Le meilleur run des Defenders est celui de Steve Gerber et Sal Buscema, d'environ le #20 au #41 (1975-1976), où l'équipe devient un laboratoire d'humour noir et d'étrangeté. Viennent ensuite les débuts de Steve Englehart et Sal Buscema (1972-1973), la relance de Matt Fraction en 2011, la mini-série de Keith Giffen, J.M. DeMatteis et Kevin Maguire (2005), le volume de Kurt Busiek et Erik Larsen (2001), puis celui de Brian Michael Bendis (2017).

Les Defenders n'ont jamais eu de quartier général, de chef officiel ni de ligne éditoriale stable. Leur histoire est donc une suite de visions d'auteurs successives, chacune à prendre pour elle-même, et un classement par run est la seule façon honnête de s'y repérer.

Comme toujours sur ce guide, seules les informations vérifiées (créateurs, numéros, dates) sont affirmées ; l'analyse est la nôtre, sans reproduction de planche ni de dialogue protégé.

Le classement des runs de Les meilleurs runs des Defenders présentés dans cet article, du premier au dernier

Comment lire une équipe qui n'a jamais eu de chef

La lignée commence avec Marvel Feature #1, daté de décembre 1971, où Roy Thomas et Ross Andru réunissent Doctor Strange, Hulk et Namor. La série régulière s'ouvre ensuite avec Defenders #1 en août 1972 et dure jusqu'au numéro 152, en 1986. Des relances successives suivent en 2001, en 2005, en 2011 et en 2017, chacune repartant d'un numéro un.

Notre méthode est simple : un run entre dans la liste s'il se lit comme une histoire autonome, avec une équipe créative stable et un parti pris clair sur ce que doivent être les Defenders. Les périodes sans identité, celles où la série suit seulement les crossovers du moment, ont été écartées. La valeur sur le marché ne compte que pour la section finale ; un classement qui récompenserait la rareté placerait un fascicule de 1972 au sommet, même dans un run médiocre.

Un conseil de lecture avant d'entrer dans la liste : la composition change sans cesse. Doctor Strange, Hulk, Namor, Silver Surfer, Nighthawk et Valkyrie constituent les piliers du groupe classique, mais les relances modernes en recomposent librement l'effectif. Un lecteur qui cherche « la » bonne formation en trouvera au moins cinq différentes.

Top 1 : Steve Gerber et Sal Buscema, Defenders #20 à #41 environ (1975-1976)

Steve Gerber prend le scénario autour du #20 et le garde pendant près de deux ans, avec Sal Buscema aux crayons. C'est la période où la série cesse d'être une alliance d'urgence pour devenir un récit d'ambiance. Les ennemis tournent autour des Headmen, un groupe de savants déséquilibrés qui échangent leurs têtes, introduits vers le #21, et la série n'hésite pas à pousser ses héros vers l'absurde ou la mélancolie.

Ce run compte parce qu'il fixe ce que les Defenders ont de plus singulier : un collectif où l'on ne gagne pas toujours et où le drame personnel de Valkyrie ou de Nighthawk pèse autant que la menace du mois. Gerber, que les lecteurs connaissent aussi pour d'autres titres Marvel de la même décennie, y tient un ton que le reste du catalogue de l'éditeur imitait peu.

Ce run plaît aux amateurs de séries d'auteur, patients devant des intrigues décousues et un humour qui grince. Il peut rebuter ceux qui veulent un grand arc cosmique bien conduit : le rythme est irrégulier, et certains épisodes valent surtout comme curiosités. Les sources divergent d'ailleurs sur les numéros exacts de début et de fin de Gerber ; nous donnons une fenêtre, à recouper avec la page de crédits de votre exemplaire.

Pour le collectionner : ces fascicules de la seconde moitié des années 1970 circulent assez facilement en état de lecture, et l'on trouve des lots cohérents. Les recueils de type Essential, en noir et blanc, rassemblent cette période à un coût de lecture très bas ; les Epic Collection la proposent en couleur.

Top 2 : Steve Englehart et Sal Buscema, Defenders #1 à #11 (1972-1973)

Les débuts de la série régulière appartiennent à Steve Englehart, qui les écrit, et à Sal Buscema, qui les dessine. La première histoire installe les trois figures de départ en alliés réticents ; Valkyrie arrive dans les tout premiers mois, puis le groupe s'élargit. Le point d'orgue est la guerre contre les Avengers, un croisement entre les deux séries, dont les épisodes de Defenders vont de #8 à #11 environ, en écho à Avengers #115 à #118.

Il compte parce que le concept se fixe ici : une équipe dont les membres ne se choisissent pas, face à des menaces qui touchent à la magie et au cosmos. Notre fiche sur Defenders #1 détaille le premier numéro ; ce classement juge l'ensemble comme une lecture, et le trouve plus convaincant que sa réputation de simple point de départ.

Il s'adresse à qui veut les fondements et à qui apprécie les récits d'équipe de l'âge de bronze : explications posées, personnages expressifs, dessin lisible. Il peut sembler daté au lecteur contemporain, car les épisodes de cette époque étirent parfois leurs conflits. Pour le rassembler, les fascicules d'origine existent en bon nombre ; le premier numéro reste le plus recherché, et la collecte du bloc #1 à #11 demande plus de patience que d'argent. Le recueil Essential convient pour lire sans s'encombrer de fascicules fragiles.

Top 3 : Matt Fraction et Terry Dodson, Defenders (2011-2012)

La relance de Marvel en 2011 confie la série à Matt Fraction, avec Terry Dodson au dessin des premiers numéros. Le groupe réunit Doctor Strange, Red She-Hulk, Namor, Silver Surfer et Iron Fist, autour d'une idée de scénario qui ressemble à un jeu : des « Indescriptibles » à rassembler, une mission qui traverse les époques. Douze numéros suffisent à raconter un parcours complet.

Ce run compte parce qu'il est le plus accessible de la série moderne. On l'ouvre sans bagage de continuité, et son humour reste chaleureux : Fraction salue les Defenders d'origine sans les recopier. Fraction y traite les pouvoirs comme une ressource mal gérée, ce qui donne un récit léger et ingénieux. Le hub Matt Fraction rassemble ses autres séries.

Il s'adresse au lecteur qui découvre l'équipe par la porte moderne ou qui cherche une lecture courte. Il déçoit celui qui attend la tonalité âpre des années 1970. Pour le collectionner, le recueil relié est le support naturel ; les fascicules de 2011 et 2012 se trouvent en quantité et ne justifient pas d'achat patrimonial.

Top 4 : Keith Giffen, J.M. DeMatteis et Kevin Maguire, Defenders (2005-2006)

En 2005, Keith Giffen et J.M. DeMatteis, associés à Kevin Maguire, reprennent l'équipe dans une mini-série en cinq numéros, d'après les sources que nous avons consultées. Ce trio a signé auparavant le registre comique de la Justice League International, et il l'applique ici aux Defenders : l'idée est de retrouver une bande d'inadaptés qui s'engueulent plus qu'ils ne combattent.

Elle compte pour son ton : la série prend les Defenders pour ce qu'ils ont toujours été au fond, une comédie de caractères sur fond de menaces absurdes. Elle fait sourire sans trahir les personnages, et l'esprit de Doctor Strange, Hulk, Namor et Silver Surfer en ressort intact. Le trait expressif de Maguire sert la lecture.

Elle s'adresse à qui aime les comics drôles et les équipes qui se disputent. Elle ne convient pas à qui veut une saga cosmique : la structure est plus mince, et la brièveté fait qu'on referme le livre plus tôt qu'on ne voudrait. La collection tient en cinq fascicules ou en un petit recueil ; les exemplaires sont faciles à trouver, et l'achat de la série complète ne pose aucun problème d'offre. Une autre mini-série au ton voisin, plus tard, n'a pas trouvé la même place dans les mémoires, ce qui renforce l'intérêt de celle-ci.

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Les sections de l'article sur Les meilleurs runs des Defenders, dans l'ordre de lecture

Top 5 : Kurt Busiek et Erik Larsen, Defenders (2001-2002)

Le volume de 2001 réunit Kurt Busiek au scénario et Erik Larsen au dessin, sur douze numéros. Le projet est de remettre les Defenders sur les rails d'une aventure héroïque classique, avec Doctor Strange, Namor, Hulk et Silver Surfer au centre, et une intrigue qui renoue avec les menaces mystiques de la grande époque. Le dessin de Larsen, massif et énergique, donne aux scènes de bataille une ampleur que d'autres périodes n'ont pas.

Il compte parce qu'il est la tentative la plus nette de ramener l'équipe à une forme classique, et qu'il tente de réconcilier la tradition cosmique et la tradition mystique du groupe. Il rencontre ses limites dans la construction : douze numéros sont courts pour un projet aussi ambitieux, et la fin laisse le sentiment d'un chantier interrompu. Notre page Erik Larsen situe cet artiste au sein de son œuvre.

Il s'adresse à qui aime les comics d'action de la période 2000 et le dessin large. Il décevra un lecteur qui cherche la finesse psychologique de Gerber. Pour l'acquérir, le recueil existe, et les fascicules sont bon marché, car la série n'a jamais été un phénomène d'édition.

Top 6 : Brian Michael Bendis et David Marquez, Defenders (2017-2018)

La relance de 2017 coïncide avec la série télévisée The Defenders et confie l'écriture à Brian Michael Bendis, dessin de David Marquez. L'équipe réunit Doctor Strange, Luke Cage, Iron Fist, Jessica Jones et Daredevil, ce qui déplace le groupe vers les héros de rue de New York, bien loin de la formation cosmique d'origine. La série s'étend sur dix numéros.

Elle compte pour son rôle d'étape plus que pour son exécution : c'est elle qui fait entrer le nom dans la culture du public télévisuel. Les dialogues très écrits de Bendis y trouvent leur place, mais l'intrigue se resserre et ne laisse pas toujours le temps de s'attacher à chacun. Le hub Brian Michael Bendis permet de comparer avec ses autres sagas d'équipe.

Elle s'adresse au lecteur qui a vu la série Netflix et veut y retrouver ses héros. Elle surprendra les fidèles de la formation d'origine. Les numéros de 2017 n'ont pas encore de cote installée. Seuls dix numéros existent, ce qui borne l'offre ; les variantes de couverture jouent aussi, sans que nous en citions les ratios, et une nouvelle apparition de Luke Cage, Jessica Jones ou Daredevil sur écran relancerait l'attention, sans qu'aucune annonce ne la confirme.

Par lequel commencer selon votre profil

Si vous découvrez l'équipe, prenez le volume de Matt Fraction : court, drôle et sans prérequis. Si vous voulez les fondements, partez des douze premiers numéros d'Englehart, puis enchaînez sur Gerber. Si vous aimez les histoires de caractère et d'humour, la mini-série de 2005 est la plus rapide.

Si vous suivez Doctor Strange, notre classement des meilleurs runs de Doctor Strange complète utilement le parcours ; si vous venez par le géant vert, ouvrez plutôt le classement consacré à Hulk. Si vous voulez retrouver les héros de la série Netflix, le volume de Bendis est le plus direct, et le comparatif série contre comics cadre vos attentes. Si vous collectionnez avant de lire, concentrez-vous sur le bloc #1 à #11, qui concentre la demande, et laissez les relances modernes en recueils.

Ce que valent ces runs en collection

Nous ne donnons aucun montant, parce qu'un prix daté est vite faux. Voici plutôt les rapports qui vous aideront à décider.

Premier rapport : Marvel Feature #1 face à Defenders #1. Le premier est la première apparition de l'équipe, le second ouvre la série ; comparez les deux au même état, et l'écart vous indiquera ce que le marché valorise. Deuxième rapport : un numéro isolé de l'ère Gerber, rapporté au prix d'un lot de dix fascicules voisins. Si le lot revient moins cher que deux numéros isolés, vous payez la dispersion de l'offre plutôt que la rareté réelle. Troisième rapport : les fascicules du bloc 1972-1973 face à ceux de 1975-1976, où les premiers l'emportent en demande, puisque ce sont eux qui servent de points de départ aux collectionneurs de séries complètes.

Quatrième rapport : exemplaire certifié contre exemplaire brut. Sur les numéros de lancement, la certification se défend ; sur les numéros intermédiaires de 1975, elle rattrape rarement son propre coût. Pour les relances de 2001 à 2017, le recueil l'emporte presque toujours sur l'achat à l'unité.

La méthode d'estimation que nous suivons est la plus prudente : relever trois ventes terminées du même numéro, au même état, puis écarter les annonces sans vente. Vérifiez aussi que vous achetez la bonne série, car quatre volumes portent le même titre et les homonymes trompent les acheteurs pressés.

Les questions fréquentes sur Les meilleurs runs des Defenders auxquelles répond cet article

Questions fréquentes

Celui de Steve Gerber et Sal Buscema, d'environ le #20 au #41 (1975-1976), est le plus souvent cité pour son humour noir et ses personnages. Pour une lecture plus simple, le volume de Matt Fraction en 2011 est le plus accessible de la série moderne.

Le mensuel démarre en août 1972 avec le numéro un ; la toute première apparition du trio remonte à Marvel Feature #1, fin 1971. Pour lire sans acheter de fascicules fragiles, un recueil de la période Englehart suffit. Les relances modernes n'exigent aucune lecture préalable.

Non : la mini-série de 2017 reprend le nom et l'idée d'une alliance improvisée, mais réunit d'autres héros que les comics d'origine. Le volume de Bendis (2017-2018) est calqué sur cette formation. Notre comparatif détaille les écarts entre la série et les comics.

Les piliers de la formation classique sont Doctor Strange, Hulk, Namor et Silver Surfer, rejoints par Valkyrie et Nighthawk. Chaque relance recompose le groupe : Iron Fist et Red She-Hulk en 2011, Luke Cage, Jessica Jones et Daredevil en 2017.

Le premier numéro et Marvel Feature #1 sont les plus demandés, et le prix grimpe vite en haut grade. Les numéros intermédiaires de la série restent plus abordables. Pour trancher, alignez trois ventes conclues au même état au lieu de croire une annonce affichée.

Vous possédez un Defenders des années 1970 ou un Marvel Feature de 1971 ? Estimez-le en comparant des ventes terminées à son état.

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