Flash (Arédit, 1970) : le guide de collection des 59 fascicules, illustration article

Arédit-Artima a fait paraître cinquante-neuf fascicules de Flash, numérotés d'un bout à l'autre sans le moindre saut, de mai 1970 jusqu'au début des années quatre-vingt. Le calendrier, lui, est tout sauf régulier : la cadence annuelle grimpe puis s'effondre, et c'est elle, non la notoriété d'un épisode, qui commande la disponibilité d'un numéro. Les crédits relevés au catalogue découpent ensuite le parcours en trois périodes graphiques franches, lisibles à l'intérieur même d'un exemplaire sans couverture.

Une revue à numérotation continue donne l'illusion d'une collection facile : on compte les manques, on les commande, c'est fini. Celle-ci réserve une surprise au collectionneur méthodique, et elle ne tient pas aux numéros mais aux dates et aux crédits. Le relevé du catalogue permet de reconstituer la cadence année par année, d'identifier les deux moments où la revue change de visage, et de repérer les fascicules dont personne ne sait décrire le contenu. C'est ce travail de lecture que cette fiche propose.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Flash : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Ce que publiait cette revue, titre par titre

Le titre de couverture annonce un coureur, le relevé des sommaires annonce autre chose. Le quatorzième fascicule porte pour titre principal « Aquaman », et le dix-neuvième « Duel des deux Atom ». Ces deux entrées suffisent à établir le point le plus utile à l'achat : vous n'achetez pas un périodique consacré à un seul héros, vous achetez un recueil dont la vedette de couverture change.

Le relevé pousse plus loin la bigarrure. Le trente-troisième fascicule est enregistré sous le titre « Les Justiciers », ce qui oriente vers un récit de groupe, et le cinquante-septième sous « Conan le Barbare », qui appartient à un univers étranger à tout le reste de la série. Le catalogue ne dit pas si ces titres désignent un récit complet, un épisode partiel ou une annonce. Il interdit en revanche d'inférer le contenu d'un fascicule depuis son titre principal, ce qui est déjà une consigne d'achat.

Reste une limite qu'il faut énoncer sans la maquiller. Le relevé n'enregistre qu'un titre d'histoire par fascicule, alors qu'un recueil de ce genre en empilait plusieurs. Ce qu'il vous donne est donc un plancher, jamais un sommaire : le fascicule contient au moins ce récit, et vous ignorez ce qui l'accompagne. Quiconque vous détaille un sommaire complet sans avoir l'exemplaire ouvert devant lui comble les trous de mémoire.

Une périodicité mouvante, et ce que chaque régime a laissé derrière lui

L'année 1970 ne compte que trois livraisons, espacées d'un trimestre. Un fascicule qui reste trois mois seul en linéaire se conserve mal : il traîne, on le feuillette, on l'abandonne. C'est pour cette raison que les toutes premières livraisons se présentent rarement fraîches, indépendamment de leur âge.

Le sommet de cadence se situe en 1975, seule année à porter six dates de couverture, réparties de deux mois en deux mois avec une régularité d'horloge. Ce régime soutenu a deux conséquences pour vous : les fascicules de cette tranche circulent abondamment, et ils constituent le terrain d'apprentissage idéal avant d'affronter les pièces rares de la série.

L'extinction, elle, se lit en 1983, qui ne porte que deux dates de couverture, en avril puis en juin. Une revue qui s'arrête sans l'annoncer laisse derrière elle des livraisons tirées pour un lectorat déjà rétréci. Ce sont les fascicules les plus difficiles à sortir du bois, et ils n'apparaissent presque jamais dans les lots constitués par les vendeurs.

Les numéros qui comptent dans une collection de cette revue

Le fascicule inaugural, daté de mai 1970, est enregistré sous le titre « Une mystérieuse affaire », avec John Broome au scénario et Carmine Infantino au dessin, aux côtés de Paul Parker et Ruben Moreira. Un premier numéro intéresse deux publics à la fois, celui de la série et celui des lancements en général, et cette double demande se traduit toujours par un écart de prix avec son successeur immédiat.

À l'autre bout, « Journée tranquille » ferme la revue en juin 1983, sous les signatures de Gerry Conway, Mike W. Barr et Len Wein au scénario, avec Don Heck, George Pérez et Rodin Rodriguez au dessin. Ce dernier fascicule n'a bénéficié ni de la curiosité d'un début ni de l'habitude d'un lectorat installé, et c'est la pièce qui manque le plus souvent aux séries dites presque complètes.

Un titre du relevé vaut à lui seul un avertissement. Le seizième fascicule est enregistré sous « Flash centenaire », mention qui renvoie à un décompte propre aux récits d'origine et nullement au rang du fascicule français. Tirez-en la règle : la numérotation de cette revue ne se superpose à aucune autre, et toute équivalence qu'on vous proposera entre un rang français et un rang étranger est une reconstruction, pas une donnée.

Le cinquante-sixième fascicule est le plus intéressant du lot, pour une raison qu'un collectionneur voit tout de suite. Son titre relevé s'ouvre sur la mention d'un chapitre 3. Des récits se poursuivaient donc d'une livraison à l'autre, et acheter celui-là isolément vous laisse avec un épisode privé de son amorce. Avant de l'acquérir seul, vérifiez où vous en êtes de ses voisins immédiats.

Reconnaître un exemplaire et le situer dans la série

Commencez par la bonne nouvelle, qui est aussi la plus solide : la suite des rangs est pleine, sans lacune et sans rang employé deux fois. Vous n'aurez jamais à départager deux objets différents revendiquant la même place, ni à préciser de quelle série un numéro provient. Dans cette collection, le numéro imprimé est une clé fiable, et c'est sur lui que doit reposer tout votre classement.

Les crédits, eux, fonctionnent comme un calendrier de secours. Infantino est crédité au dessin sur tous les fascicules documentés jusqu'au vingt-neuvième, le cinquième excepté, puis il ne revient plus que par intermittence. Cette rupture est nette, elle tombe au milieu de la décennie, et elle se double d'une entrée remarquable : Cary Bates apparaît au scénario au trentième fascicule, s'absente des sept livraisons documentées qui suivent, puis tient le scénario du trente-huitième jusqu'à l'avant-dernier.

La seconde bascule est aussi tranchée. Irv Novick occupe le dessin en bloc du trente-septième au cinquante-troisième fascicule, après quoi Don Heck et Alex Saviuk prennent le relais jusqu'à la clôture. Si vous tenez un exemplaire dont la couverture est illisible ou amputée, les noms portés à l'intérieur vous placent dans l'une des trois périodes avant même que vous ayez cherché une date.

L'état d'un exemplaire, jugé à l'échelle de cette série

Treize années séparent la première livraison de la dernière, et cet écart interdit de juger un lot d'un seul coup d'œil. Les fascicules du début ont vécu une décennie de plus que ceux de la fin, si bien qu'un ensemble acheté d'un bloc présente presque toujours un dégradé d'usure du rang le plus bas vers le rang le plus haut. Seule une ligne par fascicule donne un résultat exploitable.

La pagination intérieure mérite ici une attention particulière, à cause des récits à suite dont le relevé porte la trace dans la seconde moitié de la série. Une planche arrachée ne retire pas seulement de la tenue à l'objet : elle peut rendre inutilisable un épisode dont vous possédez par ailleurs la suite. Ouvrez, comptez, notez.

Quatre fiches du relevé n'indiquent aucun titre d'histoire, et l'une d'elles ne porte même pas de date de couverture. Pour ces fascicules, votre propre description est la seule qui existera : relevez le titre imprimé, les signatures lisibles et l'état, puis gardez cette note. C'est le genre de renseignement qui fait la différence le jour où vous revendez, parce que l'acheteur, lui, ne trouvera rien ailleurs.

Frise de parution de Flash : le nombre de numéros parus chaque année, et les années sans parution

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Les pièges à l'achat propres à cette revue

Le premier piège est lexical, et il coûte des recherches infructueuses. Le onzième fascicule est enregistré sous un titre qui nomme le « Capitaine Glacial », tandis que le trente-quatrième annonce le retour de « Captain Cold ». Le relevé ne permet pas d'affirmer qu'il s'agit du même adversaire, mais il montre qu'un même type de nom a été traité tantôt en français, tantôt en anglais au cours de la série. Lancez donc vos recherches sous les deux formes, sans quoi la moitié des annonces vous échappera.

Le deuxième piège est orthographique. Le titre relevé pour le vingt-troisième fascicule contient « Maître des Mirroirs », avec une faute qui se recopie d'une fiche à l'autre. Un vendeur consciencieux recopie l'original, un autre corrige, et les deux annonces deviennent introuvables l'une par l'autre. Cherchez-le avec la coquille, puis sans.

Le troisième piège tient à la nature de certaines fiches. Le vingt-deuxième fascicule est enregistré sous une accroche de couverture du type « Stop ! Ne manquez pas ce numéro ! », et aucun scénariste ne lui est associé. Ce n'est pas un récit, c'est de la réclame maison relevée comme un titre. L'enseignement dépasse ce cas isolé : une partie des descriptions disponibles pour cette revue a été établie d'après ce qui était imprimé en couverture, et non d'après ce que contenait le fascicule.

Compléter la série, et dans quel ordre s'y prendre

L'objectif est borné et connu d'avance, puisque la suite des rangs est pleine et qu'aucun hors-série n'est nécessaire à sa cohérence. Cela change la méthode : vous ne constituez pas un ensemble dont vous découvrirez les limites en chemin, vous remplissez une grille fermée. Et une grille fermée ne se remplit pas dans l'ordre de lecture.

Commencez par les années de forte cadence, au milieu du parcours. Les fascicules y sont nombreux, peu disputés, souvent vendus en lots, et vous y apprenez à juger un exemplaire sur des pièces qui pardonnent l'erreur. Remontez ensuite vers les premières années, plus avares en livraisons, où vous achèterez à l'unité et plus lentement.

Réservez pour la fin les dernières livraisons, et changez de régime à leur sujet. Plutôt qu'une recherche active qui vous fera accepter un mauvais exemplaire par lassitude, posez une veille permanente, laissez-la tourner des mois, et n'intervenez que sur une annonce correcte. C'est la seule partie de cette collection où la patience vaut mieux que l'énergie.

Ce qui fait la cote aujourd'hui

Raisonnez en rapports entre fascicules, pas en valeurs absolues, et hiérarchisez trois facteurs dans cet ordre : la position dans la série, l'état, puis la complétude de l'ensemble proposé. Le lancement et la clôture se négocient à un multiple de ce que vaut un fascicule de milieu de parcours en état comparable, et l'écart se creuse encore sur les exemplaires propres, qui se raréfient à mesure qu'on remonte vers le début.

La complétude agit selon une logique différente, qu'il faut comprendre avant de vendre. Une série entière ne vaut pas la somme de ses fascicules mais davantage, parce qu'elle dispense l'acheteur suivant de la chasse aux pièces de fin. Symétriquement, un ensemble volumineux auquel manquent justement l'ouverture et la clôture se négocie comme un lot de milieu, quelle que soit son épaisseur.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Suivre la collection sans se tromper de fascicule

Première règle de suivi, et elle est contre-intuitive : classez par rang et non par date de couverture. Le relevé montre pourquoi. Une fiche ne porte aucune date du tout, deux autres ne portent qu'une année sans mois, et ces trous suffisent à désordonner n'importe quel rangement chronologique.

Il y a mieux, ou pire. Le neuvième fascicule porte une date de novembre alors que le huitième porte décembre de la même année. Si vous rangez à la date lue en couverture, vous obtenez un ordre faux et vous finirez par croire qu'il vous manque un fascicule que vous possédez déjà. La date est une indication de contexte, le rang est la clé.

Un suivi utile pour cette revue tient donc trois colonnes par ligne : le rang, l'état constaté de visu, et ce que vous avez réellement lu dans le sommaire intérieur, puisque le titre relevé n'en rend pas compte. Ajoutez une colonne de difficulté pour vos manques, en distinguant les pièces de fin des fascicules du régime lent du début : c'est elle, et non la liste des rangs absents, qui vous dira où porter votre effort au prochain achat.

Ce qu'il faut retenir avant votre prochain achat

Cette collection est courte, fermée, sans ambiguïté de numérotation, et sa difficulté se concentre aux deux extrémités : une ouverture de mai 1970 et une clôture de juin 1983. Tout le reste de la série se négocie à la cadence de son année de parution, et c'est cette cadence, pas la notoriété d'un épisode, qui explique l'essentiel des écarts de disponibilité que vous constaterez en cherchant.

Pour la méthode, trois réflexes suffisent. Rangez au rang imprimé, puisque les dates relevées se contredisent par endroits. Datez par les signatures quand la couverture ne dit rien, puisque les trois périodes graphiques sont lisibles à l'intérieur. Et décrivez vous-même les fascicules que le relevé laisse muets : c'est la part de documentation que cette revue n'a jamais reçue, et celui qui la produit tient un avantage réel sur le marché. Les repères généraux sur le personnage complètent utilement ce travail de série.

Questions fréquentes

Cinquante-neuf, numérotés sans lacune et sans rang employé deux fois, depuis une date de couverture de mai 1970 jusqu'à la clôture de la revue. Aucun hors-série n'est requis pour que l'ensemble se tienne. C'est donc une collection dont vous connaissez la fin avant de commencer, ce qui permet de planifier les acquisitions au lieu de les subir.

Non. Parmi les titres principaux relevés figurent « Aquaman », « Duel des deux Atom » et « Les Justiciers », qui désignent d'autres figures. Il s'agit d'un recueil à vedette variable. Précision nécessaire : le relevé ne donne qu'un titre par fascicule, donc ce qui accompagnait ces récits ne se vérifie que l'exemplaire ouvert.

Pas à partir du relevé, et un titre le montre bien : « Flash centenaire » apparaît au seizième fascicule, alors qu'aucun centième rang français n'existe à cette hauteur. Les mentions de ce genre renvoient au décompte des récits d'origine. Toute table d'équivalence qu'on vous présentera est une reconstruction qu'il faut vérifier pièce par pièce.

Par les signatures intérieures. Infantino est crédité sur tous les fascicules documentés jusqu'au vingt-neuvième sauf un, Novick tient un bloc du trente-septième au cinquante-troisième, et Don Heck n'intervient qu'à partir du cinquante-quatrième. Repérer l'une de ces trois mains vous place immédiatement dans la bonne période, avant toute recherche de date.

Souvent parce qu'ils sont mal décrits plutôt que rares. Quatre fiches du relevé n'ont aucun titre d'histoire, une accroche de couverture a été enregistrée comme titre, et une faute d'orthographe se recopie dans un autre titre. Un fascicule qu'on ne sait pas nommer ne se cherche pas, il se croise. Mettez-les en veille passive.