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Construire une collection Aquaman cohérente suppose de connaître trois strates : la naissance du personnage dans More Fun Comics #73 (1941), sa refonte Silver Age initiée dans Adventure Comics #260 (1959) avec l'arrivée d'Aqualad dans le #269 l'année suivante, puis les jalons modernes comme la première apparition de Black Manta dans Aquaman #35 (1967) ou le lancement New 52 de Geoff Johns et Ivan Reis en 2011. Les deux longs-métrages portés par Jason Momoa ont ravivé l'intérêt pour ces numéros fondateurs, sans pour autant faire disparaître les écarts de cote considérables entre un exemplaire Golden Age en Near Mint et une pile de comics modernes multi-imprimés.

Aquaman occupe une place particulière dans l'histoire de DC Comics : c'est l'un des rares héros de l'âge d'or à avoir traversé sans interruption les décennies, du côté un peu potiche des débuts jusqu'au statut de roi guerrier d'Atlantide qu'il porte aujourd'hui à l'écran. Pour un collectionneur, cette longévité est à double tranchant. Elle offre une matière historique dense - près de 85 ans de publications, plusieurs relances de série, une galerie de vilains propre au personnage - mais elle disperse aussi les pièces intéressantes sur des dizaines de titres différents : back-up dans More Fun Comics puis Adventure Comics, séries solo à répétition, apparitions dans Justice League of America, mini-séries des années 90, et enfin les volumes New 52 et Rebirth.

Ce guide n'a pas vocation à lister toutes les couvertures qui existent avec Aquaman dessus - la tâche serait sans fin - mais à donner une lecture chronologique et pratique des numéros qui structurent réellement une collection : ceux qui marquent une première apparition, un tournant créatif majeur, ou un pic de demande lié à l'actualité cinématographique du personnage.

Des origines Golden Age à la refonte Silver Age

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Aquaman naît en novembre 1941 dans More Fun Comics #73, un numéro double-clé puisqu'il contient également la toute première apparition de Green Arrow. Créé par le scénariste Mort Weisinger et le dessinateur Paul Norris, le personnage y est présenté comme Arthur Curry, capable de respirer sous l'eau et de communiquer avec la vie marine - les fondations du mythe n'ont, au fond, quasiment pas bougé depuis. Ce numéro figure à la 28e place du classement Overstreet des cent meilleurs comics de l'âge d'or, et le Photo-Journal Guide to Comic Books lui attribue un indice de rareté de 7 sur son échelle, autrement dit un tirage jugé « scarce » qui reste difficile à localiser en haut grade aujourd'hui. Les ventes documentées donnent une idée de l'écart entre les états : un exemplaire coté VG/FN 5.0 s'est vendu 75 000 dollars en mars 2015, un VF 8.0 a atteint 99 000 dollars en juin de la même année, et le même grade 8.0 ne valait encore que 10 157 dollars lors d'une vente en 2008 - une illustration frappante de la façon dont la demande pour les tout premiers numéros de super-héros golden age a grimpé en une décennie. Après cette parenthèse des années 1940, Aquaman connaît une éclipse relative durant l'après-guerre, période où de nombreux titres de super-héros disparaissent des kiosques au profit des genres western, horreur ou romance. C'est la relance Silver Age, portée par le scénariste Robert Bernstein et la dessinatrice Ramona Fradon, qui redonne au personnage une identité durable. Adventure Comics #260, daté de mai 1959, publie le récit « How Aquaman Got His Powers! », qui fixe l'origine encore utilisée dans les grandes lignes aujourd'hui : Arthur Curry, fils du gardien de phare Tom Curry et d'Atlanna, exilée de la cité perdue d'Atlantide. Ce numéro est le point de bascule entre l'Aquaman tâtonnant de l'âge d'or et le héros structuré qui va porter sa propre série. Un an plus tard, toujours sous la plume de Bernstein et le crayon de Fradon, Adventure Comics #269 introduit Aqualad dans le récit « The Kid from Atlantis! », qui pose également les bases du duo mentor-sidekick appelé à durer près de deux décennies dans les pages du titre.

La série solo et la montée en puissance des vilains

Après plusieurs années en back-up dans Adventure Comics, Aquaman obtient enfin sa propre série ongoing en janvier 1962. Aquaman (vol. 1) #1, écrit par Jack Miller et Bob Haney avec des dessins de Nick Cardy, inaugure un run qui ira jusqu'au numéro 56 avant l'arrêt de la série en 1971. Ce premier numéro reste l'un des piliers de toute collection Silver Age centrée sur le personnage : une copie notée 9.6 s'est vendue 38 400 dollars en août 2019, quand un exemplaire en grade 6.0 valait 795 dollars en juin 2021 avant de grimper à 1 092 dollars en février 2023 - un signal clair de tension sur la demande en état intermédiaire, souvent le point d'entrée le plus accessible pour un collectionneur qui vise un numéro 1 emblématique sans viser le haut du marché. C'est également dans cette série que naît la némésis la plus durable du roi des mers. Aquaman #35, paru en septembre-octobre 1967 sous la plume de Bob Haney avec Nick Cardy au dessin et à l'encrage, marque la première apparition de Black Manta. Le personnage n'est alors qu'un vilain parmi d'autres dans le paysage foisonnant des séries DC de l'époque, mais il deviendra au fil des décennies l'antagoniste par excellence d'Aquaman, au point d'être choisi comme méchant principal du film de 2018. Les ventes documentées montrent une fourchette large selon l'état : une copie du célèbre pedigree Pacific Coast en grade 9.6 s'est adjugée 9 000 dollars en juin 2019, tandis qu'un exemplaire CGC 8.0 se négociait à 760 dollars en mars 2023 et qu'un grade plus modeste, CGC 2.5, se vendait 103 dollars le même mois. C'est un cas d'école de key issue Silver Age encore accessible en grade lecture, mais qui se tend nettement dès qu'on approche du Near Mint. Une décennie plus tard, un numéro d'Adventure Comics concentre à lui seul plusieurs jalons dramatiques de la mythologie Aquaman. Le #452, daté d'août 1977, est le récit dans lequel Black Manta retire son casque pour la première fois, révélant son identité dix ans après sa première apparition. Le même numéro contient la mort d'Arthur Curry Jr., le fils en bas âge d'Aquaman et Mera, tué par asphyxie par Black Manta - un événement qui précipite la rupture du couple royal et qui reste l'un des tournants les plus sombres et les plus cités de l'histoire du personnage dans les rétrospectives DC.

Les relances modernes : Peter David, New 52 et Rebirth

Le personnage traverse une phase de relative stagnation éditoriale dans les années 80, avant d'être profondément réinventé au début des années 90. La mini-série Aquaman: Time and Tide (1993) revoit l'origine du personnage, et sert de tremplin à la série ongoing suivante : Aquaman (vol. 5), lancée avec le numéro 0 en 1994 sous la plume de Peter David. C'est dans cette itération que naît l'image la plus reconnaissable de l'Aquaman « dur à cuire » des années 90 : après que le vilain Charybdis lui a fait dévorer la main par des piranhas dans le numéro 2, le héros se fixe un harpon à la place du poignet manquant, en signe de défi envers la surface comme envers la mer. Le run de David sur ce volume s'étend jusqu'au numéro 46 (juillet 1998) et reste considéré par une bonne partie du lectorat comme l'incarnation la plus habitée du personnage sur le plan de la caractérisation, bien avant que le cinéma ne s'en empare. Le grand tournant commercial récent survient en septembre 2011, quand DC Comics relance l'intégralité de sa ligne éditoriale sous la bannière New 52. Aquaman (vol. 7) #1, écrit par Geoff Johns avec Ivan Reis au dessin et Joe Prado à l'encrage, s'ouvre littéralement sur une scène où un personnage secondaire raille Aquaman en le traitant de héros de seconde zone qui « parle aux poissons » - une façon pour Johns de désamorcer frontalement des décennies de moqueries populaires et de repositionner le roi d'Atlantide comme une figure de pouvoir et de commandement. Ce lancement a été l'un des succès critiques et commerciaux les plus nets de la vague New 52, et il a durablement changé la perception du personnage dans la continuité DC contemporaine, en préparant le terrain narratif que le cinéma allait ensuite exploiter. Cinq ans plus tard, le programme éditorial Rebirth relance à nouveau la série : Aquaman: Rebirth #1 sort en juin 2016, écrit par Dan Abnett avec Brad Walker au dessin, suivi d'une série régulière bimensuelle vendue 2,99 dollars l'unité. Le récit y explore la tension entre l'héritage de surface et l'héritage atlante d'Arthur Curry, sur fond de retour de Black Manta - preuve, encore une fois, de la centralité de ce personnage secondaire dans la mécanique narrative de la franchise, key issue historique oblige.

L'impact des adaptations sur la cote

Le passage d'Aquaman au cinéma a suivi un chemin distinct de celui d'autres franchises DC. Le personnage apparaît d'abord en soutien dans Batman v Superman puis Justice League, avant d'obtenir son propre film en décembre 2018, réalisé par James Wan avec Jason Momoa dans le rôle-titre. Le résultat commercial a surpris une bonne partie de l'industrie : le film franchit la barre du milliard de dollars de recettes mondiales, dépassant même The Dark Knight Rises pour devenir, à l'époque, le film DC Comics le plus rentable de l'histoire au box-office international, avec un total mondial avoisinant 1,14 milliard de dollars. Cette performance a mécaniquement remis en lumière l'ensemble de la mythologie Aquaman auprès d'un public élargi, entraînant un regain d'intérêt visible sur les plateformes de vente pour les numéros liés aux origines du personnage et à ses vilains emblématiques, Black Manta en tête - logique, puisque ce dernier tenait le rôle d'antagoniste principal du long-métrage. La suite, Aquaman and the Lost Kingdom, sortie en salles fin décembre 2023, n'a pas reproduit ce succès. Le film a totalisé environ 440 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de production estimé entre 205 et 215 millions de dollars, avec une ouverture nettement plus faible que le premier volet aux États-Unis. Si le film reste, sur le plan strictement comptable, l'un des plus gros succès DC de l'année 2023, son accueil commercial et critique mitigé a eu un effet sensiblement moins marqué sur la demande en comics vintage que ne l'avait eu le premier film cinq ans plus tôt. Ce contraste illustre un principe utile pour tout collectionneur : l'effet « boost cinéma » sur la cote d'un comic n'est ni automatique ni durable en soi - il dépend directement de la performance et de la résonance culturelle du film au moment de sa sortie, et il tend à refluer une fois l'actualité retombée, sauf sur les numéros qui ont une valeur intrinsèque de première apparition.

Guide d'achat pour une collection Aquaman

Se lancer dans une collection centrée sur Aquaman demande une méthode, car les pièges classiques - restaurations non déclarées, confusions entre les différents volumes numérotés 1, variantes de tirage - sont fréquents sur un personnage aussi ancien et aussi souvent relancé.

Pour organiser ce type de suivi sur la durée - localisation des numéros déjà en votre possession, suivi des grades, historique de cote - une application dédiée à la gestion de collection de comics facilite grandement le travail par rapport à un simple tableur. Si vous cherchez à structurer votre propre inventaire Aquaman, vous pouvez utiliser notre application de collection de comics pour centraliser ces informations.

Foire aux questions

Aquaman apparaît pour la première fois dans More Fun Comics #73, publié en novembre 1941, créé par le scénariste Mort Weisinger et le dessinateur Paul Norris. Ce même numéro contient aussi la première apparition de Green Arrow, ce qui en fait un numéro doublement recherché.
Black Manta apparaît pour la première fois dans Aquaman #35 (septembre-octobre 1967), écrit par Bob Haney avec des dessins de Nick Cardy. Son identité n'est révélée que dix ans plus tard, dans Adventure Comics #452 (1977), lorsqu'il retire son casque pour la première fois.
La première série ongoing solo, Aquaman (vol. 1), débute en janvier 1962 avec un numéro 1 écrit par Jack Miller et Bob Haney, dessiné par Nick Cardy. Cette série s'est poursuivie jusqu'au numéro 56, avant son arrêt en 1971.
Aqualad est créé par le scénariste Robert Bernstein et la dessinatrice Ramona Fradon, et fait sa première apparition dans Adventure Comics #269 (1960), un an après la refonte Silver Age d'Aquaman lui-même dans le numéro 260 de la même série.
Le film de 2018, réalisé par James Wan avec Jason Momoa, a dépassé le milliard de dollars de recettes mondiales et est devenu le plus gros succès DC au box-office international à l'époque, ce qui a relancé l'intérêt du public pour les origines du personnage et pour Black Manta, antagoniste principal du film. La suite de 2023, moins performante au box-office, n'a pas généré le même effet.