Les meilleurs runs de Loki : le classement de 6 récits à lire, illustration article

Le meilleur run consacré à Loki est Journey into Mystery de Kieron Gillen (2011-2012), où le dieu de la malice revient sous les traits d'un enfant. Derrière lui viennent Loki: Agent of Asgard (2014-2015), signé Al Ewing et Lee Garbett, puis la mini-série Loki de 2004, par Robert Rodi et Esad Ribić. Six récits composent ce palmarès, chacun accompagné du support conseillé, qu'on veuille le lire ou le réunir.

Loki a longtemps été un visiteur plus qu'un titulaire : adversaire de Thor pendant quatre décennies, il n'a obtenu de véritable espace propre qu'au XXIe siècle. Classer ses meilleurs runs, c'est donc mêler des séries régulières, des mini-séries fermées et deux passages dans la série de son frère adoptif. Les six entrées suivent, chaque position étant justifiée.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Le classement des runs de Les meilleurs runs de Loki présentés dans cet article, du premier au dernier

Comment nous avons classé ces runs

Un seul test a servi de départ : le récit tient-il debout si l'on retire Thor de la page ? Loki est un personnage défini par la relation, et beaucoup de ses apparitions ne valent que par l'ombre de son frère. Nous avons donc remonté les runs où il porte l'intrigue, quitte à placer un récit du Silver Age derrière des séries beaucoup plus récentes. Deux critères complètent ce test : la lisibilité pour un lecteur qui arrive sans bagage, et la trace laissée sur les scénaristes suivants.

L'ordre retenu ici mesure l'intérêt du récit, non la cote. Les numéros les plus recherchés de la bibliographie de Loki appartiennent à d'autres récits, et la dernière section sépare les deux questions.

Top 1 : Kieron Gillen et plusieurs dessinateurs, Journey into Mystery (2011-2012)

Après la mort apparente de Loki lors de Siege, Marvel ramène le personnage sous la forme d'un jeune garçon, rongé par la mémoire d'un passé qu'il n'a pas vécu comme les autres. Dans Journey into Mystery, titre historique qui avait vu arriver Thor puis Loki en 1962, Kieron Gillen signe une comédie noire et tendre : un enfant qui cherche à se faire pardonner un crime que plus personne ne lui impute vraiment, et que tout le monde attend de le voir répéter. Doug Braithwaite et Richard Elson comptent parmi les dessinateurs d'une série qui change de main selon les arcs, sans perdre sa cohérence.

Il compte pour le personnage parce qu'il retourne la question que posent toutes les histoires de Loki : peut-on sortir d'un rôle écrit d'avance ? Les scénaristes qui suivent, Al Ewing en tête, héritent de ce déplacement. Le run s'étend du numéro 622 au numéro 645, soit environ deux ans de publication mensuelle, ce qui en fait un ensemble substantiel mais facile à localiser. N'importe quel lecteur peut s'y plonger, même sans connaître Thor ; les premiers numéros se déroulent pendant Fear Itself, dont une vague idée aide un peu.

Pour le collectionner, la voie la plus simple passe par les recueils couvrant l'ensemble. Les fascicules d'origine se trouvent sans difficulté particulière et restent peu coûteux par rapport aux numéros du Silver Age ; en revanche, repérez le numéro 622, qui ouvre le run et que les acheteurs réclament souvent séparément.

Top 2 : Al Ewing et Lee Garbett, Loki: Agent of Asgard (2014-2015)

Série solo de dix-sept numéros, elle prolonge l'enfant de Gillen en jeune adulte au service d'Asgard, chargé de missions peu avouables en échange de l'effacement de ses fautes. L'intrigue dresse Loki contre son double futur, devenu tyran. Al Ewing y construit un thriller d'espionnage mythologique, et Lee Garbett lui donne un trait net, élégant, qui soutient l'ironie. Le décor est celui d'un monde où chaque promesse est un contrat, ce qui convient à un personnage qui s'est toujours défini par ce qu'il dissimule.

Elle compte parce qu'elle fait de Loki un protagoniste capable de tenir une série complète, là où ses précédents titres solo tenaient en quatre ou cinq numéros. Elle formule aussi l'idée d'un dieu des histoires, plus que du mensonge, qui nourrit depuis les représentations du personnage. Elle s'adresse au lecteur qui veut un récit complet, de bout en bout, sans avoir à passer par vingt ans de continuité. Il vaut mieux avoir lu Gillen avant, car la série le prend pour acquis, mais ce n'est pas obligatoire.

Comme collection, le format idéal est la série en fascicules, de 1 à 17, parfaitement complétable. Les recueils en volumes brochés reprennent l'ensemble en trois ou quatre tomes, selon l'édition. C'est le run le plus simple de ce classement à posséder en entier.

Top 3 : Robert Rodi et Esad Ribić, Loki (2004)

Quatre numéros peints, publiés en 2004. Robert Rodi imagine un Loki qui a gagné : maître d'Asgard après avoir renversé le trône, il découvre que le triomphe ne le rend pas plus sûr de lui. L'histoire repose sur le monologue intérieur d'un personnage qui parle à son lecteur plus qu'à ses adversaires. Esad Ribić, qui retrouvera Thor des années plus tard, peint des visages sculptés et des architectures froides, d'une retenue presque austère.

Il compte parce qu'il s'agit de l'une des premières mini-séries consacrées à Loki seul et qu'il a rendu pensable tout ce qui a suivi : un lecteur peut éprouver de l'attachement pour le personnage sans qu'il cesse d'être dangereux. Il s'adresse à celui qui préfère le récit fermé et littéraire à la série continue, et il n'exige aucune connaissance préalable. Sa place au troisième rang tient à sa brièveté : il se lit en une soirée.

À collectionner, ce sont quatre fascicules qui se complètent vite, et un recueil unique qui les reprend. Les recueils respectent bien la peinture ; les fascicules ont l'avantage du papier d'origine, mais la différence tient surtout au confort de lecture.

Top 4 : Walt Simonson, Thor (1983-1987)

Walt Simonson écrit et dessine Thor du numéro 337 au numéro 382, et son passage est considéré comme l'une des grandes périodes du personnage. Loki n'y est pas le héros, mais il demeure un moteur : ses intrigues s'enchevêtrent aux grands conflits d'Asgard et nourrissent la tension du royaume. Chez Simonson, le dieu de la malice reste vilain, cruel et beaucoup plus dangereux que dans la version nuancée qui viendra ensuite.

Ce run compte parce qu'il est la meilleure expression du Loki classique, celui que le XXIe siècle a ensuite réinventé. Pour comprendre ce que Gillen et Ewing remettent en cause, il faut avoir lu l'original. Il s'adresse au lecteur déjà attaché à Thor, car Loki y partage la scène avec une galerie nombreuse, et le rythme est celui d'une saga qui avance sur quarante-six numéros.

Le format d'origine est la série mensuelle, un bloc long mais très accessible en fascicules des années 1980. Les recueils de type intégrale ou omnibus rassemblent la période en quelques volumes. Notre classement détaillé des meilleurs runs de Thor replace ce passage dans la carrière du dieu du tonnerre.

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Les sections de l'article sur Les meilleurs runs de Loki, dans l'ordre de lecture

Top 5 : J. Michael Straczynski et Olivier Coipel, Thor (2007-2009)

Le retour d'Asgard sur Terre, après Ragnarök, passe par un nouveau volume de Thor. J. Michael Straczynski y écrit la reconstruction, Olivier Coipel y dessine des pages larges, lumineuses. Loki réapparaît dans ce cadre sous une forme inattendue, installée dans le corps d'une autre figure d'Asgard, ce qui ouvre la voie aux variations d'identité et de genre que le personnage explorera ensuite. C'est un point de bascule plus qu'un récit centré sur lui.

Il compte parce que le Loki de la décennie suivante, plus fluide et moins monolithique, trouve ici son point de départ. Il s'adresse au lecteur de Thor plutôt qu'au lecteur de Loki : c'est un run de transition, utile pour comprendre d'où viennent Gillen et Ewing, moins pour lui-même. Il est volontairement classé au milieu du tableau.

La série relancée en 2007 se collectionne en fascicules sans difficulté, le début de ce volume restant l'un des repères de l'ère moderne. Les recueils en quelques tomes reprennent la séquence. Nous renvoyons au dossier sur les numéros clés de Loki pour situer les numéros précis que les collectionneurs recherchent dans cette période.

Top 6 : Daniel Kibblesmith et Oscar Bazaldua, Loki (2019)

Mini-série en cinq numéros, parue en 2019, qui ramène Loki à un ton plus léger. Daniel Kibblesmith écrit une comédie de pouvoir, Oscar Bazaldua la dessine avec un trait souple, très lisible. Le propos est plus modeste que celui de Gillen ou d'Ewing : le récit accepte que le personnage soit drôle, vaniteux, parfois ridicule, sans en faire un enjeu cosmique.

Elle compte pour la variété qu'elle apporte : après les deux grandes réécritures, elle montre que Loki peut aussi servir un récit court et amusant. Elle s'adresse au lecteur qui connaît déjà le personnage et cherche une lecture légère, plutôt qu'au nouveau venu. Elle occupe le dernier rang de façon assumée : bien exécutée, elle reste moins structurante que les autres.

Pour la collection, il s'agit d'un récent : la cote n'est pas installée, et ce qui la fera bouger dépend de la place future du personnage chez l'éditeur et de la rareté des tirages alternatifs, que nous ne documentons pas ici. Un recueil unique rassemble les cinq numéros.

Et en dehors du classement

Le Silver Age mérite une mention à part. Au Silver Age, Journey into Mystery 85 (1962) donne naissance au Loki version Marvel : Stan Lee et Larry Lieber au texte, Jack Kirby au crayon. Le personnage provoque aussi, malgré lui, la formation des Vengeurs dans Avengers 1. Ces numéros ne figurent pas au classement faute de run autonome, mais ils restent le socle. Autre absent notable : Young Avengers par Gillen et Jamie McKelvie (2013), où le Loki adolescent rejoint une équipe, que nous lisons comme un prolongement de Journey into Mystery plutôt que comme un run sur le personnage.

Par lequel commencer selon votre profil

Si vous découvrez Loki, ouvrez Journey into Mystery de Gillen : c'est le récit le plus accueillant et il contient l'essentiel de ce que le personnage est devenu. Si vous préférez un format fermé, la mini-série de Rodi et Ribić tient en quatre numéros. Si vous aimez la fiction d'espionnage, passez directement à Agent of Asgard, puis revenez en arrière. Pour le lecteur de Thor, Simonson et Straczynski sont des étapes obligées, que l'on lit pour Thor autant que pour Loki. Enfin, pour une lecture légère entre deux sagas, la mini-série de 2019 convient. Notre guide de lecture Loki organise ces runs dans un ordre chronologique.

Ce que valent ces runs en collection

Un point à poser d'abord : le meilleur run n'est jamais le plus cher. Côté fascicules, les parutions de 2011 à 2015 forment des séries complètes à fort tirage, où un exemplaire moyen et un exemplaire exceptionnel se vendent à des niveaux proches. Leur intérêt se situe dans la complétion : posséder 1 à 17 d'Agent of Asgard, ou 622 à 645 de Journey into Mystery, dans un état homogène. À l'inverse, les numéros qui pèsent lourd sont les premiers du Silver Age, hors de ce classement.

La méthode est de séparer deux achats. D'un côté, les recueils, qui répondent à la lecture et qui perdent peu ; de l'autre, les fascicules, que l'on choisit pour leur état et leur place dans la série. Pour situer un exemplaire donné, notez plusieurs annonces actives, écartez les valeurs extrêmes, puis confrontez-les aux transactions réellement conclues sur ce numéro, à condition qu'il s'agisse du même état. Les numéros de lancement d'un run, comme le 622 de Journey into Mystery ou le 1 d'Agent of Asgard, se détachent légèrement des numéros intermédiaires. Pour les années 2019 et suivantes, la cote reste à construire, et la durée de présence du personnage chez l'éditeur sera le premier facteur.

Les questions fréquentes sur Les meilleurs runs de Loki auxquelles répond cet article

Questions fréquentes

Journey into Mystery de Kieron Gillen, numéros 622 à 645 (2011-2012), arrive en tête de notre classement. Il réinvente Loki en enfant désireux de rompre avec son passé, se lit sans prérequis majeur et a influencé tous les scénaristes suivants, notamment Al Ewing dans Agent of Asgard.

C'est préférable, sans être obligatoire. Agent of Asgard prolonge la jeunesse de Loki imaginée par Gillen et reprend ses thèmes, mais Al Ewing résume l'essentiel au fil du récit. Un lecteur pressé peut commencer par Ewing, puis remonter vers Gillen, qui éclaire a posteriori certains choix du personnage.

Pas de série longue de ce type avant la mini-série de Robert Rodi et Esad Ribić en 2004, qui est l'une des premières à lui être consacrée. Auparavant, Loki apparaît surtout comme adversaire dans Thor et dans les Vengeurs. Son premier vrai récit centré sur lui se lit donc en quatre numéros, ce qui explique le statut particulier de cette mini-série.

Il n'est pas indispensable, mais il montre le Loki classique, vilain et dangereux, que les auteurs récents remettent en question. Simonson écrit et dessine Thor du numéro 337 au 382 (1983-1987). Le lire après Gillen et Ewing donne une vraie mesure du chemin parcouru par le personnage.

Cela dépend de l'objectif. Pour lire, les recueils suffisent et coûtent moins d'espace. Pour la collection, les fascicules des années 2010 se complètent facilement et gardent un intérêt de série entière, tandis que Simonson demande plus de soin sur l'état du papier d'origine.

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