Le relevé du catalogue pour Artima color superstar couvre les numéros 3 à 24, soit vingt et un fascicules recensés, tous datés de la seule année 1981. Le compte s'arrête là, et il laisse deux crans de tête hors du relevé. Chaque numéro porte un titre d'histoire unique, du Fils de Dracula à La Ligue de justice, sans rotation régulière d'un héros à l'autre. Pour un collectionneur, cela veut dire une liste de manque tenue par numéro, jamais par personnage.
Vous avez une pile d'Artima color superstar sur une étagère, et la question qui revient à chaque brocante est toujours la même : combien en manque-t-il, et comment savoir lequel ? Avec cette revue, la réponse ne s'improvise pas, parce que le relevé disponible est à la fois précis sur ce qu'il contient et muet sur ce qu'il ignore. Cet article part de ce relevé, le mesure, et dit où il s'arrête.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Ce que le relevé montre du contenu de la revue
Le premier réflexe à avoir devant cette série est de lire la colonne des titres d'histoires avant celle des numéros. Elle raconte quelque chose qu'aucune jaquette ne dit : Le fils de Dracula, Les Vengeurs, Miss Marvel, Les Défenseurs, Le Manoir des fantômes, Docteur Strange, Les Micronautes, Thor, le fils d'Odin. En neuf crans consécutifs, le lecteur passait du récit de vampires au récit d'équipe, puis au conte à chute, puis à la science-fiction de poche.
Ce n'est pas une revue à héros fixe, et c'est le point de départ de toute stratégie d'achat. Un titre comme Canari noir et Batman voisine avec Captain America et avec La Ligue de justice : les personnages viennent de deux maisons américaines différentes, ce qui interdit de raisonner par univers. Vous ne pouvez pas vous dire « je prends les numéros de tel groupe » et espérer couvrir une fourchette continue.
Deuxième enseignement : les titres d'anthologie fantastique reviennent sous une même enseigne mais pas sous une même plume. Le Manoir des fantômes apparaît deux fois dans le relevé, et les deux occurrences ne portent pas le même nom de rédacteur. Une collection organisée par « série dans la série » se heurte donc tout de suite à l'absence de continuité éditoriale : ce qui revient, c'est un format de récit, pas un feuilleton.
Le relevé commence au numéro 3, et ce que l'on peut en conclure
Voici le point de vigilance principal, et il faut le dire franchement. Le premier fascicule recensé porte le numéro 3. Les deux crans qui le précèdent n'apparaissent nulle part dans le relevé, ni avec un titre d'histoire, ni avec une date, ni avec un nom de créateur.
Ce que cela autorise à dire : le relevé est incomplet en tête, et toute liste de manque bâtie sur lui démarre avec un angle mort assumé. Ce que cela n'autorise pas à dire : qu'il n'existe pas de numéros antérieurs, ou qu'ils seraient rares, ou qu'ils auraient été distribués autrement. Un trou dans un relevé est un fait sur le relevé, pas un fait sur l'imprimerie. Les deux hypothèses restent ouvertes, et aucune ne se tranche depuis les données disponibles.
La conséquence pratique est simple. Si un vendeur vous propose un cran de tête de cette série, ne le traitez ni comme une pièce exceptionnelle ni comme une erreur de numérotation : traitez-le comme un exemplaire à décrire vous-même, photo de couverture et sommaire en main, parce que le catalogue ne vous fournira pas de référence à confronter. C'est exactement dans ces zones blanches que les descriptions de vendeurs deviennent créatives.
Des dates réduites à l'année, et ce que cela change pour trier
Toutes les lignes du relevé portent la même valeur de date : l'année 1981, sans mois et sans mention de trimestre. Aucune date n'est donnée entre crochets, aucune n'est approchée par une saison. C'est une graphie homogène, et c'est précisément ce qui la rend peu exploitable.
Pour un collectionneur, cela a trois effets concrets. D'abord, il est impossible de reconstituer un calendrier de parution depuis ces données : rien ne dit si la série était mensuelle, bimestrielle, ou publiée par vagues resserrées. Ensuite, un classement chronologique de vos fascicules ne peut pas se faire autrement que par ordre de numéro, puisque toutes les dates sont identiques. Enfin, si vous saisissez votre collection dans un outil de suivi, le champ de date ne vous servira pas à départager deux exemplaires : c'est le numéro qui porte toute l'information d'ordre.
Un trou au milieu, et une fin de relevé au numéro 24
Entre le début et la fin du relevé, une seule interruption apparaît dans la suite des numéros : le cran 12 est absent, alors que ses deux voisins immédiats sont présents avec leur titre d'histoire. Un trou isolé au milieu d'une séquence continue a une allure très différente d'un trou de tête : il ressemble à une ligne qui manque dans la saisie plutôt qu'à une lacune de publication.
Côté fin, le dernier numéro recensé est le 24. Là encore, prudence : la fin d'un relevé n'est pas la fin d'une série. Si vous tombez sur un fascicule portant un numéro plus élevé, ce n'est pas un faux, c'est une pièce que le catalogue ne couvre pas encore. Notez-la, décrivez-la, et considérez votre collection comme ouverte au-delà de ce cran.
Les créateurs qui reviennent, et leurs bornes dans le relevé
Les noms de rédacteurs lus dans le relevé dessinent une carte plus lisible que les titres. Marv Wolfman revient sur trois fascicules, le premier et le dernier étant séparés par onze crans : il ouvre le relevé avec Le fils de Dracula, revient sur Requiem pour un vampire, puis signe Powerman et Thunderbolt. Trois titres distincts pour une seule plume : aucun autre nom du relevé ne couvre autant de séries différentes.
Trois autres plumes reviennent deux fois chacune. Roy Thomas signe les deux occurrences du titre Les Vengeurs. Christopher Claremont signe les deux Miss Marvel. David Anthony Kraft signe deux fois Les Défenseurs, et une troisième fois sous un autre titre, Miss Hulk, ce qui en fait, avec Wolfman, l'autre signature à trois présences. Pour qui collectionne par auteur plutôt que par personnage, ces quatre noms sont les seules entrées rentables du relevé.
Les autres signatures n'apparaissent qu'une ou deux fois : Jim Starlin sur Docteur Strange, Bill Mantlo sur Les Micronautes, Steve Englehart sur Captain America, Len Wein sur Le Triomphe du crapaud, Gerry Conway sur Thor puis sur La Ligue de justice, Carl Wessler et George Kashdan sur les récits d'anthologie. Un détail à connaître avant de chercher : la graphie d'un même patronyme varie d'une ligne à l'autre du relevé, avec et sans lettre intercalaire. Une recherche par nom exact peut donc rater la moitié des résultats.
Ce que le relevé ne dit pas du sommaire
Il faut être très clair sur ce point, parce que c'est là que les erreurs de description naissent. Le relevé donne un seul titre d'histoire par numéro. Une revue de ce format publiait couramment plusieurs épisodes dans un même fascicule. Rien ne garantit donc que Les Micronautes ou Miss Hulk soit le seul récit de son numéro : c'est le titre retenu au catalogue, pas le sommaire.
Autre limite, moins visible : le champ réservé au dessinateur est vide sur toutes les lignes. Quand plusieurs noms apparaissent, ils sont rassemblés dans le même champ que celui du scénariste, sans que les rôles soient distingués. Sur le premier fascicule du relevé, trois noms cohabitent ainsi, dont des dessinateurs bien identifiés par ailleurs. Vous ne pouvez donc pas déduire de ces données qui a scénarisé et qui a dessiné : vous lisez une liste de participants, pas une distribution de crédits.
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Puisque la date ne départage rien, l'identification passe par le numéro et par le titre d'histoire. Le couple des deux est votre clé de contrôle : si une annonce donne un numéro et un titre qui ne concordent pas avec ce que vous avez noté, l'un des deux est erroné, et c'est presque toujours le numéro mal lu sur une couverture usée.
Prenez l'habitude de vérifier la concordance avant d'acheter, sur les crans où le titre est distinctif. Le Motard fantôme, La Marque sanglante, Le Triomphe du crapaud sont des intitulés assez singuliers pour servir de signature. À l'inverse, Les Vengeurs, Miss Marvel, Les Défenseurs et Le Manoir des fantômes reviennent chacun sur deux numéros distincts : sur ceux-là, le titre seul ne vous dit pas quel fascicule vous avez en main, et une photo de la couverture devient indispensable.
Dernier point sur la lecture des intitulés. Plusieurs titres du relevé traînent derrière eux une queue catalographique, un nom de créateur accolé au titre à la suite de points de suspension. Si vous cherchez un fascicule en tapant le titre seul dans un moteur de recherche d'annonces, cette queue peut empêcher la correspondance. Cherchez sur les deux ou trois premiers mots du titre, jamais sur la chaîne entière.
Compléter la série : une liste de manque qui tient en trois zones
Organisez votre chasse en trois zones, et pas en une seule. La zone documentée va du troisième au vingt-quatrième cran : là, vous savez exactement ce que vous cherchez, parce que chaque numéro est associé à un titre que vous pouvez confronter à une photo. C'est la partie où une liste de manque fonctionne normalement.
La zone de tête rassemble les crans antérieurs au premier numéro recensé. Vous y avancez à l'aveugle, et votre seul outil est l'exemplaire physique. Traitez ces pièces comme des trouvailles d'opportunité : on ne les cherche pas efficacement, on les reconnaît quand elles passent. Mettez en place une alerte sur le nom de la revue plutôt que sur un numéro précis.
La zone haute, au-delà du dernier cran recensé, s'aborde de la même façon, avec une nuance favorable : un vendeur qui possède une suite longue vous proposera souvent ces numéros dans le même lot. Acheter un lot plutôt que des unités est d'ailleurs la stratégie la plus rationnelle sur une revue à sommaire mélangé, puisque la revente des doubles se fait auprès de collectionneurs de personnages différents, de She-Hulk à Ghost Rider.
Ce qui fait varier la valeur sur cette série
Aucun montant ne sera donné ici, parce qu'il dépendrait du mois et du marché. Ce qui est utile, en revanche, c'est de savoir quels rapports jouent. Sur cette revue, le premier rapport est celui du numéro à la demande : les fascicules dont le titre d'histoire désigne une figure très suivie aujourd'hui se négocient mieux que leurs voisins immédiats, à état comparable. Le titre Docteur Strange ou le titre Captain America attire des acheteurs qui ne collectionnent pas la revue elle-même.
Le deuxième rapport est celui du lot à l'unité. Une suite continue dans la zone documentée vaut plus que la somme de ses éléments vendus séparément, parce qu'elle épargne à l'acheteur le travail d'identification que cet article décrit. À l'inverse, un exemplaire isolé dans une zone non recensée se vend mal, non pas parce qu'il est commun, mais parce que l'acheteur ne sait pas le situer.
Suivre sa collection sans se tromper de case
Une revue dont tous les fascicules portent la même année appelle une discipline de saisie particulière. Dans votre inventaire, faites du numéro la clé unique, et traitez le titre d'histoire comme un champ de contrôle plutôt que comme un identifiant, puisque quatre intitulés au moins servent deux fois. Notez à part, en commentaire, le sommaire réel relevé sur l'exemplaire : c'est l'information que personne n'a, et elle fera la qualité de votre fiche.
Marquez enfin explicitement vos trois zones. Un numéro absent de la zone documentée est un manque ; un numéro absent de la zone de tête ou de la zone haute est une inconnue. Confondre les deux, c'est se condamner à chercher indéfiniment une case qui n'existe peut-être pas, ou à ignorer un fascicule bien réel parce qu'il dépasse la fourchette que vous croyiez complète. Les hubs de personnages comme Batman ou les Vengeurs peuvent vous aider à prioriser les crans que vous visez d'abord.
Ce qu'il faut retenir avant d'acheter
Artima color superstar se documente bien dans sa partie centrale et mal à ses deux bords. Le relevé vous donne une suite de numéros associés à un titre d'histoire et à des noms de participants, et c'est déjà plus que ce que proposent la plupart des annonces. Il ne vous donne ni calendrier, ni sommaire complet, ni répartition des rôles entre scénario et dessin.
La bonne posture de collectionneur est donc celle de l'inventaire prudent : affirmer ce qui est lisible sur le fascicule, signaler ce qui vient d'ailleurs, et garder une trace écrite de la différence. C'est cette trace, accumulée sur plusieurs dizaines d'exemplaires, qui finit par faire d'une pile de revues une collection.
Questions fréquentes
Parce que les deux crans qui précèdent ne figurent pas dans les données disponibles, sans titre, sans date et sans créateur. Cela indique une lacune du relevé, et rien de plus. On ne peut en déduire ni qu'ils seraient introuvables, ni qu'ils n'auraient pas existé. Un exemplaire antérieur se décrit donc à partir de l'objet lui-même, pas d'une fiche de référence.
Vous ne pouvez pas le dater plus finement avec ces données : toutes les lignes portent la même année, sans mois ni trimestre. La seule source d'une datation plus précise est l'ours imprimé sur l'exemplaire. Pour classer votre série, utilisez l'ordre des numéros, qui porte ici toute l'information chronologique exploitable.
Oui, et c'est fréquent sur cette revue. Les Vengeurs, Miss Marvel, Les Défenseurs et Le Manoir des fantômes reviennent chacun sur deux fascicules distincts. Le titre seul ne suffit donc pas à identifier un exemplaire : exigez le numéro porté sur la couverture, ou une photo assez nette pour le lire vous-même avant de conclure.
Non. Il retient un titre d'histoire par fascicule, alors que ce type de revue publiait souvent plusieurs récits dans un même numéro. Le titre indiqué est une entrée de catalogue, pas une table des matières. Le sommaire réel se relève sur l'exemplaire, et c'est une information que peu de vendeurs prennent la peine de fournir.
Pas depuis ces données. Le champ consacré au dessinateur est vide sur toutes les lignes, et lorsque plusieurs noms sont connus, ils sont regroupés avec celui du scénariste sans distinction de rôle. Vous lisez une liste de participants. Pour attribuer précisément le dessin, il faut la page de crédits de l'exemplaire ou une source éditoriale séparée.