Les Éternels sont nés dans The Eternals #1, daté de juillet 1976 et mis en vente le 13 avril 1976, écrit et dessiné par Jack Kirby. La série originale compte 19 numéros et un annuel (1976-1978). Les numéros clés sont le #1 (Éternels, Ikaris, Déviants), le #2 (première apparition complète des Célestes, dont Arishem, et d'Ajak), le #3 (Sersi sous ce nom) et le #5 (Zuras, Thena, Makkari, Olympia). Suivent quatre relances : 1985 (Peter Gillis et Sal Buscema, Phastos au #1), 2006 (Neil Gaiman et John Romita Jr.), 2008, puis 2021 (Kieron Gillen et Esad Ribić). Pour les 50 ans, Marvel a publié le 01/04/2026 un spécial anniversaire de 40 pages centré sur Ikaris et Captain America. En collection, le #1 et le #2 de 1976 restent les deux pièces maîtresses.
Il y a cinquante ans, Jack Kirby revenait chez Marvel avec une idée qu'il portait depuis longtemps : une race d'êtres immortels, créés par des géants cosmiques, qui auraient inspiré les dieux et les monstres de toutes les mythologies humaines. La série qui en sort, The Eternals, ne dure que dix-neuf numéros. Elle a pourtant fourni à Marvel l'une de ses cosmologies les plus durables, celle des Célestes, qui structure aujourd'hui une bonne partie de l'univers de l'éditeur.
Ce guide suit les numéros qui comptent, du premier fascicule de 1976 au spécial anniversaire d'avril 2026. Il ne raconte pas l'histoire d'un personnage en particulier, ni l'adaptation au cinéma : il dresse la carte des numéros clés de la franchise, et indique lesquels méritent une place dans une collection.
Le contexte de 1976 : Kirby revient avec un monde entier
Kirby avait quitté Marvel au début des années 1970 pour DC, où il avait créé le Quatrième Monde, une saga de dieux nouveaux interrompue avant son terme. De retour chez Marvel en 1975, il obtient de lancer des séries entièrement à lui. The Eternals en est la plus ambitieuse : Kirby écrit, dessine et assure la direction éditoriale de son titre.
Le concept tient en trois peuples. Les Célestes, géants en armure venus de l'espace, ont expérimenté sur les premiers hommes il y a un million d'années. Ils ont créé deux lignées : les Éternels, immortels et beaux, et les Déviants, instables et monstrueux. L'humanité ordinaire est la troisième branche. Les Célestes reviennent désormais juger leur expérience, et les Éternels comme les Déviants se préparent.
Kirby inscrit délibérément ce récit à côté de l'univers Marvel, pas dedans. Les super-héros n'y apparaissent presque pas. C'est l'une des raisons pour lesquelles la série a peu vendu à l'époque, et l'une des raisons pour lesquelles ses idées ont si bien vieilli : elles n'étaient attachées à aucune continuité.
Les numéros clés de la série de Kirby (1976-1978)
The Eternals #1 : « The Day of the Gods »
Le numéro fondateur. Il introduit les Éternels comme concept, ainsi qu'Ikaris, l'archéologue Margo Damian, le Déviant Tode et le vaisseau des Célestes. C'est le numéro que le marché associe à la franchise entière, et le premier que cherche tout collectionneur des Éternels.
The Eternals #2 : « The Celestials! »
C'est ici que les Célestes apparaissent pleinement, avec Arishem le Juge, le Céleste qui préside à leur jugement de la Terre, et l'Éternel Ajak, qui communique avec eux. Le vaisseau du #1 annonçait les Célestes ; le #2 les montre. À long terme, c'est sans doute le numéro le plus important de la série pour l'univers Marvel : les Célestes sont devenus l'une des grandes puissances cosmiques de l'éditeur.
The Eternals #3 : « The Devil in New York! »
Sersi apparaît pour la première fois sous ce nom, orthographiée « Sersy » dans le numéro. Marvel l'a ensuite identifiée rétroactivement à une Circé apparue bien plus tôt, ce qui complique son statut de « première apparition ». Le numéro introduit aussi plusieurs Déviants.
The Eternals #5 : « Olympia! »
Le numéro qui peuple la série. Il introduit Zuras, chef des Éternels, sa fille Thena, le rapide Makkari, ainsi que la cité d'Olympia, leur refuge. C'est le numéro qui transforme un récit d'exploration en saga de famille divine.
D'autres numéros complètent la série. Le #4 introduit Gammenon le Rassembleur, un autre Céleste. Le #7 (janvier 1977) présente le Céleste appelé One Above All, chef de la quatrième armée céleste. Le #8 introduit les Déviants Karkas et Ransak. L'annuel #1 (août 1977) ajoute une histoire complète. La série s'arrête au #19, daté de janvier 1978, sans que Kirby ait pu conclure tous ses fils.
| Numéro | Date de couverture | Ce qu'il apporte |
|---|---|---|
| #1 | juillet 1976 | Les Éternels, Ikaris, Margo Damian, Tode |
| #2 | août 1976 | Les Célestes au complet, Arishem, Ajak |
| #3 | septembre 1976 | Sersi sous ce nom |
| #4 | octobre 1976 | Gammenon |
| #5 | novembre 1976 | Zuras, Thena, Makkari, Domo, Olympia |
| #7 | janvier 1977 | One Above All |
| #8 | février 1977 | Karkas, Ransak |
| Annuel #1 | août 1977 | Histoire complète |
| #19 | janvier 1978 | Dernier numéro de Kirby |
Les relances : quatre lectures d'une même idée
Après Kirby, Marvel a relancé la série quatre fois, à chaque fois avec une approche différente. Aucune de ces relances n'a la valeur historique de 1976, mais chacune a ajouté quelque chose à la franchise.
Eternals (1985) : douze numéros
Cette mini-série rattache franchement les Éternels au reste de l'univers Marvel. Le #1 introduit plusieurs personnages, dont Phastos, l'Éternel inventeur qui a pris de l'importance dans les récits récents et au cinéma.
Eternals (2006) : sept numéros
Gaiman reprend le concept de zéro : les Éternels ont oublié qui ils sont et vivent comme des humains ordinaires. Ikaris doit les réveiller un par un. C'est la meilleure lecture pour découvrir la franchise sans avoir lu Kirby, et un bel objet grâce au dessin de Romita Jr.
Une série de neuf numéros suit en 2008, dessinée par Daniel Acuña, qui prolonge le statu quo installé par Gaiman. Elle est moins connue et se trouve aisément.
Eternals (2021) : douze numéros
Gillen pose une règle simple et cruelle : chaque fois qu'un Éternel est ressuscité, une vie humaine est prise pour payer. Il replace Thanos, Éternel de Titan, au centre des enjeux. La série est accompagnée de plusieurs numéros uniques (Thanos Rises, Celestia, The Heretic) et débouche sur l'événement A.X.E.: Judgment Day de 2022.
La parenté entre les Éternels de Kirby et ceux de Titan, la lignée de Thanos, n'existait pas en 1976 : Thanos était apparu trois ans plus tôt dans une autre série, et c'est la continuité ultérieure qui a rapproché les deux branches. Pour le collectionneur, cela signifie que les numéros de Thanos ne sont pas des numéros des Éternels, même si les récits récents les mêlent.
Le spécial des 50 ans (1er avril 2026)
Eternals 50th Anniversary Special #1
Marvel a marqué les cinquante ans du concept de Kirby par un numéro unique de 40 pages. Son récit principal réunit Ikaris et Captain America, avec des retours en arrière sur des Déviants et l'Hydra de la Seconde Guerre mondiale. C'est un hommage ponctuel, pas le premier numéro d'une série régulière.
Que collectionner en priorité
Le #1 et le #2 de 1976
Ce sont les deux pièces maîtresses. Le #1 pour la naissance des Éternels et d'Ikaris, le #2 pour les Célestes. Si vous ne devez en garder que deux, ce sont eux.
Le #3 et le #5
Ils complètent le noyau des personnages : Sersi, Zuras, Thena, Makkari. Ils restent généralement plus accessibles que les deux premiers, et donnent une collection cohérente des fondations.
La série de Kirby complète
Dix-neuf numéros et un annuel, c'est une suite courte. La compléter en état homogène est un objectif à la portée de la plupart des collectionneurs, et c'est la manière la plus juste de rendre hommage à l'œuvre de Kirby.
Les relances pour la lecture
Les séries de 2006 et de 2021 se lisent volontiers en recueil. Leurs premiers numéros, et le #1 de 1985 pour Phastos, ajoutent des repères sans grande dépense.
Le film de 2021 a ramené l'attention sur la franchise, avec un effet inégal selon les personnages. Notre article Les Éternels, le film face aux comics détaille les écarts entre l'écran et les numéros cités ici.