Amazing Spider-Man #121, daté de juin 1973, est l'épisode intitulé « The Night Gwen Stacy Died ». Il est écrit par Gerry Conway, dessiné par Gil Kane, encré par John Romita Sr. et Tony Mortellaro. Le Bouffon Vert y précipite Gwen Stacy du haut d'un pilier de pont, et la jeune femme ne survit pas. On cherche ce numéro parce qu'il acte une mort sans annulation ultérieure, et parce qu'il forme un diptyque avec le #122.
Peu de numéros posent au collectionneur un problème aussi concret que celui-ci : vous n'achetez pas un numéro, vous achetez une paire, et les deux moitiés de cette paire ne se paient pas au même prix. Le #121 porte l'événement, le #122 porte sa conséquence immédiate, et le marché a tranché depuis longtemps en faveur du premier. Savoir de combien, et à quel grade, c'est la différence entre une acquisition raisonnée et un achat impulsif en bourse.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le numéro de juin 1973 et son équipe créative
La date portée sur la couverture est juin 1973, ce qui situe la mise en vente quelques semaines plus tôt, selon l'usage de l'époque. Le scénario est signé Gerry Conway, alors scénariste régulier de la série depuis peu. Le crayonné revient à Gil Kane, dont le trait nerveux et les cadrages en contre-plongée tranchent avec la rondeur que John Romita Sr. avait installée sur le titre dans les années précédentes. Romita encre, aux côtés de Tony Mortellaro, et signe une couverture qui annonce la mort d'un personnage sans dire lequel, en alignant les visages des proches du héros derrière une silhouette de dos.
Le récit tient en peu de pages : le Bouffon Vert, redevenu lui-même après une longue amnésie scénaristique, enlève Gwen Stacy et l'emmène en haut d'un pilier de pont. Le héros arrive, l'affrontement s'engage, la jeune femme est jetée dans le vide, une toile la rattrape en pleine chute. Elle est morte quand il la ramène sur la plateforme. L'épisode se referme sur une accusation lancée au héros par un témoin, et renvoie la confrontation finale au numéro suivant.
Une curiosité graphique accompagne ce numéro depuis sa parution : le pont représenté sur les planches et le pont nommé dans le texte ne sont pas le même ouvrage. L'incohérence, relevée très tôt par les lecteurs, ne change rien à la cote, mais elle dit quelque chose de la fabrication rapide d'un mensuel de 1973.
Le contexte éditorial de la série à ce moment-là
Au début des années soixante-dix, le titre sortait d'une séquence éditoriale inhabituelle : trois épisodes publiés sans le sceau de l'autorité d'autocensure parce qu'ils traitaient de toxicomanie, puis la mort du capitaine Stacy, le père de Gwen, une trentaine de numéros avant celui-ci. Le registre du mensuel avait donc déjà glissé vers un réalisme social que les séries de super-héros abordaient peu jusque-là.
La passation entre Stan Lee et Gerry Conway au scénario intervient dans ce mouvement, et le nouveau scénariste hérite d'une situation narrative saturée : une fiancée installée, un antagoniste rendu inoffensif par une amnésie, un statu quo que le titre entretenait numéro après numéro. Tuer Gwen Stacy règle les trois problèmes d'un coup. C'est une décision d'atelier autant qu'un geste d'auteur, et les témoignages publiés depuis par les intéressés attribuent l'idée à la rédaction collectivement plus qu'à une seule personne.
Pourquoi on y voit la borne entre deux âges de la bande dessinée
La périodisation du marché américain reste une convention de collectionneurs, pas une donnée objective, et plusieurs numéros se disputent le rôle de charnière entre l'âge d'argent et l'âge de bronze. Celui-ci est l'un des candidats les plus souvent avancés, et la raison tient en un mot : l'irréversibilité. Gwen Stacy meurt et le reste, sans clone reconnu comme la véritable personne, sans résurrection validée par la continuité principale. Les tentatives ultérieures de contourner cette mort ont toutes été rattachées à des copies ou à des versions parallèles.
Pour situer ce numéro dans la trajectoire du héros et de son entourage, le hub consacré à Spider-Man recense les autres bornes de la série, de ses débuts aux périodes récentes.
Le débat sur le mécanisme de la mort, jamais refermé
Voici le point sur lequel un vendeur affirmera volontiers une certitude que les sources ne donnent pas. Sur la planche, une onomatopée sèche apparaît à proximité de la nuque du personnage au moment où la toile arrête la chute. Depuis cinquante ans, deux lectures s'opposent. La première : la décélération brutale provoquée par la toile a brisé la nuque, et le héros a donc causé la mort qu'il tentait d'empêcher. La seconde : le personnage était déjà mort avant la chute, ou la hauteur rendait la survie impossible quel que soit le geste tenté.
Le débat a été alimenté par la rédaction elle-même : une page de courrier publiée quelques numéros plus loin a pris position dans un sens, des déclarations ultérieures de membres de l'équipe créative ont nuancé ou contredit cette position, et les reprises du passage dans des séries postérieures n'ont pas convergé. Les sources divergent, et elles divergent y compris chez les personnes qui ont fabriqué les pages.
Un diptyque, deux numéros clés, deux cotes
Le #122, daté juillet 1973, referme l'histoire : le Bouffon Vert y trouve la mort à son tour, tué par son propre planeur lors de l'affrontement final. C'est donc, en soi, un autre numéro clé, et il est d'ailleurs souvent présenté comme tel. Mais le marché ne traite pas les deux volets à égalité. Le #121 concentre l'événement que le grand public connaît, et son écart de cote avec le #122 se compte en multiples à grade égal, pas en pourcentages.
Trois stratégies d'achat se dégagent. Acheter les deux au même grade, ce qui donne un ensemble cohérent en boîte mais mobilise beaucoup de budget sur une seule séquence. Acheter le #121 au grade le plus élevé que vous pouvez et le #122 un ou deux crans en dessous, ce qui est le compromis le plus fréquent. Ou n'acheter que le #122 dans un premier temps, comme position d'attente, en pariant sur le fait qu'un diptyque finit toujours par tirer son volet le moins cher vers le haut. Aucune n'est fausse, elles répondent à des horizons différents.
Le hub du Bouffon Vert permet de replacer le #122 dans l'histoire longue de l'antagoniste, et d'identifier les autres numéros où ses apparitions comptent.
Ce qui fait varier la cote sur un numéro de 1973
Les comics de cette période souffrent d'un défaut structurel : le papier contient beaucoup de pâte mécanique et jaunit vite. Sur un numéro de 1973 à fort tirage, ce ne sont donc pas les plis de lecture qui départagent les exemplaires, puisque presque tous en ont, mais la teinte des pages et la tenue du dos. Un exemplaire aux pages encore claires monte d'un cran dans la négociation même si sa couverture présente des défauts visibles. S'y ajoutent les deux agrafes d'origine, non remplacées et sans rouille diffusant sur le papier, et le centrage de la couverture à l'impression, très inégal sur les tirages de ces années, qui plafonne le grade atteignable avant même qu'on parle d'usure.
Enfin, la différence de cote entre deux crans de grade voisins n'est pas linéaire sur ce numéro. Dans les états moyens, un cran gagné se paie modérément ; dans les états élevés, le même cran peut doubler ou tripler la valeur, parce que les exemplaires disponibles se comptent alors en dizaines et non en milliers. C'est cette non-linéarité qui rend une estimation à l'œil nu si peu fiable sur une pièce de ce rang.
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Commencer mon essai →Reconnaître un tirage d'origine d'une réédition
Première règle, mécanique et sans appel : un code-barres imprimé sur la couverture exclut le tirage d'origine. Les comics américains n'ont commencé à porter ce bloc qu'à partir du milieu des années soixante-dix. Sur un exemplaire présenté comme un original de 1973, la zone en bas à gauche de la couverture doit contenir un élément graphique, jamais un code-barres.
Deuxième règle : lisez l'indicia, ce bloc de texte légal en petits caractères sur l'une des premières pages. Il porte la date de publication et la mention d'édition. Une réimpression, une publication en recueil ou un fac-similé y laissent presque toujours une trace, mention de copyright plus récente, numéro de volume différent, nom de collection. Les classiques de cette période ont été réédités de nombreuses fois, y compris sous des couvertures très proches de l'originale, et c'est l'indicia qui départage, pas l'impression visuelle.
Troisième règle : les exemplaires destinés au marché britannique portaient un prix en pence apposé à l'impression. Ce sont des tirages d'origine, pas des réimpressions, mais ils constituent une catégorie à part dont la cote suit sa propre logique selon les marchés. Si le prix de couverture n'est pas celui que vous attendez, ne concluez pas à la contrefaçon, vérifiez d'abord l'hypothèse de la distribution britannique.
Les pièges à l'achat
Le piège le plus courant, sur ce numéro précis, est la confusion de numérotation dans une annonce. Les deux volets du diptyque se vendent côte à côte, les photographies se ressemblent peu mais les titres d'annonce sont parfois recopiés d'une fiche à l'autre, et un #122 présenté avec un descriptif de #121 n'est pas rare sur les places de marché généralistes. Lisez le numéro sur la couverture photographiée, pas dans le titre de l'annonce.
Le deuxième piège concerne les restaurations non déclarées. Sur une pièce de ce rang, le comblement d'un manque au dos, le renforcement d'un pli ou le nettoyage chimique des pages existent, et ils ne sont pas détectables sur une photographie compressée. Un exemplaire restauré conserve de la valeur, mais sur une échelle différente, et l'écart avec un exemplaire non restauré de grade apparent équivalent est considérable.
Le troisième piège est plus insidieux : la découpe de la vignette de bon de commande à l'intérieur du fascicule. Les comics de 1973 contenaient des encarts publicitaires avec coupon, et beaucoup de jeunes lecteurs les ont découpés. Un coupon manquant plafonne le grade quel que soit l'état général, et cette information n'apparaît presque jamais dans un descriptif spontané. Posez la question avant d'acheter.
Les numéros voisins qui comptent aussi
Autour du diptyque, quatre jalons se négocient également au-dessus du prix courant de la série. Le #90, où meurt le capitaine Stacy, père de Gwen, prépare directement la logique de ce numéro et reste nettement plus abordable. Les #96 à #98, publiés sans le sceau de l'autorité d'autocensure pour leur sujet, forment un trio recherché pour des raisons documentaires plutôt que narratives. Enfin le #129, huit numéros après celui qui nous occupe, porte la première apparition du Punisher, dont la cote suit une trajectoire largement décorrélée de celle du diptyque, comme le détaille le hub consacré au Punisher.
Signalons enfin que le personnage de Gwen Stacy a connu une seconde vie éditoriale quarante ans plus tard, dans une version parallèle devenue un titre à part entière. Cette postérité tardive n'a pas d'effet mesurable sur la cote du #121, mais elle explique une partie de la demande des collectionneurs récents, comme le montre le hub Spider-Gwen.
Ce que la notation change sur ce numéro
Faire noter une pièce par un tiers transforme un objet discutable en objet comparable. Sur un numéro aussi échangé, cela a trois effets. La liquidité d'abord : un exemplaire noté se vend plus vite, parce que l'acheteur distant n'a plus à arbitrer sur photographie. La dispersion ensuite : les prix observés à grade noté identique se resserrent fortement, ce qui facilite l'estimation. Et la détection des restaurations enfin, qui apparaissent sous une mention distincte au lieu de rester invisibles.
L'arbitrage reste économique. Le coût de la notation et de l'expédition est fixe, la plus-value qu'elle apporte est proportionnelle à la valeur de la pièce. Sur un #121 en état moyen, l'opération se discute ; sur un exemplaire que vous jugez haut de gamme, elle se justifie presque toujours. Sur le #122, plus abordable, le seuil de rentabilité se franchit plus haut dans l'échelle des grades.
Suivre le diptyque dans une collection, et conclure
Dans une collection suivie, ce numéro ne se saisit pas seul. Créez les deux lignes, #121 et #122, même si vous n'en possédez qu'une, et renseignez pour chacune l'état, la présence du coupon, l'éventuelle notation et sa date. C'est ce que permet le catalogue de l'application : la ligne existe avant l'achat, elle sert de cible, et elle garde la trace des exemplaires que vous avez examinés puis refusés, information qui vaut souvent autant que la fiche de l'exemplaire acquis.
Ce numéro demande, finalement, de la discipline documentaire plus que du budget : un #121 en état moyen, acheté avec un descriptif honnête et un coupon intact, vaut mieux qu'un exemplaire flatteur dont l'historique de restauration vous échappe. Et le débat sur ce qui a tué Gwen Stacy, que personne n'a refermé depuis 1973, reste le meilleur test de la fiabilité de celui qui vous vend la pièce.
Vous hésitez entre les deux volets du diptyque, ou vous voulez savoir où se situe votre exemplaire de 1973 avant de le faire noter ?
Estimer mon comicQuestions fréquentes
La question n'a pas de réponse établie. L'onomatopée placée près de la nuque au moment où la toile arrête la chute a nourri l'hypothèse de la décélération fatale, tandis qu'une page de courrier ultérieure et des déclarations de l'équipe créative ont défendu d'autres lectures. Les sources divergent, y compris du côté des auteurs. Méfiez-vous d'un vendeur qui tranche.
Les deux volets forment une histoire complète : le #121 porte la mort de Gwen Stacy, le #122 celle du Bouffon Vert. Le #121 se paie plusieurs fois le #122 à grade égal. Le compromis le plus courant consiste à viser le grade le plus haut possible sur le #121 et à accepter un ou deux crans de moins sur le #122.
Vérifiez l'absence de code-barres : ce bloc n'apparaît sur les comics américains qu'à partir du milieu des années soixante-dix. Lisez ensuite l'indicia : une mention de copyright plus récente, un numéro de volume ou un nom de collection signalent une réédition. Un prix en pence indique un tirage d'origine destiné au marché britannique.
Oui, et c'est le défaut le plus souvent passé sous silence sur ce numéro. Les fascicules de 1973 contenaient des encarts à coupon que beaucoup de lecteurs ont découpés. Un coupon manquant plafonne le grade attribuable quel que soit l'état apparent de la couverture. Demandez explicitement au vendeur de vérifier avant de conclure.
Parce qu'il installe une mort que la continuité principale n'a jamais annulée : les retours ultérieurs de Gwen Stacy relèvent de clones ou d'univers parallèles. Cette irréversibilité, dans un titre à très fort tirage de juin 1973, en fait l'un des candidats les plus cités au rôle de charnière, même si la périodisation reste une convention de collectionneurs.