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Un comic fake se détecte sur sept critères concrets : papier (newsprint crème jauni vs blanc moderne), encre (pigments désaturés vs saturés brillants), code-barre (absent avant 1974), taille (Golden Age 25,9 × 17,8 cm vs reprints souvent 25,4 × 16,8 cm), indicia (texte légal d'origine vs double mention « Reprint » ou « Facsimile Edition »), masse (35 g pour un original Silver Age vs 45-55 g pour un reprint papier blanc) et fluorescence UV (papier 1938-1970 reste mat sous lampe 365 nm, alors que les papiers blanchis chimiquement émettent une lueur bleutée). Trois titres concentrent 80 % des arnaques en 2026 : Action Comics #1 (1938), Incredible Hulk #181 (1974) et Amazing Fantasy #15 (1962).

Le marché des comics fakes et reproductions explose depuis la flambée des prix des key issues post-2020. Là où un Action Comics #1 en CGC 6.0 dépasse les six millions de dollars en vente Heritage, là où un Hulk #181 en CGC 9.8 frôle les soixante mille dollars, l'écart entre l'original et son reprint clandestin devient une rente pour faussaires organisés. La frontière entre reproduction légale (facsimile officiel Marvel, fac-similé DC, reprint promotionnel) et contrefaçon pure (impression pirate Mexique, Hong Kong, Bulgarie) est devenue floue pour la majorité des collectionneurs français qui découvrent ce marché via brocantes, vide-greniers ou marketplaces en ligne.

Ce guide donne une méthode d'authentification en sept points testée par les graders professionnels CGC, CBCS et PGX, illustrée par les trois reproductions les plus dangereuses en circulation : Action Comics #1 (1938), Detective Comics #27 (1939) et Marvel Comics #1 (1939). Il détaille également les outils indispensables (loupe x10, lampe UV 365 nm, papier pH), les pièges classiques tels que le fake newsstand Hulk #181 ou le reprint mexicain d'Amazing Fantasy #15, et la marche à suivre juridique si vous découvrez après achat qu'on vous a vendu un faux. Pour un parcours d'achat sécurisé, complétez avec notre checklist d'achat de comics d'occasion en 2026.

Reproductions populaires : Action Comics #1, Detective #27, Marvel Comics #1

Trois titres du Golden Age concentrent à eux seuls la quasi-totalité des reproductions frauduleuses qui circulent en Europe : Action Comics #1 (juin 1938, première apparition de Superman), Detective Comics #27 (mai 1939, première apparition de Batman) et Marvel Comics #1 (octobre 1939, première apparition de Human Torch et Sub-Mariner). Ces trois fascicules combinent une cote stratosphérique (entre 1,5 et 6 millions de dollars pour les exemplaires CGC 6.0 et plus), une rareté absolue (moins de 100 copies recensées pour chacun) et une iconographie immédiatement reconnaissable, ce qui en fait des cibles idéales pour les faussaires depuis les années 1970.

Action Comics #1 a connu quatre vagues de reproductions documentées. La première date de 1974, quand DC a publié un reprint cartonné officiel « Famous First Edition F-4 » de 64 pages reproduisant fidèlement l'intégralité du contenu, vendu 1 dollar à l'époque. Ce reprint, parfaitement identifiable par son format plus grand (28 × 21 cm contre 25,9 × 17,8 cm pour l'original), reste légal et a une valeur de collection modeste autour de 80 à 150 euros. La deuxième vague concerne les promotionnels Nestlé de 1988 distribués par lots dans les céréales américaines, sur papier blanc moderne avec mention « Nestlé Quick » au verso. La troisième et la quatrième vague sont entièrement clandestines : impressions Hong Kong des années 1990-2000 et impressions Bulgarie post-2015, toutes deux destinées à tromper les acheteurs en ligne.

Detective Comics #27 suit le même schéma. Le reprint officiel « Famous First Edition C-28 » de 1974 reste l'objet le plus souvent confondu avec l'original par les héritiers qui découvrent un exemplaire dans la bibliothèque familiale. Ce reprint mesure 33 × 25 cm, soit nettement plus grand que l'original Golden Age. Les contrefaçons modernes utilisent en revanche le format original 25,9 × 17,8 cm et exigent une analyse plus poussée du papier et de l'encre. Marvel Comics #1 est lui aussi disponible en facsimile officiel depuis 2019 (Marvel Comics #1 Facsimile Edition), vendu 5,99 dollars, qui reproduit le contenu page pour page avec mention « Facsimile Edition » dans la marge inférieure. Pour comprendre la mécanique d'authentification d'un facsimile officiel récent, consultez notre comparatif Amazing Fantasy #15 facsimile vs original.

Les autres key issues régulièrement reproduits incluent Whiz Comics #2 (1940, première apparition de Captain Marvel), Captain America Comics #1 (1941), Batman #1 (1940), All-Star Comics #8 (1941, première de Wonder Woman) et Superman #1 (1939). Sur le marché français, les reproductions de Batman #1 et Captain America #1 sont les plus fréquemment vues sur Leboncoin, Vinted et eBay France, souvent annoncées comme « originaux famille » à des prix entre 3 000 et 15 000 euros, alors qu'il s'agit dans 95 % des cas du reprint Famous First Edition de 1974 ou d'une contrefaçon plus tardive.

Facsimile editions Marvel et DC : la réédition officielle clairement marquée

Marvel a lancé sa ligne Facsimile Edition en 2018 pour rendre accessibles les numéros historiques aux nouveaux lecteurs sans débourser des sommes prohibitives. Chaque facsimile reproduit page pour page le contenu original, y compris les publicités d'époque (Kellogg's, Charles Atlas, kits de magie), l'éditorial, le courrier des lecteurs et les annonces de prochains numéros. Le prix de vente conseillé oscille entre 4,99 et 6,99 dollars selon l'épaisseur. Marvel a publié à ce jour plus de trente titres en facsimile : Amazing Fantasy #15, Tales of Suspense #39, Journey into Mystery #83, X-Men #1, Avengers #1, Incredible Hulk #181, Daredevil #1 et bien d'autres.

L'identification d'un facsimile Marvel se fait en trois secondes par lecture du bas de couverture : la mention « FACSIMILE EDITION » est imprimée en lettres noires fines dans la marge inférieure, généralement entre le titre et le bord de la couverture. Un code-barre UPC noir et blanc figure également en bas à gauche, accompagné du prix moderne (4,99 $ ou 5,99 $). L'indicia, située en bas de la première page intérieure, comporte obligatoirement une double mention : le texte historique d'origine est conservé pour fidélité éditoriale, mais une seconde mention légale moderne y est juxtaposée avec la formule « Originally published in magazine form as [titre] #[numéro] » et le copyright contemporain (« © 2024 MARVEL » par exemple). Cette double indicia est exigée par le droit américain pour signaler le statut de réédition. Pour analyser en détail un facsimile précis, voyez notre étude facsimile vs original sur Amazing Fantasy #15.

DC Comics a suivi avec son programme « DC Facsimile Edition » à partir de 2019, basé sur la même logique éditoriale. Les facsimiles DC concernent principalement Action Comics #1, Detective Comics #27, Action Comics #252 (première apparition de Supergirl), Showcase #4 (première de la Flash moderne) et Brave and the Bold #28 (première Justice League). Le marquage est similaire : mention « Facsimile Edition » en couverture, code-barre UPC, double indicia légale. Ces rééditions officielles, vendues entre 4,99 et 7,99 dollars, ne posent aucun problème d'authentification : tout exemplaire vendu au-delà de 50 euros sans contexte de collection (signature d'auteur, variant Foil) doit être considéré comme une tentative d'arnaque. Pour vérifier une signature certifiée sur un facsimile, vous pouvez utiliser l'outil officiel décrit dans notre guide CGC Lookup Verify Certification.

Le prix de revente d'un facsimile sur le marché secondaire reste très modeste : 8 à 15 dollars pour un exemplaire brut en état NM/M, 35 à 55 dollars pour une copie CGC 9.8 et 80 à 100 dollars pour les rares CGC 10.0. Les variantes (Director's Cut, couverture Foil, signature series) tirent ponctuellement les prix à la hausse mais l'écart avec un original reste astronomique : plus de 99 999 % de différence pour Amazing Fantasy #15 ou Action Comics #1. Cette transparence du marché rend impossible toute confusion légitime entre facsimile et original, ce qui transforme tout vendeur qui présente un facsimile comme « original » en cas d'escroquerie caractérisée au sens de l'article 313-1 du Code pénal français.

Méthodes d'authentification en sept points : papier, encre, code-barre, taille, indicia, masse, UV

L'authentification d'un comic suit un protocole en sept étapes complémentaires. Aucun critère pris isolément ne suffit, mais la convergence d'au moins cinq critères positifs sur sept établit un niveau de confiance suffisant pour un achat hors slab CGC. Le premier critère est l'analyse du papier. Un original Golden Age (1938-1956) ou Silver Age (1956-1970) utilise un papier offset journal dit « newsprint », à pulpe acide, qui jaunit naturellement avec les années. La teinte va du crème jauni au brun clair sur les bords après soixante ans. Au toucher, le papier est fibreux, légèrement rugueux, et émet une odeur caractéristique de vanille et de terre humide due à la dégradation cellulosique. Les pages sont fines, presque transparentes par endroits.

Le deuxième critère est l'analyse de l'encre. Sur un original Silver Age, les couleurs vives (rouge, jaune, bleu) ont subi une désaturation naturelle : le rouge tire vers le terracotta, le jaune vers le moutarde, le noir bavé sur les zones blanches en raison de l'imprégnation acide. Les reproductions modernes affichent au contraire des encres saturées, uniformes, parfois légèrement brillantes en raison d'un vernis de finition contemporain. Le troisième critère est la présence du code-barre UPC. Aucun comic Marvel ou DC avant 1974 ne possède de code-barre : son introduction date de 1974 pour la distribution kiosque (newsstand) et de 1976 pour les Direct Market. Toute couverture pré-1974 portant un code-barre est par définition un reprint.

Le quatrième critère concerne la taille physique. Le format Golden Age standard mesure 25,9 × 17,8 cm. Le format Silver Age est légèrement plus compact à 25,4 × 17,1 cm. Les reprints clandestins respectent rarement ces dimensions au millimètre : les contrefaçons asiatiques sont souvent à 25,4 × 16,8 cm, et les reprints Famous First Edition de 1974 sont nettement plus grands (jusqu'à 33 × 25 cm). Le cinquième critère est la lecture de l'indicia, ce bloc de texte légal situé en bas de la première page intérieure. Un indicia d'origine mentionne l'éditeur historique (National Periodical Publications pour DC avant 1977, Atlas Magazines pour Marvel avant 1968), une adresse new-yorkaise d'époque et un copyright daté. Tout texte mentionnant « Reprint », « First Printing » suivi d'une date moderne ou « Facsimile Edition » identifie immédiatement la réédition.

Le sixième critère est la masse. Un Silver Age 32 pages original pèse 30 à 35 grammes sur balance de cuisine précise au gramme. Un facsimile ou reprint sur papier blanc moderne pèse 45 à 55 grammes pour le même nombre de pages, en raison de la densité supérieure du papier offset blanc. Le septième critère est la fluorescence ultraviolette. Sous une lampe UV 365 nm, le papier d'origine 1938-1970 reste mat ou émet une très faible luminescence orangée. Les papiers modernes blanchis chimiquement (azurants optiques) émettent une lueur bleutée immédiatement visible. Cet examen UV est l'outil de discrimination le plus rapide en présentiel et reste celui qu'utilisent les graders CGC dans leur première inspection. Pour comparer la pratique des trois services de grading, consultez notre comparatif CGC vs CBCS vs PGX.

Outils professionnels : loupe x10, lampe UV 365 nm, papier pH

Tout collectionneur sérieux investissant plus de 1 000 euros par an dans les comics devrait disposer de cinq outils d'authentification de base, dont le coût total ne dépasse pas 150 euros. Le premier outil est une loupe binoculaire x10 avec éclairage LED intégré, type « jeweler loupe » utilisée en horlogerie. Modèles recommandés : Belomo 10x21, Carson MagniFlip ou Bausch & Lomb Hastings Triplet. Cette loupe permet d'examiner la trame d'impression : un original Silver Age présente une trame offset à 65 lignes par pouce (LPI) avec des points circulaires bien définis, alors qu'une impression numérique moderne affiche une trame stochastique sans motif régulier ou une trame plus fine de 150 LPI. Cette différence est immédiatement visible sous grossissement x10.

Le deuxième outil est une lampe UV 365 nm professionnelle. Attention : les lampes UV bon marché vendues en grande surface fonctionnent à 395 nm et sont inutiles pour l'authentification car elles n'excitent pas correctement les azurants optiques modernes. Privilégiez une lampe 365 nm équipée d'un filtre Wood (verre noir), modèles type Convoy S2+ Nichia 365UV ou UV-Tech UV365B. Le test consiste à éclairer la couverture et plusieurs pages intérieures dans une pièce totalement obscure : le papier d'origine pré-1970 reste mat, alors qu'un papier moderne ou un papier blanchi par restauration émet une lueur bleutée caractéristique. Cet outil détecte également les retouches au pinceau (les pigments modernes fluorescent différemment) et les colles utilisées dans les restaurations non déclarées.

Le troisième outil est un set de papier pH (bandelettes 0-14) ou un stylo testeur de pH. Un comic Golden Age non restauré présente un pH papier compris entre 4,5 et 5,5 (acidité naturelle de la pulpe newsprint dégradée). Un papier moderne mesure 6,5 à 7,5 (neutre ou légèrement basique). Une mesure pH 7+ sur un comic présenté comme datant des années 1940 ou 1950 trahit soit une restauration alcaline (désacidification), soit une contrefaçon sur papier moderne. Le quatrième outil est une balance de cuisine précise au gramme, à moins de 15 euros, pour mesurer la masse globale du fascicule et comparer aux valeurs de référence des bases CGC.

Le cinquième outil est un pied à coulisse numérique précis au dixième de millimètre, pour mesurer les dimensions exactes du fascicule, l'épaisseur des pages et celle de la couverture. Les contrefaçons modernes utilisent souvent des papiers d'épaisseur uniforme alors que les originaux présentent une couverture (couverture plus rigide en papier brillant cartonné léger) nettement distincte des pages intérieures (papier newsprint fin). Une couverture d'épaisseur identique au papier intérieur trahit immédiatement la reproduction. Pour les achats au-delà de 5 000 euros, sollicitez systématiquement une expertise par un professionnel agréé avant transaction : la procédure de pré-screening CGC ou CBCS coûte moins de 100 euros et offre une garantie économique disproportionnée par rapport au risque évité.

Pièges classiques : Hulk #181 fake newsstand, Amazing Fantasy #15 reprint mexicain

Deux arnaques récurrentes méritent une vigilance particulière car elles ciblent les key issues les plus convoités du marché 2026. La première est le Hulk #181 fake newsstand. Incredible Hulk #181 (novembre 1974) est la première apparition complète de Wolverine et l'une des trois clés majeures du Bronze Age. Sa cote en CGC 9.8 dépasse les 60 000 dollars en 2026, et les exemplaires « Mark Jewelers » (édition spéciale destinée aux bases militaires américaines, ultra-rare) dépassent les 130 000 dollars. Cette différence de valeur a inspiré une fraude spécifique : prendre un Hulk #181 standard « Direct Market » et y ajouter à la main un faux insert publicitaire Mark Jewelers entre les pages 12 et 13 pour le revendre 50 à 100 fois sa valeur.

L'authentification d'un vrai Mark Jewelers Hulk #181 passe par l'examen du papier de l'insert (papier glacé légèrement différent du newsprint des pages courantes), la lecture du motif publicitaire (logo Mark Jewelers avec adresse Texas) et l'alignement de la reliure (l'insert authentique a été inséré en usine, sa reliure suit parfaitement la couture centrale). Toute annonce de Hulk #181 Mark Jewelers vendu sans certification CGC ou CBCS doit être considérée comme suspecte. Pour creuser les variantes de prix Bronze Age, consultez notre dossier Hulk #181 Canadian Price Variant : prime collectionneur qui détaille un cas voisin d'authentification.

La seconde arnaque récurrente est le reprint mexicain d'Amazing Fantasy #15. Dans les années 1970, l'éditeur mexicain Editorial Novaro a publié sous licence Marvel une version espagnole d'Amazing Fantasy #15 sur papier newsprint local, avec couverture quasi identique à l'originale et indicia en espagnol mentionnant Editorial Novaro Mexico. Trente-cinq ans plus tard, des vendeurs peu scrupuleux retirent la quatrième de couverture en espagnol, reconstituent une indicia anglophone copiée d'un original, et vendent le résultat comme « original 1962 with restoration ». Le piège est efficace car le papier mexicain de 1972 a effectivement vieilli au jaune avec l'âge, ce qui donne l'illusion d'un papier 1962 dégradé.

L'identification se fait par trois recoupements. D'abord la lecture intérieure : malgré le maquillage de l'indicia, les bulles de dialogue intérieures restent souvent en espagnol ou comportent des traces de surimpression. Ensuite, la trame d'impression mexicaine de 1972 est nettement plus grossière (45 LPI) que celle de l'impression américaine de 1962 (65 LPI), différence visible à la loupe x10. Enfin, le format mexicain mesure typiquement 25,2 × 16,5 cm contre 25,4 × 17,1 cm pour l'original américain Silver Age. D'autres titres ont fait l'objet de reprints latino-américains avec le même schéma frauduleux : Tales of Suspense #39, Journey into Mystery #83 et X-Men #1 ont tous leurs équivalents Novaro Mexique des années 1970 régulièrement maquillés en originaux. Pour reconnaître les variantes modernes type 3e impression, voyez notre étude New Mutants #98 3rd Print Deadpool : valeur réelle.

Que faire si on découvre un fake : recours juridique contre le vendeur

La découverte d'un comic fake après achat ouvre droit à plusieurs recours juridiques selon le canal de vente et le statut du vendeur. Le premier réflexe est de documenter immédiatement le faux. Photographiez l'exemplaire sous tous les angles avec règle graduée, capturez le bas de couverture (code-barre, prix), l'indicia, la trame d'impression sous loupe et l'examen UV (la lueur bleutée trahissant le papier moderne). Conservez l'emballage d'origine, l'annonce de vente avec horodatage (capture d'écran archive.org si nécessaire), les échanges écrits avec le vendeur, la preuve de paiement et le bordereau de transport. Ce dossier sera la pierre angulaire de tout recours ultérieur.

Le deuxième geste est obtenir une expertise indépendante. Une attestation écrite d'un grader CGC, CBCS ou d'un expert agréé (Heritage Auctions Paris, ComicLink, expert près de la Cour d'appel) constitue la preuve technique opposable au vendeur. Le coût d'une telle expertise (150 à 400 euros selon la valeur du bien) reste très inférieur au préjudice et conditionne la recevabilité d'une action en justice. La troisième étape consiste à mettre le vendeur en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception en se fondant sur les articles 1641 et suivants du Code civil (vice caché) et l'article L. 217-4 du Code de la consommation (défaut de conformité), assortis si nécessaire d'une qualification pénale au titre de l'article 313-1 du Code pénal (escroquerie).

Le délai de prescription est de deux ans à compter de la découverte du vice pour l'action en garantie des vices cachés (article 1648 du Code civil) et de cinq ans pour l'action en nullité pour dol (article 2224). Si le vendeur est un professionnel (boutique, marchand inscrit au registre du commerce), la juridiction compétente est le tribunal de commerce ou le tribunal judiciaire selon le montant. Si le vendeur est un particulier sur Leboncoin, Vinted ou Facebook Marketplace, la procédure relève du tribunal judiciaire et la résolution amiable via médiateur de la consommation reste possible. Pour le cadre fiscal global d'une revente de comics en France, consultez notre dossier prescription et revente de comics en France 2026.

Pour les achats réalisés sur eBay, ComicConnect, Heritage Auctions ou Catawiki, chaque plateforme propose un programme de protection acheteur spécifique. eBay Money Back Guarantee couvre les objets non conformes à la description pendant 30 jours après réception (extensible à 90 jours pour les acheteurs au statut « Top Rated »). Heritage Auctions garantit l'authenticité de tous ses lots à vie, avec remboursement intégral en cas de contestation documentée. ComicConnect offre une garantie de 14 jours sur les achats Buy It Now. Pour éviter d'en arriver là, faites toujours réaliser une estimation gratuite préalable et privilégiez les exemplaires déjà certifiés CGC ou CBCS. Pour la lecture d'un slab restauré, lisez notre dossier CGC restored purple label et décote et celui sur CGC qualified green label : quand acheter. Pour des achats sûrs, démarrez avec notre catalogue de comics authentifiés.

FAQ — Comics fakes et reproductions

Comment distinguer en moins d'une minute un original d'un facsimile Marvel ou DC ?

Trois gestes suffisent. Premièrement, regardez le bas de la couverture : tout facsimile officiel Marvel ou DC publié depuis 2018 affiche une mention « Facsimile Edition » imprimée en lettres noires fines dans la marge inférieure, accompagnée d'un code-barre UPC moderne et d'un prix actuel (4,99 $ ou 5,99 $). Deuxièmement, ouvrez à la première page intérieure et lisez l'indicia : un facsimile présente obligatoirement une double mention légale avec la formule « Originally published in magazine form as » et un copyright moderne (par exemple « © 2024 MARVEL »). Troisièmement, examinez le papier : un original Golden Age ou Silver Age présente un papier crème jauni fibreux, alors qu'un facsimile utilise un papier blanc moderne lisse et uniforme. Ces trois critères convergents éliminent toute ambiguïté.

Un comic vendu en brocante 50 € présenté comme Action Comics #1 original est-il forcément un faux ?

Oui à 99,9 %. Le census CGC pour Action Comics #1 ne dépasse pas 90 exemplaires recensés en grade gradé, dont moins de 10 en CGC 6.0 ou plus. Tout exemplaire identifié comme original 1938 vaut au minimum 500 000 dollars même en grade 0,5 (Poor). Un Action Comics #1 vendu à moins de 50 000 euros sans certification CGC ou CBCS est statistiquement une reproduction (réimpression officielle Famous First Edition de 1974, promotionnel Nestlé 1988, contrefaçon asiatique ou bulgare). Si l'exemplaire mesure plus de 26 cm de hauteur ou présente un code-barre UPC, c'est un reprint. Si le papier est blanc moderne, c'est un facsimile DC officiel valant 5 à 30 euros sur le marché secondaire.

Quels comics doivent absolument passer par un grader CGC ou CBCS avant achat ?

Tout comic dont la cote dépasse 500 euros mérite un grading professionnel préalable. La règle pratique des collectionneurs avertis : si la valeur attendue dépasse trois fois le coût d'un grading CGC Economy (environ 35 dollars pour un comic moderne, 75 dollars pour un Golden Age), le grading est rentable. Concrètement, cela concerne tous les key issues Marvel et DC d'avant 1980 (Amazing Fantasy #15, Action Comics #1, Hulk #181, X-Men #1, Tales of Suspense #39, Detective Comics #27, Showcase #4, Brave and the Bold #28), les variantes rares modernes (New Mutants #98, Walking Dead #1) et tous les exemplaires signés. Le slab CGC ajoute une couche d'authentification scellée vérifiable en ligne via l'outil officiel de vérification.

Que vaut un reprint Famous First Edition de 1974 (Action Comics #1, Detective #27) ?

Les reprints Famous First Edition publiés par DC en 1974 conservent une valeur de collection modeste mais réelle. Action Comics #1 Famous First Edition F-4 se négocie entre 80 et 150 euros pour un exemplaire en très bon état, jusqu'à 250 euros pour une copie scellée dans son enveloppe d'origine. Detective Comics #27 Famous First Edition C-28 oscille entre 70 et 130 euros, et Whiz Comics #2 Famous First Edition entre 50 et 100 euros. Ces objets restent légitimes et clairement identifiables (format 33 × 25 cm bien plus grand que l'original, papier blanc, mention « Famous First Edition » sur la couverture). Ils ont leur public dans la communauté des nostalgiques DC mais ne doivent jamais être présentés ni achetés comme des originaux Golden Age.

Quelle procédure suivre si on me vend un comic fake sur Vinted, eBay ou Leboncoin ?

Quatre étapes successives. Premièrement, contactez le vendeur sous 48 heures via la messagerie de la plateforme en exposant le problème avec photos détaillées (couverture, indicia, code-barre, papier sous UV) et en demandant remboursement intégral. Deuxièmement, si pas de réponse satisfaisante sous 7 jours, ouvrez une réclamation officielle via le programme de protection acheteur de la plateforme (eBay Money Back Guarantee, Vinted Protection acheteur, signalement Leboncoin). Troisièmement, en parallèle, obtenez une expertise indépendante CGC, CBCS ou expert agréé (coût 150-400 €, délai 2-4 semaines). Quatrièmement, si le litige n'est pas résolu, mettez le vendeur en demeure par lettre recommandée en invoquant les vices cachés (article 1641 du Code civil) et envisagez une plainte pour escroquerie (article 313-1 du Code pénal) auprès du commissariat de votre domicile. La plateforme transmettra le dossier vendeur sur réquisition judiciaire.

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