Aventures Fiction (Arédit-Artima, 1958) : le guide de collection, illustration article

Aventures Fiction, publiée par Arédit-Artima, compte vingt-neuf numéros parus de mars 1958 à septembre 1960. Le catalogue en donne la numérotation complète, sans trou, et des crédits de science-fiction américaine dominés par Gardner Fox, Otto Binder et Gil Kane. En revanche, les sommaires détaillés manquent : près de la moitié des numéros n'ont pour titre enregistré qu'un encart d'abonnement ou une annonce maison. C'est une série courte, bornée, et documentée de façon volontairement incomplète.

Vingt-neuf fascicules, trente et un mois de kiosque, et une documentation qui s'arrête à mi-chemin : si vous avez hérité d'une pile de ces Aventures Fiction, votre difficulté ne sera pas de savoir combien il en manque, mais de savoir ce que contient chacun de ceux que vous tenez. Cette fiche sépare ce qui est établi de ce qui reste à ouvrir sur l'exemplaire.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité de la revue Aventures Fiction : éditeur, année de lancement, contenu de l'article

Une série courte, close, et entièrement bornée

La première chose à comprendre, c'est que cette collection a une fin connue. Le catalogue enregistre vingt-neuf numéros, du premier daté mars 1958 au dernier daté septembre 1960, et la numérotation ne saute aucun rang entre les deux. Vous ne cherchez donc pas un ensemble ouvert dont on découvrirait des numéros tardifs : vous cherchez une liste fermée, et chaque case vide de votre classeur correspond à un fascicule précis que quelqu'un, quelque part, possède.

Cette fermeture change la façon de collectionner. Sur une revue qui a duré vingt ans, on constitue par tranches et on accepte de rester incomplet longtemps. Ici, l'objectif raisonnable est l'intégrale, et le raisonnement devient arithmétique : ce qui vous manque est identifiable au numéro près, ce qui rend les échanges entre collectionneurs beaucoup plus simples à négocier qu'avec une série fleuve.

Deux mois manquants, puis une régularité sans faute

Les dates de couverture racontent un démarrage hésitant. Les quatre premiers numéros se suivent de mars à juin 1958, puis le cinquième est daté août et le sixième octobre : juillet et septembre 1958 n'ont pas eu de fascicule. Pour un collectionneur, cela compte doublement. D'abord parce qu'un vendeur qui vous annonce un trou dans sa suite entre le quatrième et le sixième ne se trompe peut-être pas ; ensuite parce qu'une datation irrégulière rend inutilisable tout classement par mois sur cette première année.

À partir du sixième numéro, en revanche, la revue ne manque plus un seul mois jusqu'à son arrêt. L'année 1959 est la seule qu'elle couvre entièrement, avec un fascicule par mois de janvier à décembre, et l'ultime numéro tombe en septembre 1960 sans annonce de suite dans les données. La série s'arrête donc en pleine régularité, pas en pleine agonie éditoriale : c'est le signe d'une décision, non d'un essoufflement.

Ce détail a une conséquence pratique. Quand une revue s'arrête alors qu'elle paraissait encore normalement, le dernier numéro n'a aucune raison d'être plus rare que les autres : il a été tiré comme ses voisins. Méfiez-vous donc d'une annonce qui présente le vingt-neuvième comme une pièce difficile au motif qu'il clôt la collection.

Des titres enregistrés qui ne sont pas des titres d'histoires

C'est l'anomalie la plus parlante de ce dossier, et il faut la nommer plutôt que la masquer. Sur vingt-neuf numéros, douze n'ont pour intitulé enregistré qu'un texte de la maison d'édition : un tarif d'abonnement, une annonce invitant à lire les fictions du catalogue, un adieu aux lecteurs sur le dernier fascicule. Ce ne sont pas des récits, ce sont des pages de service qui se sont retrouvées indexées à la place du sommaire.

Cette pauvreté est elle-même une information. Elle indique que les fascicules les plus anciens de cette famille ont été relevés par des mains différentes, et que personne n'a eu sous les yeux une suite complète pour en recopier les sommaires. La concentration de ces entrées vides est d'ailleurs révélatrice : elles se massent dans la seconde moitié de la série, alors que les douze premiers numéros portent presque tous un vrai titre français. Le relevé a commencé avec soin, puis s'est essoufflé.

Il y a aussi un bénéfice inattendu. L'un de ces encarts annonce un abonnement annuel de douze numéros : c'est une preuve interne que la revue se voulait mensuelle, et elle concorde exactement avec ce que les dates montrent pour 1959. Quand la donnée manque, ce qui reste permet encore de vérifier une hypothèse.

Les histoires dont on connaît le titre français

Les titres relevés dessinent sans ambiguïté une ligne de science-fiction d'anticipation. On y lit une invasion qui ne dure qu'une heure, un dormeur de l'espace, un homme qui escroque le temps, une machine anti-invasion, un reportage spatial situé en 2159, un témoin martien. Pas de super-héros costumés dans ces intitulés, pas d'aventure terrestre : la revue vendait des récits brefs à mécanisme, construits autour d'une idée renversée en quelques planches.

Le premier numéro ouvre sur un récit intitulé « L'homme de deux mondes », et c'est aussi le seul fascicule de toute la série où le catalogue inscrit Jack Kirby parmi les dessinateurs. Que ce crédit porte sur l'histoire-titre ou sur un autre épisode du sommaire, les données ne le disent pas. Mais la coïncidence entre un premier numéro et une signature de ce poids suffit à expliquer que ce rang soit le plus demandé de la collection.

Retenez la limite : le catalogue ne donne qu'un titre par fascicule, alors qu'un petit format de cette époque en empilait plusieurs. Ce que vous lisez dans une annonce de vente comme « le sommaire » n'est donc très probablement qu'une entrée parmi trois ou quatre. La seule façon de savoir ce que contient un numéro reste de l'ouvrir et de relever les épisodes un par un.

Les signatures récurrentes et leurs bornes

Du côté des scénaristes, une signature domine tout : Gardner Fox est crédité sur vingt des vingt-neuf numéros, et sa présence court du troisième jusqu'au dernier. Otto Binder le suit de près, du premier au vingt-deuxième, après quoi son nom disparaît des relevés. Entre ces deux piliers, John Broome revient par intermittence, sur onze numéros répartis du quatrième au vingt-huitième, et Ed Herron s'arrête au dixième numéro, ce qui fait de lui un marqueur utile pour situer un fascicule dont la couverture est illisible.

Chez les dessinateurs, le trio de tête est net : Gil Kane apparaît sur dix-sept numéros, Sid Greene sur quatorze, et Greene est le seul à figurer à la fois sur le premier et sur le dernier fascicule. Carmine Infantino accompagne la série jusqu'au vingt-troisième, puis cesse d'être crédité. Deux noms, à l'inverse, n'arrivent que tard : Manny Stallman à partir du quinzième, Mike Sekowsky à partir du dix-huitième, tous deux présents jusqu'aux derniers rangs.

Cette bascule vers le milieu de la série est l'observation la plus utile du dossier. Elle signale que le réservoir de matériel réimprimé a changé en cours de route, et que les fascicules de la seconde moitié ne puisent plus dans le même fonds que ceux du début. Si vous collectionnez pour un dessinateur plutôt que pour un titre, c'est cette frontière qui doit guider vos achats, pas la date.

Les 5 questions fréquentes auxquelles répond l'article

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Ce que les crédits ne permettent pas de faire

Chaque numéro porte exactement trois noms de dessinateurs dans le catalogue, sans exception. Cette régularité n'est pas une coïncidence : elle reflète la structure du fascicule, qui empilait plusieurs épisodes, et non l'attribution d'une histoire précise. Autrement dit, les crédits sont ceux du numéro entier, pas ceux du titre affiché à côté d'eux.

Le même raisonnement vaut pour les scénaristes, dont le nombre varie d'un numéro à l'autre, avec un fascicule du milieu de 1960 pour lequel aucun scénariste n'est enregistré du tout. Et sur quatre numéros consécutifs de la fin 1958, le catalogue se contente d'inscrire une mention indiquant des auteurs divers, aveu explicite que le relevé n'a pas pu aller plus loin.

Conclusion opérationnelle, et elle est stricte : n'achetez jamais un exemplaire de cette série sur la seule promesse qu'il contient une histoire d'un dessinateur donné. Demandez des photographies des pages intérieures, en particulier des premières planches de chaque épisode, où la signature apparaît le plus souvent.

Reconnaître l'édition et ne pas se tromper d'année

Le piège d'identification, sur ce titre, porte un nom : le même éditeur a lancé en 1966 une autre revue appelée Aventures Fiction, qui n'est pas la suite de celle-ci et possède sa numérotation propre. Avant tout achat, croisez donc le numéro annoncé avec la date de couverture, et vérifiez que celle-ci tombe entre mars 1958 et septembre 1960.

En pratique, la datation est votre meilleur outil d'authentification, parce qu'elle est contrainte. Un fascicule présenté comme le douzième de cette série doit être daté d'avril 1959, et aucun autre mois n'est possible. Cette correspondance rigide entre rang et date vaut pour les vingt-quatre derniers numéros, puisque le rythme y est strictement mensuel : un écart signale soit une erreur de saisie, soit un fascicule de l'autre revue.

Évaluer un exemplaire de cette série en particulier

Deux contrôles sont propres à ce titre. Le premier concerne les pages d'abonnement. Cinq numéros de la fin 1959 et du début 1960 portent un tarif annuel dans leurs pages relevées ; si cette page comportait un bulletin détachable, son absence n'est pas une déchirure accidentelle mais un usage d'époque, et elle ne se juge pas comme un manque de papier ordinaire.

Le second concerne la reliure. Un fascicule qui empile plusieurs épisodes courts s'ouvre plus souvent au milieu qu'un récit unique, et c'est là que les agrafes cèdent d'abord. Vérifiez donc le cahier central avant la couverture : sur cette série, un exemplaire à couverture fraîche mais à cahier central détaché est courant, et c'est le défaut qui pèse le plus lourd puisqu'il met en cause la complétude du sommaire.

Pour tout le reste, raisonnez par comparaison interne plutôt que par barème. Mettez côte à côte trois exemplaires du même rang et classez-les : votre échelle relative sera plus fiable que n'importe quelle note attribuée à l'aveugle, et elle vous servira de référence pour les vingt-huit autres numéros.

Plan de l'article section par section, de la présentation générale jusqu'aux pièges à l'achat

Compléter les vingt-neuf numéros

La bonne stratégie, ici, est inverse de celle d'une série longue. Commencez par acquérir un lot du régime mensuel, c'est-à-dire la masse qui va du sixième numéro à la fin : ces fascicules circulent ensemble, se vendent ensemble, et vous donneront d'un coup l'essentiel de l'intégrale. Vous ramènerez ensuite le problème aux premiers rangs, qui se traitent à l'unité.

Gardez une trace écrite des rangs manquants et des mois correspondants, parce que c'est ce couple qui rend une recherche efficace sur ce titre. Un vendeur qui ne connaît pas la série saisira souvent le mois sans le numéro, ou l'inverse ; savoir que le quinzième est de juillet 1959 vous permet de reconnaître votre manquant dans une annonce mal décrite. Un inventaire tenu à jour, rang par rang et mois par mois, fait ce travail de rapprochement à votre place.

La cote, et ce que vaut le suivi de cette collection

Aucun barème ne s'applique utilement à un titre dont les sommaires ne sont pas publiés. La valeur se construit ici par rapports : le premier numéro se négocie à un multiple des numéros du régime mensuel, et l'écart entre un exemplaire complet de son cahier central et un exemplaire incomplet dépasse en général l'écart entre deux états de couverture. Ce sont ces proportions, et non des chiffres absolus, qui vous permettent de juger une annonce.

Cela dit, la vraie plus-value que vous pouvez apporter à ce titre est documentaire. Chaque fois que vous ouvrez un de vos fascicules et que vous relevez les épisodes qu'il contient, vous produisez une information qui n'existe nulle part sous forme structurée. Tenue numéro par numéro, cette liste finit par valoir davantage que la somme des exemplaires, parce qu'elle permet de dire enfin ce que contenait cette revue.

Pour la suite, deux réflexes suffisent. Les autres guides de collection traitent les revues françaises selon la même méthode.

Questions fréquentes

Vingt-neuf numéros, du premier daté mars 1958 au dernier daté septembre 1960. La numérotation est continue et ne présente aucun rang manquant dans le catalogue. C'est une série close, ce qui rend l'intégrale un objectif atteignable et permet d'identifier au numéro près ce qui manque à votre suite.

Les dates de couverture sautent juillet et septembre 1958 : le cinquième numéro est daté août, le sixième octobre. Ce n'est donc pas un trou dans votre collection mais un trou dans la parution. À partir du sixième fascicule, la revue devient strictement mensuelle et ne manque plus un seul mois jusqu'à son arrêt.

Parce que le relevé est incomplet. Douze fascicules n'ont pour intitulé enregistré qu'une page de service, tarif d'abonnement ou annonce de l'éditeur, et ces entrées se concentrent dans la seconde moitié de la série. Le sommaire réel de ces numéros reste à établir en ouvrant les exemplaires.

Gardner Fox est crédité sur vingt des vingt-neuf numéros, du troisième au dernier, ce qui en fait la signature structurante de la série. Gil Kane domine côté dessin. Attention toutefois : les crédits portent sur le fascicule entier, qui empilait plusieurs épisodes, et non sur le titre affiché à côté d'eux.

Par la date. Un fascicule de cette série porte forcément une date comprise entre mars 1958 et septembre 1960, et le rang correspond à un mois unique à partir du sixième numéro. Exigez systématiquement le mois en plus du numéro : c'est le seul contrôle qui tranche sans ambiguïté.