East of West #1 est le premier fascicule de la série d'Image Comics signée Jonathan Hickman au scénario et Nick Dragotta au dessin, avec Frank Martin aux couleurs, daté de mars 2013. Dans des États-Unis fracturés en sept nations, la Mort, l'un des Quatre Cavaliers, se remet en route pour un compte personnel. Les collectionneurs le cherchent parce que c'est le lancement d'une œuvre en 45 numéros, tenue d'un bout à l'autre par ses créateurs.
Rares sont les lancements dont on peut dire, plus de dix ans après, que la série a tenu tout ce qu'elle annonçait. East of West #1 est de ceux-là : le fascicule pose un monde, une carte, un cavalier et un silence, puis l'œuvre déroule ces éléments jusqu'au numéro 45 sans changer de scénariste ni de dessinateur. Pour un collectionneur, c'est un argument plus solide que n'importe quelle rumeur d'adaptation.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le numéro : mars 2013, la Mort reprend la route
East of West #1 porte la date de mars 2013 sur sa couverture et sort chez Image Comics. Jonathan Hickman écrit, Nick Dragotta dessine, Frank Martin met le tout en couleurs et Rus Wooton compose le lettrage. Ces quatre noms forment l'équipe de toute la série, jusqu'au dernier numéro, ce qui est exceptionnel pour un mensuel de cette durée.
Le décor est le plus singulier du fascicule. Les États-Unis n'y forment plus un seul pays mais sept nations, et le récit les regarde comme un puzzle brisé dont chaque morceau a sa politique, son peuple et sa religion. Au centre de ce monde se trouve la Mort, l'un des Quatre Cavaliers de l'Apocalypse, représenté ici comme un homme armé, à l'allure de pistolero, qui a quitté son rôle pour une raison qui ne se découvre que progressivement. Le premier numéro fixe son apparence et la tension entre sa quête personnelle et la fin du monde qui menace.
On ne trouve pas dans ce fascicule une grande scène d'action au sens des comics de super-héros. Il s'agit d'une ouverture de roman : un territoire, des allégeances, un visiteur qui avance. Le lecteur n'a pas à connaître la Bible ni le western pour suivre, mais il découvrira vite que le récit emprunte à l'un et à l'autre et qu'il ne les explique pas.
Le contexte éditorial : Hickman quitte l'ombre de Marvel
Au moment du lancement, Hickman est déjà identifié comme un scénariste à grands ensembles, grâce à ses années sur Fantastic Four, comme le rappelle notre analyse de son run Fantastic Four et Doctor Doom. Il vient aussi de lancer chez Image The Manhattan Projects (2012), dessiné par Nick Pitarra, et il écrit déjà les Avengers chez Marvel. East of West arrive donc dans une période où il écrit, en parallèle, des séries de commande et des séries qui lui appartiennent.
Ce contraste explique le projet. Chez Image, aucune continuité héritée n'impose de personnage, de costume ou de chronologie : Hickman peut y construire son propre monde, avec ses propres règles. Nick Dragotta, de son côté, y trouve un format qui permet des doubles pages larges, des paysages et un trait net, parfaitement adapté à une mythologie de western. L'ensemble tranche avec la production mensuelle d'alors, qui reposait plus volontiers sur des personnages déjà installés.
Notre histoire d'Image Comics montre comment cet éditeur est devenu, après sa fondation, le lieu où les auteurs publient leurs projets les plus personnels. East of West se place nettement dans cette lignée.
Pourquoi ce numéro est devenu une clé
Le facteur principal est l'accomplissement. Il est rare qu'une série de ce format arrive à son terme avec les mêmes créateurs : les titres du genre s'interrompent, changent d'équipe ou s'étiolent. Ici, la série court de mars 2013 à 2019, soit 45 numéros, et son dénouement est conforme à l'ambition affichée dans l'ouverture. Cette cohérence donne au premier fascicule un statut de pierre fondatrice, non de simple lancement.
Le deuxième facteur est l'association Hickman et Dragotta. Elle a installé le nom de Dragotta auprès du public d'un dessinateur capable de tenir un monde entier, et celui de Hickman comme auteur capable de lancer une œuvre dense sans adosser son intrigue à un super-héros. Les collectionneurs qui suivent l'un ou l'autre ont une raison naturelle de posséder le numéro un.
Le troisième facteur est sa place dans la lecture de Hickman. Notre parcours de lecture de Hickman traite la série comme l'une des étapes de son œuvre ; ici, l'intérêt est ailleurs, dans l'objet : un lancement de 2013 que les lecteurs de la série sont nombreux à vouloir posséder en fascicule d'origine.
Ce qui fait varier la cote : état, tirage, retirages
Un fascicule de 2013 n'a ni la rareté d'un numéro ancien ni l'instabilité d'un lancement récent. Sa cote s'est installée sur plusieurs années, avec des cycles liés à la fin de la série, aux rééditions et à l'actualité de Hickman. Elle reste donc davantage commandée par l'état et par l'édition que par un effet de mode.
Le rang de tirage est le premier critère. Image a réimprimé le lancement, et les sources divergent sur le nombre exact de retirages ; ce qui compte est que chacun affiche son rang. Un premier tirage ne porte aucune mention, et un retirage en porte une. La différence de cote entre les deux est réelle, mais elle est moins spectaculaire que sur les lancements à tirage minuscule, parce que la demande s'est étalée.
L'état est le deuxième critère. Un exemplaire sorti du kiosque en 2013 n'a pas eu l'occasion d'être abîmé par les décennies, mais il a pu l'être par les manipulations : coin émoussé, pli de dos, tache sur la tranche. Comme chaque cran de grade se paie sur un fascicule moderne, un écart d'état modeste peut déplacer sensiblement le prix. Comparez toujours à des ventes conclues pour le même grade, jamais à des annonces.
Reconnaître un premier tirage d'un retirage
Le geste est toujours le même, et il vaut mieux le répéter que de s'en remettre à la mémoire. Le premier geste consiste à ouvrir le fascicule sur sa page de crédits, où figurent l'éditeur, le mois et l'éventuelle mention de réimpression. Si une mention de rang y figure (« second printing » ou équivalent), l'exemplaire est un retirage. S'il n'y en a aucune, c'est un premier tirage.
La couverture est un indice complémentaire, jamais une preuve. Les retirages peuvent changer de teinte ou d'illustration, et il existe des couvertures alternatives dès le premier tirage ; l'illustration seule ne tranche donc pas. Pour les cas douteux, les signes à vérifier sont réunis dans notre fiche pour reconnaître un premier tirage chez Image.
Ne confondez pas non plus le fascicule avec les recueils. Le premier recueil reprend les premiers numéros sous forme de livre et ne se classe pas parmi les fascicules d'origine. Les deux objets s'adressent à des besoins différents : lecture pour l'un, collection pour l'autre.
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Commencer mon essai →Les pièges à l'achat
Le premier piège est la photo du seul recto. Un retirage et un premier tirage peuvent se ressembler à quelques détails près ; sans cliché de l'indicia, vous achetez à l'aveugle. Un vendeur sérieux fournit l'intérieur sans que vous ayez à insister, et celui qui s'y refuse a généralement une raison.
Le deuxième piège est le lot « série complète ». Les 45 numéros sont rarement tous de même tirage, et l'annonce valorise parfois l'ensemble au tarif du lancement alors que le numéro un est un retirage. Décomposez le lot, comparez numéro par numéro, puis seulement négociez.
Le troisième piège concerne les exemplaires signés. La signature de Hickman ou de Dragotta, même authentique, n'est pas un gain garanti sur un fascicule de 2013 : sa valeur dépend de la preuve de provenance. Une signature sans témoin ni certificat ne vous protège de rien, et elle peut compliquer une éventuelle notation.
Les numéros voisins qui comptent aussi
Le numéro 2 et les suivants, parus dans la foulée, forment le début d'un arc dont le premier recueil est l'entrée la plus évidente dans l'œuvre. Ils n'ont pas la rareté du lancement, ce qui est une bonne nouvelle pour qui souhaite posséder la série entière sans payer chaque numéro comme une pièce de collection.
À côté de la série, The Manhattan Projects #1 (2012), également chez Image avec Nick Pitarra au dessin, est le compagnon naturel de ce lancement : même auteur, même éditeur, même logique d'œuvre autonome. Pour rattacher ces objets au reste du parcours du scénariste, notre page Jonathan Hickman rassemble les jalons, et notre dossier sur les numéros clés du run Avengers couvre sa période Marvel.
Ce que la notation change
Faire noter East of West #1 se discute au cas par cas. Pour un exemplaire sans défaut visible, la notation protège l'état et peut inscrire le tirage sur l'étiquette, ce qui supprime le risque d'ambiguïté à la revente. C'est ce deuxième apport qui compte le plus sur un lancement dont les retirages existent.
Sur le plan financier, le raisonnement est un rapport : le coût de notation et d'envoi doit rester faible par rapport au gain attendu entre un brut et un certifié. Sur un fascicule moderne, cet écart est parfois trop étroit pour justifier la démarche, surtout si la note obtenue est un cran en dessous de l'attendu. Un exemplaire que vous jugez parfait doit être regardé deux fois, car l'œil sous-estime les défauts de dos et de tranche.
Comment le suivre dans une collection
Pour un lancement qui s'inscrit dans une série de 45 numéros, la première décision est de choisir ce que vous suivez : le numéro un seul, ou toute la série en fascicules. Dans le premier cas, une ligne suffit, avec le rang de tirage lu à l'indicia, la couverture identifiée, l'état et la notation éventuelle. Dans le second, tenez un suivi par numéro et notez ceux qui manquent, en particulier les numéros intermédiaires qui se vendent moins souvent.
Ajoutez la date et la provenance de l'achat, et séparez dans vos suivis les œuvres terminées des séries en cours. East of West appartient à la première catégorie : sa cote se joue désormais sur la durée, non sur l'attente d'un prochain numéro. Ceux qui suivent l'éditeur dans son ensemble trouveront dans le guide de collection Image une manière de classer leurs achats.
Conclusion : un lancement tenu jusqu'au bout
East of West #1 n'est pas un numéro spéculatif au sens où l'on mise sur un coup. C'est un jalon : celui d'une œuvre commencée en mars 2013, terminée par ceux qui l'avaient lancée, et dont le premier fascicule porte la promesse d'un monde cohérent. Sa valeur de collection repose sur le tirage, l'état et la cohérence du parcours plus que sur une première apparition.
Si vous cherchez un exemplaire, contrôlez l'indicia, demandez un cliché de l'intérieur et comparez à des ventes conclues. Si vous le possédez, notez son rang de tirage dès aujourd'hui : cette seule information fera la différence entre un exemplaire de lecture et une pièce de collection.
Votre East of West #1 de mars 2013 est-il un premier tirage ? Faites-le identifier avant de le classer ou de le revendre.
Estimer mon comicQuestions fréquentes
La série est écrite par Jonathan Hickman et dessinée par Nick Dragotta, avec Frank Martin aux couleurs et Rus Wooton au lettrage. Le numéro un est publié par Image Comics avec la date de mars 2013. La série compte 45 numéros, et ses créateurs sont restés les mêmes jusqu'à la fin.
Oui, dans le cadre de cette série : le fascicule présente le personnage de la Mort tel que Hickman et Dragotta l'ont conçu, dans des États-Unis éclatés en sept nations. Il s'agit d'une création propre à l'œuvre, sans rapport avec un personnage d'un autre éditeur, ce qui évite toute ambiguïté de continuité.
La réponse se trouve sur la page de crédits du fascicule. Un retirage y affiche son rang, par exemple « second printing » ; le premier tirage n'en porte pas. L'aspect de la couverture peut aider, mais il ne prouve rien. Le nombre exact de retirages varie selon les sources, vérifiez donc exemplaire par exemplaire.
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est recommandé : la série se lit en continu, et le monde ne se comprend qu'au fil des numéros. Les recueils conviennent mieux à la lecture. Le fascicule d'origine, lui, se choisit pour la collection, avec son rang de tirage et son état comme seuls critères.
Aucune adaptation n'est confirmée à ce jour, et nous n'en tenons pas compte dans l'analyse. La cote d'un fascicule de 2013 se joue sur le rang de tirage, l'état, la couverture et la réputation durable de l'œuvre achevée. Se fier à un projet d'écran non confirmé serait un pari, pas une méthode.