Hercule (Arédit, 1976) : le guide de collection des 28 numéros, illustration article

La revue Hercule publiée par Arédit-Artima compte vingt-huit numéros, du premier daté de décembre 1976 au dernier daté de juillet 1983. La numérotation ne saute aucun cran, mais la cadence trimestrielle se décale quatre fois, ce qui brouille la datation. Point essentiel : aucun des titres d'histoire relevés ne nomme Hercule, alors qu'un autre titre du même éditeur affiche « Hercule » comme intitulé de son premier fascicule.

Vous avez une pile de fascicules au nom d'Hercule, et vous voulez savoir combien il vous en manque, lesquels valent la peine d'être cherchés, et comment éviter de racheter trois fois le même. La difficulté de cette série n'est pas sa longueur : vingt-huit numéros se rangent dans une seule boîte. Elle est ailleurs, dans le fait que le nom du héros imprimé sur la couverture ne dit presque rien de ce que contiennent les fascicules, et qu'il circule sur deux titres différents du même éditeur lancés le même mois.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Hercule : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Ce que publiait la revue, d'après les titres relevés

Le catalogue conserve, pour chaque fascicule, un intitulé d'histoire. Mis côte à côte, ces vingt-huit intitulés dessinent une anthologie, pas une série à héros unique. On y lit « Les pêcheurs de l'espace », « Le secret du sphinx lunaire », « La prison spatiale », « Robinson Crusoé du ciel » : une veine d'anticipation nettement dominante. À côté, « Les robots de la Table Ronde » et « Le mousquetaire souriant » tirent vers l'aventure historique, « La colère de Set » vers le registre mythologique, et « Bowling ensorcelé », intitulé du premier numéro, vers quelque chose de beaucoup plus domestique.

Ce panorama est le premier fait utile pour vous. Si vous achetez cette série en espérant une continuité narrative, vous serez déçu : rien dans les intitulés relevés n'indique qu'une histoire se poursuive d'un fascicule au suivant. Deux titres se font écho à distance, « L'homme qui trichait avec la vie » puis « L'homme qui trompait la mort », mais ils sont séparés par deux parutions et rien ne permet d'affirmer qu'ils appartiennent au même cycle. La série se collectionne donc par unités, chaque fascicule valant pour lui-même, ce qui change la stratégie d'achat : vous pouvez acquérir dans n'importe quel ordre sans créer de trou gênant à la lecture.

Deuxième observation, plus lourde de conséquences : parmi ces vingt-huit intitulés, aucun ne contient le mot Hercule. Le nom qui donne son titre à la revue n'apparaît jamais dans les titres d'histoire conservés. Nous ne pouvons pas en déduire que le personnage est absent des fascicules, parce que le catalogue ne garde qu'un intitulé par numéro alors que les relevés de créateurs en désignent clairement plusieurs. Mais pour un acheteur, la conclusion pratique est nette : ne comptez pas sur les titres d'histoire pour savoir ce qu'il y a dedans. Il faut ouvrir l'exemplaire.

Le mot « Hercule » désigne deux choses dans les annonces

Voici le point qui fait perdre du temps et de l'argent. Le même éditeur a lancé, le même mois de décembre 1976, un second titre dont le premier fascicule porte précisément « Hercule » comme intitulé d'histoire relevé, et chez qui cet intitulé revient deux fois ensuite. Résultat : une annonce qui dit « Hercule n° 1, 1976 » peut désigner le premier numéro de la revue Hercule, ou le premier numéro de l'autre série, décrit par un vendeur qui a recopié le titre de l'histoire au lieu du titre de la revue.

Nous ne prétendons rien sur ce que contiennent réellement ces fascicules : nous ne disposons que d'un intitulé par numéro, et un intitulé n'est pas un sommaire. Ce que nous constatons, en revanche, est vérifiable et suffit à vous protéger : deux séries distinctes du même éditeur, démarrées le même mois, peuvent légitimement produire le mot Hercule dans un titre d'annonce. La méthode de levée du doute est simple. Demandez une photo du bandeau de couverture, pas du dessin. Demandez la date portée sur le fascicule. Et croisez avec le numéro : les deux séries ne se terminent pas en même temps, l'une s'arrêtant à son vingt-huitième fascicule, l'autre allant un cran plus loin.

L'autre série a son propre guide, et nous ne la traitons pas ici. Retenez seulement que le nom d'un personnage ne constitue jamais un identifiant d'édition, et que dans ce cas précis le piège n'est pas théorique : il tient à une coïncidence de calendrier entre deux lancements.

La cadence : un trimestre, sauf quatre fois

La série fonctionne au rythme du trimestre. Sur les vingt-sept intervalles qui séparent deux fascicules consécutifs, dix-huit valent exactement trois mois. C'est une régularité confortable : à partir d'une date lue sur un exemplaire, vous pouvez estimer la position d'un autre dans la série sans trop d'erreur.

Mais quatre intervalles s'étirent sur quatre mois, et ils ne sont pas regroupés : ils tombent entre le onzième et le douzième fascicule, entre le seizième et le dix-septième, entre le dix-huitième et le dix-neuvième, puis à la toute fin de la série. Quatre autres intervalles se resserrent au contraire à deux mois. Cette respiration irrégulière a une conséquence directe sur le classement : si vous rangez votre collection par date lue sur la couverture, vous obtenez le bon ordre, mais vous ne pouvez pas déduire un numéro manquant d'un simple calcul de calendrier. Une saison sans parution n'est pas la preuve d'un fascicule absent de votre collection.

Le décompte par millésime éclaire le reste. L'année 1978 est la seule à porter cinq fascicules, parce qu'un numéro de décembre vient s'ajouter au quatuor habituel ; les cinq années pleines qui suivent en comptent quatre chacune. Autre particularité, à l'ouverture : le premier et le deuxième fascicule ne sont séparés que d'un mois, décembre 1976 puis janvier 1977. Ces deux numéros ont donc circulé presque ensemble, et ils se retrouvent souvent dans le même lot d'origine. Si vous avez l'un, cherchez l'autre chez le même vendeur avant d'aller voir ailleurs.

Les numéros qui comptent quand on trie une pile

Les quatre premiers fascicules, de décembre 1976 à juillet 1977, forment un bloc visuellement cohérent : le même dessinateur, José Luis García-López, signe le relevé des quatre, et aucun autre nom ne tient une telle série ininterrompue en tête d'affiche. Pour un collectionneur, c'est le segment à viser en priorité, parce qu'il réunit l'intérêt graphique et la difficulté habituelle des premiers numéros, toujours les plus maltraités d'une série.

Le quatorzième fascicule, daté de décembre 1979, est une anomalie dans le relevé : il est le seul des vingt-huit à ne porter qu'un scénariste et qu'un dessinateur, Bob Rozakis et Dick Ayers, là où tous les autres en alignent trois. Nous ne pouvons pas affirmer que ce numéro ne contient qu'une histoire, seulement que son relevé est plus court. C'est néanmoins le fascicule à ouvrir en premier si vous voulez comprendre comment la revue était construite, parce que c'est le seul où un intitulé et une signature se correspondent sans ambiguïté.

Le dix-neuvième, daté d'avril 1981, mérite aussi un regard. Son relevé rassemble des signatures associées à des matériaux nettement plus anciens que le reste de la série, dont celles de Jack Kirby et de Steve Ditko, sous l'intitulé « Robinson Crusoé du ciel ». Nous n'avançons aucune correspondance d'origine, les sources divergeant sur la composition de ces fascicules. La présence de ces noms à cette date explique toutefois pourquoi deux exemplaires voisins peuvent avoir un aspect très différent.

Reconnaître l'édition, et accepter qu'un relevé soit partiel

Trois éléments identifient un exemplaire sans discussion : le titre de la revue tel qu'il est imprimé, le numéro, et la date portée sur l'objet. Rien d'autre. Ni le personnage en couverture, ni un nom de créateur ne suffisent, et la raison est mesurable : Carmine Infantino apparaît dans les relevés du deuxième fascicule jusqu'au vingt-huitième, soit presque toute la durée de vie de la série. Un vendeur qui vous annonce « un numéro avec Infantino » ne vous a strictement rien appris sur la position du fascicule.

Le même raisonnement vaut pour Trevor Von Eeden, dont le nom traverse la seconde moitié de la série, du treizième au vingt-septième fascicule. Ces larges amplitudes sont au contraire utiles dans l'autre sens : si un lot vous est décrit par des noms, vous savez immédiatement que la description ne permet pas de dater, et vous demandez la couverture.

Dernier point d'honnêteté, et il vaut pour tout votre travail d'inventaire : le catalogue retient un intitulé d'histoire par fascicule, alors que les relevés de créateurs en désignent plusieurs. Le sommaire complet d'un numéro n'est donc pas documenté, et il se vérifie uniquement sur l'exemplaire, pages en main. Quand vous saisissez votre collection, notez ce que vous voyez, pas ce que vous déduisez.

Frise de parution de Hercule : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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L'état : ce qui se dégrade sur ces fascicules

La série a traversé plus de quarante ans, et les défauts se concentrent toujours aux mêmes endroits. Le dos est le premier à parler : un pli de lecture marqué au centre de la couverture signe un exemplaire lu et relu. Viennent ensuite les angles, qui s'arrondissent, et le bord supérieur du premier cahier, souvent frotté par le rangement debout.

Pour les quatre premiers numéros, de décembre 1976 à juillet 1977, ajoutez un contrôle particulier : ce sont les plus anciens, donc ceux qui ont le plus souvent servi de fond de pile, et un gondolement du papier dû à l'humidité y est plus fréquent qu'en fin de série. Vérifiez la planéité du fascicule posé à plat avant de regarder le reste.

Enfin, contrôlez la pagination en main : un fascicule privé de son cahier central se referme mal et perd l'essentiel de sa valeur.

Les pièges à l'achat

Le premier piège est celui du mot Hercule, détaillé plus haut : il vous expose à acheter un fascicule d'une autre série en croyant compléter celle-ci. Exigez toujours le titre de revue imprimé, et comparez la date à la grille trimestrielle.

Le deuxième piège vient de l'absence du nom du héros dans les intitulés d'histoire. Certaines annonces compensent en décrivant le contenu de mémoire, parfois sincèrement, parfois non. Une description de contenu n'est pas une donnée d'édition, et nous vous conseillons de n'acheter sur description que si le vendeur accepte le retour.

Le troisième piège est le lot « complet » annoncé sans décompte. La série tient en vingt-huit fascicules numérotés sans saut : un vendeur de bonne foi peut donc vous donner la liste exacte de ce qu'il a. S'il ne le fait pas, considérez que le lot est incomplet et négociez en conséquence. Le quatrième piège concerne la toute fin de la série, dont le dernier fascicule est daté de juillet 1983, soit quatre mois après le précédent : les fins de série sont souvent tirées plus court, et c'est généralement là que se situent les trous les plus coûteux à combler.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Compléter les vingt-huit numéros

Commencez par l'inventaire écrit, numéro par numéro, date en regard. Sur une série de cette taille, la liste des manques tient en trois lignes et vous évite les doublons, qui sont le vrai coût caché d'une collection de revues : vous rachetez par incertitude, pas par envie.

Ensuite, travaillez par blocs plutôt qu'à l'unité. Les fascicules d'une même année sont souvent restés ensemble chez le même ancien lecteur, et acheter un quatuor annuel coûte presque toujours moins cher, à l'exemplaire, que quatre achats séparés. Les deux premiers numéros, parus à un mois d'intervalle, se trouvent fréquemment en paire, et la fin de série est à aborder autrement : là, il faut accepter d'attendre une occasion plutôt que de courir après.

Pour les manques persistants, inscrivez-les dans une liste de recherche et laissez-la travailler. Une série courte et régulière comme celle-ci ressurgit par lots entiers lors des ventes de collections, et la patience vous coûte moins que la surenchère. Nos autres guides de collection détaillent la même méthode sur des séries plus longues.

La cote, et comment la suivre

Aucun montant ne tient dans un guide : la cote d'un fascicule dépend de son état, de sa complétude et de ce que le marché propose au moment où vous cherchez. Ce qui est stable, ce sont les rapports. Les quatre premiers numéros se négocient structurellement au-dessus du reste, par cumul de deux effets, l'ancienneté et la signature continue en tête d'affiche. Un exemplaire au dos sans pli se détache nettement d'un exemplaire lu, sur une série qui a beaucoup circulé. Et un lot complet se vend au-dessus de la somme de ses parties, parce qu'il épargne à l'acheteur le travail de recherche que vous venez de faire.

Pour suivre une collection de cette taille, la bonne granularité est le fascicule, avec son numéro, sa date et son état noté à votre main. Si vous ajoutez une ligne, ajoutez ce que vous avez vérifié sur l'objet, par exemple la présence du cahier central, et laissez vide ce que vous n'avez pas contrôlé. Un inventaire honnête vaut mieux qu'un inventaire complet mais supposé, et il se révise beaucoup plus facilement.

Questions fréquentes

Vingt-huit fascicules, numérotés de un à vingt-huit sans aucun saut. Le premier est daté de décembre 1976, le dernier de juillet 1983. C'est une série courte, qui se range dans une seule boîte et dont la liste des manques tient en quelques lignes, ce qui en fait une collection raisonnable à boucler pour qui accepte d'attendre les bonnes occasions.

Parce que le même éditeur a lancé en décembre 1976 un autre titre dont le premier fascicule porte « Hercule » comme intitulé d'histoire relevé. Un vendeur qui recopie le titre de l'histoire au lieu du titre de la revue produit donc une annonce ambiguë. Demandez une photo du bandeau de couverture et la date portée sur l'objet.

Les intitulés d'histoire conservés pour les vingt-huit fascicules ne nomment jamais Hercule. Cela ne prouve pas son absence : le catalogue ne retient qu'un intitulé par numéro, alors que les relevés de créateurs indiquent plusieurs épisodes par fascicule. La seule réponse fiable passe par la lecture de l'exemplaire, sommaire en main.

Au trimestre dans la grande majorité des cas : dix-huit des vingt-sept intervalles entre deux fascicules consécutifs valent trois mois. Quatre intervalles s'étirent à quatre mois, répartis au milieu et à la fin de la série, et quatre se resserrent à deux mois. Une saison vide ne signifie donc pas qu'un numéro vous manque.

Les quatre premiers, de décembre 1976 à juillet 1977, dont le relevé porte le même dessinateur en tête d'affiche, José Luis García-López. Ils cumulent l'intérêt graphique et la rareté propre aux débuts de série. Le quatorzième, daté de décembre 1979, se distingue autrement : il est le seul dont le relevé ne porte qu'un scénariste et qu'un dessinateur.