Mirror Master est un nom porté par deux hommes, et le bon point de départ dépend de celui que vous cherchez. Pour Evan McCulloch, le mercenaire écossais, ouvrez The Flash vol. 2 #212 (2004), de Geoff Johns et Steve Cummings, qui raconte son passé. Pour Sam Scudder, le voleur de l'âge d'argent, lisez le duo Broome et Infantino dans les fascicules #105, #136 et #146 de The Flash. Ajoutez The Flash vol. 2 #133 (1998) pour voir McCulloch face à Wally West.
Dans la galerie des ennemis de Flash, Mirror Master est le plus difficile à saisir, parce que le nom change de mains. Un détenu qui apprend à manier des miroirs dans les années 1950, puis un tueur à gages écossais qui hérite de son équipement trente ans plus tard : deux psychologies, deux époques, deux familles d'histoires. Ce guide les sépare, en classe sept récits, et dit pour chacun à qui il s'adresse et comment l'aborder.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Deux Mirror Master, une seule galerie
Avant de choisir un récit, fixez la distinction qui structure tout le reste. Scudder, c'est l'âge d'argent : Broome et Infantino l'inventent dans The Flash #105, dont la couverture porte l'année 1959. Evan McCulloch est le Mirror Master moderne : il naît dans Animal Man #8, daté de février 1989, par Grant Morrison et Chas Truog, et reprend le costume et les gadgets de son prédécesseur.
Les histoires de Scudder se lisent comme des polars colorés où un voleur aux miroirs défie Barry Allen. Celles de McCulloch s'adressent à un lecteur qui cherche un profil plus sombre, façonné par un passé d'orphelinat et de mercenariat, et qui se mêle aux Rogues de l'ère de Wally West. Quand un résumé parle de « Mirror Master » sans autre précision, vérifiez toujours l'époque de la série : avant 1989, il s'agit de Scudder ; après, le plus souvent, de McCulloch.
Sa première apparition
Sam Scudder paraît dans The Flash #105, dont la couverture porte la date de février-mars 1959. Le récit s'intitule « Master of Mirrors! » : John Broome l'écrit, Carmine Infantino le crayonne et Joe Giella l'encre. L'idée de départ est simple et efficace : un détenu découvre qu'un miroir mal peint conserve et projette des images en trois dimensions, et il en fait une arme de cambrioleur.
Evan McCulloch, lui, apparaît dans Animal Man #8, « Mirror Moves », daté de février 1989. Grant Morrison écrit, Chas Truog dessine et Doug Hazlewood encre. Ce n'est pas un numéro de Flash : il entre dans la mythologie de l'éclair par une autre porte, ce qui surprend le collectionneur qui s'attend à le trouver dans la série du héros écarlate.
1 : Mirror, Mirror on the Wall (The Flash vol. 2 #212), Geoff Johns et Steve Cummings (2004)
C'est la meilleure porte d'entrée pour McCulloch, et la raison tient à son dispositif : un numéro, un narrateur, un personnage central. Geoff Johns écrit, Steve Cummings dessine et Wayne Faucher encre. Des agents fédéraux, envoyés par le Trickster, tentent de récupérer le costume et les gadgets de Mirror Master ; celui-ci les piège un à un dans la dimension des miroirs et, pendant ce temps, se remémore sa vie.
Ce que le numéro apporte au personnage est considérable. On y suit un enfant d'un orphelinat écossais qui tue un camarade brutal, puis un adulte recruté par une agence gouvernementale comme mercenaire, qui reçoit l'équipement du Mirror Master d'origine pour donner un visage de supervilain à ses missions. L'histoire se termine sur son retour parmi les Rogues. En vingt-deux pages, McCulloch cesse d'être un costume et devient quelqu'un.
Aucun prérequis : ce fascicule suffit à cerner McCulloch, quel que soit votre degré de familiarité avec la série. Comment le lire ? Seul, en premier, puis enchaînez avec les récits de 1998 et de 2008. Cet épisode est nettement plus sombre que les aventures de Scudder, point à garder en tête pour un lecteur jeune.
2 : Through the Looking Glass (The Flash vol. 2 #133), Mark Millar et Grant Morrison, Paul Ryan (1998)
Daté de janvier 1998, ce numéro oppose directement McCulloch à Wally West. Mark Millar et Grant Morrison cosignent le scénario, Paul Ryan crayonne et John Nyberg encre. Mirror Master piège Linda Park dans une dimension inversée, et Wally dispose de onze minutes pour la rejoindre en traversant une succession d'obstacles : un prisme, un double de lui-même fait de miroir, une réplique de Keystone City.
L'intérêt du récit est sa lisibilité. C'est un duel de course contre la montre, construit comme un casse-tête : Mirror Master y est l'architecte d'un parcours, pas un simple tireur, et Wally doit lire le piège avant de le franchir. Le numéro se conclut par l'enfermement du criminel dans une cellule sans lumière, ce qui donne une image nette de ce que la série pense des pouvoirs du miroir : sans lumière, plus de reflet.
Il s'adresse au lecteur qui connaît déjà le personnage par le numéro #212 et veut le voir à l'œuvre face au Flash de l'époque. Un détail pour la collection : la signature de Morrison, créateur du personnage, y retrouve son héros neuf ans après Animal Man. La page sur Grant Morrison recense ses autres travaux.
3 : Mirror Moves (Animal Man #8), Grant Morrison et Chas Truog (1989)
Retourner à la source de McCulloch, c'est lire ce numéro de février 1989, dessiné par Chas Truog et encré par Doug Hazlewood. Mirror Master y paraît comme adversaire, dans une série dont le héros n'a rien d'un coureur ultra-rapide. Le décalage est précisément ce qui rend l'objet intéressant : le personnage est conçu hors de l'univers de Flash, avant que les Rogues ne s'en emparent.
Ce récit s'adresse surtout au lecteur qui suit Grant Morrison depuis ses débuts américains. Il ne remplace pas le numéro #212 pour comprendre McCulloch, qui n'a pas encore sa biographie : lisez-le après, comme une curiosité d'origine.
Pour le collectionneur, la distinction est utile : cette première apparition appartient à la série Animal Man, et non à The Flash. Un acheteur qui cherche « la première de Mirror Master » doit donc préciser lequel, sous peine de confondre les deux époques.
4 : The Mirror Master's Invincible Bodyguards! (The Flash #136), John Broome, Carmine Infantino et Joe Giella (1963)
Daté de mai 1963, ce numéro donne à Scudder le rôle de méchant principal du récit : il s'évade de prison pour commettre de grands vols, dans le but de gagner des places au classement d'un journal de la prison. Broome écrit, Infantino crayonne, Giella encre ; la couverture est crayonnée par Infantino et encrée par Murphy Anderson, sous la direction éditoriale de Julius Schwartz. Le fascicule contient une seconde histoire de Barry Allen, étrangère à Mirror Master, comme c'était l'usage de la série.
Ce que ce récit apporte est une vision de Scudder en pleine forme : un criminel vaniteux, soucieux de sa réputation parmi ses pairs, à une époque où le méchant de série n'avait pas besoin d'un traumatisme pour exister. Le ressort, une compétition de prestige entre détenus, donne au méchant une vanité que les récits plus sombres n'exploitent pas.
Il s'adresse à l'amateur d'âge d'argent et se lit après la source de 1959. Pour le replacer dans la série, voyez l'analyse de Flash à l'âge d'argent.
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5 : The Mirror Master's Master Stroke! (The Flash #146), John Broome, Carmine Infantino et Joe Giella (1964)
Dans ce numéro daté d'août 1964, Mirror Master affronte Flash avec une ruse à la hauteur de son titre : le texte de présentation du fascicule annonce qu'il lui vole ses jambes et, avec elles, sa vitesse. John Broome signe le récit, Carmine Infantino le crayon et Joe Giella l'encre, sous la direction de Julius Schwartz. La couverture est crayonnée par Infantino et encrée par Murphy Anderson.
L'intérêt est de voir un adversaire retourner contre le héros ce qui le définit. Plutôt qu'une bataille, c'est un renversement de situation qui ressemble à un problème de logique : comment un coureur sans jambes arrête-t-il un voleur ? La seconde histoire du numéro, écrite par Gardner Fox, est une aventure distincte, sans lien avec Mirror Master.
Il convient à celui qui a aimé le numéro #136 et veut un second exemple de la manière dont Broome faisait travailler ses méchants. Lisez-le dans la foulée. Si l'âge d'argent vous séduit, le portrait des créateurs de Flash replace Broome et Infantino dans l'histoire de la série.
6 : Master of Mirrors! (The Flash #105), John Broome, Carmine Infantino et Joe Giella (1959)
La source de Scudder se lit en quelques minutes et n'a rien perdu de sa clarté. Un détenu découvre une propriété bizarre d'un miroir mal peint, et il comprend aussitôt ce qu'un voleur peut en faire. Cette efficacité narrative, une découverte, une arme, un nom de scène, est typique des débuts de l'âge d'argent chez DC, où une idée suffisait à fonder un personnage.
Il se classe sixième parce que sa lecture suppose un goût pour l'histoire du genre : le récit apporte l'invention du personnage et le dessin d'Infantino, pas la profondeur psychologique que les auteurs modernes donneront à McCulloch. Il s'adresse au collectionneur de premières apparitions et à l'historien du médium.
Un numéro voisin, The Flash #109, daté d'octobre-novembre 1959, contient « Return of the Mirror Master! », par les mêmes Broome, Infantino et Giella : Scudder s'évade de prison et se lance dans une série de crimes. Les deux fascicules forment une paire cohérente pour qui veut suivre les débuts du personnage.
7 : Rogues' Revenge, mini-série Final Crisis (#1 à #3), Geoff Johns avec Scott Kolins (2008)
Trois fascicules suffisent à Johns, au scénario, et à Kolins, au dessin, pour greffer cette mini-série sur l'événement Final Crisis. Impliqués dans la mort de Bart Allen, les Rogues cherchent à disparaître ; Libra les convoque dans sa société secrète, ils déclinent, et c'est la soif de revanche qui les remet en mouvement. Mirror Master, dans la version Evan McCulloch, fait partie de la bande, mais il n'en est pas le protagoniste : c'est un récit d'ensemble.
Il se classe en dernier pour cette raison. Il montre McCulloch intégré aux Rogues, dans leur rôle de professionnels qui refusent de se plier à une cause, mais le personnage y partage l'affiche avec ses complices. Il se lit donc comme une conclusion, après avoir compris qui il est grâce au numéro #212.
Il s'adresse à celui qui veut voir les Rogues comme une équipe, et qui aime les événements lisibles en une soirée. Pour le chef de la bande, le guide des meilleurs comics de Captain Cold donne les récits où il occupe le centre.
Par où commencer selon votre profil
Si vous cherchez le Mirror Master contemporain, ouvrez The Flash vol. 2 #212, puis lisez le numéro #133, puis la mini-série de 2008. Vous aurez la biographie, le duel et l'ensemble en trois étapes.
Si vous préférez l'âge d'argent, lisez The Flash #105, #109, #136 et #146 dans cet ordre : quatre numéros de Broome et Infantino, quatre aspects de Scudder, de l'invention à la ruse.
Si vous suivez Flash dans l'ordre, partez du guide de lecture de Flash et placez ces repères aux bonnes époques. Si vous collectionnez, distinguez dès le départ les deux personnages : la première de Scudder est dans The Flash #105, celle de McCulloch dans Animal Man #8.
Les numéros clés à connaître
Voici les fascicules qui jalonnent l'histoire de Mirror Master. Aucun prix n'est cité ici : comparez plusieurs ventes récentes d'exemplaires équivalents avant d'estimer le vôtre.
- The Flash #105 (1959) : première apparition de Sam Scudder, par Broome et Infantino.
- The Flash #109 (1959) : « Return of the Mirror Master! », son retour en tête d'affiche.
- The Flash #136 (1963) et #146 (1964) : deux récits où Scudder tient le rôle d'adversaire principal.
- Animal Man #8 (1989) : première apparition d'Evan McCulloch, par Morrison et Truog.
- The Flash vol. 2 #133 (1998) : le duel contre le temps, de Millar, Morrison et Ryan.
- The Flash vol. 2 #212 (2004) : son passé, raconté par Johns et Cummings.
- Blackest Night: The Flash #1 (février 2010) : Scudder y revient en Black Lantern.
La méthode d'achat est la même pour les deux époques. Pour l'âge d'argent, examinez la couverture, le dos et la complétude des pages ; pour un fascicule moderne, regardez les coins et la mention d'impression. Avant tout achat, contrôlez la série et la numérotation : la liste ci-dessus croise le volume 1 et le volume 2 de The Flash.
Pour suivre la série dans son ensemble, la page des numéros clés de Flash replace ces fascicules dans les grandes périodes.
Questions fréquentes
Les deux le sont, à des époques différentes. Sam Scudder est le Mirror Master d'origine, créé par John Broome et Carmine Infantino dans The Flash #105 en 1959. Evan McCulloch en est le successeur, créé par Grant Morrison et Chas Truog dans Animal Man #8 en 1989. Chacun a ses récits, et les lire séparément évite bien des confusions.
Commencez par The Flash vol. 2 #212, de Geoff Johns et Steve Cummings (2004). Le numéro suit McCulloch seul, retrace son enfance dans un orphelinat écossais et son recrutement comme mercenaire, et se lit sans prérequis. Poursuivez avec le numéro #133 de 1998, puis avec la mini-série Final Crisis: Rogues' Revenge.
Dans la série originale The Flash, par exemple aux numéros #105 et #109 (1959), #136 (1963) et #146 (1964), tous de John Broome et Carmine Infantino avec Joe Giella à l'encrage. Ce sont des récits courts, publiés avec une seconde histoire dans le même fascicule, ce qui en fait une lecture rapide.
Elles se répartissent entre The Flash, dans Animal Man pour l'apparition initiale de McCulloch, et des événements comme Final Crisis: Rogues' Revenge. Il faut donc suivre un parcours de numéros choisis plutôt qu'une seule collection, comme le propose ce classement.
Non, pour les numéros #212 et #133, qui se concentrent sur le personnage. Il est utile en revanche de connaître la bande avant la mini-série de 2008, où Mirror Master partage l'affiche avec ses complices. Le guide de Captain Cold, chef des Rogues, sert alors de complément naturel.
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