Les runs qui font Mister Sinister : Chris Claremont sur Uncanny X-Men (1986-1991), qui le construit comme une énigme ; Inferno (1988-1989), qui livre les réponses ; Kieron Gillen sur Uncanny X-Men (2011-2012), qui en fait enfin un personnage drôle ; et la refonte de 2019, où il devient indispensable au dispositif entier.
Ce personnage n'a jamais eu de série longue à son nom. Il apparaît par intermittence depuis 1987, dans les titres des autres, et ce classement isole les périodes où un auteur en a réellement fait quelque chose.
Une particularité les relie : chacune le redéfinit. Peu d'adversaires ont autant changé de fonction sans changer de nom.
Top 1 : Chris Claremont (Uncanny X-Men, 1986-1991)
Scénariste : Chris Claremont | Dessinateurs : Marc Silvestri, Jim Lee
La période qui crée le personnage, et qui le crée d'une manière inhabituelle : en le cachant.
Pendant plus d'un an, une silhouette manipule les événements sans être nommée. La révélation, en 1987, répond à une question que les lecteurs se posaient déjà.
Ce corpus place ce run en tête parce qu'il démontre une chose que peu d'auteurs se permettent : un adversaire attendu vaut mieux qu'un adversaire présenté. La patience éditoriale y est le principal effet de style.
Segments à viser : les apparitions en silhouette (1986), puis Uncanny X-Men #221 (1987).
Top 2. La refonte de 2019 et ses suites
La franchise mutante est réorganisée en profondeur, et le personnage y obtient une position structurelle : des mécanismes entiers du nouveau dispositif dépendent de lui et de ce qu'il détient.
C'est le changement le plus important de sa carrière, et il est d'une nature inhabituelle : il ne s'agit pas d'un récit mais d'une place.
Ce corpus insiste sur ce que cela produit. Un adversaire ordinaire peut être écarté par n'importe quel auteur qui n'en veut pas. Celui-ci ne le peut plus : le retirer obligerait à refaire l'architecture autour de lui.
Période récente et abondante : à collectionner sans difficulté.
Top 3 : Kieron Gillen (Uncanny X-Men, 2011-2012)
Scénariste : Kieron Gillen
Le run qui trouve enfin un registre au personnage. Jusque-là menaçant et opaque, il y devient amusant : un scientifique vaniteux, bavard, ravi de lui-même, dont l'assurance est ce qui le rend inquiétant.
C'est un déplacement de ton considérable, et il a été conservé par les auteurs suivants. La version moderne du personnage vient de là.
Série de la période récente : abondante et peu chère.
Top 4 : Inferno (1988-1989)
L'événement qui livre les réponses accumulées depuis des années : ce qu'est Madelyne Pryor, ce que le personnage a fabriqué, à quoi servaient ses manipulations.
Techniquement un crossover plus qu'un run, mais indissociable de la période Claremont : c'est là que la construction en énigme trouve sa résolution.
Top 5. Les récits d'origine victorienne
Plusieurs séries limitées et arcs des années 1990 et 2000 documentent son passé de scientifique du XIXᵉ siècle et sa transformation.
Ces récits ont été écrits longtemps après l'introduction du personnage, ce qui est la règle sur ce dossier : tout ce qu'on sait de lui a été établi rétrospectivement.
Numéros peu recherchés, faciles à réunir, et nécessaires pour comprendre le dossier.
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Une remarque pratique décisive : ce personnage n'occupe jamais tout un run. Il apparaît par séquences de quelques numéros, séparées par des années.
Chercher à posséder les runs entiers où il figure reviendrait à acheter des centaines de numéros d'Uncanny X-Men pour une poignée d'apparitions.
La méthode efficace consiste à cibler les séquences : les silhouettes de 1986, la révélation de 1987, l'événement de 1988-1989, l'arc de 2011-2012, puis les numéros de la refonte de 2019.
Une trentaine de fascicules au total, sur trois décennies. C'est un projet réalisable, et l'essentiel appartient à des périodes abondantes.
Pour la sélection numéro par numéro, consultez nos numéros clés et notre guide de collection.
Suivez chaque run et identifiez les numéros manquants avec notre application de gestion de collection.
Lire Mister Sinister dans l'ordre : un parcours en six étapes
Un personnage qui apparaît par séquences est difficile à suivre. Voici un parcours de lecture qui respecte la logique du dossier : ce qu'on sait de lui a presque toujours été établi après coup.
Étape 1 : les silhouettes (1986). Commencez par les apparitions en silhouette, avant toute révélation. Elles ne prennent leur sens qu'à la relecture, mais elles montrent la patience éditoriale de Claremont : on lit une manipulation sans savoir qui l'organise.
Étape 2 : la révélation (Uncanny X-Men #221, 1987). Le numéro qui nomme enfin l'adversaire. C'est le point d'entrée naturel si vous voulez lire un seul numéro avant de décider de poursuivre.
Étape 3 : Inferno (1988-1989). L'événement répond à ce que le personnage a fabriqué et à ce qu'est Madelyne Pryor. Il se lit mieux après les étapes 1 et 2, car il suppose que vous avez en tête l'énigme posée en amont.
Étape 4 : les récits d'origine victorienne. Plusieurs séries limitées et arcs des années 1990 et 2000 racontent son passé de scientifique du XIXᵉ siècle. Lisez-les après Claremont, jamais avant : ils ont été écrits longtemps après l'introduction du personnage et gâcheraient l'effet d'énigme.
Étape 5 : Kieron Gillen (2011-2012). Le changement de ton. Après les étapes précédentes, vous mesurez l'écart entre l'adversaire opaque et le scientifique bavard.
Étape 6 : la refonte de 2019. Pour finir, la période où il devient structurel. Elle récompense surtout un lecteur qui connaît tout ce qui précède.
Pour la collection. Cet ordre est aussi un ordre d'achat raisonnable : commencez par les périodes récentes et abondantes (étapes 5 et 6), qui coûtent peu, puis remontez vers les numéros de 1986 à 1989. Pour chaque séquence, un lot de numéros consécutifs de la série concernée suffit souvent à rassembler ce qui vous intéresse. Notez le titre, les numéros et l'année de chaque séquence pour ne pas racheter deux fois le même fascicule.
Questions fréquentes
Quatre périodes : Chris Claremont sur Uncanny X-Men (1986-1991), qui le construit comme une énigme ; Inferno (1988-1989), qui livre les réponses ; Kieron Gillen sur Uncanny X-Men (2011-2012), qui en fait un personnage drôle ; et la refonte de 2019, où il devient indispensable au dispositif entier.
Parce qu'il crée le personnage en le cachant. Pendant plus d'un an, une silhouette manipule les événements sans être nommée, puis la révélation de 1987 répond à une question que les lecteurs se posaient déjà. Les segments à viser sont les apparitions en silhouette de 1986, puis Uncanny X-Men #221 (1987).
Gillen trouve enfin un registre au personnage, jusque-là menaçant et opaque : il devient un scientifique vaniteux, bavard, ravi de lui-même, dont l'assurance est ce qui inquiète. Ce déplacement de ton a été conservé par les auteurs suivants, et la version moderne du personnage vient de là.
Le personnage y obtient une position structurelle : des mécanismes entiers du nouveau dispositif dépendent de lui et de ce qu'il détient. Un auteur ne peut plus simplement l'écarter sans refaire l'architecture autour de lui. C'est une période récente et abondante.
Non : il n'occupe jamais un run complet et apparaît par séquences de quelques numéros, séparées par des années. La méthode efficace consiste à cibler les séquences : silhouettes de 1986, révélation de 1987, Inferno, arc de 2011-2012 et numéros de la refonte de 2019, soit une trentaine de fascicules au total.