The X-Men n° 4 (1964) : premières Scarlet Witch et Quicksilver, illustration article

The X-Men n° 4, daté de mars 1964, écrit par Stan Lee et dessiné par Jack Kirby, encré par Paul Reinman, contient les premières apparitions de Scarlet Witch et de Quicksilver, ainsi que celle du groupe de vilains que Magneto réunit autour de lui, la Confrérie des mauvais mutants, avec Toad et Mastermind. Les deux personnages y agissent en adversaires. C'est ce numéro que l'on cherche depuis que la télévision les a remis en avant.

Un collectionneur qui monte une série de clés des années soixante finit toujours par buter sur ce cas précis : un numéro à deux premières apparitions, où les deux personnages concernés ne sont ni l'un ni l'autre du bon côté. Pendant longtemps, le n° 4 de mars 1964 se négociait surtout comme un numéro de Confrérie, derrière le n° 1 et loin devant rien. Il a changé de catégorie. La question utile n'est donc plus de savoir s'il faut l'acheter, mais dans quel état, dans quelle édition, et avec quelles vérifications avant de payer.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Carte d'identité : The X-Men #4 (1964) : Scarlet Witch et Quicksilver

Le numéro : mars 1964, Lee, Kirby, Reinman

La couverture porte la date de mars 1964 et le prix de douze cents, comme l'ensemble de la production Marvel de cette saison. Au scénario, Stan Lee ; au dessin, Jack Kirby ; à l'encrage, Paul Reinman, dont le trait épais marque fortement ces quatre premiers épisodes et explique une partie de leur aspect brut, assez éloigné du Kirby plus lisse des années suivantes.

L'épisode fait entrer en scène cinq figures d'un coup, ou plus exactement quatre nouvelles autour d'une ancienne. Magneto, déjà présenté dans le n° 1, cesse d'être un adversaire solitaire : il s'entoure. Deux des recrues, Toad et Mastermind, apparaissent elles aussi pour la première fois ici. Les deux autres sont une jeune femme capable d'infliger la malchance à ce qu'elle désigne et un coureur dont la vitesse sert d'abord à fuir, et qui est présenté comme son frère.

L'intrigue les emmène sur une petite nation que Magneto entend prendre, Santo Marco, inventée pour l'occasion. L'enjeu narratif est moins la conquête que le lien de dette qui attache le frère et la sœur à leur recruteur : ils obéissent sans adhérer. Ce ressort, posé en 1964 en quelques cases, a tenu soixante ans.

Ce que la série publiait alors

En mars 1964, le titre n'a que quatre numéros d'existence et une périodicité bimestrielle. Il fonctionne encore sur un schéma simple : un nouvel antagoniste par épisode, présenté, affronté, évacué. Les trois numéros précédents avaient suivi exactement cette mécanique, avec le Vanisher puis le Blob. Le n° 4 rompt avec elle, non pas en changeant de formule, mais en gardant ses nouveaux venus : la Confrérie revient, et les deux recrues reviendront ailleurs.

Cette différence a une conséquence très concrète pour le collectionneur. Dans les trois numéros qui précèdent, la première apparition est aussi, à peu de choses près, la dernière grande apparition du personnage concerné. Dans le n° 4, elle ouvre deux carrières longues. C'est ce qui sépare durablement sa cote de celle de ses voisins immédiats.

Il faut aussi se rappeler que le titre, à cette époque, n'est pas un succès. Les tirages de 1964 pour cette collection sont modestes au regard de ce que vendaient alors les séries vedettes de l'éditeur, et les exemplaires survivants en haut grade sont rares pour cette raison autant que pour les habitudes de lecture de l'époque.

Pourquoi ce numéro est devenu une clé

Trois mouvements se sont additionnés. Le premier est interne aux récits : dès 1965, le frère et la sœur quittent le camp de Magneto pour rejoindre l'équipe d'Avengers reconstituée dans Avengers n° 16, ce qui transforme deux figures de second plan en personnages réguliers. Le deuxième est la longue carrière de Scarlet Witch, qui l'a menée à des rôles d'une tout autre ampleur que celui de recrue réticente, notamment via sa relation avec Vision.

Le troisième est récent et c'est celui qui a déplacé la cote : deux séries télévisées des années 2020 ont remis les deux personnages, et singulièrement Wanda, au centre. WandaVision en 2021, puis Agatha All Along en 2024, ont produit sur ce numéro l'effet classique d'une adaptation à succès, avec une différence notable : il n'existe pas ici d'alternative moins chère. Pour une première apparition de personnage, un acheteur peut souvent se rabattre sur une apparition secondaire, une réimpression d'époque ou un numéro de la même année. Ici, le n° 4 est le seul point d'entrée, et il porte deux personnages à la fois.

Ajoutez-y que le même numéro est la clé de la Confrérie, donc un numéro recherché par les amateurs de Magneto qui ne s'intéressent pas du tout à Wanda, et vous obtenez trois publics distincts sur un seul tirage de 1964.

Ce qui fait varier la cote

Sur un numéro de cet âge, le grade commande presque tout. Entre un exemplaire complet mais très lu et le même numéro en état proche du neuf, le rapport ne se compte pas en pourcentages mais en multiples, et chaque cran franchi dans le haut de l'échelle pèse plus que le précédent. Un seul cran gagné peut doubler la valeur, et au-delà d'un certain niveau de conservation, la progression devient abrupte parce que le nombre d'exemplaires connus dans ce niveau se compte en dizaines.

Trois défauts précis coûtent ici plus cher qu'ailleurs. Le premier est le centrage de la couverture, souvent approximatif sur cette production. Le deuxième est la blancheur des pages intérieures : le papier de 1964 jaunit, et un exemplaire resté crème clair se paie nettement plus qu'un exemplaire brun. Le troisième est l'agrafe, dont la rouille migre vers le papier et plafonne définitivement le grade.

Enfin, la provenance compte. Un exemplaire issu d'un lot identifié, conservé à plat depuis des décennies, se vend mieux que le même grade sans histoire, parce que l'acheteur paie aussi la cohérence du dossier.

Reconnaître une édition d'une autre

Il n'existe pas de seconde impression de ce numéro au sens moderne : à l'époque, un tirage s'écoulait ou partait au pilon. En revanche, plusieurs objets peuvent être confondus avec l'original.

Les exemplaires destinés au marché britannique portaient un prix en pence tamponné ou imprimé à la place des douze cents. Ce sont de vrais exemplaires d'époque, mais leur marché est distinct et leur cote suit ses propres règles ; un vendeur qui les présente comme identiques à la version américaine se trompe ou vous trompe. Vérifiez la case de prix, pas seulement la date.

Au début des années soixante-dix, la série a consacré une longue séquence de numéros à republier ses premiers épisodes, à partir du n° 67 : l'histoire de Santo Marco y a reparu. Ces numéros de réimpression se reconnaissent à leur numérotation et à leur prix, et n'ont aucun rapport de valeur avec l'original. Même remarque pour les recueils cartonnés de rééditions, pour les volumes en noir et blanc, et pour les éventuelles éditions facsimilés : si un facsimilé de ce numéro vous est proposé, la mention figure normalement sur la couverture ou en indicia, et c'est là qu'il faut regarder avant de discuter le prix.

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Les pièges à l'achat

Le piège le plus courant n'est pas la contrefaçon, qui reste rare sur ce titre, mais l'interversion de numéro dans les annonces. Une annonce qui promet « la première apparition de Scarlet Witch » en montrant une couverture à quatre vilains sans vérification du numéro mérite une demande de photo de la case de prix et de l'indicia.

Le deuxième piège est la restauration non déclarée : un dos recollé, une petite pièce de papier ajoutée dans un coin, une couleur retouchée sur une déchirure. Une restauration honnêtement annoncée n'est pas un problème, c'est un prix ; non annoncée, elle vous fait payer un grade que l'exemplaire n'a pas.

Le troisième est l'exemplaire incomplet. Les numéros de 1964 comportaient des pages de courrier, de publicité et parfois des encarts détachables ; une page manquante, même publicitaire, change la catégorie de l'objet. Demandez explicitement si l'exemplaire est complet, page par page, et méfiez-vous des photos qui ne montrent que les deux plats.

Dernier point, le plus banal : l'exemplaire photographié sous blister ou sous film, à plat, avec un éclairage rasant qui efface les plis de couverture. Demandez une photo en lumière oblique.

Les numéros voisins qui comptent aussi

Le n° 1 reste la pièce dominante de la série et ne se compare pas. Le n° 2 et le n° 3, avec leurs antagonistes à usage unique, sont des clés secondaires dont la cote a peu bougé ces dernières années, ce qui en fait parfois une entrée raisonnable dans la collection pour qui veut la continuité sans l'enchère.

Pour les deux personnages qui nous occupent, le véritable numéro complémentaire est Avengers n° 16, où ils changent de camp. Les amateurs de Quicksilver y voient le début du personnage tel qu'il a été exploité ensuite, et ce numéro de 1965 reste un achat beaucoup plus accessible. Côté Confrérie, le retour du groupe dans les numéros suivants de la série d'origine forme un petit ensemble cohérent, moins coté mais plus facile à compléter en bon état.

Ce que la notation change

Sur un numéro de 1964 à trois publics, la notation professionnelle ne sert pas seulement à rassurer : elle détermine le marché sur lequel l'exemplaire est vendu. Un brut se négocie de gré à gré, souvent avec une décote de prudence qui peut atteindre la valeur d'un cran entier ; le même exemplaire gradé entre dans les ventes aux enchères et les comparables publics.

Deux cas méritent réflexion. Si votre exemplaire est très lu, la notation coûte souvent plus qu'elle ne rapporte, et un scan honnête suffit. S'il est manifestement au-dessus du très bon état, la notation se justifie presque toujours, parce que l'écart entre deux crans hauts, sur ce numéro précis, dépasse largement le coût du service. Entre les deux, la décision dépend de votre horizon : vendre dans l'année, ou conserver.

Notez enfin que l'étiquette d'un exemplaire gradé mentionne les premières apparitions reconnues. Sur ce numéro, la formulation varie selon les époques de notation, et une mention incomplète n'enlève rien au contenu de l'exemplaire.

Les sections de cette fiche, de la description du numéro aux pièges à l'achat

Comment le suivre dans une collection

Un numéro à trois lectures doit être rangé trois fois, au moins logiquement. Dans votre inventaire, il a sa place dans la série d'origine, dans la liste des clés de Scarlet Witch et dans celle de la Confrérie. Une collection bien tenue permet de le retrouver par chacune de ces entrées, sans le dupliquer.

Pratiquement, consignez dès l'achat le grade ou votre estimation, l'édition, la présence ou non d'un prix en pence, l'état des agrafes et la couleur des pages, puis la source et la date d'acquisition. Ces cinq informations sont celles que l'on vous redemandera à la revente, et celles que l'on ne retrouve jamais dix ans plus tard de mémoire. Suivez aussi l'écart entre votre prix payé et les ventes comparables, numéro par numéro : sur une clé portée par l'actualité télévisée, cet écart bouge vite dans les deux sens.

Conclusion

Le n° 4 de mars 1964 occupe une position inhabituelle : il vaut par deux personnages qui, dans ses pages, ne font rien d'héroïque, et par un groupe de vilains qu'il fonde. C'est un numéro que l'on achète une fois, après vérification de l'édition, du prix imprimé et de la complétude, et que l'on conserve ensuite comme une pièce de référence plutôt que comme un objet de rotation. Les acheteurs pressés de 2021 ont payé la rareté dans l'urgence ; un acheteur patient regarde d'abord les pages.

Vous avez un exemplaire de mars 1964 dans vos boîtes, ou un doute sur le prix en pence de sa couverture ? Faites-le situer avant de décider de le faire noter.

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Questions fréquentes

Oui, et c'est ce qui fait la particularité de cette clé. Tous deux font leur première apparition dans The X-Men n° 4, daté de mars 1964, comme recrues de Magneto. Le même épisode introduit également Toad et Mastermind, ainsi que le groupe de vilains auquel les quatre appartiennent.

Parce qu'ils y sont présentés comme liés à Magneto par une dette, et non par conviction. Le récit insiste sur leur obéissance sans adhésion. Ils changent de camp dès 1965, dans Avengers n° 16, ce qui fait de ce dernier numéro le complément logique du n° 4 pour qui suit les deux personnages.

Stan Lee au scénario, Jack Kirby au dessin et Paul Reinman à l'encrage. Le trait épais de Reinman caractérise les premiers numéros de la série et donne à cet épisode un aspect plus brut que les travaux ultérieurs de Kirby, ce que les acheteurs habitués aux années soixante-dix remarquent immédiatement.

Regardez le numéro de couverture, le prix imprimé et l'indicia. L'original porte douze cents et la date de mars 1964. L'épisode a été republié dans la longue séquence de numéros de réimpression entamée au n° 67, au début des années soixante-dix, puis dans divers recueils, sans rapport de valeur avec le tirage d'origine.

Non. Les exemplaires d'époque destinés au marché britannique portaient un prix en pence au lieu des douze cents. Ils sont authentiques, mais leur marché est séparé et leur cote suit ses propres repères. Vérifiez la case de prix sur la photo avant de négocier, et faites préciser ce point par le vendeur.