The X-Men #129, daté de janvier 1980, est écrit par Chris Claremont, dessiné par John Byrne et encré par Terry Austin. Cerebro repère deux nouvelles mutantes : à Deerfield, dans l'Illinois, une collégienne de treize ans nommée Kitty Pryde, et à New York, Emma Frost, Reine Blanche du Hellfire Club. Le numéro cumule donc deux premières apparitions majeures et ouvre la saga du Phénix Noir, ce qui explique qu'il soit recherché par deux publics distincts.
Un numéro clé qui porte deux premières apparitions se comporte différemment des autres sur le marché : la demande ne vient pas d'un seul endroit, elle vient de deux files d'attente qui ne se parlent pas. L'acheteur qui suit la Reine Blanche n'a pas les mêmes déclencheurs d'actualité que celui qui suit Kitty Pryde, et quand les deux s'activent en même temps, les exemplaires en haut grade disparaissent du marché en quelques semaines. Si vous chassez ce numéro ou si vous en possédez un exemplaire, cette double nature est le premier élément à comprendre.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Le numéro : date, auteurs, ce qui s'y passe
Au catalogue, la série porte le titre The X-Men et démarre en 1963 ; c'est sous ce nom que le numéro 129 est référencé, même si les lecteurs francophones la connaissent surtout par son appellation d'« Uncanny X-Men », apparue sur les couvertures au fil des années. La date de couverture est janvier 1980, ce qui situe la mise en vente à l'automne 1979, selon l'écart habituel entre la date imprimée et la distribution réelle. L'équipe créative est celle qui a fait la réputation de la période : Chris Claremont au scénario, John Byrne au crayon, Terry Austin à l'encrage, un trio dont la cohérence graphique se reconnaît d'un coup d'œil sur une couverture.
L'intrigue tient en une mécanique simple : Cerebro détecte deux signatures mutantes nouvelles, l'équipe se scinde en deux groupes pour les approcher, et les deux approches tournent mal de façons opposées. D'un côté, une adolescente américaine ordinaire dont le pouvoir vient de se manifester. De l'autre, une femme installée au sommet d'une organisation mondaine dont les X-Men ignorent encore la nature. Ce choix de construction est précisément ce qui donne au numéro deux premières apparitions au lieu d'une.
Le numéro inaugure également le cycle que les lecteurs appellent la saga du Phénix Noir, qui se poursuit sur les numéros suivants et se conclut au numéro 137. Autrement dit, 129 n'est pas seulement une fiche d'état civil pour deux personnages, c'est aussi la première pierre d'un arc dont tous les épisodes ont pris de la valeur ensemble.
Kitty Pryde : la première apparition qui fabrique une mascotte
Kitty Pryde entre en scène en collégienne de Deerfield, dans la banlieue de Chicago, avec un pouvoir de traversée de la matière et aucune formation. Ce statut de personnage jeune, non entraîné, introduit dans une équipe déjà adulte, a fait d'elle le point d'entrée du lecteur pendant une décennie. Elle rejoint formellement l'équipe quelques numéros plus loin, sous un premier nom de code, avant d'en changer deux fois ; en français, elle est longtemps apparue sous le nom de Félina.
Pour un collectionneur, cette trajectoire compte parce qu'elle entretient une demande régulière plutôt qu'une demande par pics. Kitty Pryde n'a pas eu un seul grand moment médiatique qui ferait monter le numéro d'un coup : elle a eu une présence continue, des séries entières construites autour d'elle, et une place dans la mémoire des lecteurs qui ont commencé les X-Men dans les années 1980. Le numéro 129 absorbe cette demande de fond, ce qui le rend moins volatil que beaucoup de clés comparables.
Emma Frost : la première apparition qui dépend de l'actualité
Emma Frost apparaît dans le même numéro comme Reine Blanche du Hellfire Club, c'est-à-dire du côté des adversaires. Sa première apparition s'adresse donc à un public différent : celui qui suit les antagonistes devenus ambigus, puis alliés, puis membres de l'équipe. C'est une demande beaucoup plus sensible aux annonces d'adaptation, parce que le personnage a été utilisé au cinéma et parce que chaque rumeur de distribution relance les recherches sur son numéro d'origine.
Cette asymétrie a une conséquence pratique quand vous achetez. Un exemplaire mis en vente pendant une fenêtre d'actualité favorable à la Reine Blanche se négocie à un niveau que le même exemplaire n'atteindra pas six mois plus tard, sans que l'état ait bougé d'un pouce. À l'inverse, acheter en période calme sur ce personnage reste la façon la plus sûre de payer le numéro à son prix de fond, celui que soutient Kitty Pryde.
Le contexte éditorial et la fabrique d'une clé
À la fin des années 1970, la série vient de sortir d'une longue période de réimpressions et d'un redémarrage avec une équipe internationale. Les numéros mensuels enchaînent des arcs courts, et l'arrivée de John Byrne au dessin a donné à la série une identité visuelle stable au moment précis où son lectorat décollait. Le numéro 129 arrive donc sur une série en pleine ascension, pas sur un titre confidentiel qu'on sauverait d'un plan de relance.
Ce détail a un effet direct sur les tirages. Nous sommes avant l'essor des circuits de vente spécialisés, dans un monde où l'essentiel de la diffusion passe par les kiosques et les présentoirs de supermarché. Les exemplaires ont donc été manipulés, pliés, exposés à la lumière, et le taux de survie en très bel état est faible rapporté au nombre d'exemplaires imprimés. C'est l'une des deux raisons pour lesquelles l'écart entre un exemplaire moyen et un exemplaire quasi neuf est aussi large sur ce numéro.
Trois facteurs se cumulent, et c'est leur cumul qui fait la cote. Le premier, le plus mécanique, est la double première apparition : deux populations d'acheteurs visent le même objet, sans que l'une puisse se rabattre sur un substitut. Le second est l'ouverture d'un arc célèbre : les lecteurs qui veulent la saga complète achètent 129 même s'ils ne collectionnent ni l'une ni l'autre des deux nouvelles venues. Le troisième est la signature créative, qui transforme toute cette période en objet de collection par séries complètes.
Comparez avec un numéro voisin qui ne porterait qu'une première apparition : la demande y est plus étroite, et un creux d'actualité la fait retomber vite. Ici, chaque fois qu'une des trois sources de demande faiblit, les deux autres amortissent. C'est exactement ce qu'on observe sur les clés dites « à plusieurs entrées », et c'est ce qui les rend intéressantes à garder longtemps.
Ce qui fait varier la cote : état, édition, tirage
Sur un numéro de 1980 en papier journal, l'état pèse plus que tout le reste réuni. Les points de contrôle habituels sont la netteté du bord de dos, la présence de plis de lecture sur le premier pli, le blanchiment aux coins, l'alignement des agrafes et la couleur des tranches. Sur cette période, la couverture comporte de grandes zones de couleur franche : un frottement s'y lit immédiatement, là où il passerait inaperçu sur une couverture chargée.
En pratique, l'échelle n'est pas linéaire. Entre un exemplaire lu et un exemplaire très propre, l'écart reste raisonnable ; au-delà, chaque cran supplémentaire peut se payer en multiples, parce que le nombre d'exemplaires certifiés dans les grades supérieurs se compte en dizaines et non en milliers. Si votre objectif est la lecture et la présence au classeur, un bel exemplaire moyen est le meilleur rapport ; si votre objectif est patrimonial, mieux vaut viser haut et acheter rarement.
La variable édition joue ensuite. Les éditions américaines au prix de couverture en cents sont la référence. Des exemplaires vendus hors des États-Unis portent un prix en pence et sont distingués par les acheteurs anglophones, avec une cote généralement inférieure à l'édition de référence pour un même état. Des encarts publicitaires reliés dans certains exemplaires de cette période constituent par ailleurs une sous-catégorie recherchée par une poignée de spécialistes : vérifiez la présence de l'encart avant de payer une prime pour lui.
Reconnaître une édition d'une autre
Le premier réflexe est de regarder le bloc de prix et la mention de date sur la couverture, puis de descendre à la ligne d'informations légales en première page intérieure. C'est là que se lit la différence entre un tirage d'origine et une réimpression : une réimpression porte sa propre date, souvent bien postérieure, et son propre numéro de série de réimpression.
Le contenu du numéro 129 a été repris dans la série de réimpressions que Marvel a consacrée à cette période dans les années 1980, puis dans de nombreux recueils reliés de la saga. En France, le récit a circulé dans les publications de l'éditeur lyonnais qui exploitait alors les X-Men, dans un format plus grand et sur un papier différent de l'édition américaine : ces fascicules ont leur propre marché, qui n'a rien à voir avec celui de l'édition d'origine.
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Commencer mon essai →Les pièges à l'achat
Le piège le plus coûteux sur ce numéro est la restauration non déclarée. Un dos consolidé, une agrafe remplacée, un coin recollé ou une couleur retouchée se voient mal en photo et changent radicalement la valeur. Sur un numéro où le haut de l'échelle de grade se paie en multiples, un vendeur a une forte incitation à ne pas mentionner une intervention ancienne.
Le deuxième piège est la découpe du bon de commande ou du coupon intérieur. Sur les numéros de cette époque, des pages intérieures comportaient des éléments détachables : un exemplaire amputé n'est pas complet, même si la couverture est superbe. Feuilletez, ou faites feuilleter, avant de conclure.
Le troisième piège est verbal. Des annonces présentent un numéro voisin comme « la première apparition » en s'appuyant sur une couverture plus spectaculaire, ou vendent un numéro de la suite de l'arc en jouant sur le nom de la saga. Fixez-vous sur le numéro imprimé, pas sur l'argumentaire : 129 est 129.
Les numéros voisins qui comptent aussi
La suite immédiate de l'arc concentre plusieurs numéros recherchés, jusqu'au dénouement du numéro 137. Le numéro qui suit directement 129 porte lui aussi une première apparition notable, ce qui fait que deux fascicules consécutifs sont demandés pour des raisons différentes : un vendeur qui dispose des deux a tendance à les proposer en lot, et c'est souvent une bonne affaire pour l'acheteur.
En amont, les numéros qui marquent le redémarrage de la série avec l'équipe internationale et l'arrivée du dessinateur au crayon sont les autres jalons de la période. En aval, l'arc en deux parties publié peu après la conclusion du Phénix Noir est devenu l'un des récits les plus réimprimés de la franchise. Si vous construisez cette période, les hubs consacrés à Cyclops et à Magneto donnent les repères de numérotation utiles pour ne pas acheter deux fois le même jalon.
Ce que la notation change
La certification par un tiers a deux effets sur ce numéro précis. Elle fige l'état au moment de l'examen, ce qui compte sur un papier aussi sensible ; et elle lève le doute sur la restauration, qui est le risque principal ici. Pour un exemplaire que vous jugez dans le haut de l'échelle, l'arbitrage est généralement favorable à la certification, parce que la prime de grade dépasse le coût de l'opération.
Pour un exemplaire moyen, le calcul s'inverse : le coût fixe de l'envoi, de l'examen et du retour ne se rattrape pas sur un grade qui n'ouvre pas de prime. Une bonne règle de décision consiste à estimer le niveau avant d'envoyer, puis à ne soumettre que ce qui franchit le seuil où la prime existe. Un dossier photographique soigné, sous lumière rasante, suffit à trancher dans la plupart des cas.
Comment le suivre dans une collection
Enregistrez-le sous le titre de série du catalogue, The X-Men, avec l'année de lancement 1963 et le numéro 129, plutôt que sous une appellation de couverture : c'est ce qui vous garantit de le retrouver aligné avec le reste de la série au moment de trier, de filtrer ou d'exporter. Notez à part la nature de l'édition que vous possédez, puisque le prix en cents, le prix en pence et le facsimilé ne se valent pas et ne doivent pas se mélanger dans un même lot.
Si vous visez l'arc complet, le plus simple est de tenir la liste des numéros manquants du cycle plutôt que de chasser au hasard : la saga se vend par morceaux, et une collection suivie vous évite de racheter un numéro déjà présent dans une autre boîte. Le hub X-Men vous servira de carte pour relier ce numéro aux autres périodes de la série.
Conclusion
The X-Men #129 est une clé solide parce qu'elle ne repose pas sur un seul argument. Kitty Pryde lui assure une demande de fond, Emma Frost lui donne des pointes liées à l'actualité, et l'ouverture de la saga du Phénix Noir y ajoute les acheteurs qui veulent un cycle entier. Le travail de l'acheteur consiste donc moins à se convaincre de l'intérêt du numéro qu'à vérifier trois choses : l'édition, l'absence de restauration, et la complétude des pages intérieures.
Vous possédez un exemplaire de The X-Men #129 et vous voulez savoir où il se situe entre un exemplaire lu et un exemplaire de haut grade ?
Estimer mon comicQuestions fréquentes
Oui, et c'est ce qui fait sa particularité. Kitty Pryde y est découverte dans l'Illinois, Emma Frost y apparaît comme Reine Blanche du Hellfire Club. Les deux personnages n'ont rien à voir l'un avec l'autre, et chacun attire ses propres acheteurs, ce qui donne au numéro deux sources de demande indépendantes au lieu d'une seule.
Les deux stratégies se défendent. Pris seul, 129 vaut pour ses premières apparitions. Pris avec la suite jusqu'au numéro 137, il devient le premier élément d'un cycle complet qui se revend mieux en bloc. Si un vendeur propose plusieurs numéros consécutifs, le lot est souvent plus avantageux que les achats séparés.
La couverture ne suffit pas, puisque le facsimilé la reproduit fidèlement. Regardez la page d'indications légales : elle porte une date de parution récente et une mention d'édition. Le papier et la blancheur des tranches trahissent aussi un tirage moderne. Exigez une photo de cette page avant tout achat à distance.
Non, en général. Pour un même état, les exemplaires portant un prix en pence se négocient en dessous de l'édition américaine en cents, qui reste la référence du marché. Ils ont néanmoins leurs amateurs et restent parfaitement authentiques. L'erreur serait de payer un exemplaire en pence au tarif de l'édition de référence sans le savoir.
Non. Elle y est présentée en collégienne, avant tout entraînement et avant d'intégrer l'équipe quelques numéros plus loin. Une annonce qui promet une première apparition en costume désigne donc un autre numéro. Pour la première apparition du personnage, c'est bien le 129 qu'il faut viser, sans se laisser guider par la couverture.