Meilleurs comics de l'Épouvantail : par où commencer et numéros clés, illustration article

Pour découvrir l'Épouvantail (Scarecrow), ouvrez Fears (1993) de Jeph Loeb et Tim Sale, puis lisez Year One: Batman/Scarecrow (2005) de Bruce Jones et Sean Murphy pour son origine, et Fear State (2021) de James Tynion IV pour sa version la plus ambitieuse. Pour remonter à la source, son personnage naît dans World's Finest Comics #3, en 1941, et sa toxine de peur apparaît dans Batman #189 (février 1967).

Le docteur Jonathan Crane n'a pas la stature physique de Bane ni le charisme du Joker, et c'est précisément ce qui le rend singulier : il attaque l'esprit avant le corps. Un psychiatre qui met sa science de la phobie au service du crime, un costume de toile et de corde, un gaz qui retourne la terreur de chacun contre lui-même. Les bons récits de l'Épouvantail ne se mesurent pas au nombre de coups échangés mais à ce qu'ils font ressentir au lecteur et à Batman.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

La sélection présentée dans cet article pour Meilleurs comics de l'Épouvantail, de la première à la dernière entrée

Sa première apparition

L'Épouvantail fait ses débuts dans World's Finest Comics #3, un numéro de 1941 publié par DC Comics, dans un récit de Batman intitulé « The Riddle of the Human Scarecrow ». Bill Finger en signe le scénario et le dessin est crédité à Bob Kane. Le personnage s'appelle alors le professeur Jonathan Crane, un enseignant que son goût pour la peur pousse hors du cadre universitaire. L'allure dégingandée, le patronyme et le prénom renvoient à l'Ichabod Crane de la nouvelle de Washington Irving, une filiation que les historiens du personnage rappellent régulièrement.

Côté collection, ce World's Finest relève de l'âge d'or le plus exigeant : papier d'époque cassant, couvertures usées, exemplaires convoités. Pour la lecture, personne n'a besoin de l'acheter : l'histoire figure dans des recueils d'archives. Le personnage ne se rend pas vraiment mémorable à cette époque, puisqu'il ne revient qu'une fois dans les années 1940. C'est une autre époque qui lui donne son identité moderne, celle des années 1960 puis des années 1990.

1 : Fears, Jeph Loeb et Tim Sale (1993)

Le premier des trois albums spéciaux d'Halloween de Batman: Legends of the Dark Knight paraît en décembre 1993. Jeph Loeb écrit, Tim Sale dessine et signe la couverture. L'histoire met l'Épouvantail aux trousses de Gotham et force le chevalier noir à une partie de chat et de souris où chaque ombre peut cacher une hallucination. Le volume est ensuite recueilli dans Batman: Haunted Knight (1996), avec les deux épisodes suivants, consacrés au Chapelier fou (1994) puis à un récit de fantômes (1995).

C'est la meilleure porte d'entrée parce qu'elle est courte, autonome et dessinée avec une personnalité très marquée : les silhouettes anguleuses de Tim Sale donnent à Crane un air de spectre décharné qui est resté une référence visuelle. Elle s'adresse à celui qui n'a lu aucun Batman et veut sentir le personnage sans s'engager dans une série. Lisez-la d'un trait, de préférence à la tombée de la nuit, puis passez au deuxième volet pour comprendre d'où vient un tel homme. Pour prolonger avec les mêmes auteurs, voyez notre comparaison de The Long Halloween avec son adaptation animée.

2 : Year One: Batman/Scarecrow, Bruce Jones et Sean Murphy (2005)

Cette mini-série de deux numéros appartient à la collection des Year One que DC a lancée à l'été 2005, au moment de la sortie du film Batman Begins. Bruce Jones, qui faisait alors ses débuts chez DC après ses travaux sur Hulk, écrit le récit, et Sean Murphy, alors jeune dessinateur, l'illustre. Le récit revient à la naissance de Jonathan Crane et suit son parcours jusqu'à sa première rencontre avec Batman et Robin.

Voilà la lecture qui explique l'homme. Elle convient à celui qui préfère comprendre un adversaire avant de le voir agir, et le format court se prête bien à une lecture le soir même. Ces deux numéros sont recueillis avec la mini-série Two-Face: Year One dans un volume commun ; si vous aimez la logique des origines, voyez aussi notre sélection consacrée à Double-Face. Ne la lisez pas en premier : elle gagne à être précédée de Fears, qui installe le personnage dans l'imaginaire du lecteur.

3 : Batman: Fear State, James Tynion IV et Jorge Jimenez (2021)

Le crossover Fear State court d'août à décembre 2021. Son cœur est l'arc de la série Batman (troisième volume) des numéros #112 à #117, parus de septembre à novembre 2021 : James Tynion IV écrit, Jorge Jimenez dessine. Le prologue, Batman: Fear State - Alpha #1 (août 2021), est dessiné par Riccardo Federici, et l'épilogue, Omega #1, paraît en décembre. Plusieurs séries de la famille Batman y participent, de Nightwing à Catwoman. L'ensemble est regroupé dans Batman: Fear State Saga, un recueil relié paru en avril 2022.

L'Épouvantail y devient l'architecte d'une théorie : une société peut évoluer si on l'expose à une peur extrême. Il s'agit de la version la plus ambitieuse de Crane, celle d'un stratège qui vise la ville entière et non plus un adversaire. Elle s'adresse au lecteur qui veut une lecture récente, dense, spectaculaire, et qui accepte de s'engager dans un événement d'ampleur. Si vous avez suivi le travail de l'auteur, consultez la page consacrée à James Tynion IV. Procédez dans l'ordre du recueil plutôt que celui des fascicules, car les tie-ins se répartissent entre de nombreuses séries.

4 : Detective Comics #571 « Fear for Sale », Mike W. Barr et Alan Davis (1987)

Ce numéro de février 1987 est un récit court. Mike W. Barr écrit, Alan Davis dessine, Paul Neary encre. Le point de départ est une nouvelle formule : le gaz de Crane retire à ses victimes les inhibitions de la peur, et il s'en sert pour capturer Robin, puis pour mettre Batman, lui-même exposé, en difficulté.

Ce qui fait l'intérêt de l'histoire, c'est le trait élégant d'Alan Davis, qui donne à la peur une forme nette et lisible. Elle se lit seule, sans connaissance préalable, et elle intéresse l'amateur de dessin d'âge moderne plus que le chasseur de prestige. Retenez-la si vous aimez les récits où le danger se résout en vingt pages et où la peur se loge dans un ressort simple.

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Meilleurs comics de l'Épouvantail : les sections de l'article, dans l'ordre de lecture

5 : Batman Annual #19 « Year One: Scarecrow, Masters of Fear », Doug Moench et Bret Blevins (1995)

Cet annuel de septembre 1995 relit la première rencontre entre Batman et le maître de la peur. Doug Moench écrit, Bret Blevins dessine au crayon et signe la couverture, Mike Manley encre, et Stu Chaifetz met les couleurs. Il fait partie de la série d'annuels de cette année-là consacrée aux débuts des adversaires de Batman, et il étend l'origine de Crane.

Le format est celui d'un annuel : un fascicule épais, à part, que l'on ne trouve pas dans les séries régulières. Il s'adresse au lecteur qui a déjà goûté à Fears et veut une version plus classique et plus détaillée de la genèse, avant de comparer avec la version de Bruce Jones. Il se retrouve dans le recueil Batman Arkham: Scarecrow, qui rassemble des histoires du personnage ; cherchez ce volume avant le fascicule d'origine.

6 : Terror, Doug Moench et Paul Gulacy (2001)

Cet arc paraît dans Batman: Legends of the Dark Knight #137 à #141, de janvier à mai 2001. Doug Moench écrit, Paul Gulacy dessine, Jimmy Palmiotti encre. L'Épouvantail s'allie à Hugo Strange, qui revient pour se venger, et les deux hommes échafaudent un plan fondé sur la terreur. Le récit est la suite de Prey, un arc antérieur de la même série, et il est recueilli sous le titre Batman: Terror.

Ici, le plaisir vient de l'association de deux psychiatres déviants, ce que le recueil de ces cinq numéros condense mieux que la lecture isolée. L'arc s'adresse au lecteur qui connaît déjà Strange ou qui souhaite lire les deux histoires à la suite ; sinon, il n'est pas indispensable. Lisez Prey d'abord si vous voulez saisir la relation entre les deux adversaires, puis enchaînez.

7 : Batman #189 « Fright of the Scarecrow! », Gardner Fox et Sheldon Moldoff (1967)

Daté de février 1967, ce numéro ressuscite le personnage après deux apparitions dans les années 1940. Gardner Fox écrit, Sheldon Moldoff dessine. C'est là que la toxine de peur fait son entrée : elle n'est pas encore nommée ainsi, elle sort sous forme de spray et de fumée, mais c'est l'arme qui deviendra la signature de Crane.

Cette histoire parle moins au lecteur de plaisir qu'à l'historien du personnage, car elle est de ton très léger, en rupture avec l'angoisse moderne. Elle s'adresse à celui qui veut comprendre comment un méchant secondaire est devenu un classique : la fumée de 1967 prépare le gaz des années 1980. Ne la placez pas dans votre première pile, mais gardez-la comme jalon.

Par où commencer selon votre profil

Si vous n'avez jamais lu Batman, prenez Fears puis Year One: Batman/Scarecrow : deux lectures courtes et autonomes. Si vous venez des films, surtout de Batman Begins, lisez d'abord la mini-série de 2005 qui date de la même saison, puis comparez avec notre analyse du film face aux comics. Si vous suivez l'actualité de Batman, Fear State est l'événement à lire, dans son recueil.

Si vous aimez les polars psychologiques, Terror et Fear for Sale offrent deux tonalités opposées, l'une sombre et feuilletonnante, l'autre élégante et ramassée. Si vous êtes curieux de l'histoire du personnage, partez de 1941, passez par 1967, puis redescendez vers 1987. Et si vous voulez replacer ces histoires dans les grandes sagas de Gotham des années 1990, parcourez d'abord les numéros clés de Knightfall, qui donnent le décor de l'époque.

Les numéros clés à connaître

Sept repères suffisent pour ranger une collection autour de Jonathan Crane, de 1941 à 2021.

Pour chacun, comparez les ventes conclues du même numéro et du même état, écartez les lots groupés, puis relisez la page de copyright de l'exemplaire proposé. Les histoires de l'Épouvantail se lisent très bien en recueil ; le fascicule d'origine sert surtout à qui souhaite posséder la pièce.

Meilleurs comics de l'Épouvantail : les questions fréquentes auxquelles répond cet article

Questions fréquentes

Commencez par Fears, l'histoire de Jeph Loeb et Tim Sale parue en décembre 1993 dans le premier album spécial d'Halloween de Legends of the Dark Knight. Elle est courte, autonome et se retrouve dans le recueil Haunted Knight. Enchaînez ensuite avec Year One: Batman/Scarecrow pour l'origine.

Dans World's Finest Comics #3, en 1941, avec le récit « The Riddle of the Human Scarecrow ». Bill Finger écrit, le dessin est crédité à Bob Kane. Le personnage y est le professeur Jonathan Crane. La toxine de peur n'arrive que bien plus tard, dans Batman #189 (février 1967).

Non, c'est une lecture récente et d'ampleur, pas un prérequis. Le cœur est dans Batman #112 à #117 (2021), de James Tynion IV et Jorge Jimenez, avec le prologue Alpha et l'épilogue Omega. Lisez-le en recueil, sous le titre Fear State Saga, plutôt qu'au fil des tie-ins.

Deux récits la développent : la mini-série Year One: Batman/Scarecrow (2005, Bruce Jones et Sean Murphy, deux numéros) et Batman Annual #19 (septembre 1995, Doug Moench et Bret Blevins). La seconde est plus classique, la première plus récente, et vous pouvez les lire dans l'ordre que vous préférez.

Cela dépend de votre objectif. World's Finest Comics #3 est la première apparition, mais c'est un fascicule d'âge d'or, fragile et disputé. Batman #189 (1967) marque la naissance de la toxine. Pour lire plutôt que collectionner, privilégiez les recueils des histoires modernes.

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