Banshee, de son vrai nom Sean Cassidy, débute dans The X-Men #28, daté de janvier 1966. Le scénario est signé Stan Lee, les planches intérieures reviennent à Werner Roth, qui signait alors sous le pseudonyme Jay Gavin, et la couverture est attribuée à Jack Kirby. Le personnage y agit en adversaire, contraint d'obéir à l'organisation Factor Three par un dispositif fixé sur lui. Ce statut ambigu explique que son numéro d'origine soit resté longtemps bon marché.
Un acheteur qui cherche aujourd'hui The X-Men #28 ne cherche pas un numéro célèbre : il cherche un numéro qui a mis près de dix ans à devenir une origine. Pendant toute la seconde moitié des années 1960, Sean Cassidy n'était qu'un nom dans une galerie d'exécutants, et le marché ne séparait pas ce numéro des autres épisodes de la même séquence. La reconnaissance est venue plus tard, par un chemin détourné, et c'est précisément ce décalage qui rend l'exemplaire intéressant à chasser : les stocks qui circulent n'ont pas été constitués par des gens qui savaient ce qu'ils gardaient.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le numéro : janvier 1966, Stan Lee et Werner Roth
The X-Men #28 porte la date de couverture de janvier 1966. Comme pour tous les périodiques américains de cette période, cette date est une date de retrait du kiosque et non une date de mise en vente : l'exemplaire est arrivé chez les marchands de journaux à l'automne 1965. Ce détail compte quand vous comparez deux annonces qui parlent, l'une de 1965, l'autre de 1966, pour le même objet.
Le texte est de Stan Lee. Les pages intérieures sont dessinées par Werner Roth, qui travaillait alors sous la signature Jay Gavin, un pseudonyme qu'il employait pour cette série. La couverture est attribuée à Jack Kirby. Sur l'encrage, les sources ne s'accordent pas toujours : si l'attribution figure dans le descriptif d'une annonce, considérez-la comme une indication et non comme une certitude, elle n'a de toute façon aucun effet sur la valeur.
Le contenu de l'épisode est ce qui fait sa singularité. Sean Cassidy y apparaît comme un homme dont le pouvoir, un cri d'une puissance destructrice, est mis au service d'une organisation qui le tient par la contrainte au moyen d'un dispositif fixé sur lui. Il n'arrive donc pas dans le récit comme un allié, ni même comme un ennemi convaincu, mais comme un instrument. Un premier numéro d'apparition qui installe son personnage dans cette position est rare, et c'est la clé de tout son parcours de cote.
Ce que publiait le titre à ce moment précis
Cet épisode appartient à la séquence où le titre introduisait une organisation appelée Factor Three, un fil narratif qui occupera encore plusieurs numéros après le vingt-huitième. C'est aussi la période où Jack Kirby avait cessé de dessiner les pages intérieures pour n'assurer que des couvertures et, par intermittence, des mises en place, le travail quotidien passant à Werner Roth. Pour un collectionneur, cela signifie que l'intérieur de The X-Men #28 n'offre pas l'argument graphique qui soutient la cote des premiers numéros de la série.
Le point économique est plus déterminant encore. Ce titre ne se vendait pas bien à la fin des années 1960, au point que la publication d'épisodes inédits fut interrompue à la fin de 1970, le magazine continuant ensuite en reprises. Un titre en difficulté commerciale est un titre dont les tirages sont ajustés à la baisse et dont les retours sont nombreux. Résultat contre-intuitif : un numéro du milieu des années 1960 issu de cette série est moins abondant aujourd'hui que des numéros de la même époque venus de séries alors mieux portantes.
Il faut ajouter que rien, en 1965, n'incitait à conserver un exemplaire en vue d'une revente. L'objet était un illustré jetable, acheté par des lecteurs qui le pliaient, le prêtaient et l'empilaient. Les exemplaires passés jusqu'à nous en bon état sont donc des survivants accidentels, pas des témoins d'une épargne organisée.
Comment ce numéro est devenu une clé dix ans après
La bascule n'a rien à voir avec 1966. Elle date de 1975, lorsque Sean Cassidy est intégré à l'effectif de la série relancée, dans Giant-Size X-Men #1. À partir de là, il n'est plus un figurant sous contrainte mais un membre permanent, le vétéran du groupe, celui dont la présence sert de point d'équilibre dans les récits de la fin des années 1970. Les lecteurs arrivés par cette relance ont alors eu une raison de remonter la série et de chercher d'où venait ce personnage.
Ce retard de reconnaissance a une conséquence très concrète sur le marché. Pendant la décennie où personne ne demandait The X-Men #28 pour Banshee, les exemplaires ont été vendus, revendus, découpés, lus. Ils n'ont pas été mis sous protection. La demande s'est installée sur un stock déjà abîmé, ce qui explique l'écart de prix considérable, dans cette référence, entre un exemplaire moyen et un exemplaire réellement propre.
Deuxième conséquence, moins intuitive : la cote de ce numéro suit l'actualité du personnage plutôt que celle du titre. Quand Sean Cassidy revient au premier plan dans une publication, une adaptation ou une série dérivée, c'est ce numéro précis qui bouge, pas ses voisins. Si vous suivez plusieurs premières apparitions, celle-ci se comporte comme une ligne autonome dans votre suivi.
Ce qui fait réellement varier la cote
Trois variables pèsent, dans cet ordre. L'état d'abord, et de très loin. Sur un illustré de 1965 au papier déjà jauni par construction, chaque cran de conservation se paie : passer d'un exemplaire lisible mais fatigué à un exemplaire franchement beau peut multiplier la valeur plusieurs fois, et l'écart s'élargit encore dans les hauts grades où les exemplaires se comptent.
Le type d'édition ensuite. Un exemplaire américain de kiosque de 1965 et une reprise ultérieure du même épisode ne jouent pas dans le même registre, même quand les planches sont identiques. Une traduction française publiée des années plus tard dans un recueil relève du confort de lecture, pas de la valeur de collection.
La provenance géographique enfin, qui est le piège propre à ce numéro. Les exemplaires de 1965 destinés à l'exportation ou surimprimés pour un autre marché existent, et leur cote diffère de celle de l'édition de kiosque américaine standard. Pour une estimation chiffrée tenant compte de votre exemplaire réel, l'outil d'estimation part des caractéristiques que vous décrivez plutôt que d'une moyenne de référence.
Distinguer un original de 1965 d'une reprise
Commencez par le prix de couverture imprimé. Les exemplaires américains de kiosque de cette période affichent un tarif en cents correspondant à l'année de parution ; une valeur plus élevée signale une édition postérieure. Ce contrôle est le plus rapide et il élimine la majorité des confusions.
Regardez ensuite la mention légale imprimée en petits caractères dans les premières pages. Elle porte une indication d'année et un nom d'éditeur. Un recueil ou une reprise mentionne presque toujours sa propre date d'édition, différente de celle de l'épisode. C'est un contrôle que l'on peut demander en photo à un vendeur, et un refus de fournir cette image est en soi une information.
Méfiez-vous enfin des éditions de prestige et des rééditions anniversaire. Certaines reproduisent fidèlement la couverture d'origine, parfois avec une qualité d'impression supérieure à celle de 1965, ce qui peut tromper un acheteur pressé devant une photo. Un original de cette époque a un papier mat, légèrement brun, et des couleurs tramées visibles de près ; un papier blanc et lisse disqualifie l'hypothèse d'un exemplaire de kiosque de 1965.
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Commencer mon essai →Les pièges à l'achat sur cette référence
Le premier concerne la description de l'apparition. Comme Sean Cassidy agit ici sous contrainte et non comme membre de l'équipe, certaines annonces le présentent avec des formules vagues qui laissent croire à autre chose, par exemple une première apparition en tant qu'allié ou en costume définitif. Lisez ce que l'annonce affirme exactement, et ne payez pas un supplément pour un statut que l'épisode ne contient pas.
Le deuxième est la restauration non déclarée. Sur un illustré de soixante ans, les interventions courantes sont le recollement d'une déchirure, le nettoyage du papier et surtout le remplacement d'agrafes. Une restauration proprement menée est légitime si elle est annoncée ; non annoncée, elle vous fait payer un exemplaire sain au prix d'un exemplaire sain alors qu'il ne l'est pas. Exigez des photos de la tranche agrafée, pas seulement de la couverture.
Le troisième est le numéro voisin vendu pour celui-ci. Dans cette séquence, plusieurs couvertures se ressemblent dans leur composition et leur palette. Une photo de petite taille, un numéro peu lisible dans l'angle, et la confusion est faite. Vérifiez toujours le chiffre sur la couverture avant de valider, et redemandez un cliché net si le vôtre est flou.
Les numéros voisins qui méritent attention
Si vous constituez un ensemble cohérent autour de cette apparition, les épisodes qui suivent immédiatement le vingt-huitième prolongent le fil narratif ouvert ici et se trouvent souvent à des prix sans rapport avec celui du numéro clé. Ils complètent l'histoire sans en avoir le statut marchand, ce qui en fait de bons achats quand ils se présentent en bel état.
Le véritable complément de collection n'est pourtant pas un voisin immédiat : c'est Giant-Size X-Men #1, de 1975, le numéro qui a transformé Sean Cassidy en pilier et qui a, rétroactivement, donné sa valeur à The X-Men #28. Possédez les deux et vous tenez les deux bornes du parcours du personnage. Ce numéro de 1975 porte aussi d'autres premières apparitions, ce qui le rend nettement plus demandé, donc plus cher à qualité comparable.
Pour situer les personnages voisins de cet effectif reconstitué, nos pages dédiées à Wolverine et à Magneto recensent leurs propres numéros de référence.
Ce que la notation change ici
Faire noter un exemplaire de cette référence a un intérêt précis : la notation documente l'absence ou la présence de restauration, et c'est exactement le point faible du marché sur ce numéro. L'avis d'un tiers remplace une discussion sans fin sur des photos.
Le calcul reste à faire au cas par cas. Le coût de la prestation et de l'expédition est fixe, la valeur ajoutée l'est beaucoup moins : sur un exemplaire moyen, elle peut représenter une part importante du prix de l'objet et ne pas se récupérer à la revente. Au-dessus d'un certain niveau de conservation, l'arbitrage s'inverse et la notation devient la norme de marché, les acheteurs sérieux ne payant les hauts grades que documentés.
Un exemplaire déjà noté s'achète sur deux informations : le grade, mais aussi la mention qui précise s'il est intact ou restauré. Un même chiffre n'a pas la même valeur selon cette mention, et c'est la source d'erreur la plus fréquente chez les acheteurs qui débutent sur les illustrés d'avant 1970.
Suivre ce numéro dans une collection
Dans le catalogue, cet épisode se trouve sous le titre de série The X-Men (1963), au numéro 28. Enregistrez-le sous ce libellé exact plutôt que sous un nom d'équipe générique : c'est ce qui vous garantit de retomber dessus quand votre inventaire aura grossi, et d'éviter un doublon le jour où vous croiserez une seconde fois une occasion.
Trois champs méritent d'être remplis dès la saisie, parce qu'ils sont illisibles de mémoire six mois plus tard : l'édition exacte (kiosque américain, reprise, recueil), l'état avec une mention explicite de toute restauration constatée ou déclarée, et la date d'achat avec le prix payé. Ce dernier point n'a rien d'anecdotique sur une référence dont la cote réagit à l'actualité du personnage : sans historique, vous ne savez pas si une offre reçue est bonne.
Enfin, si vous détenez aussi le numéro de 1975 qui a fait basculer la valeur de celui-ci, liez mentalement les deux fiches. Ce sont deux objets dont les cotes bougent souvent ensemble, et les suivre séparément vous fait rater le signal. Nos guides de collection détaillent cette logique de suivi par personnage plutôt que par série.
Conclusion
The X-Men #28 est un numéro d'origine qui a longtemps voyagé incognito, parce que le personnage qu'il introduit n'était ni un héros ni un véritable antagoniste au moment de sa parution. Cette discrétion de dix ans a laissé derrière elle un stock usé, et c'est aujourd'hui l'état qui décide presque tout sur cette référence.
Si vous visez cet exemplaire, achetez sur la conservation et sur la preuve d'édition, jamais sur la formulation d'une annonce. Un exemplaire propre de janvier 1966, dont le prix de couverture en cents et la mention légale confirment l'origine, et dont la tranche agrafée a été photographiée, est un achat solide. Tout le reste se négocie.
Vous possédez un exemplaire de The X-Men #28 et vous ignorez s'il s'agit d'un original de 1965 ou d'une reprise ultérieure ? Décrivez-le, l'estimation tient compte de l'édition et de l'état.
Estimer mon comicQuestions fréquentes
Dans The X-Men #28, daté de janvier 1966, donc mis en vente à l'automne 1965. Stan Lee en signe le scénario, Werner Roth les planches intérieures sous le pseudonyme Jay Gavin, et la couverture est attribuée à Jack Kirby. Sean Cassidy y agit sous contrainte, au service d'une organisation, et non comme membre de l'équipe.
Parce que le personnage n'a pris son importance qu'en 1975, lors de son entrée dans l'effectif de la série relancée. Pendant près de dix ans, rien ne distinguait ce numéro des autres épisodes de la même séquence narrative, et les exemplaires ont circulé sans être protégés. Le marché s'est formé sur un stock déjà fatigué.
Cette série se vendait mal dans la seconde moitié des années 1960, au point que la publication d'épisodes inédits s'est arrêtée fin 1970 au profit de reprises. Un titre en difficulté voit ses tirages ajustés à la baisse et ses retours augmenter, ce qui rend ses numéros moins abondants que ceux de titres contemporains mieux portants.
Contrôlez le prix de couverture imprimé : un exemplaire américain de kiosque de 1965 affiche un tarif en cents de l'époque. Lisez ensuite la mention légale des premières pages, qui porte une année d'édition. Un papier blanc et lisse, ou des couleurs sans trame visible de près, écartent l'hypothèse d'un original.
L'intérêt principal est de documenter l'absence de restauration, qui est le point faible du marché sur cette référence, les agrafes et les déchirures recollées étant fréquentes. Sur un exemplaire moyen, le coût de la prestation se récupère mal. Au-delà d'un bon niveau de conservation, la notation devient en revanche attendue des acheteurs.