Black Science : guide de lecture et de collection — illustration article
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Black Science se lit dans l'ordre, du premier au dernier numéro, sans détour ni série annexe. C'est une série d'une quarantaine de fascicules parue chez Image à partir de 2013, écrite par Rick Remender et dessinée d'un bout à l'autre par Matteo Scalera. Le récit est achevé : il a une fin, écrite comme telle. Pour découvrir, prenez le premier volume relié ; pour collectionner, c'est le fascicule #1 qui compte, les suivants restant abondants.

Un scientifique perce la membrane qui sépare les dimensions, entraîne sa famille et son équipe dans un saut qu'il ne maîtrise pas, et passe le reste du récit à en payer le prix.

Le concept permet de tout changer à chaque arc — décor, règles, personnages secondaires — ce qui rend la série vivante mais soulève une question pratique : par où entrer, et que faut-il réellement acquérir ? Cet article y répond, et signale ce qui distingue cette série des autres du même auteur.

Ce que raconte la série, sans rien déflorer

Grant McKay dirige une équipe de scientifiques dissidents. Il construit un appareil capable de traverser les dimensions, le met en marche avant d'en comprendre le fonctionnement, et le voyage devient incontrôlable.

Chaque saut projette le groupe dans un monde entièrement neuf, avec ses lois et ses habitants. Le dispositif n'est pas gratuit : il oblige les personnages à se reconfigurer sans cesse, et il révèle progressivement qui ils sont quand tout repère disparaît.

Le vrai sujet, sous la science-fiction, est la paternité. McKay est un homme brillant et absent, qui met ses enfants en danger pour une ambition qu'il présente comme désintéressée. Le récit ne l'excuse jamais, et c'est ce qui le sauve de la science-fiction d'aventure ordinaire.

Comment la lire

Dans l'ordre, sans exception

Contrairement à beaucoup de séries à concept, celle-ci ne se lit pas par épisodes autonomes. Chaque saut découle du précédent et les conséquences s'accumulent. Commencer au milieu n'a aucun sens.

Aucune série annexe à connaître

Il n'existe pas de dérivée, de préquelle ni de croisement obligatoire. C'est un récit clos, écrit et publié comme tel — une rareté sur ce segment.

Les volumes reliés pour découvrir

Chaque volume regroupe un arc complet. C'est le format le plus économique et le plus confortable pour une première lecture, et il évite le risque d'une série trouée.

Une fin réelle

La série s'achève sur une conclusion voulue, pas sur une annulation. C'est une information utile avant de s'engager : l'investissement de lecture n'est pas suspendu à une reprise hypothétique.

Ce que le dessin apporte au récit

Matteo Scalera dessine l'intégralité de la série, ce qui est peu courant sur une quarantaine de numéros — et c'est déterminant.

Son trait est rapide, presque esquissé, avec des contours qui vibrent. Sur une série où le décor change à chaque arc, cette nervosité fait tenir l'ensemble : les mondes se succèdent, la main reste la même. Une série de ce type dessinée par cinq personnes différentes n'aurait aucune unité.

La couleur joue un rôle au moins égal. Chaque dimension reçoit une dominante propre, si franche qu'on peut souvent situer un arc au premier coup d'œil sur une page. C'est un dispositif de lecture autant qu'un choix esthétique.

Pour un collectionneur, cela signifie que les planches de cette série se reconnaissent immédiatement, et que l'identification d'un numéro isolé par son ambiance colorée est souvent plus rapide que par son sommaire.

Les difficultés que rencontrent les lecteurs

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Un début volontairement désorientant

Le premier numéro démarre en pleine action, sans exposition. C'est un choix assumé, mais il déroute : plusieurs lecteurs abandonnent avant que le dispositif ne devienne lisible, vers la fin du premier arc.

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Une distribution large et mouvante

L'équipe compte de nombreux personnages, dont certains existent en plusieurs versions du fait des dimensions. Suivre qui est qui demande de l'attention, surtout en lecture fractionnée.

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Un protagoniste difficile à aimer

McKay est égoïste et menteur, et le récit ne le rachète pas progressivement comme le voudrait l'usage. Un lecteur qui attend une rédemption sera déçu.

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Plusieurs formats reliés coexistent

Volumes fins et éditions épaisses regroupent les mêmes chapitres selon des découpages différents. Mélanger les deux crée doublons et trous.

Ce que le dispositif des dimensions permet vraiment

Un récit qui change de monde à chaque arc peut virer au catalogue d'idées : une dimension amusante, puis une autre, sans conséquence. Ce n'est pas ce qui se passe ici, et la raison mérite d'être comprise avant de commencer.

Chaque saut est irréversible. L'équipe ne revient pas en arrière, ne répare pas ses erreurs, et compte ses morts. Les mondes traversés ne sont donc pas des décors interchangeables mais des étapes d'une dégradation continue — ce qui donne au récit une direction, là où le concept en promettait la dispersion.

Le second effet est plus subtil. Puisque les dimensions abritent des variantes des personnages, le récit peut confronter chacun à ce qu'il aurait pu devenir. C'est un procédé courant en science-fiction, mais il est ici employé pour juger les personnages plutôt que pour produire de la surprise.

Concrètement, cela veut dire qu'un lecteur ne peut pas piocher un arc au hasard, même en trouvant le décor attirant. Ce qui rend un monde intéressant, c'est l'état dans lequel les personnages y arrivent — et cet état vient de tout ce qui précède.

Côté collection : ce qui compte réellement

Sur cette série comme sur la plupart des titres d'auteur, la valeur se concentre sur un point unique.

Le premier numéro. C'est l'objet que recherche le marché, pour la raison habituelle : il a été imprimé avant que la série n'ait fait ses preuves, donc en quantité prudente. Les numéros suivants ont bénéficié de commandes en hausse et restent abondants.

Les numéros suivants n'ont pas de rareté. Complèter la série au fascicule est faisable sans difficulté ni surcoût notable. C'est une bonne nouvelle : le seul obstacle réel est le premier numéro.

Les couvertures alternatives. Elles existent sur plusieurs numéros. Comme partout sur ce segment, le mot « variante » ne dit rien du tirage : une seconde couverture largement distribuée et un tirage à ratio portent la même étiquette dans les annonces.

La question à se poser avant d'acheter au fascicule. Voulez-vous lire la série, ou posséder ses premiers numéros ? Les deux objectifs n'appellent pas le même achat.

Pour lire, les volumes reliés coûtent nettement moins cher au chapitre et se rangent mieux. Pour collectionner, seul le premier numéro justifie une recherche active — acheter les quarante autres au fascicule revient à payer une seconde fois une lecture qu'on possède déjà.

Sa place dans l'œuvre de l'auteur

C'est la série qui montre le mieux ce que Remender fait d'un concept de science-fiction, et elle occupe une position particulière dans sa production.

Elle est plus accessible que sa série fondatrice, plus ample que ses récits courts, et moins éprouvante que son récit d'adolescence — dont le sujet est frontalement autobiographique. Elle constitue de ce fait une deuxième lecture idéale : assez proche de ses obsessions pour être reconnaissable, assez différente de ton pour ne pas donner l'impression de relire.

On y retrouve intacte sa signature thématique : un protagoniste responsable de ses propres malheurs, une famille en morceaux, et une violence qui laisse des traces au lieu de se dissiper d'un épisode à l'autre.

La différence tient au registre. Là où ses autres séries sont ancrées dans un réel dur, celle-ci utilise l'appareil de la science-fiction pour mettre les mêmes questions à distance — ce qui la rend, paradoxalement, plus facile à lire.

À qui la conseiller, à qui l'éviter

La série trouve son public rapidement, et le perd tout aussi vite. Deux profils se dessinent nettement.

Elle convient à qui aime la science-fiction d'aventure sans naïveté, aux lecteurs qui acceptent qu'un récit malmène ses personnages, et à ceux qui apprécient un dessin expressif plutôt que réaliste. Elle convient aussi très bien à une lecture en volumes, chaque arc formant un bloc cohérent.

Elle ne convient pas à qui cherche un héros auquel s'identifier, ni à qui attend une science-fiction rigoureuse : les explications techniques sont sommaires et assumées comme telles. Elle convient mal, enfin, à une lecture très fractionnée — la distribution large et les variantes de personnages demandent une certaine continuité d'attention.

Ce n'est pas un jugement de valeur mais une question d'attente. La plupart des abandons signalés par les lecteurs tiennent à un malentendu de départ sur ce que la série promet.

Ce qu'il faut noter dans son catalogue

Deux séries d'informations évitent les erreurs les plus fréquentes sur ce titre.

Le format et l'édition. Fascicule, volume fin ou édition épaisse : les trois existent et recouvrent les mêmes chapitres selon des découpages différents. Sans cette précision, impossible de savoir plus tard ce qui manque réellement.

La couverture, sur les fascicules. Laquelle, et à quel ratio si l'information est connue. C'est ce qui sépare un exemplaire courant d'un exemplaire recherché, et rien sur le comic ne le rappelle.

Un catalogue qui enregistre « Black Science, tome 3 » laissera une ambiguïté permanente entre deux éditions. Le même précisant le format et l'éditeur répond en une seconde à la question de savoir si un volume proposé complète la collection ou la double.

Faut-il la lire avant ou après les autres séries de l'auteur ?

Après une première prise de contact, mais sans attendre davantage.

Commencer par elle est possible, mais son ouverture désorientante en fait un test moins fiable que d'autres titres du même auteur pour savoir si sa manière vous convient. Un lecteur qui décroche au premier arc conclura à tort que l'auteur n'est pas pour lui.

La lire en deuxième position, en revanche, fonctionne très bien : on sait alors à quoi s'attendre sur le fond, et l'on peut apprécier ce que le dispositif de science-fiction apporte de neuf. C'est aussi le moment où l'unité graphique de la série prend tout son sens, par contraste avec un autre dessinateur.

Questions fréquentes

Oui, et sur une conclusion écrite comme telle plutôt que sur une interruption. C'est une information qui compte avant de s'engager dans une quarantaine de numéros : la lecture n'est pas suspendue à une reprise éventuelle.

Non. Il n'existe ni préquelle, ni série dérivée, ni croisement obligatoire. C'est un récit entièrement autonome, ce qui reste assez rare pour être signalé sur ce type de série.

Oui, c'est un parti pris. Le récit démarre en pleine action sans exposition, et le dispositif ne devient pleinement lisible qu'au fil des premiers numéros. Si le ton vous plaît, l'effort du début est vite récompensé ; si le trouble persiste après un arc entier, la série ne se clarifiera pas davantage.

Les volumes pour lire, sans hésitation : moins chers au chapitre, complets par arc, et sans risque de série trouée. Les fascicules n'ont d'intérêt que si vous visez le premier numéro, seul objet réellement recherché de cette série.

Non, Matteo Scalera dessine l'ensemble, ce qui est peu courant sur une série de cette longueur. Cette continuité est ce qui donne son unité à un récit dont le décor change radicalement à chaque arc : les mondes se succèdent, la main reste la même. La couleur, elle, a connu plus d'un intervenant au fil de la publication, sans que le principe d'une dominante par dimension soit abandonné.

Trois formats, les mêmes chapitres

Fascicule, volume fin, édition épaisse : noter lequel évite de racheter ce qu'on possède déjà sous une autre couverture.

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