Choc, publié par Arédit-Artima, compte 33 numéros échelonnés de 1972 à 1983. La série se lit en deux blocs séparés par une interruption de près de trois ans, avec une numérotation qui ne repart pas de zéro mais une équipe créative entièrement renouvelée à la reprise. Les sommaires relèvent du récit de guerre et d'espionnage. Le titre tient en un mot très courant, ce qui rend la recherche en annonces peu fiable : le numéro imprimé reste le repère à vérifier avant tout achat.
Un collectionneur qui tombe sur une pile de Choc chez un vendeur de brocante a devant lui une série courte, facile à embrasser du regard, et pourtant l'une des plus pénibles à constituer proprement. Non pas à cause de sa rareté, mais parce que son titre se confond avec un mot du vocabulaire courant et parce que sa parution s'est interrompue au milieu, ce qui scinde la quête en deux chasses qui n'ont presque rien en commun. Savoir cela avant d'acheter évite les doublons, les lacunes mal repérées et les annonces qui ne parlent pas du tout de cette revue.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que les sommaires de Choc racontent de la ligne éditoriale
Les titres relevés au catalogue dessinent un territoire net. « Flash Espionnage » ouvre le premier numéro, et la suite enchaîne « En cour martiale », « Opération Berlin », « Gestapo contre fleurs », « Dum Dum Dugan en face de la cour martiale », « Nul n'en réchappera », « La guerre est un enfer ». Le second conflit mondial, vu du côté du commando et du tribunal militaire, occupe le cœur de la revue. Pour un collectionneur, c'est une information de tri : si une annonce décrit une revue de super-héros ou de fantastique en annonçant ce titre, le doute est permis.
Cette dominante n'est pourtant pas exclusive. Le vingt-septième numéro porte « Mes ennemies les étoiles », qui n'a rien d'un récit de tranchée, et le vingt-sixième s'annonce par une formule d'appel au registre de l'étrange et de l'horreur. Le lecteur trouvait donc, dans certains fascicules, des histoires qui débordaient du cadre militaire. La revue publiait plusieurs épisodes par numéro, et le catalogue n'en retient qu'un seul : le reste du sommaire est à vérifier sur l'exemplaire, page par page.
Deux numéros confirment ce mélange par leurs crédits. Au quinzième, un dessinateur attaché au fantastique figure aux côtés des habitués du récit de guerre ; au vingt-quatrième, deux noms connus pour leur travail sur les séries costumées apparaissent dans la même liste. Si vous cherchez une planche précise, partez de l'exemplaire et non d'une table des matières reconstituée : la donnée disponible ne couvre pas tout le contenu.
Un trimestriel qui ne tient pas toujours le trimestre
La première année donne le tempo : quatre fascicules, deux datés par trimestre, deux par mois (août, puis novembre). Ce régime trimestriel se maintient globalement jusqu'au milieu des années soixante-dix, mais il connaît des accélérations qui comptent pour qui classe sa série. Le quinzième et le seizième numéro portent la même mention de troisième trimestre 1975 ; le dix-huitième et le dix-neuvième partagent de la même façon le premier trimestre 1976.
Conséquence pratique immédiate : la date portée sur la couverture ne suffit pas à ordonner les fascicules. Deux exemplaires peuvent afficher le même trimestre sans être le même numéro, et un vendeur de bonne foi qui décrit son lot par les dates produira une liste ambiguë. Classez par numéro, toujours, et demandez le numéro quand l'annonce ne donne qu'une période.
Autre irrégularité à connaître : cinq fascicules ne sont datés que par leur année, sans mois ni trimestre. Cela concerne des numéros dispersés sur toute la durée de la série, de 1973 à 1981. Vous ne pourrez donc pas reconstituer un calendrier complet, et il est inutile de chercher une précision qui n'existe pas dans les sources disponibles.
La coupure, et le nouveau départ annoncé dans le fascicule
C'est le fait structurant de cette collection. Le vingt-quatrième numéro est daté du troisième trimestre 1977 ; le suivant porte le premier trimestre 1981. Près de trois ans et demi séparent donc deux fascicules dont les numéros se suivent. La numérotation, elle, ne repart pas de zéro, ce qui écarte d'emblée le risque de confusion entre deux fascicules portant le même chiffre.
Le vingt-cinquième numéro annonce lui-même ce redémarrage : la formule relevée au catalogue parle d'une collection qui prend un nouveau départ. Autrement dit, la reprise n'est pas une déduction d'historien, elle est imprimée dans le fascicule. Pour un acheteur, cette page de présentation est un marqueur utile : sa présence situe l'exemplaire du côté de la relance, pas du premier cycle.
Le second bloc est aussi plus resserré dans le temps. De la relance à la fin, la revue tient trois années à peine, avec un rythme qui se raccourcit sur la fin : le trente-deuxième paraît en février 1983, le dernier en avril de la même année. Une série qui s'achève deux mois après son numéro précédent s'arrête rarement comme prévu, et cela se voit sur le dernier fascicule, dont nous reparlons plus bas.
Les créateurs, meilleur repère pour dater un fascicule
Si une couverture est abîmée au point que la date ne se lit plus, les crédits du sommaire renseignent mieux qu'une estimation à vue. Le premier cycle s'ouvre sur un tandem resserré : le même scénariste signe les cinq premiers numéros, accompagné d'un dessinateur dont la présence s'arrête aussi au cinquième. Dès le septième, un autre dessinateur prend le relais et devient la colonne vertébrale du premier bloc, présent sur presque chaque numéro jusqu'au vingt-quatrième, souvent associé au même scénariste.
Le second bloc change d'équipe, et il change en bloc. Un scénariste absent de tout le premier cycle apparaît au vingt-cinquième et revient jusqu'au dernier numéro ; autour de lui, des dessinateurs spécialistes du récit militaire que le premier cycle n'employait pas. Un détail amusera les lecteurs attentifs : le dessinateur des cinq premiers fascicules réapparaît dans la seconde époque, mais crédité au scénario.
Cette rupture de générique est un outil de tri. Un fascicule dont les crédits mélangent les noms du premier bloc et ceux de la relance mérite un second regard : soit la liste est incomplète, soit l'annonce confond deux exemplaires.
Chercher un titre d'un seul mot très courant
Le mot choc appartient au français de tous les jours. Tapé seul dans un moteur de recherche d'annonces, il remonte de l'électroménager, des pièces automobiles, des titres de presse, et des publications sans aucun rapport qui portent ce mot dans leur nom. C'est un problème concret, pas une coquetterie : la plupart des exemplaires en vente n'apparaîtront jamais dans une recherche formulée ainsi, et ceux qui apparaissent seront noyés.
Formulez donc votre recherche en ajoutant toujours un second terme discriminant. Le nom de l'éditeur, Arédit ou Artima, en est le meilleur ; le nom de la collection, qui figure dans les pages de présentation du quatorzième et du vingt-cinquième numéro, fonctionne également bien. Combiner le titre avec un numéro précis donne enfin les résultats les plus propres, surtout si vous ne cherchez qu'un ou deux manques.
Enregistrez plusieurs alertes formulées différemment, car les vendeurs rédigent leurs titres d'annonce de façons très variées. Acceptez aussi de parcourir les lots décrits globalement, sans détail des numéros : c'est là que se trouvent les bonnes occasions, et là qu'il faut savoir vérifier soi-même.
Vérifier le bon fascicule sur la photo d'une annonce
Puisque le titre ne discrimine rien, la photo devient la pièce décisive. Demandez une vue nette de la couverture entière, pas un cadrage serré sur une illustration : le numéro et la mention de période se lisent sur la couverture, et ce sont eux qui identifient l'exemplaire. Une annonce qui refuse de montrer le haut de la couverture laisse la question ouverte.
Demandez ensuite une vue de la dernière page quand l'achat porte sur un numéro du tout début. Le catalogue signale pour le premier fascicule une signature de dessinateur apposée sur la dernière page, ce qui en fait un point de contrôle rare et vérifiable sans connaissance préalable. Pour les autres numéros, la première page d'histoire et ses crédits permettent de confronter ce que vous voyez à ce que vous attendiez.
Méfiez-vous enfin des photos de groupe montrant une rangée de dos alignés. Sur un titre d'un seul mot, rien ne garantit que tous appartiennent à la même série, et un lot annoncé complet peut mêler deux publications homonymes : faites confirmer la liste des numéros par écrit avant de régler.
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Deux vérifications sont propres à cette série. La première porte sur les pages de présentation de la collection, que le catalogue relève comme premier élément des fascicules allant du quatorzième au dix-neuvième. Elles ont parfois été arrachées, et leur absence passe inaperçue chez un acheteur qui ne feuillette que les planches.
La seconde concerne les histoires à suite. Le dernier numéro porte au sommaire une seconde partie, ce qui veut dire que le récit commence dans un fascicule antérieur que les données ne nomment pas. Acheter le trente-troisième seul, c'est donc acheter une moitié de lecture, et c'est une raison de ne pas traiter la fin de la série comme une pièce isolée.
Les pièges propres à cette série
Le premier piège est le trou de parution pris pour une lacune de collection. Un vendeur qui propose une suite s'arrêtant au vingt-quatrième numéro ne vous cache rien : la revue s'était bel et bien interrompue là. Inversement, une annonce qui promet une continuité annuelle décrit mal ce qu'elle vend.
Le deuxième piège tient aux fascicules dont les crédits manquent. Un numéro du début des années soixante-dix n'a ni titre ni créateur relevés, et deux fascicules du milieu de la série ont un titre sans aucun nom d'auteur. Ces manques sont des manques de la documentation, pas des défauts de l'exemplaire, et un vendeur ne peut pas être tenu de les combler.
Le troisième piège est plus subtil. Un numéro du premier cycle affiche des crédits qui ne ressemblent à aucun de ses voisins, ni au scénario ni au dessin. Cela signale un sommaire d'une autre origine, et l'on ne peut rien en conclure de plus sans ouvrir le fascicule. C'est exactement le genre de cas où une correspondance avec une édition étrangère serait tentante à affirmer : la donnée disponible ne le permet pas, et mieux vaut l'écrire que l'inventer.
Compléter la série : par quel bloc commencer
Traitez la quête comme deux séries jumelles. Le premier cycle, des origines à 1977, circule dans les lots anciens et se complète souvent par paquets ; la relance du début des années quatre-vingt se trouve dans d'autres mains, souvent celles de collectionneurs qui ont suivi la collection sur sa fin. Chercher les deux avec les mêmes mots-clés et les mêmes vendeurs est le meilleur moyen de piétiner.
Dans l'ordre d'efficacité, commencez par un lot qui couvre une longue tranche continue, même avec quelques doublons, puis traitez les manques un par un. Les fascicules isolés coûtent proportionnellement plus cher que les tranches, et le surcoût des doublons est en général compensé par le temps gagné. Gardez vos doublons : ils servent d'échange auprès d'autres collectionneurs, et c'est souvent par eux que se trouvent les deux ou trois derniers numéros.
Visez enfin le dernier numéro tôt dans votre quête. Les fins de série courte figurent rarement dans les lots constitués par les premiers acheteurs, et celle-ci est tombée juste après un fascicule paru deux mois plus tôt.
Ce qui fait varier la valeur d'un exemplaire
Aucune cote fixe ne tient sur une série comme celle-ci. Ce qui pèse, par ordre d'importance, c'est l'état réel de la couverture, l'appartenance au premier cycle ou à la relance, la complétude du fascicule page par page, et la présence du titre dans un lot cohérent plutôt qu'isolé. Deux exemplaires du même numéro peuvent s'échanger dans un rapport de un à plusieurs selon ces seuls critères.
Raisonnez en rapports plutôt qu'en sommes. Un fascicule du début, net et complet, se négocie plus haut que son équivalent de la relance. À l'inverse, une tranche continue de la relance peut valoir plus que la somme de ses parties, parce qu'elle règle d'un coup le problème le plus pénible de cette collection.
Suivre sa série sans se perdre
Avec trente-trois entrées et deux blocs disjoints, un suivi écrit n'est pas un luxe. Notez pour chaque numéro trois choses : le chiffre, l'état constaté de vos propres yeux, et la mention de période portée sur la couverture. Cette troisième colonne vous évitera de reclasser deux fois les fascicules qui partagent un trimestre, et elle vous servira de preuve quand une annonce décrira un exemplaire par sa date seule.
Tenez cette liste à jour avant d'acheter, pas après. Sur un titre que les moteurs de recherche ne distinguent pas, la décision se prend vite, souvent sur une annonce qui ne restera pas en ligne, et savoir en trois secondes si le numéro proposé vous manque vaut toutes les alertes du monde. Les lecteurs qui suivent les dessinateurs plutôt que les titres trouveront d'autres pistes du côté de nos pages Captain America et Thor.
Questions fréquentes
Trente-trois fascicules, numérotés sans reprise à zéro, du premier trimestre 1972 à avril 1983. La numérotation étant continue malgré l'interruption de parution, un ensemble qui va du premier au dernier numéro sans manque est complet, même si les dates de couverture laissent un vide de plusieurs années au milieu.
Le vingt-quatrième numéro est daté du troisième trimestre 1977 et le vingt-cinquième du premier trimestre 1981. La revue s'est donc interrompue puis a redémarré, en reprenant la numérotation là où elle l'avait laissée. Le fascicule de la reprise annonce lui-même ce nouveau départ dans ses pages de présentation.
Oui. Deux numéros partagent la mention de troisième trimestre 1975 et deux autres celle du premier trimestre 1976. La datation trimestrielle n'était donc pas tenue strictement. Classez votre collection par numéro et non par date, et demandez systématiquement le numéro quand une annonce ne donne qu'une période.
Jamais seul. Associez le titre au nom de l'éditeur, Arédit ou Artima, au nom de la collection relevé dans les pages de présentation, ou directement au numéro qui vous manque. Créez plusieurs alertes formulées différemment, et vérifiez toujours sur la photo de couverture qu'il s'agit bien de cette publication.
Pas entièrement. Son sommaire comporte une seconde partie de récit, dont le début paraissait dans un fascicule antérieur que les sources disponibles ne désignent pas. Si la lecture compte autant que la collection pour vous, prévoyez d'acquérir la fin de la série par tranche plutôt que de prendre ce fascicule à l'unité.