Batman #121 (1960) : première apparition de Mr. Zero, futur Mr. Freeze, illustration article

Batman n°121, daté de février 1960 et mis en vente fin 1959, contient « The Ice Crimes of Mr. Zero », premier récit d'un criminel armé d'un pistolet à glace et contraint de vivre au froid. L'attribution courante va à Dave Wood au scénario et à Sheldon Moldoff au dessin, sous la signature éditoriale de Bob Kane. Le personnage s'y appelle Mr. Zero : le nom de Mr. Freeze lui viendra de la télévision en 1966. Cette double identité explique l'essentiel des malentendus sur les annonces.

Peu de premières apparitions obligent l'acheteur à vérifier le nom du personnage avant de vérifier l'état du dos. Celle-ci, oui. Un vendeur qui écrit « 1st Mr. Freeze » sur une annonce de Batman n°121 ne ment pas forcément, mais il décrit une filiation plutôt qu'un contenu : dans les pages de ce numéro de février 1960, aucun lettrage ne porte ce nom. Savoir exactement ce que l'on achète change ici la lecture du prix demandé, la comparaison avec les ventes passées, et la façon de classer l'exemplaire une fois rentré.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité : Batman #121 (1959) : la première apparition de Mr. Freeze

Ce que contient réellement Batman n°121

La date portée sur la couverture est février 1960, ce qui place la mise en vente effective à la fin de l'année 1959 : l'écart habituel entre date de couverture et date de kiosque était alors de deux à trois mois. Les deux années circulent donc dans les annonces, et toutes les deux sont défendables selon que l'on cite le millésime imprimé ou l'année de parution. Un catalogue affiche la date de couverture ; un vendeur qui écrit 1959 ne se trompe pas.

Le récit qui intéresse le collectionneur est « The Ice Crimes of Mr. Zero ». Il installe tout l'appareillage visuel qui survivra au personnage : la combinaison, le casque transparent, l'arme qui abaisse la température, et surtout une contrainte physiologique, l'impossibilité de supporter la chaleur ambiante. Le reste du sommaire suit la formule d'alors, plusieurs récits complets sans lien entre eux, de sorte que la première apparition occupe une fraction du fascicule.

Sur les crédits, la prudence s'impose. Les comics DC de cette période ne portaient pas de générique interne, et la signature visible reste celle de Bob Kane, conformément au contrat qui liait l'auteur au personnage. L'attribution aujourd'hui retenue par les index va à Dave Wood pour le scénario et à Sheldon Moldoff pour le dessin, Moldoff ayant été l'un des principaux dessinateurs travaillant sous ce nom. Si un vendeur affirme autre chose, demandez la source plutôt que de trancher.

Dans quelle série ce numéro arrive

Février 1960 situe Batman n°121 au cœur de la période la plus décriée, puis la plus réévaluée, de la série : celle où la direction éditoriale de Jack Schiff oriente les récits vers la science-fiction de kiosque, les créatures extraterrestres, les transformations et les gadgets improbables. On y croise des numéros qui envoient Batman dans l'espace et d'autres qui le changent de forme. Le crime de rue y est rare ; l'anomalie scientifique y est la norme.

Mr. Zero naît exactement de cette logique. Ce n'est pas un gangster à la Falcone ni un psychiatre de l'absurde : c'est un accident de laboratoire, une anomalie thermique, un problème de physique habillé en criminel. Le personnage est à sa place dans ce catalogue de curiosités, et c'est précisément pour cela qu'il n'y fait presque aucune carrière sur le moment. Il ne s'inscrit dans aucune galerie de rivaux installée, contrairement à ce que la série construira plus tard autour d'autres figures.

Cette période s'achève en 1964, quand la reprise éditoriale confiée à Julius Schwartz impose le « New Look », redessine le costume avec son ovale jaune et renvoie la série vers l'enquête. Entre 1960 et 1964, la série vit donc sur un modèle que les lecteurs suivants ont largement abandonné, ce qui a pesé longtemps sur la cote de tous les numéros du bloc, numéro 121 compris. Le hub Batman détaille ce découpage par périodes.

Pourquoi la clé s'est imposée malgré tout

Le personnage doit sa survie à deux relais télévisés, et presque rien à ses apparitions imprimées des années 1960. Le premier relais est la série de 1966, qui le rebaptise Mr. Freeze et le confie successivement à trois acteurs différents, détail qui explique l'instabilité de sa silhouette dans la mémoire collective. Le nom s'impose alors, les comics l'adoptent, et Mr. Zero disparaît comme désignation.

Le second relais est décisif pour la cote : la série animée des années 1990 et son épisode consacré au personnage, écrit par Paul Dini, qui lui invente un nom civil, une femme malade placée en cryogénie et un mobile intime. Cette réécriture lui donne ce que le numéro 121 ne contenait pas du tout : une tragédie. Toutes les versions ultérieures, au cinéma comme dans les comics, partent de cette version télévisée, pas du récit de 1960.

Pour l'acheteur, la conséquence est franche. Ce que la demande valorise n'est pas ce qui se trouve dans Batman n°121 ; c'est un personnage construit trente ans plus tard, rattaché par convention à ce fascicule parce qu'il faut bien que la première apparition soit quelque part. La clé est réelle, mais elle est rétroactive, et son prix reflète une notoriété d'écran autant qu'un contenu de page.

Ce qui fait bouger la cote d'un fascicule de 1960

Sur un numéro de cet âge, le grade écrase tous les autres facteurs. Les fascicules DC de 1959 et 1960 étaient agrafés sur un papier qui jaunit vite et encollés de façon à ce que le dos se casse au premier feuilletage appuyé. La population d'exemplaires conservés en haut de l'échelle est donc étroite, et chaque cran gagné dans le haut du barème se paie beaucoup plus cher que le cran précédent : l'écart entre un exemplaire moyen et un exemplaire très frais ne se mesure pas en pourcentages mais en multiples.

Les points de contrôle utiles sont connus mais rarement vérifiés sur photo. Le pli central, qui sur ces agrafages prend souvent la forme d'une cassure blanche visible sur les deux plats. Les angles inférieurs, qui s'arrondissent par simple rangement vertical. La présence des deux agrafes et leur état d'oxydation. Et la tenue de la couleur de fond de couverture, qui sur cette génération de couvertures pâlit par bandes quand le fascicule a été exposé.

Distinguer l'original des reprises

Il n'existe pas de variante de couverture pour ce numéro : la pratique est postérieure de plusieurs décennies. Le risque ne vient donc pas des variantes mais des reprises du récit, nombreuses, parce que « The Ice Crimes of Mr. Zero » a été réimprimé au fil des anthologies et des recueils consacrés aux adversaires de Batman ou à la période Silver Age de DC. Un acheteur qui cherche le récit n'a aucune raison de payer le fascicule ; un acheteur qui cherche le fascicule doit s'assurer que ce n'est pas un recueil qui lui est proposé.

Trois repères permettent de trancher en quelques secondes sur une annonce. Le format : un fascicule de 1960 est plus grand que les comics modernes et sensiblement plus grand qu'un recueil de poche. Le prix facial imprimé sur la couverture, qui pour cette génération reste à un niveau très bas et constitue le meilleur indice d'époque. Et le quatrième de couverture, occupé par une publicité d'époque et non par un code-barres, inexistant à cette date.

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Les pièges propres à cette annonce

Le premier piège est celui du titre. Une annonce rédigée « Batman 121 1st Mr. Freeze » est commerciale, pas fausse, mais elle laisse croire à un acheteur peu informé que le personnage apparaît sous ce nom dans les pages. Demandez systématiquement une photo de la première page du récit : vous y lirez Mr. Zero, et vous saurez que le vendeur connaît son objet ou non.

Le deuxième piège est la confusion de première apparition. La version aujourd'hui populaire, avec son nom civil et son histoire conjugale, n'apparaît pas ici. Certaines annonces agrègent les deux faits et laissent entendre que l'on achète l'origine de ce personnage-là. C'est inexact : cette origine est née à la télévision dans les années 1990 et s'est ensuite installée dans les comics, bien plus tard.

Le troisième piège est la restauration non déclarée. Renforcement du dos, comblement d'un angle, nettoyage chimique du papier : ces opérations sont courantes sur des fascicules de cet âge et invisibles sur une photo de face. Un exemplaire annoncé dans un état remarquable pour 1960, sans certificat, mérite une question directe avant toute offre.

Les voisins qui méritent un regard

Dans la même série et dans la même décennie, quelques numéros structurent une collection mieux que le numéro 121 lui-même. Batman n°139, daté de 1961, introduit la première Bat-Girl, Betty Kane, qui n'a aucun rapport avec la bibliothécaire de Gotham apparue plus tard et popularisée depuis ; les deux se mélangent constamment dans les annonces, et le sujet mérite d'être traité à part sur le hub Batgirl.

Batman n°164, en 1964, marque le basculement du « New Look » et sert de borne de période : il sépare proprement la série d'avant et celle d'après, ce qui en fait un repère utile pour classer une collection de cette décennie. Plus tard, Batman n°181 introduit Poison Ivy en 1966, l'année même où la télévision rebaptise notre homme de glace, coïncidence qui dit assez combien cette année-là a compté pour la série.

Côté retours du personnage, la prudence reste de mise : il réapparaît dans la seconde moitié des années 1960, et c'est à cette occasion que le nom de Mr. Freeze passe de l'écran aux pages imprimées. Les relevés d'index ne s'accordent pas toujours sur le numéro exact à retenir comme première occurrence imprimée du nouveau nom, et c'est un point à vérifier sur l'exemplaire plutôt qu'à croire sur annonce.

Ce que la notation apporte, et ce qu'elle ne règle pas

Faire noter un exemplaire de 1960 répond à deux problèmes concrets. D'abord l'authentification de l'état, qui sur ce papier ne se juge pas en photo et que l'acheteur distant refuse de plus en plus de prendre sur parole. Ensuite la question de la restauration, puisqu'un examen professionnel la détecte et la mentionne, ce qu'aucune description de vendeur ne garantit.

En revanche, la notation ne règle pas le problème de nom qui fait la particularité de ce numéro. L'étiquette mentionne généralement la première apparition en reprenant la désignation d'usage, c'est-à-dire la plus connue, et non celle imprimée dans le récit. Un exemplaire noté peut donc porter une mention qui entretient exactement la confusion décrite plus haut. Cela ne retire rien à la valeur de la notation sur l'état, mais cela interdit de lire l'étiquette comme une description du contenu.

Sur le plan économique, la décision dépend du grade attendu. En bas et en milieu de barème, le coût et le délai d'un envoi en notation ne se rattrapent pas toujours sur le prix de revente d'un numéro aussi disponible en état moyen. En haut de barème, l'écart de cote entre crans voisins est tel que l'opération se justifie presque mécaniquement. Un avis préalable sur l'état évite d'engager des frais pour rien, et notre estimation sert exactement à cela.

Les sections de cette fiche, de la description du numéro aux pièges à l'achat

Comment le tenir dans une collection

Rangez Batman n°121 sous ce qu'il est, pas sous ce qu'on en dit : saisissez la série, le numéro, la date de couverture de février 1960, et notez le nom du personnage tel qu'il figure dans le récit. Ajoutez en commentaire la correspondance avec le nom popularisé ensuite : c'est cette note qui vous permettra de retrouver le fascicule dans six mois, quand vous chercherez par le nom usuel et non par celui de 1960.

Pour la conservation, ce format demande une pochette adaptée aux fascicules anciens, plus large que les pochettes standard, et un carton de soutien pleine page. Rangez verticalement, sans compression latérale, et évitez la lumière directe que cette génération de couvertures supporte mal. Si l'exemplaire est noté, conservez les photographies prises avant mise en coque : elles restent la seule trace de ce que vous aviez sous les yeux. Sur un numéro qui passe peu, tenez aussi un relevé daté de trois ou quatre ventes observées plutôt qu'une valeur unique, comme le recommandent nos guides de collection.

Ce qu'il faut retenir avant d'acheter

Batman n°121 est une clé authentique et une annonce trompeuse à la fois. Authentique parce que le personnage y naît réellement, avec son arme et sa contrainte au froid. Trompeuse parce qu'il n'y porte pas le nom sous lequel on le cherche, et parce que l'histoire tragique qui fait aujourd'hui sa réputation n'y figure sous aucune forme. Acheter en connaissance de cause signifie accepter ce décalage, pas l'ignorer.

Concrètement : exigez une photographie du pli central et de la première page du récit, vérifiez le prix facial pour écarter les reprises, et n'alignez votre offre sur une vente récente qu'après en avoir trouvé deux autres. Sur un fascicule de cet âge, cette discipline coûte quelques minutes et préserve souvent l'équivalent de plusieurs crans de grade.

Vous avez un Batman n°121 ou un autre fascicule DC du début des années 1960 et vous voulez savoir où il se situe avant de le faire noter ou de le vendre ?

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Questions fréquentes

Non. Dans le récit de ce numéro, daté de février 1960, il porte le nom de Mr. Zero. La désignation Mr. Freeze apparaît avec la série télévisée de 1966, puis s'installe dans les comics. Les annonces emploient presque toutes le nom moderne, par commodité commerciale, mais aucune page du fascicule ne le contient.

Les deux sont défendables. La couverture porte février 1960, mais la mise en vente s'est faite à la fin de 1959, l'écart habituel étant alors de deux à trois mois. Les catalogues retiennent la date de couverture. Un vendeur qui écrit 1959 décrit la parution réelle, ce n'est pas une erreur.

Pas du tout. Ce mobile intime vient de la série animée des années 1990, écrite par Paul Dini pour cet épisode, qui donne au personnage un nom civil et une tragédie conjugale. Le récit de 1960 ne propose qu'une anomalie thermique et un vol. Toute annonce qui lie les deux induit l'acheteur en erreur.

Regardez trois choses sur les photos : le prix facial imprimé, qui pour 1960 reste à un niveau très bas, le quatrième de couverture, occupé par une publicité d'époque et jamais par un code-barres, et le format, plus grand que les comics actuels. Un recueil ou un facsimilé échoue sur au moins un de ces trois points.

Cela dépend du grade attendu. En état moyen, les frais et le délai se rattrapent mal sur un numéro assez disponible dans cette tranche. En haut de barème, l'écart de cote entre crans voisins rend l'opération presque systématique. Faites évaluer l'état avant d'engager l'envoi, et photographiez l'objet avant mise en coque.