Avengers #196, daté de juin 1980, présente en pleine page le mercenaire Taskmaster (Tony Masters), après un simple caméo dans le #195 du mois précédent. David Michelinie signe le scénario, George Pérez le dessin. Le personnage copie les gestes de combat qu'il observe, et c'est ce don qui explique son retour constant depuis. Le #196 est la première apparition complète, donc le fascicule que le marché désigne comme la clé du personnage.
Dans les listes de numéros clés des années 1980, Taskmaster occupe une place à part : ce n'est ni un héros ni un grand ennemi cosmique, mais un technicien du combat dont le seul talent est de ne rien oublier de ce qu'il voit faire. Cette singularité a fait vivre le personnage quarante ans dans les seconds rôles avant que le cinéma ne le remette sous les projecteurs. Pour un collectionneur, la question se pose en deux temps : quel fascicule désigner comme « le » premier, et à quelle condition il mérite de rester dans une collection plutôt que dans une liste de souhaits.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Avengers #196 : date de parution, équipe et intrigue
The Avengers #196 porte la date de couverture de juin 1980 et paraît chez Marvel Comics. Le scénario est de David Michelinie, qui écrit la série à cette époque, et le dessin de George Pérez, l'un des artistes qui ont le plus marqué l'équipe. Les deux hommes sont crédités comme les créateurs du personnage : c'est à leur tandem que revient l'invention de Taskmaster, y compris son costume à capuche et à cape, sa tête de mort stylisée et son bouclier rond d'inspiration médiévale.
Le principe du personnage tient en une phrase : il possède ce que la série appelle des réflexes photographiques. Quand il observe un geste, il peut le reproduire. Face à des héros qui se battent chacun à sa façon, un adversaire capable d'imiter le lancer de bouclier de l'un, le tir à l'arc d'un autre et les prises d'un troisième devient un problème tactique pour l'équipe, bien plus qu'un simple costaud de plus. Le #196 est le numéro où cette idée est posée à l'écran, face aux Avengers.
Le contexte éditorial : les Avengers de 1980
En 1980, la série régulière des Avengers approche de son deux centième numéro. Michelinie en est le scénariste depuis la fin des années 1970 et ses intrigues mêlent hommes de main, intrigues d'organisations criminelles et drames d'équipe. Le recrutement d'un nouveau venu n'a rien d'exceptionnel dans la série, mais l'apparition d'un vilain qui se loue au plus offrant correspond à un air du temps : le Marvel de la fin des années 1970 aime les mercenaires à la compétence affichée.
Avec Pérez à la planche, le fascicule intéresse le collectionneur de dessinateurs autant que le lecteur de l'équipe. Son trait, d'une grande densité, convient aux pages d'ensemble où quinze personnages se croisent, et l'on comprend que le premier visuel d'un personnage dont la force est de copier les autres ait été confié à un dessinateur capable de les faire tous reconnaître d'un coup d'œil. Notre histoire des Avengers en comics replace cette période dans le fil de la série, des fondateurs aux grandes équipes de la décennie.
Du caméo du #195 à l'apparition complète du #196
Le point qui cause le plus de confusion tient à la répartition entre deux numéros. Le #195, daté de mai 1980, contient une première silhouette du personnage, sous forme de caméo. Le #196, un mois plus tard, le montre en action et passe pour sa première apparition complète. Le marché a retenu le #196 comme la clé principale, tandis que le #195 est recherché comme le numéro de la toute première trace.
Cette nuance a une conséquence pratique : si un vendeur annonce « première apparition de Taskmaster » sans préciser le numéro, il faut lui demander lequel des deux fascicules il propose. Un #195 et un #196 se ressemblent sur une étagère, et leurs usages diffèrent : le premier intéresse celui qui veut la trace chronologique, le second celui qui veut le personnage entier. Beaucoup de collectionneurs finissent par réunir les deux, car ils se suivent et se complètent à peu de frais en comparaison de ce qu'on dépense pour un seul exemplaire noté haut.
Pourquoi ce numéro est devenu une clé
Trois mouvements se sont superposés. Le premier est interne aux comics : Taskmaster est revenu à de nombreuses reprises, jusque dans des séries où il est le sujet principal, comme la mini-série confiée à Fred Van Lente en 2010. À chaque retour, une partie des lecteurs cherche l'origine, et l'origine est ce fascicule de juin 1980.
Le deuxième est le jeu vidéo : Taskmaster figure dans plusieurs titres Marvel, et ce public, qui ne lit pas forcément les comics, découvre le personnage par le combat. Sa mécanique, copier les attaques adverses, se prête naturellement à un jeu où l'on affronte un boss.
Le troisième est le cinéma. Dans Black Widow, sorti le 9 juillet 2021 aux États-Unis, Taskmaster est interprété par Olga Kurylenko. Le film transforme l'identité du personnage, qui n'y est pas Tony Masters, mais garde l'idée centrale du mimétisme de combat. Ce que le long métrage reprend du papier et ce qu'il invente est détaillé dans notre comparaison film et comics. Retenez ici que l'écran a fait connaître le nom, pas l'exemplaire : une adaptation relance l'intérêt, mais elle ne rend pas un tirage plus rare.
La cote de Avengers #196 : ce qui la fait monter ou baisser
La cote d'un Avengers de 1980 obéit à une règle simple : l'état explique la majeure partie de l'écart entre deux exemplaires. Un fascicule de cette période, imprimé sur un papier qui jaunit, avec des agrafes qui laissent des traces de rouille et un dos qui se fend à la moindre ouverture, devient très rare dès qu'il est resté propre. Entre un exemplaire fatigué et un autre presque intact, le rapport de prix se mesure en multiples plutôt qu'en pourcentages ; gravir un échelon dans les grades supérieurs suffit parfois à doubler la valeur.
Le deuxième facteur est la rareté des hauts grades. Le #196 n'est pas un fascicule introuvable en grade moyen, mais les exemplaires sans pli de lecture, au centre ferme et au papier encore clair, sont beaucoup moins nombreux. Les chiffres publiés par les sociétés de notation sur le nombre d'exemplaires évalués doivent se lire comme un plancher, puisqu'ils ne comptent que ce qui a été soumis.
Le troisième facteur est le moment du marché, qui réagit aux sorties où Taskmaster apparaît. Évitez de vous fier à un chiffre isolé : rapprochez la médiane des transactions abouties, pour le grade qui vous intéresse, des tarifs affichés par les vendeurs. Quand les deux divergent beaucoup, la cote flotte, et mieux vaut patienter jusqu'à voir une transaction se conclure au niveau espéré.
Reconnaître une édition d'une autre
Marvel écoule alors ses titres par deux voies : les kiosques à journaux, où la couverture arbore un code-barres, et les boutiques spécialisées, qui reçoivent une version dont une petite illustration remplace ce code. Le #196 a existé sous ces deux formes, et la différence saute aux yeux en bas à gauche de la couverture. Selon les cas, l'une est plus recherchée que l'autre ; il faut le vérifier sur des ventes comparables, et ne pas supposer qu'une version l'emporte toujours.
Il existe aussi, pour certains titres de l'époque, des variantes de diffusion à la marque d'un distributeur, dépourvues de code-barres. Nous ne les affirmons pas pour ce numéro précis : la vérification se fait dans le catalogue, au numéro, plutôt que dans un souvenir. Si une annonce présente une variante rare, demandez la photographie de la couverture entière et comparez-la à celle d'un exemplaire courant.
Enfin, les réimpressions ne se confondent pas avec le fascicule d'origine. Plusieurs recueils dédiés aux années Michelinie rééditent cette histoire, avec une couverture, un papier et une date sans rapport avec un exemplaire d'époque. Ils conviennent à la lecture, pas à la chasse à la première apparition. Pour trancher, vérifiez trois repères : numéro imprimé, date en couverture, millésime du copyright en page intérieure.
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Commencer mon essai →Les pièges à l'achat
Le premier piège est de confondre le #195 et le #196, comme on l'a vu. Le deuxième concerne les fascicules « complétés » ou retouchés : à cette époque, un angle de couverture reconstitué, une marque lissée sous presse ou des agrafes changées échappent souvent à une photo peu définie. Une annonce honnête montre les deux faces, le dos et l'intérieur de la couverture.
Le troisième piège tient aux marges d'interprétation du grade. Sur un fascicule de 1980, un exemplaire qualifié de « presque neuf » par un vendeur peut présenter un dos légèrement blanchi ou un petit pli au pied du dos, ce que la notation officielle sanctionne. Demandez ce que le vendeur a vérifié : centrage, coins, état des agrafes, odeur du papier, cohésion du dos.
Les numéros voisins qui comptent aussi
Le premier voisin est le #195, déjà cité, pour le caméo. Autour de ces deux numéros gravitent d'autres repères de la même période : le #181 de mars 1979, qui introduit Scott Lang, le deuxième Ant-Man, et le #200 de juillet 1980, numéro anniversaire de la série. Plus loin dans le Bronze Age, l'Annual #10 de 1981 présente Rogue, par Chris Claremont et Michael Golden, et le #221 de juillet 1982 voit She-Hulk rejoindre l'équipe.
Ces numéros n'ont pas le même poids : certains sont des clés de personnages très demandés, d'autres des jalons narratifs. Notre sélection des numéros clés Avengers du Bronze Age les replace dans un ordre de priorité, et le top 10 des numéros clés Avengers donne une vue plus large, de la série originelle aux périodes récentes.
Pour qui s'intéresse au dessinateur plutôt qu'au personnage, la logique change : le hub consacré à George Pérez regroupe les numéros à retenir de son passage sur la série et au-delà.
Ce que la notation change
Faire noter un #196 se justifie dans deux cas : vous visez un exemplaire de haut niveau que vous comptez conserver longtemps, ou vous voulez vendre sans que l'acheteur ait à vous croire sur parole. Hors de ces deux situations, garder un exemplaire sans étiquette, mais décrit avec soin, reste tout à fait raisonnable : pour un grade intermédiaire, les frais de certification, d'expédition et d'assurance représentent une part considérable de la valeur.
La notation apporte trois choses concrètes : un grade attribué par un tiers, une mention de pédigrée ou de restauration le cas échéant, et un boîtier qui protège. Elle retire une part de plaisir, puisque le fascicule ne s'ouvre plus. Les étapes, les délais et les critères figurent dans notre guide pour faire noter un Avengers.
Comment le suivre dans une collection
Dans une collection Avengers, le #196 s'insère naturellement entre le #181 et le #200, c'est-à-dire à l'intérieur du run de Michelinie. Une méthode raisonnable consiste à décider d'abord de la plage de numéros que vous voulez tenir, puis à repérer dans le catalogue ceux qui sont des premières apparitions : vous voyez alors quel est le coût relatif de votre plage et à quel endroit placer le #196 dans l'ordre d'achat.
Pour chaque exemplaire, consignez sa condition, sa version (kiosque, ou bien boutique spécialisée), le lieu et le jour de l'achat ainsi que la somme déboursée. Cette dernière donnée permet de comparer ce que le fascicule vous a coûté à sa cote d'aujourd'hui, et de peser une éventuelle revente. Une fiche bien tenue vaut mieux qu'un souvenir imprécis, d'autant que les variantes d'un même numéro s'accumulent vite.
Conclusion
La première apparition complète de Taskmaster se trouve dans Avengers #196 (juin 1980), conçu par David Michelinie et George Pérez un mois après le caméo du #195. Sa valeur dépend d'abord de l'état et de la version, ensuite du moment du marché, et très peu du simple fait qu'un film l'a mis en avant. Achetez d'abord le bon numéro, vérifiez ensuite l'édition, puis seulement le grade. Un fascicule bien identifié et correctement décrit vous protège mieux qu'une étiquette flatteuse.
Questions fréquentes
Les deux numéros comptent. Le #195, daté de mai 1980, contient un caméo ; le #196, daté de juin 1980, contient la première apparition complète. Le marché retient le #196 comme clé principale et le #195 comme trace chronologique. Demandez toujours le numéro précis avant d'acheter une annonce qui parle de « première apparition ».
Le personnage est crédité à David Michelinie, scénariste de la série à l'époque, et à George Pérez, dessinateur. Son costume et son bouclier viennent de ce tandem. L'identité de Tony Masters s'est précisée dans les histoires suivantes : pour la première apparition elle-même, retenez le duo Michelinie et Pérez.
Le film reprend l'idée du mimétisme de combat, mais change l'identité du personnage, qui n'est pas Tony Masters à l'écran. Olga Kurylenko l'interprète dans ce film sorti le 9 juillet 2021 aux États-Unis. Pour l'exemplaire, ce détail ne change rien : la première apparition reste celle de 1980.
Tout se joue en bas à gauche de la couverture. L'exemplaire de kiosque y imprime un code-barres ; celui des boutiques spécialisées y place une petite illustration. Les deux circulent pour ce numéro. Avant de payer davantage pour l'un des deux, confrontez les ventes conclues de chaque version.
Non, pas pour la collection. Les recueils consacrés à la période Michelinie reprennent l'histoire, mais ils n'ont ni la date, ni le papier, ni la valeur d'un fascicule de 1980. Ils servent à lire sans abîmer l'exemplaire. Vérifiez le sommaire au catalogue avant d'acheter, car tous les recueils ne couvrent pas les mêmes numéros.
Vous avez un Avengers de 1980 en main ? Estimez le #196 en fonction de son état et de son édition avant de décider de le faire noter.
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