Le meilleur récit consacré à Doomsday reste La Mort de Superman (1992), pilotée par Dan Jurgens et l'équipe des quatre séries Superman, devant la mini-série Hunter/Prey (1994) qui en révèle l'origine et le crossover Superman: Doomed (2014) qui transforme le monstre en contagion. Ce classement retient six ensembles de lecture, avec pour chacun le support à viser : recueil pour lire, fascicules d'époque pour collectionner.
Doomsday n'a jamais eu de série régulière qui le porte mois après mois : sa force tient à sa rareté, et le monstre sans voix s'est toujours invité dans les titres d'autres personnages. Dresser la liste de « ses meilleurs runs » consiste donc à isoler des blocs de lecture, parfois de trois numéros, parfois de dix, tous écrits autour de la même créature. Voici notre sélection, avec les raisons de chaque rang.
Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.
Comment nous avons choisi et classé ces six ensembles
Pour un personnage qui ne parle pas, on ne peut pas juger la qualité d'un récit sur les dialogues. Chaque candidat a donc passé un test en trois temps. Le récit fait-il de Doomsday le sujet réel de l'histoire, et pas seulement un obstacle de passage ? Peut-il se lire sans avoir suivi dix ans de continuité DC ? A-t-il ajouté un trait que les scénaristes suivants reprennent : l'adaptation réactive, la contagion, le double ? Les deux cycles de 1993 qui suivent la mort, l'enterrement puis le remplacement du héros, restent hors liste : la créature n'y figure plus.
Le rang mesure l'intérêt de lecture, non la cote. Le fascicule le plus recherché du dossier, Superman #75, n'appartient pas au récit le plus fin ; la section finale revient sur cet écart, une fois la lecture tranchée.
Top 1 : Dan Jurgens et l'équipe Superman, La Mort de Superman (1992)
Fin 1992, les quatre séries mensuelles consacrées à Superman cessent de raconter chacune leur histoire et se relaient pour n'en raconter qu'une. Le catalogue date la mise en vente du premier chapitre, Man of Steel #18, au 15 octobre 1992 et celle du dernier, Superman #75, au 19 novembre ; entre les deux se glissent Superman #74, Justice League America #69, Adventures of Superman #497, Action Comics #684 et Man of Steel #19, à raison d'un rendez-vous par semaine. Une créature sortie d'une capsule enterrée avance vers Metropolis, balaie une Ligue de Justice improvisée, puis rencontre Superman.
Ce bloc passe en premier pour une raison de construction : le récit repose sur la répétition d'un geste, l'avancée, et sur la réduction progressive du nombre de cases par page, jusqu'aux pages entières du dernier numéro. Dan Jurgens signe le numéro conclusif, avec Brett Breeding à l'encrage. Le travail est collectif : Louise Simonson et Jon Bogdanove tiennent Man of Steel, Jerry Ordway, Roger Stern, Karl Kesel et Tom Grummett se partagent les autres titres. Il s'adresse à tout le monde, parce qu'il n'exige aucune lecture préalable. La page sur la première apparition de Doomsday détaille le caméo de Man of Steel #17 qui précède ce bloc d'un mois.
Pour le lire, le recueil de La Mort de Superman suffit largement. Pour le collectionner, la difficulté est inverse de celle des classiques anciens : le tirage de Superman #75 se compte en millions, si bien que l'exemplaire courant ne manque nulle part. La différence se fait entre l'édition sous sac noir avec son brassard, la version kiosque, plus rare, et l'édition platine réservée aux détaillants, que notre guide sur les éditions de Superman #75 aide à reconnaître.
Top 2 : Dan Jurgens et Brett Breeding, Superman/Doomsday: Hunter/Prey (1994)
Trois numéros au format prestige, parus en 1994, qui répondent à la question laissée volontairement ouverte deux ans plus tôt : d'où vient cette chose ? Le récit remonte à la Krypton préhistorique, où un savant nommé Bertron expérimente sur un nouveau-né jusqu'à fabriquer un organisme qui revient de la mort immunisé contre ce qui l'a tué. Le titre est à double sens : le monstre chasse, mais il est aussi la proie de ses propres créateurs puis de Superman.
Le run compte parce qu'il installe la règle qui fera la signature du personnage, l'adaptation réactive, et qu'il le place dans une histoire cosmique où Darkseid et Apokolips affleurent. Il demande d'avoir lu le choc de 1992, car l'effet de révélation repose sur ce que l'on savait déjà. Pas de numéro de début ou de fin à chercher : trois chapitres, un volume. Côté support, les trois fascicules sont faciles à réunir en prestige comme en recueil, et le recueil convient mieux si vous aimez les grands formats. Notre histoire de Doomsday replace ce récit dans la biographie du personnage.
Top 3 : Greg Pak, Charles Soule et Scott Lobdell, Superman: Doomed (2014)
Superman: Doomed est un crossover de l'ère New 52 qui traverse plusieurs titres de Superman en 2014, avec Aaron Kuder et Ken Lashley parmi les dessinateurs. L'idée tient en une phrase : l'affrontement avec Doomsday laisse à Superman une blessure qui se propage, et le héros commence à devenir ce qu'il a combattu. Le monstre ne se contente plus de frapper de l'extérieur ; il devient une possibilité tapie à l'intérieur de l'homme.
Ce troisième rang récompense l'audace conceptuelle. Les trois scénaristes retournent l'immunité du monstre contre le héros, et le récit se lit comme la réponse moderne à La Mort de Superman, qu'il cite sans cesse. Il s'adresse au lecteur qui connaît déjà 1992 et accepte un récit choral, réparti sur plusieurs séries. Un recueil dédié existe ; c'est la voie logique, car suivre l'ordre des chapitres dans des fascicules dispersés demande une table de lecture. Le numéro unique Superman: Doomed #1 (2014) sert de repère d'ouverture, sans que nous fixions ici le détail des autres numéros, faute de certitude sur l'ordre exact.
Vous collectionnez cette série ?
Suivez ce que vous possédez, ce qu'il vous manque et ce que vaut votre collection. Essai de 7 jours.
Commencer mon essai →Top 4 : Dan Jurgens et Norm Rapmund, Superman: The Doomsday Wars (1998)
Le volet qui boucle la trilogie de Jurgens. En 1998, Brainiac met la main sur la créature et en fait une arme guidée : le monstre sans plan se retrouve piloté par l'intelligence la plus froide de l'univers Superman. Trois numéros en format prestige, dessinés avec Norm Rapmund, qui forment un récit d'action plus frontal que Hunter/Prey.
Il compte pour une raison précise : c'est le seul moment où le mutisme de Doomsday est mis au service d'une volonté extérieure, ce qui renverse l'équation de 1992, où rien ne le commandait. Il s'adresse au lecteur qui a aimé le choc initial et veut voir le personnage dans un autre rôle ; il intéressera aussi ceux qui suivent la lignée coluane, puisque le meneur de jeu est cette fois Brainiac, dont le guide de lecture Brainiac décrit les autres apparitions. Il est moins bien classé que ses deux aînés parce que le récit repose davantage sur la mécanique que sur une idée nouvelle.
Pour le collectionner, trois fascicules sans variante célèbre : un petit ensemble à compléter, qui ne dépend pas de tirages record. Le recueil existe aussi, parfois regroupé avec d'autres apparitions de la créature.
Top 5 : Paul Cornell et l'équipe Superman, Reign of Doomsday (2010-2011)
Au tournant de 2010 et 2011, Action Comics, alors scénarisé par Paul Cornell autour de son numéro 900, accueille un retour du monstre qui s'en prend l'un après l'autre aux proches de Superman : Steel, Superboy, l'Eradicator, le Cyborg Superman, Supergirl. Surgit ensuite le Doomslayer, variante qui prétend corriger l'original. Les dates de début et de fin divergent selon les sources, et nous préférons ne pas figer de numéros.
L'événement compte parce qu'il pousse la logique d'une créature sans pensée jusqu'à la multiplication : si Doomsday revient toujours, alors le récit peut en fabriquer plusieurs. Il demande de connaître la famille Superman de l'époque, ce qui le réserve à un lecteur déjà installé dans la série. Il est cinquième car son intérêt dépend davantage du contexte que du monstre lui-même.
Le format le plus simple reste le recueil d'événement, qui remet dans l'ordre des chapitres répartis entre plusieurs titres. En fascicule, le suivi suppose de chasser plusieurs séries à la fois ; le jeu n'en vaut la peine que pour une collection complète de la période.
Top 6 : Dan Jurgens, Path of Doom (2016)
Quand la ligne Rebirth relance Action Comics en 2016, Dan Jurgens revient écrire le personnage qu'il a imaginé vingt-quatre ans plus tôt. L'arc Path of Doom confronte un Superman remis dans ses habits de héros solide à un Doomsday déchaîné, comme pour fermer une boucle. Le calendrier exact de l'arc varie selon que l'on compte par numérotation de la série ou par recueil, et nous ne publions pas de bornes précises.
Il se classe sixième : ce n'est pas un mauvais récit, mais il apporte moins de nouveauté que ses prédécesseurs et se lit surtout comme un retour aux sources. Il s'adresse au lecteur qui veut voir le créateur revenir sur sa créature avec le recul d'un quart de siècle. Il se trouve en recueil ; en fascicule, il s'agit de numéros récents, abondants.
Un piège de recherche mérite d'être signalé : Doomsday Clock, de Geoff Johns et Gary Frank, ne traite pas du monstre. Il s'agit de la suite de Watchmen. Qui cherche la créature doit viser les ensembles ci-dessus.
Par lequel commencer selon votre profil
Vous ne connaissez le monstre que par l'écran. Lisez La Mort de Superman, puis Hunter/Prey : deux lectures courtes qui donnent l'essentiel du personnage.
Vous aimez les antagonistes sans visage. Enchaînez Hunter/Prey et The Doomsday Wars, qui montrent le monstre d'abord libre, puis commandé.
Vous voulez une lecture récente. Superman: Doomed est la porte d'entrée moderne, à condition d'avoir vu la version de 1992 ; Path of Doom suit pour la lecture de plaisir.
Vous suivez la famille Superman. Reign of Doomsday prend son sens après le deuil de 1993 ; notre sélection des crossovers Superman majeurs situe l'événement dans la durée.
Vous préférez les fascicules aux recueils. Voyez notre comparatif albums reliés ou fascicules avant de décider.
Ce que valent ces runs en collection
Dans ce dossier, la valeur se joue sur deux axes qui s'opposent. Le premier est le tirage : La Mort de Superman figure parmi les plus gros tirages de son époque, si bien qu'un exemplaire courant se négocie bien en dessous de ce que le battage médiatique de 1992 laissait espérer. Le second est la rareté de la variante : l'édition platine et la version kiosque se détachent de l'exemplaire de base d'un rapport important, quand les mini-séries prestige de 1994 et 1998 n'ont jamais connu cette flambée.
Pour estimer sans vous tromper, comparez toujours à édition égale : sac noir scellé avec sac noir scellé, kiosque avec kiosque. Un numéro de 2014 ou de 2016 n'a pas de cote installée : ce qui la fera bouger, c'est la durée d'un éventuel regain d'intérêt pour le personnage, pas le récit lui-même. Pour les numéros d'ouverture de la créature, reportez-vous à nos numéros clés de Doomsday, puis faites passer vos exemplaires dans l'estimateur.
Questions fréquentes
La Mort de Superman, publiée à l'automne 1992 sur quatre séries Superman, reste la référence : elle ne demande aucune lecture préalable et contient le duel final de Superman #75. Hunter/Prey, la mini-série de Dan Jurgens et Brett Breeding parue en 1994, est la seconde lecture à faire pour comprendre l'origine de la créature.
Non, le monstre n'a jamais porté de série longue. Ses meilleures vitrines sont des mini-séries au format prestige, Hunter/Prey en 1994 et The Doomsday Wars en 1998, ainsi que les grands crossovers Superman. C'est pourquoi ce classement parle de blocs de lecture plutôt que de runs au sens classique du terme.
Non. Ce titre signé Geoff Johns et Gary Frank prolonge l'univers de Watchmen et emprunte son nom à l'horloge de l'apocalypse. La créature kryptonienne n'en est pas le sujet. Pour la retrouver, lisez La Mort de Superman, Hunter/Prey ou le crossover Superman: Doomed de 2014.
Oui, c'est préférable. Hunter/Prey répond à une énigme que le récit de 1992 laisse volontairement ouverte, et l'effet de révélation se perd si l'on découvre l'origine de la créature sans avoir vu ce qu'elle fait à Superman. Les deux se lisent vite, en recueil ou en fascicules.
Pas encore installée. Superman: Doomed (2014) et Path of Doom (2016) sont des numéros modernes, produits en nombre. Seuls un regain durable d'intérêt pour le monstre, une adaptation certaine ou des couvertures alternatives à ratio feraient bouger leur cote ; mieux vaut les lire en recueil que les acheter pour spéculer.
Vous possédez un exemplaire de Superman #75 ou un des numéros de la saga de 1992 ? Mesurez sa position réelle avant de le ranger ou de le revendre.
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