que c'est Englehart qui le transforme en héros complet, capable de porter des intrigues, de contredire Captain America et d'incarner un point de vue sur l'Amérique de son temps. Pour un nouveau lecteur, c'est le meilleur rapport entre accessibilité et importance historique. Vous y trouverez le Falcon classique : reconnaissable, engagé, et déjà bien plus qu'un side-kick.
Les origines et le run fondateur : de Stan Lee à Steve Englehart
Le premier chapitre indispensable, c'est la première apparition signée Stan Lee et Gene Colan à la fin des années 1960. Sam Wilson y débarque comme un travailleur social de Harlem qui devient l'allié de Captain America contre le Crâne Rouge (Red Skull). Dès le départ, sa relation avec son faucon dressé, Redwing, et son costume ailé installent une identité visuelle forte.
Le run fondateur au sens propre reste toutefois celui d'Englehart dans les années 1970. Deux éléments y sont essentiels pour tout lecteur :
- La saga « Secret Empire » : un arc de conspiration politique très marqué par le climat post-Watergate, dans lequel Steve Rogers, désabusé, abandonne temporairement l'identité de Captain America pour devenir Nomad. Falcon y tient un rôle central de boussole morale et de partenaire d'action.
- La révélation controversée du passé de Sam Wilson : un retournement mêlant le Crâne Rouge et le Cosmic Cube, qui réécrit rétroactivement une partie des origines du personnage sous le nom de « Snap » Wilson. C'est un point de discussion majeur chez les lecteurs, souvent revisité et nuancé par la suite ; il vaut mieux le découvrir en contexte plutôt que par résumé.
Ce socle des seventies vous donne les clés de tout ce qui suivra : la loyauté et les frictions entre Sam et Steve, la dimension sociale du personnage, et l'idée que Falcon peut porter le drame autant que le combat.
Les runs incontournables, dans l'ordre
Voici un parcours chronologique qui privilégie la lisibilité de l'évolution du personnage :
- Les débuts (fin des années 1960) — Stan Lee et Gene Colan : l'apparition et l'installation de Sam Wilson comme allié de Captain America.
- Le run Steve Englehart (années 1970) — l'ère « Captain America and the Falcon », « Secret Empire », Nomad, et la construction du personnage en co-héros.
- La mini-série solo « Falcon » (1983) — écrite par Jim Owsley (le futur Christopher Priest) et dessinée par Paul Smith. C'est l'une des premières fois où Sam Wilson porte seul un récit, dans un cadre urbain proche de ses origines. Un jalon important pour qui veut voir Falcon hors de l'ombre du bouclier.
- Le run Ed Brubaker sur « Captain America » (à partir de 2005) — même si ce run est célèbre pour le retour de Bucky en Winter Soldier, Falcon y est un partenaire récurrent et modernisé, présenté avec sérieux et efficacité. C'est une excellente porte d'entrée « moderne » vers le duo.
- Le run Rick Remender (années 2010) — qui prépare la grande bascule : Sam Wilson va cesser d'être l'ailier pour devenir le porteur du bouclier.
Lu dans cet ordre, le personnage se déploie logiquement : équipier, co-vedette, héros solo ponctuel, puis figure de premier plan de l'univers Marvel.
Les grandes sagas et crossovers à connaître
Falcon prend une autre dimension dès qu'on l'inscrit dans les grands événements. Plusieurs sagas sont particulièrement éclairantes :
- « Secret Empire » (années 1970, par Englehart) — la conspiration politique déjà évoquée, matrice de la relation Sam/Steve.
- « All-New Captain America » (2014) — écrit par Rick Remender et dessiné par Stuart Immonen : Steve Rogers, affaibli, transmet le bouclier à Sam Wilson. C'est l'un des tournants majeurs de toute la carrière du personnage, et un excellent point de bascule pour un lecteur moderne.
- « Captain America: Sam Wilson » (2015-2017) — par Nick Spencer et Daniel Acuña : une série audacieuse et frontalement politique, qui fait de Sam un Captain America contesté, confronté à l'Amérique contemporaine. Divisive mais essentielle pour comprendre l'identité adulte du personnage.
- « Secret Empire » (2017) — l'événement de Nick Spencer (à ne pas confondre avec l'arc des seventies) où un Steve Rogers manipulé bascule du côté d'Hydra. Sam Wilson y incarne, avec d'autres, la résistance, ce qui renforce son statut de figure morale de l'univers Marvel.
Ces sagas montrent la spécificité de Falcon : il est souvent le héros par qui la question « qu'est-ce qu'être Captain America, et pour quelle Amérique ? » est posée le plus directement.
L'ère moderne : Falcon, puis Captain America durablement
L'ère récente est particulièrement riche pour qui veut suivre Sam Wilson. Après la période où il porte le bouclier, il revient un temps à son identité d'origine avec la série « Falcon » (2017), écrite par Rodney Barnes et dessinée notamment par Joshua Cassara. Cette série le recentre sur son propre mythe, ses responsabilités et son rapport à la jeunesse et à la communauté.
Puis la boucle se referme de façon marquante avec « Captain America: Symbol of Truth » (2022), écrit par Tochi Onyebuchi, où Sam Wilson assume pleinement et durablement le rôle de Captain America, avec une tonalité géopolitique et historique assumée. Pour un lecteur qui veut du Falcon/Sam Wilson contemporain, c'est un excellent point d'arrivée : il synthétise tout ce que le personnage a accumulé depuis les années 1970.
À retenir pour se repérer dans l'ère moderne :
- Sam Wilson en Captain America : commencez par « All-New Captain America » (Remender/Immonen), puis « Captain America: Sam Wilson » (Spencer/Acuña).
- Sam Wilson en Falcon : la série « Falcon » (2017) de Rodney Barnes.
- La consécration : « Symbol of Truth » (2022) de Tochi Onyebuchi.
Les pépites à garder pour plus tard
Une fois les grands runs digérés, plusieurs lectures viennent enrichir le portrait sans être des points de départ :
- La mini-série solo de 1983 (Owsley/Priest et Paul Smith) : à relire après avoir vu Falcon en Captain America, pour mesurer le chemin parcouru.
- Les longues périodes « Captain America and the Falcon » post-Englehart : la série a conservé ce double bandeau sur de nombreux épisodes, offrant quantité d'aventures du duo pour qui a aimé les seventies et veut prolonger.
- Le run Ed Brubaker revu sous l'angle de Falcon : au-delà de l'intrigue Winter Soldier, il montre un Sam Wilson moderne, compétent et intégré aux opérations d'espionnage.
- Les tie-ins liés à « Secret Empire » (2017) : à explorer une fois l'événement principal lu, pour approfondir le rôle de Sam dans la résistance.
Ces pépites ne sont pas prioritaires, mais elles récompensent le lecteur qui veut comprendre Falcon dans toutes ses nuances, y compris ses zones d'ombre et ses relectures successives par les auteurs.
Où et comment lire : éditions, recueils et conseils de parcours
Falcon étant longtemps un personnage « hébergé » par la série Captain America, la meilleure stratégie de lecture consiste à passer par les recueils. Plusieurs formats existent, sans qu'il soit nécessaire de nommer un éditeur précis :
- Les recueils regroupant le run Englehart des années 1970 : ils rassemblent la période « Captain America and the Falcon » et la saga « Secret Empire », idéale pour commencer.
- Les intégrales ou omnibus consacrés à Captain America : ils permettent de suivre le duo sur de longues périodes, avec Falcon comme co-vedette constant.
- Les recueils des séries modernes : « All-New Captain America », « Captain America: Sam Wilson », la série « Falcon » de 2017 et « Symbol of Truth » sont disponibles en volumes collectés, faciles à enchaîner.
Pour un parcours de découverte efficace, je conseille l'ordre suivant :
- Le run Englehart (seventies) pour le socle et « Secret Empire ».
- La mini-série solo de 1983 pour voir Falcon porter un récit.
- Le run Brubaker pour une version moderne du duo.
- « All-New Captain America » puis « Captain America: Sam Wilson » pour la bascule vers le bouclier.
- L'événement « Secret Empire » (2017), puis la série « Falcon » (2017) et enfin « Symbol of Truth » (2022).
Conseil de collectionneur : privilégiez les recueils thématiques par run plutôt que l'achat d'épisodes isolés, sauf pour les jalons historiques (première apparition, bascule vers Captain America) que beaucoup de lecteurs aiment posséder en single. Vérifiez toujours le sommaire d'un recueil : comme Falcon partage l'affiche avec Captain America, un même volume peut être classé sous l'un ou l'autre nom. En raisonnant par run et par créateur — Englehart, Owsley/Priest, Brubaker, Remender, Spencer, Barnes, Onyebuchi — vous ne vous tromperez pas de porte d'entrée, et vous suivrez une trajectoire cohérente : celle d'un partenaire devenu, à force d'écriture, l'un des symboles majeurs de l'univers Marvel.
Questions fréquentes
Le meilleur point d'entrée est le run de Steve Englehart des années 1970, à l'époque où la série s'intitulait « Captain America and the Falcon ». C'est là que Sam Wilson devient un co-héros à part entière, notamment dans la saga « Secret Empire ». Les recueils regroupant cette période sont accessibles et historiquement essentiels.
Oui, mais elles sont rares. La mini-série « Falcon » de 1983, écrite par Jim Owsley (Christopher Priest) et dessinée par Paul Smith, est l'une des premières. Plus récemment, la série « Falcon » de 2017 par Rodney Barnes et Joshua Cassara l'a recentré sur son propre mythe.
Dans « All-New Captain America » (2014), écrit par Rick Remender et dessiné par Stuart Immonen, où Steve Rogers lui transmet le bouclier. Cette période se prolonge dans « Captain America: Sam Wilson » (2015-2017) de Nick Spencer et Daniel Acuña, puis, après un retour au statut de Falcon, dans « Symbol of Truth » (2022) de Tochi Onyebuchi.
C'est fortement recommandé, car Falcon a longtemps évolué au sein de la série Captain America. Le duo est indissociable, en particulier chez Englehart et chez Ed Brubaker. Beaucoup de recueils portent d'ailleurs le double titre, ce qui facilite le suivi conjoint des deux personnages.
Dans le run Englehart, une révélation impliquant le Crâne Rouge et le Cosmic Cube réécrit rétroactivement une partie des origines de Sam sous le nom de « Snap » Wilson. Ce retournement, discuté par les lecteurs, a été nuancé et retravaillé par les auteurs suivants. Il vaut mieux le découvrir dans son contexte que par un simple résumé.